A. — LOIS GENERALES
I. — L’invasion du système osseux se fait par voie sanguine à partir du cinquième mois de la vie fœtale,
II. — La spirochétose, au niveau de los, se présente comme une affection parasilaire des tissus, avec ceci de particulier que le spirochète est un parasite intertissulaire.
III — Les spirochètes se trouvent dans les cavités osseuses, isolés ou en pelotons. Ils ont été intégrés à l’os par suite du dépôt de substance osseuse qui s’est produit ultérieurement à leur accolement aux lamelles osseuses et aux cellules formatrices de l'os.
Les spirochètes peuvent, à la suite d’un ramollissement du cartilage, pénétrer, en même temps que des leucocytes, dans la substance cartilagineuse fondamentale.
IV. — Les spirochètes intra-cellulaires sont très rares au niveau de l'os. Bertarelli dit en avoir vu dans les cellules mononucléaires de la moelle osseuse. Mais on trouve assez souvent des formes de dégénérescence et des fragments à l’intérieur des leucocytes.
B. — MODALITES D’INFECTION
M. Schneider décrit trôis formes d’infection de l’os : l'infection récente, l'infection en voie de dégénérescence et l'infection progressive ou récidivante.
De ces trois formes, les deux premières possèdent les caractères les mieux établis. Nous nous servirons de la forme récente, la plus typique, pour montrer la répartition des spirochètes, à l’intérieur d’un os long, chez le fœtus.
a) On reconnaît l’infection récente à la forme plus typique des spirochètes, ainsi qu’à leur accumulation
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plus prononcée autour des vaisseaux. Leur recherche, sur une coupe sagittale de l'extrémité inférieure du fémur, nous montrera ieur mode de répartition.
En règle générale, les spirochètes se trouvent dans toutes les parties de l’os riches en vaisseaux, mais en proportions très variables. L'examen de la coupe nous les fait voir en grande quantité : 1° au voisinage de l’encoche périostique de Ranvier ; 2° à la limite de l'os et du cartilage, où ils sont les plus nombreux.
Le cartilage épiphysaire en contient, à l’intérieur des canaux seulement, dans le tissu péri-vasculaire. Leur nombre augmente à mesure qu’on se rapproche de la zône de prolifération. La spirochètose atteint aussi la moelle osseuse et la zône spongieuse ; elle va en diminuant de la zône d’ossification vers la diaphyse. Maïs Ia diaphyse peut renfermer des spirochètes sur une grande longueur et même dans toute son étendue.
Le périoste n'est pas exempt de spirochètes. C’est dans les couches les plus internes, la couche cambiale en particulier, qu’on les trouve surtout, Le périoste peut en renfermer cependant dans toute son épaisseur.
b) Les particularités de l’infection en voie de dégénérescence résident dans la diminution du nombre des spirochètes et dans les altérations de leur forme typique, Ces deux phénomènes se produisent simultanément dans l’ensemble du système osseux, Cependant on peut remarquer la persistance des spirochètes en des endroits déterminés, spécialement dans les
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cellules osseuses. La dégénérescence des spirochètes se manifeste par des irrégularités dans la forme et dans l’imprégnation argentique. Les spires sont devenues noueuses et inégales ; le corps des spirochètes est étiré et ratatiné; on trouve des épaississements terminaux ou des enroulements. Ces formes de dégénérescence existent souvent à l’intérieur des leucocytes. Elles ne peuvent pas toujours être utilisées pour le diagnostic, car toutes sortes de confusions sont possibles, en particulier avec des précipitations dans les préparations imprégnées à l'argent dune manière imparfaite.
c) L’infection qui progresse est caractérisée par des altérations plus avancées des tissus, et par une abondance encore plus grande des spirochètes, parfois avec des dégénérescences.
A vouloir pousser plus loin encore l’analyse des faits scientifiquement observés, on se heurte à des difficultés presque insurmontables. Il serait intéressant, en effet, sinon utile, de connaître avec plus de précision la date exacte de l'apparition du spirochète dans les os du fœtus. AS
Il est vraisemblable et logique de penser que la lésion osseuse, la localisation, somme toute, du pro- : cessus septicémique initial, débute peu de temps après la fixation du tréponème sur le tissu osseux : saisissons-nous bien, avec nos méthodes actuelles, la lésion commençante dans ses stades tout premiers ? I est impossible de répondre à une telle question, comme il est imposible de fixer d’une façon plus pré-
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cise la date exacte de l'apparition du tréponéme dans l'os ; les deux conclusions découlent logiquement l’une de l’autre.
Peut-être aussi faut-il voir dans la septicémie spirochètique du début, la conséquence de l’état circulatoire d’un embryon nourri seulement en puisant dans les lacs sanguins les substances nécessaires, baignant physiologiquement, sinon automatiquement, dans son liquide nourricier. Plus tard, quand la circulaton fœto-placentaire s'établit, la localisation a tendance à se faire en commençant par les organes les plus vasculaires à ce moment ; et c’est ainsi que le foie ou la rate, comme les os, sièges d’une suractivité circulatoire au cours de la vie fœtale, sont atteints par le spirochète, plus fréquemment, plus intensément en tous cas, que la plupart des autres organes de l’organisme fœtal.