‹ La syphilis du cerveauChapitre 75 sur 151 · PARALYSIES CONSÉCUTIVES · texte numérisé non relu

PARALYSIES CONSÉCUTIVES

3° Pour la forme éprleptique, il sera presque superflu de rappeler que, d’une part, elle s'accompagne très-souvent, à la suite de ses crises convulsives, de parésies hémiplégiques fugaces, temporaires; et que, d'autre part, elle se complique non moins communément, à une période avancée, de paralysies de divers genres, spécialement d’hémiplégie.

4° En ce qui concerne la forme vphasique, sa relation avec les paralysies motrices droites est un fait si banal, si vulgaire, qu'il suffit de le mentionner.

5° Enfin nous venons de voir la forme mentale être très-habituellement associée, tôt ou tard, avec des phénomènes paralvtiques variés.

Done, je le répète, dans un très-grand nombre de cas, la forme paralytique n’est qu'un aboutissant des diverses formes sous lesquelles se présente la syphilis cérébrale à une époque plus ou moins rapprochée de ses débuts.

On peut même dire, d'une façon plus générale, qu'il est peu de syphilis cérébrales qui, abandonnées à ellesmêmes où poursuivantleur cours en dépit du traitement, ne se compliquent pas à un moment donné de tels ou tels phénomènes paralytiques. Ce mode de terminaison ou d'évolution ne constitue pas, à coup sûr, un fait absolument invariable et constant; car on pourrait citer quelques observations de malades ayant succombé à des lésions syphilitiques du cerveau sans avoir jamais présenté le moindre trouble moteur. Mais à coup sûr, aussi, il constitue un fait très-habituel, de beaucoup le plus commun.

Voilà pour les paralysies consécutives. Venons maintenant à celles d’un ordre opposé.

Dans un tiers des cas, inversement, au lieu de succéder à des manifestations de divers genres, les phénomènes paralytiques se montrent primitivement, d'emblée. Ils ouvrent la scène de la syphilis cérébrale, dont ils constituent de la sorte les premiers symptômes, au moins les premiers symptômes importants et remarqués. Ce sont les cas de ce genre qui doivent nous occuper pour l'instant d'une façon spéciale.

En quoi consistent-ils ?

Variables de localisation, ces phénomènes paralytiques #utiaur peuvent être distribués très-naturellement en trois groupes, de la façon suivante :

1° Paralysies des nerfs crâniens:;

2° Monoplégies;

3° Hémiplégie.

Étudions-les successivement dans chacun de ces groupes.

PARALYSIES DES NERKFS CRANIENS.

Avec l'étude des paralysies de cet ordre, qu'abréviativement nous appellerons paralysies cräniennes, nous allons aborder, Messieurs, un des points les plus intéréssants, les plus spéciaux, de la syphilis cérébrale.

De tous les symptômes, en effet, qui traduisent les lésions cérébrales de la syphilis, il en est peu dont la fréquence soit comparable à celle des paralysies crâniennes. Et certaines de ces paralysies se présentent en clinique sous des formes telles qu’elles comportent, ainsi

PARALYSIES DES NERFS CRANIENS 367 qu'on l’a dit et que nous le répéterons bientôt, un véritable cachet de spécificité.

Ces paralysies crâniennes sont multiples, et naturellement variables de siége comme d’expressions cliniques. Elles intéressent surtout le mouvement et la sensibilité spéciale. Bien plus rarement elles affectent la sensibilité commune, générale.

Mais, avant tout, signalons un fait essentiel, qu'il importe de bien mettre en relief dès le début de cet exposé. Ce fait est relatif à l'inégalité de fréquence avec laquelle la syphilis s'attaque aux douze paires nerveuses qui émergent du crâne.

A ce point de vue, les douze paires crâniennes peuvent êlre divisées en quatre groupes, comme il suit :

1° Un groupe que la syphilis affecte d’une façon remarquablement commune, qu'elle affecte, dirai-je, avec une sorte de prédilection singulière ;

2° Un groupe qu'elle affecte avec une fréquence déjà bien moindre ;

3 Un groupe qu'elle n'intéresse que rarement;

4° Un groupe enfin qu'elle laisse presque invariablement indemne ou qu'elle lèse seulement d'une façon exceptionnelle.

Précisons anatomiquement.

Le premier groupe, celui qui subit les atteintes de la syphilis avec une supériorité de fréquence incomparable, est composé par les nerfs moteurs oculaires.

Le second comprend deux nerfs moteurs : le facial et l'hypoglosse; — et deux nerfs de sensibilité spéciale : nerf auditif et nerf optique.

Dans le troisième groupe prennent place l'olfactif et le nerf de la cinquième paire.

Dans le quatrième, enfin, figurent le glosso-pharyngien, le pneumo-gastrique et le spinal.

Cela posé d’une façon générale, venons actuellement aux détails, et arrètons-nous tout d’abord sur le type le plus fréquent, le plus important, de ces paralysies crànicnnés, à savoir les paralysies oculaires.

Je ne crains pas de contradiction en disant que, dans toute l’histoire clinique de la syphilis cérébrale, 1l n’est pas de particularité plus curieuse que celle-ci : la prédilection sinquhère qu'affecte la diathèse pour les nerfs moteurs oculaires.

Et en effet, Messieurs, la fréquence avec laquelle la syphilis cérébrale s’en prend à ces nerfs moteurs de l'œil est vraiment un fait des plus remarquables, des plus saisissants. Parcourez les publications périodiques, les monographies, les journaux d’oculistique, et vous serez étonnés du nombre considérable d'observations de ce genre qui se présenteront à vous. C’est par centaines et plus que vous rencontrerez des relations de paralysies oculaires d’origine syphilitique, avec complication de phénomènes cérébraux.

Donc, rien de mieux avéré et de plus authentique que cette liaison commune des paralvsies oculaires avec les encéphalopathies de la vérole.

Or, en ce qui nous concerne pour l'instant d’une façon

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