PARALYSIES MOTRICES DE L'ŒIL
ignorée où méconnue, même de malades observateurs et intelligents (4).
Enfin, une dernière remarque, également digne d'attention. Si une paralysie oculaire isolée suffit par elle seule à éveiller le soupçon desyphilis, la coïncidence de plusieurs de ces paralysies réunies sur le même malade comporte une signification plus péremptoire encore, et révèle plus sûrement une origine spécifique. De par l'observation, en effet, les cas de paralysies oculaires multiples ressortissent à la vérole pour la grande majorité des cas.
Voyez donc, Messieurs, quelle importance prennent les troubles morbides quenous venons d'étudier. Et cette importance, en l'espèce, devient d'autant plus considé- rable qu'assez fréquemment, comme vous le savez, les paralysies oculaires se produisent soit au début même, soit dans les premiers temps de la syphilis cérébrale, c'est-à-dire à une époque où l’art est puissant, où le médecin a plus de chances que jamais d’être utile au malade. Jugez en conséquence s’il y a intérêt à ce que la signification clinique de telles manifestations ne reste pas méconnue.
. Conservez donc bien en souvenir Îles diverses particularités cliniques qui viennent de nous occuper aujourd'hui, Messieurs, et dont les principales, les plus essenelles au point de vue pratique, peuvent se résumer de la facon suivante:
1° Les paralysies motrices de l'œil constituent un
(4) Voir à ce propos une de mes lecons sur les syphilis ignorées.
phénomène fréquent de la syphilis cérébrale; — et elles en constituent un des phénomènes qui accusentle mieux, de la façon la plus saisissante et la plus frappante, l’influence syphilitique sur le cerveau;
2° Ces paralysies ont une signification double.
D'abord elles attestent ou tout au moins permettent de soupçonner une cause spéciale, la syphilis, comme origine des accidents.
En second lieu, elles dénoncent un danger imminent, par cela qu’elles révèlent une localisation morbide intracrânienne, susceptible de s'étendre et d'atteindre par diffusion d’autres centres cérébraux. — Et, en effet, réserve faite pour certains cas où elles trouvent leur raison anatomique en dehors du crâne, les paralysies oculaires ont leur origine la plus habituelle dans des lésions qui ou bien intéressent le cerveau primitivement, ou bien le menacent par voisinage. Dans l’un ou l’autre cas, elles témoignent d’une imminence morbide redoutable, elles constituent un présage dont il est essentiel, en pratique, de saisir le sens et la portée.