‹ La syphilis et l'arméeChapitre 22 sur 54 · HYGIÈNE DES MILITAIRES SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

HYGIÈNE DES MILITAIRES SYPHILITIQUES

Les prescriptions hygiéniques ont, dans la syphilis, une importance trop souvent négligée.

Bon nombre de ces prescriptions sont superflues ou irréalisables lorsqu’il s’agit de militaires. Il ne saurait être question dans l’armée de recommander le repos intellectuel, l’aération, l’exercice modéré, la suppression des veilles qu’on est accoutumé de prescrire aux citadins syphilitiques.

Un conseil utile, possible à mettre en pratique quand les hommes sont au cantonnement ou à l’arrière est d’entretenir la propreté du corps, celle des organes génitaux en particulier par des lavages, des bains ou des bains-douches ; il rentre dans les soins que doivent prendre tous les soldats, dès qu’ils en ont la possibilité.

Il reste à donner aux syphilitiques peu de conseils qui leur soient particuliers.

I» Suppression du tabac. — C’est là une prescription qui doit être faite à tous les syphilitiques, au moins pendant la première année de la syphilis ; le tabac, sous quelque forme que ce soit, pipe, cigarette, cigare, chique, est la cause provocatrice par excellence des plaques muqueuses buccales. Un syphilitique bien traité, qui ne fume pas et qui ne chique pas, les évite à peu près certainement. Dans les hôpitaux, le médecin doit imposer la privation absolue de tabac à tous les syphilitiques.

Une fois rentré à son corps, l’homme passe souvent outre à cette prescription ; il appartient au médecin de la lui rappeler à l’occasion. Lorsqu’un homme a eu des récidives multiples de plaques muqueuses buccales et continue malgré des défenses réitérées à fumer, le médecin doit le menacer de peines disciplinaires s’il continue à faire usage du tabac.

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2® Hygiène de la bouche. — La stomatite se développant fréquemment à la suite de l’emploi du mercure chez les sujets dont la muqueuse buccale, spécialement au niveau des gencives et des dents, n’est pas en parfait état, il est indispensable que tous les syphilitiques prennent un soin particulier de leur bouche.

Le médecin doit, dès la première visite, examiner les dents, prescrire s’il y a lieu leur nettoyage par un dentiste et le traitement de toute dent malade et, en cours de la cure mercurielle, renouveler l’examen et les prescriptions nécessaires.

En outre, les malades doivent chaque jour, tant que dure le traitement mercuriel, laver les dents et frotter les gencives deux ou même trois fois par jour, avec une brosse, de l’eau et du savon de Marseille ou avec une poudre renfermant du savon.

Le salol, fréquemment conseillé pour les soins de la bouche a une action irritante pour la peau et provoque souvent le développement d’eczéma au niveau des commissures labiales ; les préparations qui en renferment doivent être sévèrement proscrites.

Il est presque banal, pour beaucoup de médecins, de prescrire aux syphilitiques des lavages de la bouche avec une solution de chlorate'de potasse ; cette solution, employée en simples lavages, n’a qu’une action détersive, elle n’a aucun avantage sur la simple eau bouillie; elle est, comme moyen préventif de la stomatite mercurielle, bien inférieure aux lavages au savon. Aussi je ne vois aucune raison pour la conseiller.

3° Boissons. — Les syphilitiques doivent éviter l’abus de l’alcool, user modérément du vin, s’abstenir de tout apéritif et de toute liqueur.

4» Vêtements. — Le mercui'e provoquant facilement de la diarrhée, les syphilitiques doivent éviter le refroidissement de l’abdomen, le port de la ceintui’e de flanelle sera recommandé.

5“ Rapports sexuels. — Les syphilitiques doivent s’abstenir de rapports sexuels pendant les premiers mois, même lorsqu’ils ne présentent aucune lésion contagieuse des organes génitaux ; à cette époque, en effet, le sang est contagieux et il peut toujours se produire une excoriation pendant le co'it.

Ils doivent être instruits des dangers de contagion, de la longue durée de la période où la contagion peut s’exercer et de la nécessité de consulter le médecin avant de se marier ou, s’il s’agit d’homme mariés, avant de reprendre les rapports conjugaux.

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