PLAN DU TRAITEMENT
A sa sortie de l’hopital, le syphilitique doit être prévenu qu’il «St tenu de continuer le traitement, pendant un temps suffisant : le médecin devra le lui répéter à satiété.
Pour être pratiquement réalisable, ce traitement d’entretien doit être simple, ne pas entraver l’exécution du service ou îie la gêner qu’au minimum.
Plusieurs cas sont à considérer dans l’armée.
Sur le front, un seul mode de traitement est acceptable : l’emploi des pilules de protoiodure de mercure, ou de leurs succédanés, comprimés, pastilles ou cachets. Les syphilitiques «n seront donc pourvus en même temps qu’il leur sera prescrit d’en faire usage, à la dose de 10 centigrammes de protoiodure par jour, soit 4 des pilules dont les infirmeries des corps sont pourvues. Les périodes de traitement seront, d’une façon générale, réglées ainsi qu’il est dit plus loin.
S’il survient quelque accident contagieux, le malade sera denouveau évacué sur un centre dermato-syphiligi'aphique.
S’il se produit une manifestation non contagieuse et n’entravant pas l’exécution du service, il prendra, au corps, une quantité de protoiodure plus élevée (5 à 6 pilules par jour) et pendant une période plus longue.
Parfois, cependant, lorsque le corps sera au repos et à proximité d’un centre dermato-syphiligrapbique ou pourvu d’un médecin compétent, l’homme pourra exceptionnellement recevoir une ou deux injections d’arsénobenzol. et plus exceptionnellement encore des injections mercurielles solubles.
Dans les dépôts et les services sédentaires, c’est encore aux préparations de protoiodure qu’il conviendra le plus habituellement de recourir pour le traitement d’entretien ; mais il sera plus souvent possible de faire usage' des injections. Pour peu que l’indication s’en présente, on pourra faire des injections d’arsénobenzol, qui en fait ne nécessitent qu’un repos d’une journée, ou d’une demi-journée, à la chambre ou à l’infirmerie. Si le médecin a l’habitude des injections intraveineuses, il lui sera facile d’y recourir. Quant aux injections intra-musculaires, solubles ou insolubles, elles seront réservées aux hommes dont le service ne risquerait pas d’être entravé par une légère et passagère douleur pendant la marche.
Pour les ouvriers mobilisés dans les usines de guerre, dont
TRAITEMENT RE LA SYPHILIS-
la vie diffère en somme fort peu de celle d’un ouvrier du temps de paix, le traitement est plus facile à réaliser.
Toutes les fois où cela sera possible, il sera avantageux de faire, 2 mois environ après la cure d’attaque réalisée pendant le séjour àl’hôpital, 2 ou 3 injections de novarsénobenzol, à dose de 60 centigrammes, espacées de 8 jours : chacune d’elles ne nécessitera qu’un repos d’une journée ou d’une demi-journée, et pourra être faite soit en fin de journée, soit au moment du repos bi-hebdomadaire.
Le traitement mercuriel peut être réalisé au moyen des pilules, comme pour les soldats sur le front ; mais à tous égards il est préférable de recourir aux injections, soit aux injections intraveineuses de cyanure ou aux injections intra-musculaires de préparations solubles lorsque l’organisation du service médical permet aux malades de subir, sans perdre de temps, une injection tous les deux jours, soit aux injections d’huile grise lorsqu’il ne sera possible de pratiquer d’injections qu’une fois par semaine.
La cure mercurielle d’entretien, quelles que soient les préparations employées, doit se rapprocher, autant que possible au point de vue de la périodicité et de la durée du type suivant :
20 jours par mois pendant les 3 mois qui suivent le traitement à l'hôpital.
Puis pendant 9 mois, 12 à 13 jours par mois, etpendant l’année suivante, 12 à 15 jours tous les 2 mois.
Ultérieurement, les cures mercurielles seront espacées, mais répétées pendant 2 ou 3 ans 40 à 50 jours par an en 2 fois.
Il doit être encore une fois bien spécifié que, pendant la durée des cures, le malade prendra soin de ses dents, les brossera chaque jour, — que le traitement sera suspendu s’il survient des accidents attribuables au mercure : salivation, stomatite, diarrhée, puis repris ultérieurement avec précaution; — que, s’il appai’aît des accidents d’origine syphilitique, la cure mercurielle sera, suivant la nature des accidents et leur gravité, renforcée ou complétée par des injections d’arsénohenzol, sera en un mot adaptée aux indications qui se présenteront.
On remarquera que, dans la direction de cette cure, je ne fais aucune part aux indications fournies par la réaction de Wassermann. Outre qu’il pourrait être difficile de la rechercher d’une
TECHNIQUE DES INJECTIONS INTRAVEINEUSES ll^^
façoQ régulière chez tous les syphilitiques au cours de leur maladie, j’estime avec beaucoup d’auteurs qu’elle n’a aucune valeur au point de vue des indications et de la direction du traitement ; excellent moyen de diagnostic, dans les limites où on peut être assuré de son exactitude, elle ne fournit, quoi qu’on en ait pu dire, aucune donnée précise sur la possibilité du retour des accidents syphilitiques. Il arrive qu’elle est négative chez des sujets qui peu de jours après présentent des accidents graves; il arrive aussi que, positive à un moment donné, elle cesse plus ou moins rapidement de l’être sans que le malade ait subi aucun traitement.
En présence, d’une part, de cette incertitude, d’autre part de l’action préventive depuis longtemps démontrée du mercure employé sous la forme de traitements successifs pendant les premières années de l’infection, on doit aux malades le bénéfice des cures mercurielles intermittentes répétées sans se laisser influencer par les résultats de la séro-réaction.