CAS A TERMINAISON RAPIDEMENT MORTELLE
attirer notre attention comme complément à ce qui précède, et trouve sa place naturelle ici.
I n'est pas impossible qu’au lieu de se prolonger un certain temps, comme nous venons de le dire, les troubles délirants de la syphilis cérébrale fassent leur terminaison à brève échéance, en aboutissant à la mort d’une façon à coup sûr très-imprévue. C’est là un fait rare assurément, et plus que rare, exceptionnel ; mais enfin c'est là un fait qui peut se produire et sur lequel en conséquence 1l est essentiel d’être bien édifié.
Je le‘répète, une terminaison de ce genre contraste d’une façon absolue avec ce qu’on a l'habitude d’observer journellement. Ainsi les phénomènes d’excitation de la syphilis, quelque intensité d’ailleurs qu'ils revétent, ne menacent pas généralement la vie d’une facon immédiate ou prochaine. Presque invariablement ils évoluent avec une certaine lenteur, et ce n’est guère qu'après un délai minimum de plusieurs mois qu'ils arrivent, combinés avec d’autres symptômes, à constituer un ensemble morbide véritablement sérieux au point de vue de l’existence. Telle est la règle, sans contradiction possible. Or cette règle n’est pas sans souffrir quelques exceptions. :
Les exceptions dontils’agitnous présentent une 6volution toute différente et surtout bien autrement précipitée. En certains cas, on a vu des malades, affectés de troubles délirants à une époque jeune encore de la syphilis cérébrale, succomber très-rapidement, succomber dans l’espace de quelques semaines, en dehors de toute prévision. Plusieurs faits de ce genre existent déjà dans la science, mais n’ont pas encore été suffisamment re-
marqués. J'en ai, pour ma part, observé deux semblables.Aïnsi, sur un jeune homme que je traitais l’année dernière, j'ai assisté à l'évolution d'accidents que voici : d'abord, quelques crises épileptiques; — affaiblissement de l'intelligence; troubles passagers de la parole; — puis, soudainement, au cours d’une rémission apparente de la maladie, explosion inopinée d’un véritable accès maniaque :Ancohérence de propos et d'actions, extravagances de tout genre, agitation, loquacité, colères sans propos, violences, insomnie; — et, après trois semaines de cetétat, crise comateuse, suivie de mort dans l’espace de quelques heures.
Inutile de dire si la possibilité — bien démontrée actuellement — de terminaisons aussi rapidement funestes nous impose le devoir de surveiller avec une attention particulière les troubles psychiques de la syphilis cérébrale et de les combattre avec la dernière énergie.
Inutile de dire également quel appoint les faits de ce genre viennent ajouter aux considérations que je vous présentais 1l y a quelques instantssur l'urgence d’une décision rapide et l'opportunité de la médication antidiathésique dans tous les cas de vésanie où la syphilis figure comme antécédent, dans tous les cas où elle peut être soupçonnée de servir d'origine à de tels accidents.