‹ La syphilis du cerveauChapitre 69 sur 151 · DIFFICULTÉS DE PRATIQUE · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DE PRATIQUE

qu'un traitement antisyphilitique (j'entends un traitement bien dirigé, méthodiquement institué, et surveillé scrupuleusement) puisse compromettre la santé, l'état actuel ou futur du malade ?

D'autre part, est-ce que ce traitement exclut telle ou telle autre médication qu'on jugerait utile en l'espèce, comme l'internement, l'isolement du malade, l’hydrothérapie, le bromure, les révulsifs, les calmants, etc. ? Pas davantage.

Et, en fin de compte, que nous apprend l'expérience relativement aux résultats d’une telle pratique ? Ce qu'elle nous apprend, c’est, d’abord, qu'en semblable occurrence un essai prudent de la médication spécilique n'a jamais nui , — C'est, ensuite, qu'il a plus d’une fois fourni de ces succès éclatants, merveilleux, qui ont sauvé le malade et grandement honoré le médecin. Rappelez-vous, comme exemples, les cas que je vous ai cités précédemment, et auxquels certes j'en aurais pu joindre plusieurs autres.

Donc, encore une fois, l’hésitation n’est pas permise. Une situation de ce genre étant donnée, 2/ faut agir, il faut tenter le traitement de la vérole. Et je ne puis que vous répéter à ce propos ce que je vous disais il y a quelques semaines à l’occasion de l’épilepsie : c’est un véritable devoir professionnel pour le médecin, en pareil cas, que de savoir — à l'instar de Rayer, par exemple — prendre un parti net et immédiat, au milieu des incertitudes et des obscurités du fait clinique, en dépit des oppositions et des résistances qu’on peut rencontrer.

Je viens de prononcer le mot d'oppositions, de résis-

tances. Effectivement, Messieurs, alors qu'une occasion s’offrira à vous d'agir dans le sens que je viens de formuler, ne vous attendez pas à ce que votre décision trouve toujours près de vos confrères un accueil bien favorable, un assentiment bien empressé. Le cas contraire, absolument contraire, pourra se présenter. Je parle ici en pleine connaissance de cause. Plusieurs fois, en pareille circonstance, je me suis heurté à des contradictions énergiques, à des improbations absolues. Les aliénistes surtout — que mes très-honorés confrères veuillent bien me pardonner cette légère critique — se montrent intraitables sur le chapitre des folies syphilitiques auxquelles ils croient peu, parlons net, auxquelles ils ne croient pas du tout, au moins pour la plupart; et, partant, ils ne se prêtent pas ou ne se prêtent qu'avec une répugnance mal dissimulée au traitement antisvphilitique des troubles cérébraux en question ici, que d’autres au contraire s'efforcent de rattacher à la syphilis et de combattre par une médication appropriée. Je connais leurs objections, leur incrédulité à ce sujet; j'aisubi le feu de leurs railleries — d’ailleurs fort amicales, j'aurais mauvaise grâce à l'oublier. — A les en croire, «les syphiliographes, et moi plus particulièrement encore, nous ne verrions partout que la vérole; dans notre système, il faudrait soigner tous les fous par le mercure ou l'iodure, et les asiles d’aliénés ne deviendraient bientôt plus que des succursales du Midi et de Saint-Louis, etc. ».

À cela, je crois pouvoir répondre et, vousrépondrez avec moi, Messieurs, je l'espère :

Que la folie syphilitique, que les troubles psychiques de la syphilis ne sont plus à démontrer aujourd'hui; ne

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