INTRODUCTION
leurs indications, leur technique parfois délicate, toujours importante pour éviter des accidents.
Mais, avant de traiter une maladie, il faut l’avoir reconnue : depuis que mon service de l’hôpital Saint-Louis a été militarisé, j’ai été à même de constater, tant chez les malades hospitalisés que chez ceux qui me sont adressés pour examen par le service médical de la Place de Paris, combien sont fréquentes les incertitudes des médecins et les erreurs de diagnostic en matière de maladies vénériennes.
Bien souvent, ces incertitudes et ces erreurs tiennent à la difficulté même du diagnostic, si souvent délicat, du chancre syphilitique et à l’impossibilité pour le médecin du corps de troupe de recourir aux moyens de contrôle fournis par le laboratoire ; celles-là ne peuvent être évitées que par un médecin rompu à la pratique de la dermatosyphiligraphie et pourvu d’un outillage scientifique suffisant.
Mais aussi, —pourquoi ne pas le dire ? — elles tiennent encore trop souvent à ce que tous les médecins n’ont pas reçu une instruction assez complète en matière de maladies vénériennes, ou ont pu oublier ce qu’ils avaient appris sommairément.
Il m’a donc semblé nécessaire de rappeler avec quelques détails, — en insistant spécialement sur ce qui concerne les lésions syphilitiques le plus souvent observées chez les militaires, — chancre syphilitique et lésions secondaires — les caractères et les éléments du diagnostic des manifestations syphilitiques.
Aussi bien, dans ces dernières années, des modes nouveaux d examen, des données plus précises sur les caractères de quelques-unes de ces lésions sont-ils entrés dans la pratique syphiligraphique et méritaient-ils d’être exposés en même temps que les éléments anciens du diagnostic étaient rappelés à la mémoire.
En fait, ce petit volume, destiné surtout à combattre le fléau syphilitique, contient, j’espère, ce qui est nécessaire au médecin pour accomplir toute la partie médicale de son œuvre antisyphilitique ; il lui fournira aussi les éléments de tous les conseils médicaux, extra-médicaux, qu’il peut avoir à donner aux autorités civiles et militaires pour aboutir à une prophylaxie utile de. cette maladie.
Il sera, c’est du moins mon ambition, un guide pi’àtique, un vade-mecum de syphiligraphie à l’usage des médecins militaires.