QUATORZIÈME LECON
Forme tantôt primitive, tantôt et p us habituellement consécutive. — La forme paralytique est un type commun vers lequel convergent toutes les autres formes de syphilis cérébrale, à une période donnée de leur évolution naturelle.
Dans un tiers des cas,approximativement,les phénomènes paralytiques sont primitifs, ouvrent la scène. — En quoi consistent-ils ? — Trois types : 10 Paralysies des nerfs cräniens ; — 20 Monoplégies ; — 3° Hémiplégie.
I. PARALY3IES DES NERFS CRANIENS. — Inégalité de fréquence avec laquelle la syphilis s'attaque aux douze paires crâniennes. — Division. — Quatre groupes.
10 Paralysies motrices de l'œil. — Prédilection singulière de la syphilis pour les nerfs moteurs oculaires. — La paralysie de ces nerfs constitue souvent un symptôme précoce, voire tout à fait initial des encéphalopathies spécifiques. — Exemples. — Les trois paires motrices de l'œil ne sont pas affectées avec la même fréquence., — Raisons probables de ces paralysies oculaires.
Symptomatologie. — Invasion généralement insidieuse. — Développement rapide. — Cas plus rares à évolution lente. — Persistance presque constante de ces paralysies, alors qu'elles sont abandonnées à leur marche naturelle.
Quelques particularités symptomatologiques, — Ces paralysies sont souvent incomplètes. — Elles peuvent même rester à l'état d'ébauche comme expressions cliniques. — De plus, elles sont souvent partielles. —.Paralysies partielles de la troisième paire; types divers. — Mydriase constituant parfois le symptôme unique d'une paralysie de la troisième paire. — Raisons probables de celte dissociation de phénomènes. — Coexistence possible de plusieurs
paralysies oculaires sur le même sujet. — Variétés. — Paralysics
associées dans un œil; paralysies associées d’un œil à l’autre. Signification diagnostique de ces paralysies oculaires. — Quelle
importance s’y rattache en pratique, alors surtout qu’elles apparais-
sent comme symptômes initiaux ou précoces de syphilis cérébrale, Résumé.
Messieurs,
Des formes initiales par lesquelles s’accuse la syphilis du cerveau, la dernière dont il me reste à vous parler est la forme paralytique.
Inutile de dire quel ordre de phénomènes la constitue; son nom seul la caractérise suffisamment.
Comment et à quelle époque prend-elle place dans la syphilis cérébrale ?
Elle est tantôt consécutive et tantôt primitive. Je m'explique. |
Le plus souvent elle est consécutive à telle ou telle des diverses formes que je vous ai décrites jusqu'ici. En d’autres termes, les phénomènes qui la constituent ont le plus souvent pour préludes, pour avant-coureurs, des symptômes d'un genre différent. Cette évolution s’observe, approximativement, dans les deux tiers des cas, au moins d'après les résultats qui me sont fournis par mes statistiques personnelles.
C'est de la sorte que, dans ce qui précède, nous avons vu en maintes et maintes circonstances des symptômes d'ordre paralytique succéder aux divers accidents que nous avons étudiés jusqu'ici.
Et, en effet, foutes les formes initiales de la syphilis encéphalique peuvent aboutir et aboutissent très-habi-
tuellement à la forme paralytique. La paralysie est, en quelque sorte, un {ype commun vers lequel elles convergent toutes, à une période donnée de leur évolution naturelle.
Ceci est important à spécifier. Jetons donc un coup d'œil en arrière, et résumons ce qu'à ce point de vue nous ont appris nos études antérieures.
1° Tout d’abord la forme céphalalqique, sous ses deux variétés de céphalée diffuse ou de céphalée circonscrite, sert fréquemment, très-fréquemment, de prélude à diverses paralysies. Comme exemple des plus frappants en ce genre, laissez-moi vous citer le fait d’un malade que j'ai longuement et minutieusement observé.
C'était un médecin. Depuis longtemps il était tourmenté par des douleurs de tête violentes, fixes, à exacerbations nocturnes. Des mois s’écoulèrent sans qu'il consentit à s'en inquiéter sérieusement. Bien que souffrant de crises d’une intensité parfois excessive, 1l négligeait son mal, à la façon de la plupart des médecins, se contentant de répéter : « Cela me jouera un vilain tour; cela finira mal. » Cela finit mal, en effet ; car survint une hémiplégie soudaine, bientôt suivie de troubles intellectuels et de divers accidents de la plus haute gravité qui emportèrent le malade en l’espace de quelques mois. |
2° De même, la forme congestive sert très-habituellement de prodrome à la forme paralytique. Il est mème bien peu de cas où, abandonnée à son évolution propre, non réprimée par un traitement énergique, elle ne détermine à échéance variable tel ou tel ordre de phénomènes paralytiques.