DÉFINITIONS
Il est impossible à la lecture de ces documents de n'être pas surpris par la diversité des faits décrits sous le nom de syphilis nerveuse conjugale.
Le plus souvent, on trouve englobés, à côté du tabes et de la paralysie générale d’autres manifestations nerveuses d’origine vasculaire ou méningée, tels par exemple certains cas d’hémiplégie ou de paralysie des nerfs craniens.
Ou bien encore, on classe parmi les syphilis conjugales, certains faits absolument différents.
Il faut donc éviter toute équivoque et définir la signification exacte que l’on accordera ici aux termes de syphilis nerveuse et de syphilis conjugale.
Dès 1879, dans son livre sur la syphilis du cerveau, Fournier avait précisé trois types anatomiques méningé, vasculaire et parenchymateux.
En 1894, il montre que tabes et paralysie générale sont des affections du parenchyme nerveux, en re-
lation avec la syphilis, et il notre les deux caractères fondamentaux qui les caractérisent et justifient l’épithète de para-syphilitique.
10) — L’inellicacité du traitement « chose presque inouie dans la syphilis ».
20) — Les caractères des lésions anatomiques, non pas scléro-gcommeuses, comme les fait habituellement la syphilis, mais purement inflammatoires.
Or, de nombreux auteurs ne comprenant pas d'intérêt capital de ces distinctions, ont publié sous le nom de syphilis nerveuse des cas ne méritant aucunement de rentrer dans ce cadre. Il serait trop facile de citer une foule de semblables faits. La très mauvaise observation de PrGnNET que voici paraît assez typique de ces lamentables erreurs.
Un couple se plaint de violents maux de têtes, ils ont tous deux un BW positif, bien que la svphilis soit ignorée. Aucun signe chnique de syphilis nerveuse, pas de ponction lombaire. Rémission très marquée, sous l’influence du 914.
Piexer en terminant conclut modestement « que son observation est plus précieuse encore pour établir la valeur de la théorie de Marre et LEevapiri que les cas rapportés par ces auteurs eux-mêmes ».
Malheureusement, 1l semble diflicile de souscrire à ce diagnostic de syphilis nerveuse, sur une simple céphalée, sans aucun signe neurologique, sans ponction lombaire. D'ailleurs l’amélioration des signes fonctionnels, par le traitement arsenical n’est-t-elle
pas la meilleure preuve qu’il ne s'agissait pas dans ce cas de lésions parenchymateuses ?
C’est donc cette seule syphilis nerveuse parenchymateuse qui sera étudiée ici à l’exclusion des manifestations vasculaires ou méningées.
La svphilis sera dite conjugale lorsque :
10) —— Elle est due au même virus : un conjoint ayant contaminé, l’autre ou tous deux ayant contracté la maladie à la même source, simultanément ou presque.
S'il n’y à pas identité de virus, 1l s’agit de deux syphilis évoluant chacune pour leur propre compte, sans que l’on puisse vraiment parler de syphils conjugale.
Il faut d’ailleurs avouer que la contamination du deuxième partenaire est souvent les plus difficiles à découvrir et de nombreux auteurs ont, à maintes reprises, insisté sur l'absence de lésions initiales visibles, ceci, surtout, chez la femme.
On ne doit pas oublier non plus, que la contagion du deuxième conjoint peut avoir une origine extraconjugale. Telles semblent être les cas de syphilis secondaire chez les femmes de tabétiques et de paralytiques généraux confirmés. (Obs. Gaucner- Giroux S. Fr. Derm. 1908).
20) — D'autre part, l'identité de virus n’est pas
un caractère suflisant pour définir la syphilis conjugale.
Il faut encore pendant une longue période une vie commune, les mêmes conditions générales d’existence : climat, habitation, alimentation.
Ne pas admettre cette deuxième condition, c’est ne faire aueune différence entre la syphilis conjugale et la simple contamination. SUNTHEIM en particulier ne réalise pas eette distinction. Se basant sur la date de la contamination, il propose par exemple de grouper comme syphillis conjugale : le 1€ conjoint imfecté et celui qui l’a contanuné, plutôt que les 2 conjoints. C’est là un véritable contresens, et par surcroit complètement inutile.
Au total : la syphilis nerveuse conjugale est une syphilis nerveuse parenchymateuse due au même virus chez deux conjoints ayant longuement vécu ensemble.