‹ La syphilis héréditaire et le rachitisChapitre 69 sur 84 · RACIIITIS ET SYPHILIS HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

RACIIITIS ET SYPHILIS HÉRÉDITAIRE

Les deux dernières variétés de l’atrophie ne sont pas primitives comme 'les précédentes et ne datent pas, du moins avec leur forme typique, de la ;période intra-alvéolaire ; elles ne se montrent que consécutivement à l’éruption des dents, et sont le résultat de la carie ou de l’usure en des régions •prédisposées à les subir par une altération congénitale de l’émail.

Celle en hache n’existe que sur les incisives supérieures. Durant une certaine période, la partie la plus voisine de la gencive est seule érodée, et comme le tranchant est intact, on a l’apparence d’un fer de hache.

Dans l’atrophie d’Hutchinson, c’est au contraire la partie centrale du bord libre des incisives qui a été rapidement usée à cause de l’amincissement qu’y avaient déterminé de nombreuses cupules, au moment du dépôt de l’émail. Il en résulte une encoche de profondeur variable, triangulaire •ou en croissant.

L’atrophie peut atteindre toutes les dents, à l’exception des secondes et troisièmes molaires, et des prémolaires permanentes.

Son existence chez des sujets atteints de syphilis héréditaire, son évolution qui coïncide avec la période d’activité de cette maladie, m’engage à la considérer, suivant la remarque déjà faite par M. J. Ilutchinson pour la variété qu’il a décrite, comme étant sous sa dépendance, et m’autorise à repousser, si non d’une manière absolue, du moins dans l’immense majorité des cas, toute autre origine. En effet, les pyrexies de l’enfance, dont on a parlé, n’apparaissent en général qu’après la seconde année, alors que la formation de la dent est achevée.

Pour ce qui est des convulsions éclamptiques, auxquelles M. Magitot et ses élèves font jouer un rôle exclusif dans celle étiologie, je les repousse d’une manière générale; parce que chez la plupart des sujets l’altération s’est produite ou a débuté durant la vie intra-utérine, dont les accidents névropathiques sont encore inconnus; parce que la hauteur et la profondeur des lésions, si bien expliquées par la durée et l’intensité d’action de la syphilis héréditaire, sont inconciliables avec le temps, relativement très court, des accès éclamptiques ; enfin, parce que les deux dernières molaires ne sont jamais atteintes. Immunité qui s’explique aisément par l’étiologie que je soutiens, l’activité de la syphilis étant éteinte dans la période où ces dents se développent ; tandis qu’elle est en contradiction avec l’opinion de M. Magitot, car les convulsions sont loin d’être rares à cette époque de la vie infantile.

Ainsi la syphilis héréditaire se révèle d’une part par des éruptions cutanées, une affection desquamative de la langue et des altérations viscérales; de l’autre, par des cicatrices cutanées et une atrophie particulière du système dentaire. Grâce à ces signes, elle n’échappera que dans un nombre de cas restreint.

MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS

Je vais maintenant examiner l’affection du squelette, qui par une série d’étapes conduit au rachitis, et qui, coïncidant d’une manière à peu près constante avec les marques que je viens de faire connaître, doit être mise sous la dépendance de la syphilis héréditaire.

Cette affection est essentiellement systématique, et, si je puis ainsi dire, chronologique. Elle se présente sous des formes déterminées et distinctes aux diverses périodes de la vie infantile ; mais chez les différents sujets, sa physionomie reste invariable pour une même époque.

Elle atteint, suivant un ordre constant, les pièces du squelette et, pour chaque os, les mêmes régions. Ses variétés sont très nombreuses, mais elles peuvent être rangées sous trois types principaux, qui correspondent à trois époques successives de l’enfance ; ce sont, par ordre de date :

Celui des ostéophytes durs.

Celui de l’atrophie gélatiniforme.

Celui du tissu spongoïde.

L’altération du premier type se présente dans toute sa pureté chez les fœtus mort-nés, les avortons, et dans les premières semaines de la vie extrautérine. Elle consiste essentiellement en des couches ossiformes nouvelles, véritables ostéophytes qui se développent à la périphérie des os longs et plats, et qui affectent une disposition tout à fait caractéristique sur la moitié inférieure de l’humérus, notamment en arrière, et à la face interne du tibia. Ces couches nouvelles, un peu moins dures que l’os normal, s’en distinguent surtout par leur teinte et par la direction de leurs trabécules, qui sont perpendiculaires à l’axe diaphysaire. En même temps, dans beaucoup de cas, il existe au voisinage de l’épiphyse, sur une épaisseur variable, mais qui dépasse rarement un ou deux millimètres, une substance crayeuse, plus friable que le reste de l’os, que je qualifie de chondro-calcaire , parce qu’elle n’est autre chose que le tissu cartilagineux infiltré de sels calcaires.

Dans l’altération du second type, on trouve les deux modifications précédentes de la diaphyse, avec celte légère restriction, que les ostéophytes ont une dureté moins grande; mais en outre, et c’est là ce qui la caractérise, certaines portions, en général très circonscrites, de l’os sont remplacées par un tissu mou, aqueux, transparent, de nuances diverses, souvent jaune maïs ou sucre d’orge, ayant l’apparence d’une gelée. C’est à elle que se rattachent les brisures juxta-épiphysaires et la pseudo-paralysie syphilitique.

L’altération du troisième type est caractérisée par le tissu que M. Jules Guérin a qualifié de spongoïde ; élément nouveau et que l’on ne rencontre en aucune autre circonstance. 11 constitue les ostéophytes péridiaphysaires

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