CHAPITRE V
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Tréponémie et Squelette fotal
Dès 1906, c'est-à-dire un an après la découverte du spirochète par Schaudinn et Hoffmann, deux auteurs italiens, MM. Bertarelli et Volpini, recherchent l’agent de la syphilis chez quatre fœtus. Le résultat de ces premiers travaux contient en gros l’essentiel de la question. En ce qui concerne le système osseux, le spirochète fut trouvé par eux dans le périoste, dans Ja moelle et aussi, avec une abondance particulière, dans les zônes épiphysaires. Cependant, il faut arriver à 1921 pour trouver une étude plus complète sur Pinfection du système osseux dans la syphilis congénitale. Cette étude est due à M. Schneider, du laboratoire d’Heidelberg,
L'auteur passe en revue les points particuliers de la question, et sur chacun d’eux il apporte des données précises. Il établit dans son travail quels sont : le mode d’envahissement du tissu osseux ; la répartition des spirochètes à l’intérieur des os ; les lésicns qu’ils y créent, et les différentes formes d'infection : récente, en‘voie de dégénérescence, progressive ou récidivante. Les sujets qui lui ont ser ,i sont nornbreux et de diverses catégories : ils comprennent des mortsnés macérés, des nouveau-nés ayant vécu jusqu’à
MESAGTEE
deux semaines, ainsi que des nourrissons âgés au maximum de quatre mois. On voit par là quelle est la richesse de sa documentation.
Tout le monde a constaté la grande abondance des tréponèmes chez les morts-nés syphilitiques. Mais ce fait reconnu par tous a été expliqué de façons bien différentes. Pour certains auteurs, tels que Simonds et M. Thomsen, il s’agit d’une multiplication in utero après la mort du fœtus. Cette multiplication, pour M. Thomsen, serait même si importante, que la recherche des spirochètes chez un fœtus macéré n’aurait aucune valeur. D’après lui, les fœtus macérés contiennent toujours plus de spirochètes que des fœtus non macérés ayant le même âge. M. Schneider est d’un avis contraire. Il se rallie aux opinions de Trinchese et de Weber, pour qui la macération agit sur les tréponèmes en provoquant leur dégénérescence. Weber dit même que, dans des organes profondément macérés, il ne lui a jamais été possible de mettre les spirochètes en évidence d’une façon indiscutable.
Enfin, en s'appuyant sur ses observations personveles, M. Schneider conclut que le nombre des spirochètes subit une légère diminution à la suite d'une longue macération. Il n’en a jamais cependant constaté la disparition complète. En faveur de son hypothèse, il cite le cas d’un fœtus de la 32” semaine, retenu in utero trois semaines après sa mort, qui présentait peu de spirochètes pour un mort-né, et encore il y avait surtout des formes de dégénérescence,
DONC et
En fait, il y a une opinion beaucoup plus admissible, qui consiste à rapporter l’abondance des trépornèmes, non à la macération, mais à la gravité de l’infection ; de cette dernière découle une série de conséquences : abondance des spirochètes, mort du fœætus in utero et macération consécutive.
En résumé, chez les mort-nés :
1° L’infection par le spirochète existe toujours :
2° Elle est grave et étendue ;
3° L’infection récente est plus souvent constatée. Chez les nouveau-nés syphilitiques ayant vécu peu de temps, l'infection du système osseux par les spirochètes est plus faible, mais son-extension est la même. En effet, chez les nouveau-nés, il existe une réaction des autres organes qui fait défaut chez les morts-nés, l’ostéochondrite mise à part. Cette réaction
précoce à l’invasion des spirochètes, conduit à l’interruption de la grossesse avec naissance prématurée d’un enfant vivant. Au contraire, si le fœtus reste passif, les spirochètes se développent et se répandent plus largement dans l'organisme ; il en résulte enfin la mort de l’œuf in utero.
Nous allons étudier maintenant les lois générales qui, régissent l'invasion du système osseux par les spirochètes, ainsi que les diverses modalités d’infection. S