‹ La Syphilis Nerveuse ConjugaleChapitre 11 sur 26 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

On ne trouvera pas ici d'idées ni de faits nouveaux, mais une analyse d'ensemble des observations de syphilis nerveuse conjugale, publiées, avec un essai d'appréciation de leur fréquence.

Ces observations de la littérature médicale, auxquelles sont ajoutés quelques cas trouvés dans le service de M. Sézary ou à la consultation du soir qu'il dirige à l'Hôpital Laënnec, représentent une masse de faits considérable.

Quant aux statistiques, on sait combien elles prêtent à discussion et l’on verra plus loin quelle valeur on peut leur attribuer dans l’étude de la syphilis nerveuse conjugale.

On a déjà dit, au début de cette étude, que sous le terme, inexact, de para-syphilitiques, FourNIER

avait groupé des affections distinctes des manifestations habituelles de la spécificité :

— par leur résistance aux traitements rie

— par leurs caractères anatomiques, purement inflammatoires.

Et pourtant, Tabes et Paralvsie Générale appar-

tiennent indubitablement à la syphilis, comme le prouvent entre autres les découvertes bactériologiques et la constance de cette infection chez ces malades.

Alors ?

Les caractères différentiels précisés par Fournier sont-ils explicables par des causes purement locales ou bien la syphilis nerveuse parenchymateuse constitue-t-elle dans le cadre général de la syphilis une variété spéciale ?

C’est le dernier point qui sera envisagé tout d’abord dans l’étude des observations qui vont suivre :

Observations

Elles seront divisées en trois groupes :

19 La syphilis nerveuse conjugale pourrait être dans certains cas qualifiée de pure, lorsque la localisation nerveuse parait isolée, les manifestations initiales de l’infection étant souvent des plus discrètes.

20 D’autres fois, l’un des conjoints (ou les deux) présentent des manifestations syphilitiques viscérales ou cutanées, associées à son affection nerveuse.

30 Enfin, il est des cas de syphilis familiale où les deux conjoints sont neuro-syphilitiques, tandis qu’un . troisième sujet, infecté par le même virus, ayant un genre d’existence semblable, présente des accidents

viscéraux ou cutanés.

A. Les syphilis nerveuses conjugales pures

Ces observations sont, ou plutôt ont été, de beaucoup les plus communes. Elles ont vivement impressionné les neurologistes et les psychiâtres qui semblent au début du moins, n’avoir que fort peu recherché les autres manifestations syphilitiques concomitantes. Elles paraissent aussi confirmer l’hypothèse du neurotropisme qui suppose «un virus ayant une virulence atténuée pour tous les tissus autres que les centres nerveux ». (A. Marre).

On peut les diviser en :

— Formes avérées : comprenant la paralysie générale, le tabes et différentes types de myélites parenchymateuses.

— Formes frustes : sur la fréquence desquelles on a insisté à maintes reprises depuis 1900 et qui sont caractérisées le plus souvent par l’existence d’un ou deux signes seulement : réflexes absent ou anormal.

— Formes biologiques : dont seul l’examen du L. C. R. traduit l’existence.

— Formes mixtes : où chacun des conjoints est atteint différemment de syphilis nerveuse.

Tantôt les conjoints présentent la même affection, soit tabes, soit paralysie générale, tantôt l’un est

es

tabétique et l’autre paralytique : ce dernier cas sera vu avec les formes mixtes.

1. Paralysie Générale Conjugale. — Ces faits sont les plus frappants et par conséquent il n’y a rien d'étonnant à ce qu'ils soient les plus anciennement (première observation KsercBere en 1863) et les plus souvent cités.

D’autre part leur fréquence, apparemment, supérieure à celle des tabes conjugaux s'explique par :

19 -— l’absence de formes frustes : parfois 1gnorées du médecin, souvent inappréciables pour le malade, comme se voit dans le tabes. upez

20 __— le rassemblement des paralytiques généraux dans des asiles, alors que les tabetiques sont perdus au milieu de la Société (VALLes).

Plus de quarante publications conviennent des faits de paralysies générales conjugales et en 1925 à la Société Médicale des Hôpitaux, A. Marie aflirmait que le nombre de cas relevés à cette date dépassait 500. |

CréTÉ, en 1899, note que la Paralysie Générale est en voie d'augmentation chez la femme, qu’elle ne diffère pas de celle de homme et que l'atteinte des deux conjoints est peut être plus fréquente qu’on ne l'avait admis.

La durée de l’incubation est variable suivant les auteurs : s’il est quelques cas très impressionnants d’époux contaminés simultanément et entrant à

l'asile le même jour, quelques années plus tard,

EE us

combien de cas différents ? Pour certains l’incubation est plus courte chez le conjoint secondairement contaminé, mais l’évolution est plus lente ensuite. Pour d’autres auteurs, c’est le contraire :

En fait, chacun donne son opinion d’après le petit nombre de cas qu'il a vu, alors qu’il faudrait de grandes séries pour fixer avec précision ces différents points.

Toutes les observations, citées ici ont été lues, sans qu'il ait été possible de noter les caractères cliniques ou évolutifs spéciaux. Elles sont malheureusement très souvent trop succinctes pour que l’on puisse essayer d’en tirer un tableau d’ensemble.

Aucune observation de Paralysie Générale conjugale n’a été relevée dans le service ou à la consultation de M. SÉzary.

Voici la liste des auteurs en ayant publié :

AcKkER (1887) un cas.

ANDRÉ (1898) un cas.

Bauporx et LéÉvy-VaLenst (1910) un cas.

BEaussarT (1920) un cas.

CEsTAN (1909) un cas.

CHARPENTIER (1913) un cas.

CRrÉTÉ (1899) un cas.

CuLLerE (1890) deux cas, (1904) un cas.

Érrenne et Srrrrmanx (1898) deux cas.

EvrarD (1889) deux cas.

GarnieR-SanTeNoise (1905) un cas.

Gericx (1910) quatre cas. \

Gizzes De LA ToureTrE (1900) plusieurs cas ?

Nangis

GozDpsuira (1885) deux cas.

Gorpon (1921) deux cas.

Henri (1894) deux cas.

Inezson (1901) plusieurs cas.

Juxius et ArnDT (1908) trente et un cas.

KeraAvaL et Raviart (1902) cinq cas.

KsezLzBerG (1863) deux cas.

LarGnez Lavasrine et Mercier (1912) un cas.

Lauscaner (1902) cinq cas.

Lecrain et Marre (1913) six cas.

Leroy (1906) cinq cas, (1909) un cas, (1911) deux cas.

Lunrmann (1895) un cas.

Lunpgorc (1902) un cas.

Magizze (1890) un cas.

Masor (1892) un cas.

MarcHanp et Orrrvier (1904) un cas.

Marie (1923) douze cas, (1922) un cas.

Marie (1925) aurait relevé dans la littérature plus de cinq cents cas.

Marre et BeaussarrT (1911) cinq cas, (1910) un cas.

Marie, Beaussarr et LecraiN (1911) sept cas.

Marie et BernarDon (1924) un cas.

Marie, Sonx et Vazence (1926) un cas.

Moore et KerpeL (1921). trois cas.

Przcz (1908) six cas.

Raëecre (1899) six cas.

Raviart, HanxarD et Gayer (1910 seize cas.

Recis (1892) deux cas.

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