‹ La Syphilis du Squelette chez le FœtusChapitre 24 sur 31 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

VALEUR SÉMIOLOGIQUE

La recherche des stigmates osseux de 1a syphilis fœtale comporte toute une série d’épreuves ; les ré- “sultats qu’elles fournissent s'appuient sur des données anatomiques, radiologiques, parasitologiques. Eviädemment la constatation dans un os du spirochète de Schaudinn entraîne la conviction, et lorsque la recherche du parasite s’est montrée positive, point n’est besoin d’autres constatations pour affirmer l'atteinte de los par la syphilis. Mais si Schneider et quelques autres ont trouvé assez fréquemment le tréponème dans les coupes d'os ou les frottis de moelle, il faut ‘ bien savoir aussi que la technique de cette recherche est extrêmement minutieuse et alors que la constatation du spirochète est aisée à faire dans un frottis de foie ou de rate, il n’en est pas de même dans un os long. Dans notre travail, en tous cas, la recherche fut rarement couronnée de succès, même dans des syphilis par ailleurs indubitables.

: D'autres points sont encore à envisager pour mettre la question sur son plan véritable, et pour se rendre compte de toute la difficulté que comporte, dans certains cas, un diagnostic de syphilis chez le fœtus.

Si l’ostéochondrite du deuxième degré se révèle sur

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un film radiographique avec une image que l'on pourrait presque appeler pathognomonique, il en va tout autrement des formes légères, atténuées ou incipientes, où les désordres osseux ne se montrent qu'après un examen extrêmement minutieux fait de détails, fait surtout de comparaison avec un squelette de même âge considéré comme normal. Il en est absolument de même pour les recherches d'anatomie macroscopique ou pour les examens de coupes histologiques.

Si donc, pour les formes avérées, intenses, 1a preu-' ve de la syphilis squelettique est aisée à fournir, parfois même avec un seul des stigmates que nous avons recherchés, il faut bien savoir — et cette notion est, à notre avis, de première importance dans l’étude diagnostique — que l'affirmation ou la négation d’une lésion « incipiens » ne peut pas s’étayer sur un seul signe fourni par l'examen du squelette, mais seulement sur un ensemble de signes fournis par les divers examens que nous avons pratiqués.

Ces réserves faites et en suivant cette méthode, voyons quelle valeur sémiologique nous pouvons donner à la syphilis du squelette fœtal.

Tout d’abord, il ne nous a pas été possible, par la radiographie, de déceler une modification squelettique chez le fœtus in-utéro. Des recherches se poursuivent à la Clinique Obstétricale de la Charité dans ce sens ; les résultats sont encore trop incomplets pour que nous envisagions ce point un peu particulier de la valeur sémiologique « pré-natale » pourrait-on dire de ces recherches.

AT, pan

Il importe encore de faire une réserve lorsque les recherches s'adressent à des fœtus dont la vie intrautérine n’atteint pas 4 mois et demi. La plupart des auteurs admettent, en effet, actuellement, que la syphilis n'atteint le squelette qu'après 4 mois et demi. Aussi, dans nos observations, mettrons-nous à part deux cas (Obs La. ; Obs. Ro..). Car toutes les recherches faites sur ces squelette,s alors que les antécédents syphilitiques auraient pu permettre de penser à une atteinte des os, ne nous ont montré qu’un aspect normal ou voisin de la normale. Nous ne concluons pas sur ces deux observations qui concernent des fœtus de 3 mois et de 4 mois.

Il reste donc à envisager la valeur sémiologique de la syphilis du squelette chez des fœtus ayant au moins 4 mois et demi de vie intra-utérine. Nous en avons réuni 16 cas, pour lesquels l'examen radiologique et l’examen histologique des os longs ont été pratiqués. Sur ces’ 16 cas, l’ensemble des recherches nous a montré 5 cas normaux sur lesquels aucun doute n’est possible, 3 cas douteux, et enfin 8 cas où la syphilis s’est manifestée nettement, soit à la fois sur la radiographie et par l'examen histologique, soit simplement par l'examen histologique. Si bien qu'après 4 mois et demi, sur une série de 16 fœtus, pris à la suite et sans idée préconçue, nous avons rencontré la syphilis 8 fois manifestée par des lésions squelettiques indubitables.

Donc dans 50 % des cas de fœtus expulsés avant terme, on trouve la syphilis. Cette syphilis, dont on pourrait soupçconner l’existence par les données cli-

niques, est authentifiée par sa localisation squelettique. Certes, ce pourcentage n’est pas et ne peut pas être définitif. Nous avons opéré sur un nombre de cas relativement restreint. Mais des recherches sont poursuivies dans ce sens à la Clinique Obstétricale de la Charité, et lorsque le nombre des cas réunis sera suf: fisant, il séra possible d'envisager une précision plu£ grande de la statistique.

Si nous considérons maintenant la valeur symptomatique des signes squelettiques de la syphilis par rapport aux autres symptômes habituellement recherchés pour la dépister chez le fœtus, nous arrivons aux conclusions suivantes,

Les données cliniques, dans les cas où nous avons pu les retrouver, les antécédents obstétricaux, montrent presque toujours : les accouchements prématurés d’éhfants ayant vécu peu de temps, des faussescouches, de lFhydramnios, mais quelquefois aussi (Obs. Marg.) aucun antécédent d'ordre obstétrical n'existait chez la mère et, cependant, ce cas partieu- Ber a bénéficié de l'examen systématique du squelette puisque l'enfant, né vigoureux et mort au 14° jour de phénomènes digestifs, avait des lésions histologiques assez nettes, quoique discrètes, sur l’extrémité de ses os longs, authentifiées d’ailleurs par la présence du spirochète dans son foie. Il convient done de dire qu’il ne suffit plus, désormais, d'un interrogatoire négatif chez la mère pour éliminer la possibilité d’une syphilis fœtale. I1 faut aller plus loin jusqu'à l'examen histologique du squelette pour trouver dans la syphilis la mort jusqu'alors inexpliquée d'un nouveau-né paraissant normal,

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