‹ La Syphilis Secondaire Acquise: Des Fosses NasalesChapitre 30 sur 32 · NAS · texte numérisé non relu

NAS

Obs. 96 (personnelle).

Léontine A.…., 22 ans.

. Syphilis depuis 7 mois.

3 mars 1907. — Depuis l'apparition de la maladie, elle dit avoir été constamment enrouée et ne plus pouvoir respirer du nez.

A l'examen, on note quelques plaques amygdaliennes, une rougeur anormale des cordes vocales, une rougeur diffuse de la fosse nasale droite; une hypertrophie considérable du cornet inférieur gauche; la tête de ce cornet présente un aspect grenu, papillomateux.

17. — La malade a été soumise aux injections intra-veineuses ; la respiration nasale est très améliorée ; les petites productions papillomateuses ont presque totalement disparu.

Obs. 97 (personnelle).

Louise A..., 18 ans.

Plaques muqueuses depuis trois mois.

29 janvier 1907. — Depuis un mois, la malade se plaint de maux de gorge, d’enrouement, d’obstruction nasale intermittente : elle ne mouche plus.

À l'examen : amygdales volumineuses recouvertes de plaques» épaississement du bordlibre de l'épiglotte. Rougeur vermillon de la muqueuse de la cloison à sa partie antérieure; tuméfaction des deux cornets inférieurs.

Obs. 98 (personnelle).

Marie S..., 32an Chancre induré il y a deux mois.

27 juin 1909. — Dysphagie légère avec plaques amygdaliennes. Iritée. Obstruction nasale presque complète.

A l'examen: croûtes vestibulaires ; fissures des deux angles pos-

PQ aies

térieures des narines ; cornets inférieurs très volumineux surtout le droit. Sur ce dernier, à un centimètre environ en arrière de son extrémité antérieure, se trouve une tache opaline du diamètre d’une lentille à pellicule intimement adhérente, striée dans tous les sens de minuscules rainures. Entre les mailles de ces stries apparaissent des sortes de minuscules pâpules. C’est l'aspect d’une plaque de lichen,

Obs. 99 (résumée),

Condylomes syphilitiques des fosses nasales, par LACOARET. (Revue de Laryngologie, 1892, p. 465).

Georges B..., 17 ans, d'apparence robuste, exerce la profession de cocher. Mère diabétique ; père atteint d'une affection pulmonaire, plusieurs frères et sœurs bacillaires.

Il y a six mois lui vint à la région sus hyoïdienne, et dans l’angle antérieur du maxillaire inférieur, plusieurs ganglions durs, roulant sous le doigt, et de la grosseur d’une noix. Le médecin conseilla une pommade à l’iodure de plomb.

Le 4 janvier le malade vient à ma clinique. La déglutition est un peu douloureuse. Les ganglions persistent.

A l'examen de la gorge on constate que tout l’isthme du gosier est rouge ; les amygdales sont augmentées de volume. On aperçoit le long des piliers antérieurs et du voile du palais un petit liseré blanchâtre. Le malade nie tout rapport sexuel. Pourtant il existe : quelques ganglions dans l’aine, et, dans le sillon balano-préputial nous découvrons une cicatrice blanchâtre, fibreuse, indurée, provenant d’un petit bouton qui se serait montré deux ou trois mois avant l'apparition de la dysphagie. Pas de roséole.

Nouvel examen vingt jours plus tard. Il existe cette fois de belles plaques muqueuses sur les amygdales et le pilier antérieur droit. Le malade se plaint d'obstruction nasale du côté droit.

La muqueuse du cornet inférieur est très tuméfiée; elle donne l'aspect de la dégénérescence polypoïde. Après cocaïnisation, on

remarque sur la cloison, à un centimètre et demi environ de l'orifice antérieur des fosses nasales, une tumeur qui siège à la partie inférieure. Cette tumeur est divisée en trois lobules dont le volume va augmentant de haut en bas, de sorte que le lobe inférieur, plus considérable, remplit le méat correspondant, Les dimensions totales de la tumeur sont d’un centimètre environ dans tous les diamètres. La coloration est grisâtre. La respiration nasale de ce côté est absolument impossible.

A gauche, on note une hypertrophie notable du cornet inférieur.

Sur l’un des piliers du voile, près de la base de la langue, se trouve une petite tumeur aplatie, de la grosseur d’un pois, analogue à celle de la cloison. L’amygdale, du côté opposé, présente une ulcération blanchâtre anfractueuse, à bords surélevés.

Sous l'influence du traitement spécifique biioduré, l’adénopathie et la tumeur disparurent rapidement. Le cornet inférieur garda son aspect de dégénérescence polypoïde.

Obs. 100 (résumée).

Syphilides nasales végétantes à la période secondaire de la syphilis, par H. RipaAuLT (Ann. des maladies de l'oreille, 1895, p, 244).

S... Clémentine, 21 ans, femme de chambre, se présente à la consultation de M. (ouguenheim le 8 mai dernier, pour une obstruction complète de la narine gauche, datant de un mois environ.

La malade, de constitution très robuste, sans aucun antécédent digne d’être relevé, accusait en même temps un état de malaise général, avee inappétence et léger amaigrissement datant de la même époque environ; quelques ganglions dans les régions sous maxillaires. ‘

Dès l'introduction du speeulum, on voit la narine remplie par une Masse grisâtre, absolument végétante et irrégulière, sé laissant

pénétrer facilement par le stylet, saignant peu à son contact, et n'éveillant qu’une sensation douloureuse très médiocre,

Le stylet permet aussi de reconnaître que ces masses s’implanteut un peu partout, mais viennent de la cloison et du plancher en pare ticulier.

La narine droite est tout à fait normale ; mais la cloison est déviée de ce côté, et présente à sa partie antéro-supérieure une inflexion manifeste avec rougeur et sensibilité au contact; ce qui fait penser à une périchondrite susceptible d'aboutir sous peu à la perforation.

La rhinoscopie postérieure est impraticable, à cause du nervosisme exagéré de la malade ; le toucher, fait après cocaïnisation, montre la cloison absolument libre, mais permet de constater l’existence de tumeurs adénoïdes molles et volumineuses, dont aucun symptôme antérieur n'aurait permis de soupçonner l'existence cependant.

Pharynx, amygdales et larynx normaux.

La malade accuse seulement de légères épistaxis, à gauche ; pas de sécrétion ; pas de douleurs spontanées ; imperméabilité abgolue au passage de l'air.

Malgré l’absence de tout signe positif, et une auscultation négative, l’affection fait penser à une tuberculose nasale végétante.

Le 10 mai, la malade entre dans le service; nous pratiquons à l'aide de la curette une ablation aussi complète que possible des fongosités (sans hémorragie notable); puis nous badigeonnons à l'acide lactique.

Deux jours après, nous enlevons les tumeurs adénoïdes du pharynx; puis touchons au galvano-cautère quelques masses nasales échappées à la curette ; pansements à l'acide lactique ; taraponnement à la gaze iodoformée. La narine à retrouvé sa perméabilité.

Les tumeurs nasales examinées par M. Michel Dansac, présentaient la structure du tissu tuberculeux: mais nous devons dire qu’un deuxième examen n’a révélé à notre collègue, M. Mignot, que des éléments embryonnaires, qu’un tissu de néoformation sans earac-

tères particuliers.

Cependant, au bout de quelques jours, la perméabilité nasale a diminué; des végétations nouvelles se reforment avec une très grande rapidité; nouveau curettage, deuxième amélioration, mais rechute nouvelle, surtout dans la profondeur.

(On se dispose à faire l'opération de Rouge).

Mais, le 27 mai, la malade présente sur le corps une éruption de taches d’un rouge sombre, non prurigineux; il s’agit d’une roséole typique du thorax et de l’abdomen.

L'examen des organes génitaux et de l’anus ne permet pas cependant de retrouver l’existence de l'accident primitif; la malade prend, à dater de ce jour, 10centigrammes de protoïodure d’hydrargyre; la roséole disparaît, et dix jours environ après, on peut constater de petites syphilides de l’isthme du gosier, avec dysphagie légère ; puis bientôt quelques céphalées nocturnes.

Le 5 juillet la malade quitte le service.

À ce moment les végétations nasales n’existaient plus, elles avaient cédé complètement à l’action du traitement interne.

Notre cas présente le caractère tout à fait spécial, croyons-nous, d’avoir été la première manifestation de l'infection syphilitique acquise. Les phénomènes nasaux ont précédé de cinq semaines l’éclosion de tout autre accident caractéristique ; ayant suivi la malade au jour le jour, nous sommes à mêmede l'affirmer.

Obs. 101.

Un cas de syphilis secondaire du nez, par H. RiPAULT. — (Annales des maladies de l'oreille, etc. 1897, p. 24.)

Jules B...,35 ans, vient consulter pour une obstruction totale de la narine gauche, développée en l’espace de quatre à cinq jours seulement. La narine droite est restée et reste absolument indemne.

L’obstruétion nasale gauche s’est développée sans que le malade ressente les signes d’un coryza aigu; aucun écoulement nasal, pas d’éternument, mais un enchiffrènement qui bientôt a abouti à l’imperméabilité absolue.

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