FORMES VAGUES
De mème, sur l’un de mes amis, une syphilis cérébrale ne se traduisit — et cela pendant plusieurs mois — que par les seuls symptômes suivants : dépression intellectuelle etphysique, avec tremblementléger, presque imperceptible, des doigts. Le malade n'avait plus son aptitude habituelle au travail; écrivant un livre à ce moment, il ne pensait et ne composait plus qu'avec lenteur, difficilement, laborieusement. D'autre part, il se sentait toujours fatigué, harassé, « moulu », et le moindre exercice « lui était à charge », pénible, presque douloureux. Ici encore, comme dans le cas précédent, ce fut une lésion syphilitique contemporaine (ostéite du crâne) qui mit sur la piste des accidents, et Le traitement spécifique, institué à ce propos, fut couronné d'un égal succès.
Incidemment, Messieurs, remarquez bien ces curieux phénomènes de faiblesse, d’accablement, de prostration musculaire (le mot n’a rien d’exagéré). I n'est pas rare, en effet, de rencontrer des malades qui, au début et, dans les premiers temps d'une syphilis cérébrale, se plaignent d’une lassitude constante, d'une débilité singulière, d'un véritable anéantissement des forces. Gette débilité est générale, sans prédominance vers une moitié du corps. Naturellement aussi, elle se fait sentir surtout aux membres inférieurs; si bien qu'elle donne souvent lesoupeon d’une lésion médullaire, alors qu'elle constitue par excellence le symptôme d'une affection cérébrale.
Autre exemple d'une encéphalopathie syphilitique de forme vague. Un homme jeune encore vient me consulter pour des phénomènes d'impuissance. Marié depuis deux mois. il n'a pu, me raconte-t-il, avoir un senl