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s'explique aisément par ce fait que le malade attire rarement l'attention sur les troubles qu'ils provoquent : ces troubles sont peu marqués d’ordinaire, le malade les rapporte à un coryza banal, le syphiligraphe inhabitué à la pratique rhinoscopique, n’est point porté à rechercher des lésions qui échappent à l’inspection directe et sur lesquelles son examen n’est point sollicité.
Il est intéressant de lire l’opinion des auteurs.
En France, Deville et Davasse, dans leur article des Archives de Médecine paru en octobre 1845, admettent le peu de fréquence des plaques muqueuses des fosses nasales : ils les signalent 8 fois sur 186 femmes. Lancereaux, dans son Trailé historique et pratique de la Syphilis est demême opinion. Bassereau, ne signale les plaques muqueuses qu'au niveau de l’orifice externe. Fournier, parlant dans ses Lecons sur la Syphilis de la fréquence relative des plaques muqueuses des narines, les oppose aux syphilides de la pituitaire qui sont, dit-il, « beaucoup plus rares » et qui « s’observent surtout au voisinage des narines ». Mauriac écrit dans la Gazette médicale des Hôpitaux en 1882, que la peau du nezet la muqueuse olfactive ne viennent qu'enquatrième et cinquième ligne dans l’ordre de fréquence des manifestations secondaires. Une thèse de Bordeaux, parue sous la signature de G. Dupont en 1887, consacrée à l'Etude de la Syphilis du nez et des fosses nasales, étudie successivement le chancre syphilitique et les plaques muqueuses, mais ne voit qu’un tout petit côté du véritable tableau de la syphilis de la muqueuse nasale au stade secondaire. Jullien, Fournier dans son
grand Traité, ne parlent guère que desfissures narinaires,
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des lésions suintantes et croûteuses du vestibule, ilne font que citer les plaques muqueuses des fosses nasales sans les décrire, à plus forte raison passent-ils sous silence les autres manifestations du secondarisme en cette région.
Les auteurs étrangers n’ont point d’opinion plus précise sur la question. Schech écrit: « La première manifestation de la syphilis constitutionnelle esttrès souvent le catarrhe nasal syphilitique. Chez l’adulte, en raison du peu de troubles qu’il provoque et de la largeur des fosses nasales, illpasse souvent inaperçu ou bien est rapporté à un refroidissement. Je n'ai pas encore vu jusqu'ici de papules ou de condylomes spécifiques de la muqueuse nasale ; par contre, il n’est pas rare d'observer des papules squameuses, suintantes et ulcéreuses dans les sillons naso-labiaux. La question de savoir s’il existe aussi des ulcérations superficielles de la muqueuse nasale, consécutives à la désintégration de productions syphilitiques précoces, doit être tranchée par l’affirmative, mais on n’a pas observé de lésions osseuses ». L'auteur met ici sur le compte du secondarisme des lésions qui, de toute évi- ‘dence, sont d'ordre tertiaire.
Moldenhauer demeure également dans le doute : « La syphilis à la période secondaire se traduit avant tout, dans les fosses nasales, par un catarrhe qui ne se distingue pas du rhume de cerveau ordinaire. S'agit-il là, seulement, comme dans l’angine syphilitique, ou dans la laryngite syphilitique catarrhale, d’une hypérémie avec sécrétion plus ou moins abondante, ou y a-t-il formation de plaques muqueuses ? C'est là un point qui n'est pas encore suffisamment élucidé. En tout cas l'affection se limite à
la surface de la muqueuse. Aussi le coryza syphilitique chez l’adulte, passe-t-il souvent inaperçu ».
Morell Mackenzie, Bresgen, Rethi, Rosenthal, Michelson, ne sont pas plus précis : les uns nient l’existence des” plaques muqueuses, les autres y croient mais les considèrent comme rares.
Le travail du D' Tissier jette pour la prémière fois, en 1893, de la lumière sur le sujet. Les manuels récents d’oto-rhino-laryngologie et de syphiligraphie, n’ont fait que le reproduire; ils y ont adjoint une manifestation syphilitique secondaire nouvelle des fosses nasales, le condylome syphilique, ou syphilide végétant secondaire. L'existence de ce condylome ne repose guère que sur l'observation de Lacoaret (1892). L'observation publiée ultérieurement par Ripault (1895), ayant trait certainement à un chancre syphilitique méconnu.