ORIGINE DES CONTAGIONS SYPHILITIQUES DANS L’ARMÉE
Les origines des contagions syphilitiques dans l’armée sont multiples, comme on peut le penser.
Elles sont souvent difficiles à déterminer. Tous les malades ne se prêtent pas à leur recherche avec une égale complaisance : certains ont pris la syphilis dans une escapade sur laquelle ils ne veulent fournir aucun renseignement ; d’autres ne veulent pas, par esprit chevaleresque, dénoncer une femme qui leur a accordé une faveur, gratuite ou payante ; quelques-uns, en état d’ébriété, ne sauraient dire ni le lieu, ni l’heure de la rencontre, ni la profession, ni la couleur des cheveux de leur partenaire occasionnelle ; d’autres encore ont eu des aventures amoureuses si multiples, si rapprochées, avec des femmes si variées qu’ils ne peuvent accuser l’une plutôt que l’autre.
Malgré la difficulté de l’enquête, un certain nombre de militaires répondent aux questions d’une façon qui semble véridique et tous les médecins ont pu recueillir en plus ou moins grande abondance des renseignements précis et d’une exactitude suffisante.
Quelques-unes de ces enquêtes ont été publiées, qui portent sur un nombre de cas suffisant pour avoir une valeur, notamment celles de Jolivet et de Carie.
Voici d’abord celle de Jolivet (1), qui porte sur les 100 pre-
(i) Jolivet. Gomment se sont contaminés cent vénériens traités dans la zone des armées. Annales de dermatologie, mai 1916,
miers vénériens, traités dans un hôpital de contagieux de la zone des armées, sur lesquels il a pu recueillir des données précises concernant le mode de leur contamination.