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HOSPITALISATION DES SYPHILITIQUES

De même, dausles formations sanitaires, il est nécessaire qu il soit procédé à des visites des hommes qui au cours du traitement

Jouissent de permissions de sortie, celles-ci ne fussent-elles que

dTquelques heures seulement. Dans les petites localités, comme dans les grandes villes, un nombre important d entre eux ont contracté la syphilis. La plupart, porteurs de manifestations très «ntes ne peuvent les dissimuler au médecin traitant, qui nrLd les mesures nécessaires ; mais certains échappent au confie médical et au traitement. Avec beaucoup de raison, k circulaire du 25 septembre 1916 prescrit que les blesses en tmtement dans les diverses formations sanitaires somnt soumis a des visites bi-mensuelles et, en cas d'accidents venenens, traites toutes les fois où cela est possible comme les hommes des dépôts. J’ai des raisons de croire que celte visite est souvent

négligée, elle serait particulièrement indispensable dans les services où les blessés séjournent longtemps tout en faisant de frequentes sorties, particulièrement ks services de physiothérapie, de mécanothérapie et de neurologie.

Hospitalisation des syphilitiques. -- Tout syphilitique reconnu porteur d’une ou plusieurs manifestations contaaieuses doit être hospitalisé au moins jusqu à disparition de ?es manifestations: c’est là une règle absolue edictee avec beaucoup de raison par la circulaire du 25 septembre 1916 qui prescrit d’évacuer sur les centres de dermatologie et de veneréologie les malades porteurs d’un chancre ou de la moindre érosion suspecte. Le médecin ne doit y admettre aucune exception, du moins en ce qui concerne les soldats etles sous-officiers quels que

soient leur situation et leur emploi.

Pour les officiers, la même règle devrait être établie, mais est peut-être plus difficile à faire accepter : il appartient au médecin d’apprécier, dans chaque cas particulier, ce qu il consent de faire tenant compte du rôle utile de l’officier dans son poste et des précautions qu’il est susceptible de prendre pour ne pas dissémffier la maladie. Si l’hospitalisation s impose, il dévia user de son ascendant sur l’intéressé pour 1 amener a acceptei , sinon, il lui facilitera par tous les moyens possibles la mise en œuvre d’un traitement énergique.

L’hospitalisation doit être une règle absolue pour tous les

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oiivj-iers mobilisés dans les usines, parce qu’ils soûl des plus dangereux pour la population civile avec laquelle ils vivent. Quelques médecins chargés de la surveillance médicale de ces usines, lorsqu’ils sont consultés par un ouvrier porteur d’un chancre, lui accordent un repos de quinze jours poui- qu’il puisse se traiter. Cette pratique est déplorable : l’ouvrier, la plupart du temps, reste plusieurs jours avant de se présenter à la consultation d’un hôpital, reçoit une prescription souvent insuffisante, l’applique mal et, lorsqu’est terminée la période de quinze jours, pendant lesquels il n’a souvent pas manqué de contaminer quelque femme, son chancre n’est pas cicatrisé. Toutes les fois qu’un ouvrier mobilisé s’est présenté à moi, j'ai toujours refusé de lui faire une prescription et un traitement ambulatoire et je l’ai adressé au médecin de son usine, avec un« note indiquant la nécessité de l’hospitalisation et je dois reconnaître que toujours le médecin m’a renvoyé l’ouvrier à cette fin.

Il en a été de même chaque fois que, d’un centre de physiothérapie ou de neurologie, un blessé eu traitement m’a été adresse avec un chancre syphilitique ou une plaque muqueuse et que le médecin traitant me priait de faire suivre au blessé une cure mercurielle en proposant de l’envoyer au besoin chaque jour recevoir une injection.

L’hospitalisation implique formellement un traitement actif àe la syphilis afin de réduire a m 1 iternement. J’y ai sulfisamment insisté en exposant le traitement de la syphilis poiir ne pas avoir à y revenir. L’hospitalisation seule d’ailleurs permet, dans la plupart des cas, la mise en œuvre effective d’une thérapeutique anti-syphilitique énergique. Très justement le soussecrétaire d’Etat a insisté sur sa nécessité dès le 5 janvier 1916.

L hospitalisation du syphilitique contagieux doit être effective et reahser l’isolement du malade : c’est-à-dire que, pendant toute sa durée, le malade ne doit, sous aucun prétexte avoir la permission de sortir. Gela est l’évidence même. Dans des cas exceptionnels, des permissions peuvent être accordées à des sujets ayant présenté au cours de leur syphilis des accidents generaux plus ou moins graves ou des maladies intercurrentes' qui ont prolongé leur séjour àl’hôpital, mais à la condition stricte qu ils n’aient plus aucun accident contagieux en activité (1).

(1) Comme la privation de permission ne constitue pas une

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A la sortie de l’iiopital, il u’y a pas lieu d’accorder aux sypliililiques la permission donnée habituellement aux blessés et malades évacués du front. Aucune raison d’ordre médical ne les empêche de reprendre immédiatement leur service ; leur état o-énéral n’est presque jamais altéré par leur maladie, et même fa médication arsenicale intensive améliore généralement la nutrition à telle enseigne qne l’état de santé des syphilitiques est souvent meilleur à la sortie de l’hôpital qu’à l’entrée.

D’autre part, l’octroi d’une permission à la sortie de 1 liopilat constituerait une sorte de prime à la reproduction des accidents syphilitiques et, si les syphilitiques ne doivent pas être punis pour avoir contracté leur maladie, il serait fâcheux qu ils en tirassent, sous forme de permission, un bénéfice.

C’est donc à juste raison que les circulaires du 5 janvier et du 25 septembre 1916 ont prescrit qu’en principe aucune permission ou convalescence ne soit accordée aux vénériens à leur sortie de l’hôpital.

Lieu d’hospitalisation des syphilitiques. — D’une façon generale, ils doivent être hospitalisés le plus près possible de leur poste militaire.

Un soldat syphilitique ne doit jamais, à moins de complications graves, être évacué du front sur 1 intérieur ; il impoite de le conserver à proximité de son corps, afin que, aussitôt finie la cure de blanchiment, il puisse le rejoindre ; les instimctions sont formelles sur ce point et il n’est pas besoin de les justifier

A l’intérieur même, il y a lieu de l'écarter le moins possible de son service ou de son dépôt.

Mais, à côté de ce précepte, il faut tenir compte d’un autre élément, la nécessité d’assurer au syphilitique des soins completset rapides, c’est-à-dire de le placer dans une formation pourvue des ressources nécessaires tant en installations matérielles qu en personnel médical compétent.

mesure disciplinaire, reste des anciennes idées sur les maladies « secrètes » ou « honteuses », mais une mesure d'hygiène, il n’y a pas lieu de refuser les permissions aux syphilitiques porteurs delésions tertiaires, ulcéreuses ou non, dont on n’a pas à redouter la contagion.

PROPHYLAXIE

Quoiqu’on en puisse penser, le diagnostic et le traitement de la syphilis nécessitent une adaptation du matériel et du personnel pour être réalisés avec le minimum de dépenses, le minimum de temps et le minimum de risques.

La création de centres vénéréologiques ou mieux de centres dermatosyphiligraphiques a été très heureusement réalisée aussi bien dans la zone des armées que dans les régions de l’intérieur.

Que des médecins instmits, connaissant la syphilis et son traitement, puissent se rencontrer dans toutes les formations, cela n’est pas douteux et je sais bon nombre de médecins de régiments, d’ambulances, d’hôpitaux temporaires, qui sont en mesure d’assurer dans les meilleures conditions le traitement et la guérisqn de leurs malades syphilitiques et auxquels on peut les confier : dans certains cas, il y a même avantage à le faire, de façon à ne pas éloigner le malade de son unité ou de son service, mais c’est là une solution applicable seulement à des cas particuliers. La règle générale, à laquelle il faut se plier presque toujours, est 1 envoi des syphilitiques dans un hôpital ou un service spécialisé pour le traitement de la syphilis ; dans la zone des armées, hôpital placé dans un centre médical important : à l’intérieur, service spécialisé d’un hôpital ou centre dermato-syphiligraphique d’une région. Le nombre de ces services et de ces centres ne peut et ne doit pas être très considérable ; il doit varier suivant les régions et peut même varier suivant les époques, augmentant si le nombre des syphilitiques vient à subir un accroissement sensible ; ils doivent se trouver au voisinage des grandes agglomérations militaires et des grandes agglomérations d’hôpitaux, de façon à réduire à la fois le nombre et la longueur des déplacements des malades. Leur siège a, du reste, été judicieusement déterminé par l’autorité militaire, qui a créé, là où le besoin s’en faisait sentir, des sous-centres en nombre variable.

Outre que la création de centres et de services spécialisés permet l’utilisation des médecins compétents, qu’elle réduit le nombre des installations similaires et, par suite, permet de les doter du matériel nécessaire au diagnostic et au traitement de la syphilitis, ces services et ces centres ont l’avantage de grouper les malades syphilitiques; ils en facilitent la surveillance, qui doit, en raison à la fois de la contagiosité de la maladie, de la suppression des permissions et de l’interdiction du tabac, être

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plus active que pour les malades ordinaires : ils donnent, à tous égards, un rendement curatif et prophylactique bien supérieur à celui du placement des syphilitiques dans un hôpital quelconque. J’ajouterai qu’en raison de leur siège au voisinage des chefslieux des régions, les centres dermatologiques permettent d’éclairer plus rapidement et plus complètement le directeur du service de santé et le commandement sur les variations de la syphilis, sur ses foyers de contagion, sur les mesures à prendre, de concert avec l’autorité civile, pour en arrêter les progrès.

Recommandations à faire aux syphilitiques hospitalisés. — Le séjour à l’hôpital doit servir non seulement à traiter le syphilitique, mais encore à l’éduquer sur sa maladie et ses suites, sur les précautions qu’il aura à prendre pendant la durée de son séjour à l’armée et après son retour à la vie civile.

Les conférences sur les maladies vénériennes faites aux hommes dès leur arrivée au corps, ont pour but de les mettre à même d'éviter les maladies vénériennes et de leur apprendre ce qu’ils doivent faire s’ils en sont atteints ; mais sont bien souvent oubliées lorsque l’homme est devenu syphilitique. Il faut alors les compléter et tes développer non plus par des discours ex cathedra, mais par des conversations personnelles avec les hommes : en quelques mots, le médecin fera comprendre au malade la gravité réelle de sa maladie, les soins qu’il aura à prendre, rectifiera bien des idées fausses ou incomplètes, effraiera les hommes trop indifférents, rassurera ceux qui se font une idée exagérée de la gravité de la syphilis et de ses suites. Il y a là, pour le médecin traitant, un rôle à la fois humanitaire et social de premier ordre à remplir, qui n’appartient qu’à lui et dans lequel il pourra donner libre essor à son souci du bien de ses malades et du bien public.

Pour faciliter cet enseignement individuel, en même temps que pour en laisser au malade une trace persistante et lui permettre de se remémorer, la plupart des syphiligraphes ont depuis longtemps rédigé et distribué à leurs malades une courte notice rappelant les règles générales du traitement de la syphilis, les précautions à prendre pour éviter de la transmettre. La circulaire du 25 septembre 1916 prescrit de remettre ces notices aux syphilitiques sortant des centres spéciaux et de les leur commenter. Imprimée sur une feuille de- papier résistant, elle peut

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être conservée dans le portefeuille et servir de guide aux malades. J ai 1 habitude de la remettre lors du premier ou du second examen du malade ; je l’engage à la lire et à un des examens suivants, elle est commentée et expliquée soit par moi soit par un de mes élèves.

^ 11 est utile, a la sortie du malade, de lui remettre par écrit rindication des accidents pour lesquels il a été traité, du traitement qu’il a subi (médicaments employés et doses), et celle des dates d’entrée et de sortie. Ces diverses mentions peuvent être portées sur un simple feuillet de papier fort, que le malade est invité à conserver et à représenter chaque fois qu’il consultera un médecin. Elles doivent, en outre, être reproduites sur le billet d’hôpital et sur la feuille d’observations que les instructions ministérielles prescrivent d’établir pour chaque malade. ^

Au moment de la sortie de l’hôpital, le médecin ne manquera jamais de rappeler à chaque malade, individuellement, la nécessité de continuer le traitement, de se présenter au médecin de son corps dès qu’il remarquera un accident quelconque et, même s’il ne survient aucun accident, de le consulter de temps à autre pour faire constater son état, recevoir les médicaments nécessaii'es La circulaire du 2S septembre 1916 prescrit, en outre, de remettre aux malades cutanés une ordonnance pour le traitement ambulatoire qu’il devra siüvre et recommande de n'y comprendi-e que des médicaments que les militaii-es soient assurés de trouver facilement partout et spécialement sur le front.

Traitement et surveillance post-hospitaliers

Le syphilitique rentré à son corps après traitement à l'hôpital doit être maintenu en observation par le médecin du corps.

Pour cela, il est nécessaire que ce dernier ait une connaissance précise du diagnostic porté par le médecin traitant. En temps de paix, les médecins militaires n’inscrivaient sur le billet d’hôpital au lieu du diagnostic de syphilis que le numéro qui dans la nomenclature des maladies établie par le service de santé correspond à la syphilis (n» 45). 45 a syphilis primaire. 45 h syphilis secondaire. 45 c syphilis tertiaire.

L instruction du 25 septembre 1916 prescrit d’adresser, au

SURVEILLANCE DES MILITAIRES SYPHILITIQUES i??

moment de la sortie de tout vénérien hospitalisé ou à la traitement ambulatoire, ou à l’occasion dun simple examen, une copie de la fiche médicale, sous pli cacheté, au medecinchef de service du dépôt du malade ou de l’établissement auquel celui-ci est employé. Cette pièce doit être soigneusement^ complétée, mise au courant et classée dans le dossier des veneiiens du dépôt ; les fiches doivent, d’après cette instruction, suivie le suiet dans ses diverses mutations, par transmission directe et clfidSMle de n.édeci» chet à médecin chef. ^ Me pital ne doit porter, autant que possible, que 1 indication d un

diagnostic lésionnel, sans précision étiologique.

Ces prescriptions répondent bien à un de leurs buts, celui de respecter le secret médical ; mais dans la plupart des cas elles y répondent si bien que, après que le malade est sorti de 1 fopital personne n’a aucune notion de la maladie pour laquelle il y aete soigné, et moins que tout autre le médecin de son corps ; les avis confidentiels s’égarent, se perdent dans leurs pérégrinations raul-

^'*^J’estime que le secret médical ne s’oppose pas à ce que, dans l’armée, où le commandement est responsable de la santé des hommes et doit prendre des mesures Poui;e»t';aver la propagation des maladies vénériennes, les chefs d unîtes soient m. L moins en temps de guerre au courant des cas de maladies vénériennes contractés par leurs hommes et ils ne peuvent 1 êtie que par le billet d’hôpital. C’est à eux ù prendre, comme les Lecteurs d’hôpitaux en temps de paix, des mesures pour que leurs employés ne divulguent pas ce secret. Et dailleure ce secret en est-il un avec la promiscuité du cantonnement et des hôpitaux, avec les confidences que les hommes se font.

Quelques hommes demandent instamment aux médecins de ne pas insLre le diagnostic sur leurs billets : il s’agit presque ouours sinon toujours d’hommes qui cherchent à dissimulei leur maladie pour ne pas être privés de permissions, extorquei un congé de convalescence ou échapper ultérieurement a la suivei lance du médecin de leur corps.

11 est indispensable que, par un procédé a peu près infaillible, le médecin du corps reçoive les renseignements que la circulaire du 25 septembre 1916 prescrit de lui faire parvenir et qu’aucun syphilitique ne rentre à son corps sans que le mede-

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