‹ La Syphilis sans ChancreChapitre 25 sur 29 · HN UE · texte numérisé non relu

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malheureux confrère était appelé au chevet d'une malade qui avait présenté des hémorragies très abondantes à la suite d'une délivrance artificielle. La situation était critique et légitimait une transfusion. Le mari de la malade n’ayant pas manifesté un grand enthousiasme, pour cette intervention, le médecin n’hésita pas à s'offrir comme donneur. L'opération s’effectua dans des conditions assez difficiles avec un appareillage de fortune ; au cours de la transfusion, les aiguilles se bouchèrent et le médecin qui opérait fut obligé de passer à leur intérieur un mandrin métallique. L'état de la malade s’aggravant de minute en minute, les aiguilles furent remises en place sans avoir été stérilisées, et il semble que dans l’affolement général, les aiguilles aient été interverties. L’aiguille qui avait servi pour la femme fut appliquée au médecin et inversement. La malade ayant succombé peu aprèsila transfusion, il est impossible de savoir si elle présentait des signes de syphilis évolutive ; mais elle avait fait trois ans auparavant un avortement et avait deux enfants vivants, dont l’un présente actuellement des signes indiscutables d’hérédo-syphilis. l/hémorragie qui devait avoir des suites fatales était survenue à l’occasion d’un accouchement prématuré du sixième mois. Le placenta et le fœtus semblaient normaux. Le mari de-la malade était syphilitique depuis six ans etavait été traité par des injections arsenicales et présentait encore au moment de

l'apparition de la roséole chez le médecin un Wassermann

positif,

Voepee

OBSERVATION XV (due au Dr Dufour)

Une jeune femme atteinte d’une anémie prononcée à la

suite d’une deuxième grossesse, anémie ne présentant pas

de caractère pernicieux, est, à la demande de ses parents, :

soumise à une transfusion sanguine fin juillet 1926 Ni cette jeune femme, ni chez son mari, chez lequel une réaction de Bordet-Wassermann a été pratiquée ultérieurement, ne sont entachés de syphilis.

Deux mois et demi après la transfusion, opérée par un spécialiste de la transfusion avec le sang d’un donneur, chez lequel le B.-W s'est montré négatif à deux reprises,se déclare chez la transfusée une éruption, qui évolue d’abord livrée à elle-même parce que méconnue sans plaques muqueuses ni adénopathie. Le sang prélevé au bout de queiques temps donne la réaction de Wassermann positive ainsi que le Vernes et le Sachs-Georgi. |

A la suite du traitement par le néosalvarsan, en injections intra-veineuses, et par le bismuth, l’éruption disparut et les réactions sanguines s’atténuèrent pour devenir négatives par la suite avec la continuité du traitement.

Bien entendu, toutes les autres possibilités de contamination ont été conscieusement recherchées et écartées.

Toutes les suppositions sont possibles, Toutes les objections peuvent être formulées, d’ailleurs sans aucune preuve de la part de ceux qui les présenteront.

Il n’en reste pas moins établi par moi qui ai suivi la

malade depuis des années, qui ai assisté à tous les incidents

pathologiques de sa famille et d'elle-même depuis des

années, qu'il y a un rapport de cause à effet entre la trans-

fusion et la syphilis qu'à présenté cette malade, »

Critique succincte des observations relatives à l’inoculation veineuse périphérique. -— Pour l’observation XII nous n'avons pas les délais d'apparition des acccidents syphilitiques après la transfusion. Il semble néanmoins qu’on ne puisse évoquer une autre cause que celle-ci.

Obs. XIII. — Aucun doute quant à la contamination par Mme A... Le délai d'apparition de la roséole de Mme Tch... est d’ailleurs d'environ 70 ou 55 jours, donc en rapport avec

l'expérimentation.

Obs. XIV. — Ici, malgré l'absence d’adénopathie qui semble confirmer l'absence d’un accident primitif, cette observation est sujette à caution ; car la quantité de sang reçue par le médecin était minime et la roséole parut 30 jours après l’inoculation, donc brûlant les étapes, tandis que l'expérience montre que l'incubation de la roséole est

de 60 à 80 jours.

Obs. XV. — Les délais donnés par M. Dufour sont de 70 jours. Donc tout à fait dans la moyenne de l’expérimentation On doit invoquer à nouveau qu’au moment de la transfusion le donneur était en état de septicémie tréponémique passagère et que celle-ci a disparu spontanément. La confrontation du donneur pourrait seule donner la clé du

problème, et dans le cas d’un aveu de syphilis antérieure

no prouverait de façon péremptoire qu'un syphilitique tertiaire, même avec un B.-W négatif, est capable de transmettre

parfois sa maladie par le véhicule de son sang.

Obs. XVI (due à M. Tzanck). — Elle rentre aussi bien dans le cadre de la syphilis conceptionnelle, que dans celui de la syphilis par inoculation veineuse périphérique ; pour celle-ci les délais d'apparition de la roséole (70 à 95 jours) confirment pleinement les résultats connus grâce à l’expéri-

mentation.,

Conséquences pratiques pour le choix d'un donneur. — Il ressort de l’étude de ces observations, qu'on ne saurait être trop circonspect dans le choix d’un donneur ; qu’en dehors de la recherche des incompatibilités de groupes, il faut que le donneur soit examiné par un médecin spécialiste et que ses réactions sérologiques faites par les méthodes les plus sensibles soient toujours négatives ; que celles-ci soient répétées et d'autre part aussi récentes que possible lors de la transfusion

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