‹ La Syphilis Nerveuse ConjugaleChapitre 9 sur 26 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les observations de syphilis nerveuse conjugale, présentent toutes cette caractéristique de n’avoir été considérées que comme des arguments au cours de questions longuement débattues.

Aussi voit-on les différents cas analysés sous des aspects quelque peu variables, suivant leur date et leurs auteurs.

Tout d’abord, sous l'impulsion de Fournier, les paralysies générales et tabes conjugaux sont publiés en vue de démontrer le rôle essentiel de la syphilis dans l’étiologie de ces affections.

Puis Morez LavazLée et les défenseurs d’un virus neurotrope prennent à leur actif les observations anciennes de syphilis nerveuse conjugale dont ils accroissent le nombre.

Enfin, presque simultanément, BaBinski, grâce au progrès de la séméiologie nerveuse et Sicarp et RavaurT, par leurs études sur le hquide céphalorachidien des syphilitiques insistaient sur la fréquence des atteintes nerveuses frustes ou latentes chez les deux conjoints.

KsecrBerG a publié en 1863 le premier cas de paralysie générale conjugale.

En 1879, Jexprassik aurait observé un tabes chez la femme d’un paralytique général.

Mais ces faits restent isolés et c’est seulement en 1885 que l'attention médicale sera orientée de ce côté.

Cette année là, au Congrès des médecins aliénistes américains, à Saragota, GorpsMirx rapporte deux cas de paralysie générale conjugale. Vorcer publie le premier tabes conjugal presque en même temps.

Puis en 1887, ce sont les observations de ZIEHEN, et celle d’AckER, concernant toutes des paralytiques généraux.

Au mois de mai 1888, à la Société de Psychiatrie de Berlin, SIEMERLING cite un cas de paralysie générale conjugale d’origine syphilitique, et plusieurs autres, où la spécificité ne put être muse en évidence. WEesrpHALL apportait trois faits analogues à la même séance. Toujours en 1888, ce sont les premières observations de syphilis nerveuse conjugale de MEexpDEL, et celle de SrRUMPELL.

La prenuère publication française date de 1889 c’est la thèse d’'Evrarp, sur « l’étiologie de la para lysie générale », où il rapporte un cas de cette aifection chez deux conjoints. Dans les obs. IV et V il s’agit d’un mar paralytique général dont la

DAT 5 P. Grangé.

LME

femme serait alors atteinte de syphilis secondaire et quelques années plus tard de « Pseudo Paralysie Générale ». Ce dernier fait paraît très discutable quant à l’origine du virus qui pourrait bien être extra-conjugale.

Encore en 1889, c’est une observation de tabes conjugal par ORMEROD qui signale en même temps que le mari a présenté des ulcérations de la cornée gauche et la femme une aortite.

En 1890, à la première cession du Congrès annuel de médecine mentale, à Rouen CULLERE rapporte deux cas de paralysie conjugale et MABrLre un troisième.

La même année, Dawson-TurNeRr cite un couple de tabetiques dont l'enfant est. atteint d’insuflisance aortique, de contractions musculaires et de bégaiement.

Puis, dans les années suivantes, c’est à l'étranger, en Allemagne, surtout, que de nombreux cas seront signalés.

En juillet 1891, ErB en donne trois cas.

En 1892, ce sont les travaux de RAECKkE et de GocbrLam, celui de Masor.

Dans ses observations 20 et 27, Morgivs en 1893 cite deux tabes conjugaux.

En 1894, dans sa thèse consacrée aux rapports de la syphilis et de la paralysie générale HexR1 dit en avoir vu deux cas chez les conjoints et il mentionne trois observations analogues de Dewey en Amérique. La même année, à la Société de neuro-

DONNE Le Vue

logie de Philadelphie, Werr-Mireneiz rapportait au nom de SaAvary-PEARCE quatre cas de tabes conjugal.

1895 est remarqué par les deux travaux allemands de LUHRMANN, qui signale deux nouveaux cas, et de MExDEL qui complète sa statistique antérieure et totalise alors sept observations personnelles.

En 1896, encore un tabes conjugal d’'Ers et en 1897 un cas analogue dans la thèse d’InGELRANS sur « les formes anormales du tabes », deux cas de Reptrex.

Nombreux travaux en 1898 ; une paralysie générale due à AnDré, et deux d'ÉTIENNE et SPILLMANN, un tabes de TrEvELYAN et enfin les publications de Krox et de MENDEL.

1899, voit éclore un nombre plus important encore de travaux : en Allemagne, ce sont les articles de Trommer, de GorrscaaLrkx, de SPEyr, de Nonxe, et surtout l’importante revue générale de RAECKkE qui réunit soixante-neuf cas, dont sept personnels. En France, ce sont les deux thèses de CRÉTÉ et de Larou qui rapportent tous deux des observations de paralysie générale et de tabes chez les deux conjoints, dont deux inédites : l’une de Raymonp et Caevassu, l’autre de DÉJERINE.

Dans l’ensemble, tous ces travaux consacrent le rôle très important de la syphilis dans l’étiologie de ces affections. La fréquence des atteintes conjugales n’en est qu’une preuve supplémentaire.

À partir de 1900 cependant d’autres problèmes sont soulevés par la syphilis nerveuse conjugale. Certains auteurs sont frappés par la fréquence de ces faits, surtout depuis que l’on sait en dépister les formes initiales ou frustes ; d’autres, impressionnés par ces cas où deux conjoints, voire une famille sont atteints de Neuro-Syphilis, pensent ne pouvoir expliquer de semblables faits que par lPexistence d’un virus syphilitique neurotrope suivant l’hypothèse émise par Morez-LAVALLÉE.

À la séance de la Société de Neurologie d'avril 1900, à propos d’un cas de tabes conjugal, Souquess, pose ainsi la question :

«€ Pourquoi la syphilis aurait-elle une action élec- « tive sur un système spécial ? [l est certain que. « toutes les syphilis n’exercent pas une action sem- \ blable, car le tabès est une chose rare chez les « syphilitiques. Il faut admettre que certaines sy- « philis seules jouissent de ce privilège, en raison, « sans doute, d’une virulence spéciale et qu'il y a « des syphilis à virus nerveux, suivant l'hypothèse « de MM. Morez-LAvaLLée et Prerre Marre.»

A la suite de cette communication, Barsinski annonce qu’en quelques années, l'examen systématique des conjoints de tabétiques lui à permis de dépister une quinzaine de cas de tabes conjugal, et il conclut :

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€ Je crois cependant pouvoir affirmer que les cas -« de ce genre sont trop communs pour qu’il soit « permis de n’y voir qu’une simple coïncidence. « Ces faits ne peuvent guère être compris que si, « après avoir admis l'importance du rôle dela syphilis « dans la genèse du tabes, on suppose que l’un des « conjoints a été contaminé par l’autre. »

Prerre Maire pense aussi que la syphilis est la cause étiologique confirmant ces cas.

Gizzes DE La Tourerre dit avoir vu plusieurs tabes ou paralysies générales chez le mari et la femme et il note que « les manifestations syphilitiques sont en général peu marquées chez la femme ».

La même année, Baginskr et INGELRANS publient -de nouvelles observations. AMELINE cite un cas douteux. FRANCINE note son fameux tabes conjugal chez deux nègres ; Kürner d’une part, KaPzan et Meyer de l’autre observent chacun une syphilis nerveuse conjugale et familiale cependant que MoeEn- KEMOELLER en relèvent dix-huit cas personnels.

En 1901, articles de Hunovernice et de IDELSOHN.

En 1902, ce sont les observations de GLorreux, de CHEvALLEREAU et CHairrous, de KÉRAvAL et Raviarr, de Souques, en France et à l'étranger celle de Lunpeorc et la thèse de LAUSCHNER.

Hupovernie, None publient de nouveau ên 1903 et PourREYRoN consacre sa thèse, inspirée par Baginskt, au tabes conjugal et au tabes Hérédo- Syphilitique.

En 1904, nouvelles observations par : BELIÈRES,

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BERNSTEIN et ARTEMOFF, ScCALOZOUBOFF et Fopor- KOFF, BRELET, CULLERE, CONSTANTINESCO, Topor- KOFF, None, ErB, HAGELSTAMM.

En 1905, cependant, l’origine syphilitique du tabes et de la paralysie générale suscitait, encore d’ardentes discussions et, dans un mémoire fameux, FOURNIER et RayMoxD résumaient à l’Académie de Médecine leurs arguments au nombre desquels se trouvaient quelques cas de syphilis nerveuse des deux conjoints.

D'ailleurs les observations continuaient à jailir : CHARPENTIER, MARCHAND, GARNIER et SANTENOISE, FiscHLer, OPPENHEIM.

Puis en 1906, ce sont les thèses de PErz, et de Leroy, les observations de BaBinskr, de CHARPEN- TiER, et en 1907, celles de Romnezp, de STROHMAYER, et une très intéressante de AperT-MÉNarD et Lévy FRAENKEL.

En Allemagne, paraissent en 1908, les deux travaux importants de Picez et de Junius et ARNDT ; en France, le cas de SpILLMANN, puis en 1909, ceux de CEsran, de Corin-M. Dowarz, de Sunrneim, de Meyer, de SCHAEFFER.

De nombreuses études sont faites en 1910 dont deux très bonnes thèses, celles de Varres à Toulouse et de GÉrica à Leipzig, démontrant le rôle capital de la syphilis dans le déterminisme du tabcs et de la paralysie générale. Ravrarr, HaxnarD et Gayer, publient une statistique de vingt cinq ans et Braussarr un très bel article d'ensemble.

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