‹ La syphilis et l'arméeChapitre 16 sur 54 · GÉNÉRALITÉS SUR LA SYPHILIS TERTIAIRE · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LA SYPHILIS TERTIAIRE

Une saurait être question d’exposer les symptômes des accidents tertiaires de la syphilis : ils se présentent relativement rareuEnt dans la pratique militaire, n’y comportent aucune indication spéciale, en dehors de la question, non sans importance d’ailleurs, de la réforme qu’ils peuvent entraîner. Leur traitenent n’offre non plus aucune indication particulière en dehors de la nécessité, toujours formelle dans l’armee, de mener lussi activement que possible la cure des soldats qui peuvent être, après guérison, rendus à leurs unîtes. Quoique certaines localisations de la syphilis tertiaire puissent, dans des cas rares,être contagieuses, il s'agit de faits tellement exceptionnels qu’il r’y a jamais lieu d’hospitaliser un syphilitique tertiaire, lorsque les lésions dont il est atteint ne mettent pas obstacle a l’accomplissement de ses devoirs militaires ou ne nécessitent pas un traitement énergique incompatible avec les obligations du service.

J’insiste sur ce dernier point, parce que j ai vu trop souvent hospitaliser des hommes, atteints de lésions tertiaires des tegumenls ou delà langue, non ulcérées, non douloureuses, qui ne les empêchaient nullement de remplir leurs fonctions dans leurs services ou de servir dans un corps de troupe et ne nécessitaient qu’iin traitement facile à suivre au corps. Souvent il s agissait d’hommes qui avaient profité de leur maladie pour surprendre la ionne foi de leur médecin ou abuser de sa bienveillance.

je rappellerai seulement sommairement les principales localisations de la syphilis tertiaire.

bu côté de la peau, on observe des syphilides de types variés, papuleuses, papulo-tuberculeuses, ulcéreuses, gommeuse!, caractérisées toujours par : 1° leur forme presque toujours aitondie ou réniforme et leur disposition en groupes de configuration plus ou moins arrondie et à extension centrifuge lorsqv’elles sont multiples; 2° le petit nombre de leurs éléments, etleur limitation habituelle à une région du corps ou à un petit nénbre de régions, contrairement aux syphilides secondaires qii sont le plus habituellement généralisées ; 3° la tendance a l’iilcération ou, si elles ne s’ulcèrent pas, à la resorpttion inter-

stitielle des tissus envahis, d’où la persistance habituelle de citatrices indélébiles, souvent mais non toujours entourées d’tne zone de pigmentation; 4» l’absence de phénomènes fonctionnels, prurit, douleur, sauf lorsqu’elles sont ulcérées, soment même alors qu’elles siègent au voisinage d’orifices et dans desrégions très mobiles.

Le diagnostic des lésions syphilitiques tertiaires repose sur ces caractères, sur Texistence antérieure d’accidents sypliilitiques reconnus (il faut noter cependant que les antécédentssyphilitiques manquent fréquemment, moins souvent cepindant chez l’homme que chez la femme), sur la constatation destigmates syphilitiques ; cicatrices cutanées, signe d’Argyll Roiertson, abolition des réflexes tendineux, sur l’existence d’une réaction de Wassermann positive; dans les cas douteux, la guérison rapide par le traitement mercuriel, arsenical ou ioiuré peut éclairer rétrospectivement le diagnostic.

Les lésions les plus fréquentes des muqueuses jccessibles sont les ulcérations et les lésions scléro-gommeuses delà langue, avec ou sans leucoplasie, la leucoplasie linguale ou du moins certaines de ses formes car il serait, actuellement, excessif de déclarer que la leucoplasie reconnaît toujours pour cause la syphilis ; les lésions ulcéreuses du voile du palais, aboutissait engénéral très rapidement à des perforations et qu’il est par suite nécessaire de traiter dès le début très activement.

Quant aux lésions viscérales, artérielles, cardiaques, nerwuses, hépatiques et autres, elles relèvent le plus souvent de la pathologie interne, dont elles constituent, pour tous les viscèrts, un chapitre important. Il n’y a pas lieu de les décrire ici.

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