L'INÉGALITÉ PUPILLAIRE TARDIVE, LIÉE AUX TROU
© BLES RÉFLEXES INTENSES ET TARDIFS , ophtalmoplégie
interne, ou signe d’Argyll-Roberston, prédominant
d’un côté, type connu depuis longtemps et sur lequel nous n'avons pas à insister ;
2° L’INÉGALITÉ PUPILLAIRE LIÉE AUX TROUBLES RÉFLEXES LÉGERS ET PRÉCOCES, type qui n'a pas été jusqu'ici signalé — tout au moins à notre. CONNAISSANCE — et dont nous avons rapporté plus haut quatre cas (Obs. I, IV, V et VI).
Dans trois de ces cas, il s'agissait (Obs. IV, V et VI) d'un affaiblissement unilatéral du réflexe lumineux. Dans les trois cas, la pupille la plus large était, comme il semble d'ailleurs naturel, celle dont : la contractilité à la lumière était affaiblie. <
| Chez notre quatrième malade (Obs. I) le réflexe accommodateur élait seul touché ; l’affaiblissement, bilatéral, prédominait fortement du côté droit, et c'était. de côté droit qu'était la pupille la pie large. |
“loutes nos malades étaient au début de leur syphitr Toutes ont présenté de la Iymphocytose céphalorachidienne, témoin d’ une atteinte de leur axe céré- bro- -spinal. Nous avons pu enfin suivre une de ces malades (Obs. 1) pendant plusieurs mois, cet nous avons assisté chez elle : 1° à l'apparition de Vinégalité pupillaire, un examen pratiqué quelque temps auparavant ayant montré les pupilles égales ;
2° à sa disparition au bout de trois mois, disparition
coïncidant avec une très grande amélioration des troubles réflexes; 3° à la disparition concomitante de la lymphocytose du céphalo-rachidien, lympho- cytose constatée lors du premier examen.
Ce type d’inégalité pupillaire se caractérise donc, re après les observations que nous venons d’anaer 6 Ë 1° Par son apparition précoce dés les premiers
LE Let
= mois de la syphilis ;
- 2° Par la coïncidence de troubles des réflexes
pupillaires, lumineux ou accommodateurs ;
3 Par le fait que la pupille la plus large est celle
dont la contractilité est le plus atteinte ;
4 Par la possibilité de sa disparition, quand les troubles réflexes disparaissent ou s’atténuent; 50 Par la coexistence d’une lymphocytose céphalo-
rachidienne qui peut disparaitre en même temps que
s'égalisent les diamètres des pupilles.
Ce type s'oppose par conséquent : Ca I. — À l'inégalité pupillaire liée aux troubles intenses el tardifs des réflexes (ophtalmoplégie interne et signe d’Argyll-Robertson), qui se caractérise :
1° Par son apparition tardive (au bout d'une ou plusieurs années) ; *
2° Par la coexistence de troubles intenses des
réflexes ;
3° Par le fait que la pupille la plus large n'est pas
toujours la pupille pathologique (cas de myosis unilatéral, avec signe d’Argyil-Robertson) ; 49 Par sa fixité.
Il va sans dire que ces deux types, établis pour Ja clarté de la description, ne sauraient constituer des types fermés ; il est certain qu’il doit exister entre eux des faits de passage; aussi bien les expressions précoce et tardif, léger et intense ne désignent que des nuances; en examinant un nombre suflisant de malades, et surtout en les suivant un temps assez long, on établirait, sans doute, tous les intermédiaires entre les réactions nerveuses que nous avons essayé de schématiser.
IL — A l'inégalité pupillaire banale, qu'on Peur observer chez les syphilitiques comme chez n ‘importe
quel Fe une période quelconque de leur infec-
tion, et qui ne $’ accompagne ni de troubles réflexes, ni de lymphocytose céphalo- -rachidienne.
Ici, la distinction entre les deux types est, au con-
traire, absolue, puisqu'il s’agit, dans l’un, d’une particularité” morphologique : dans l’autre, d’un trouble pathologique lié à une lésion matérielle dn système nerveux, de l'existence de laquelle vient témoigner la réaction méningée concomitante.
Le | on TS
Troubles des réflexes tendineux
Les modifications des réflexes tendineux chez les: syphilitiques ne paraissent guère, jusqu'à présent, avoir attiré l'attention des cliniciens. Nous n'avons pu relever, comme travaux systématiques faits sur cette question, que ceux de Zaroubine (1), de Finger (2) (cité par Zaroubine) et de Binet-Sanglé (3). Binet-Sanglé, qui n’a observé qu’un petit nombre | de malades, a noté tantôt de l’exagération, tantôt de
__ la diminution des réflexes ; étant donné la variabilité
% de l'intensité des réflexes à l'état normal, on ne peut
D; cpas tirer: des son mémoire de conclusions bien impor-
er tantes. .
e NA (1) Zeroubins Le réflexe tendineux du genou dans l'éruption primitive
He - de la syphilis. AREREES de PT ADO et de FR AR 1893, S P- 814.
À (2) Finger. Vierteljar: Zeit. fur Dermatol, und Syphilis. 1881, p. 255. À (3) Binet-Sanglé. Journal de la Neurologie. 1901, 20 avril.
MANTOUX : î
[. — Exagération précoce des réflexes. — d Beaucoup plus intéressants sont les travaux de Finger et Zaroubine. Ces deux auteurs se sont bornés à étudier les réflexes tendineux pendant les premières semaines de la syphilis, en suivant leurs malades depuis la constatation de l'accident primitif j jusqu’ à la disparition de la roséole. L Ils sont arrivés à des conclusions exactement iden- : sue que Zaroubine énonce de la façon suivante : « Dans tous les cas, je pus constater l'élévation, * He très considérable ,de l’excitabilité réflexe des tendons, et, par conséquent, le renforcement du phénomène du genou au début de l’éruption primitive, l'élévation étant immédiatement suivie d’une chute progressive de l'excitabilité réflexe, laquelle tombait souvent au-dessous de la normale; puis, derechef, elle remontait assez rapidement à sa hauteur normale. Le chiffre inférieur de l’excitabilité réflexe pendant sa chute correspondait au huitième où au quinzième jour à partir de son élévation maximale ; l'élévation successive de l’excitabilité réflexe jusqu'à sa hauteur normale se montrait du second au cinquième jour à partir du moment où l'intensité réflexe était à son minimum.
Ces oscillations s’observent plus nettement chez les sujets présentant à l’état normal une intensité
considérable des réflexes. 4
ES
Dans les cas à la méthode expectante, je n'ai point « 1 1 :
observé de modifEtion ne le SUR de l'excitabilité
: réflexe par rapport au type ci-dessus mentionné ». L . Ainsi donc, élévation considérable de. l'intensité
des réflexes au début de l’éruption roséolique, suivie
d’une chute jusqu’au-dessous de l’état normal, puis’
d’un relèvement progressif et rapide — que le trai- Lee tement mercuriel ait été oû non pratiqué — tels sont … Le les faits mis en lumière par Fi Beer et par Zaroubine ;
L 13 À Ce qui donne au travail de ce dernier une valeur RAT toute particulière, c'est la méthode qu'il a suivie. |
Es: Tandis que, en effet, que Finger se contentait de 74 |
PE r 2m ME . . 2 . \ ï l'examen clinique habituel, Zaroubine procédait avec une extrême rigueur. | Le "5 Le
Les réflexes, en l'espèce le réflexe patellaire, = k
( à. étaient provoqués avec le réflectomètre de Danillo, | et mesurés à l’aide d'un appareil spécial, composé d’un cadran fixe gradué, et d'une aiguille mobile commandée par un levier assujetti à la jambe du sujet en sorte que l’on pouvait lire etnoter à chaque examen un chiffre correspondant à l'intensité de | 'excitabilité réflexe. |
1 — | Exagération tardive des Pétesen n—.
1 'exagération des réflexes, Si: cours d’une syphilis
ancienne, comme phénomène absolument isolé, a été SU signalée par M. Widal, qe pire l'observation (1)
suivante : SO",
a) (Bulletins et Manoir es de la Société Médicale des Hépitaus, p. 421. Séance du 14 février 1902. s!
OBsERvATION XI
(Résumée)
Femme syphilitique depuis 40 ans. Ne présente, comme trouble nerveux qu'une exagération des divers réflexes du tendon rotulien, du tendon d'Achille, du poignet, du coude, des masséters. On note, de temps à autre, une légère amorce de trépidation épileptoïde au niveau des membres inférieurs.
Ponction lombaire : lymphocytose légère du liquide céphalorachidien.
Belètre, élève de Widal, a rapporté dans sa thèse (Obs. XVII) une observation analogue : la syphilis remontait à dix ans ; il y avait exagération des divers
, + É : à 32 LS réflexes, et lymphocytose céphalo-rachidienne légère.
Un autre de ses malades, syphilitique depuis quarante ans, présentait les mêmes phénomènes, avec, en outre, une amorce de clonus à droite et une
ébauche de signe d'Argyll du même côté.
IT. — Abolition des réflexes. — Chez nos malades, n'ayant pas employé une méthode précise de mensuration, et sachant d'autre part quelles sont les différences qu'on observe à l’état normal entre les différents sujets, nous n'avons voulu tenir compte que de l'abolition absolue des réflexes tendineux.
Nous n'avons rencontré cette abolition qu'une fois :
voici l'observation de notre malade. .
OBsERvATION XII
(Personnelle)
rie ot fa re sn, syphilitique depuis 5 ans, entre à l’hô- “#4 ; pital Broca le. 18 juin 1903, sans manifestations actuelles de MOT sasyphilis dE: ï : ve A Elle s est traitée d’une eos très irrégulière. : 2< … Ethylisme : tremblement des doigts, pituites UnaLed È in ae avoue avoir pris autrefois, en assez z grande quantité, du | ; ou gin et du whisky. Mr: éd jé ; Sa PE malade présente une A obitan absolue et bilatérale du ve Ë réflexe achilléen, abolition qui est constatée lors de plusieurs ne | examens successifs. 4 Les réflexes patellaires sont très affaibli. ses DE Fons de ponte: see de l ÉRADDTeS dans a station ñ su debout, les yeux fermés. l ne . Aucun autre symptôme d' affection nerveuse. En ae aucun ‘symptôme de tabes, et aucun signe de névrile périphérique: pas de douleur spontanée ou provoquée au niveau des LES membres ie ; pas de troubles de la sensibilité ou de la ; Se - motilité. | Ll | # Pas de troubles der ouïe. Ho te DE tite ÈS E Urines. normales, pas de sucre, pas d’ albumine.
è Ponction lombaire : cyto- déénoste négatif.
d ë ee S s > FE (rats À 1!
Ainsi abolition totale des réflexes achilléens avec . diminution considérable des patellaires, et signe de. Romberg, tels sont les seuls symptômes pathologi-
ee is présentés par notre malade.
# Ilest impossible de mettre l'abolition des réflexes
it sur le compte de l'alcoolisme, qui d’ordi-
tes
naire, augmente l'excitabilité réflexe" et ne L0 abolit
qu'au cas où il provoque une névrite ee 5 Mur il n'existait chez notre malade aucun symptôme. At: Il y a donc toutes raisons d’ attribuer à la sy philis : cr phénomène en question; nous aurons d° ailleurs, lorsque nous discuterons le diagnostie. de la syphilis | nerveuse latente, l'occasion de revenir plus longue- S
ment SUTCe pÜIR Ce 7 1 12e +
D'autre part, nous avons publié l'observation (ES à d’une malade qui, sûrement syphilitique (plusieurs | fausses couches, mari soigné cinq ans auparavant | pour une affection qui lui avait fait perdre ses cheveux A ses sourcils, et à cause de laquelle on lui interdisait de l'embrasser), présentait Ar des crises gastriques passagères, avec concomitance du signe d'Argyll-Robertson, apparaissant et disparaissant | avec la crise ; 2 En dehors de ces crises, comme tout symptôme d’affection nerveuse, de l'abolition
des réflexes patellaires et achilléens.
va,
Nous avons considéré, malgré la pauvreté des signes cliniques, notre malade comme une tabétique fruste ; il nous est maintenant permis, prenant la | question sous un angle différent, de la considérer / comme une ancienne syphilitique, présentant, en” dehors de ses crises, une affection nerveuse se
(1) Ch, Mantoux. — Intermittences du signe d'Ar gyll- Robertson CCE
le tubes. Crises gastriques concomitantes. Breite Médicale, n° 104, 28 em 1902, p. 349. g
re et achilléens.
sf
Ce ne sont pas là des cas purs, d’ abolition isolée ‘des réflexes tendineux, puisqu'il existait, chez notre
première malade, le signe de Romberg ; ; chez la
É seconde, des crises gastriques avec signe d'Argyll
intermittent. Ces cas paraissent fort rares: nous
n'avons pu en relever qu'un seul, très sommairement rapporté dans la thèse de Belètre (Obs. XX).
1R va | __ OBsERvATION XIII
Femme entre à r hôpital Cochin, service du D' Widal, bara-
queé. Syphilis tertiaire ; effondrement de la cloison nasale ;
Hpronaen du voile du TA Céphalées nocturnes.