‹ La syphilis; ses formes, son unitéChapitre 17 sur 57 · DK LA SYPHILIS SIMPLE, OU BÉNIGNE · texte numérisé non relu

DK LA SYPHILIS SIMPLE, OU BÉNIGNE

Caries benigna (Pallope), mitis (Bernardin Tomitano); ulcusculum benignum (Alex. Trajan Pétrone); chancres

(1) M. Daremberg.

SrPOILJS SIMPLE OU BÉNIGNE. US

simples ou hénins (des auteurs) ; chancroïde (Clerc) ; ckancrelle (Diday). On pourrait peut-être donner à cette forme le nomde venerola vulgaris — employé par Evans (i),mais avec une autre signification, — qui mériterait d'être conservé.

Cette forme offre une grande simplicité dans ses phénomènes, une certaine rapidité dans ses évolutions, une véritable bénignité dans son génie, la plus complète activité dans son pouvoir contagieux. Son domaine ne s'étend pas au delà du voisinage de sa première insertion. Elle a pour caractère le chancre mou, franchement suppuré, souvent multiple, souvent aussi escorté du bubon aigu.

Gabriel Fallope caractérisait la cartes benigna , c'est-àdire le chancre bénin, de la manière suivante : « Signa cariei benignae sunt : primum enim suboriuntur pustulœ quœdam parvœ et candidœ quœ quidem non excedunt crassitiem unius grani panici minimi, pustulœ erumpunt. His ruptis remanet ulcusculum roiundum, in medio habens punctum candidum, pénétrons, aliquantulum simpleXy vel duplicatum : aliçuando tota corona glandis inficitur hujus modi ulceribuSy quandoque simul copulantur^ et ex duobus, vel tribus, vel quatuor unum fit ita ut si veluti linea cingens, et coronans glandem; ista est sine dolore ; levis et moderatus pruritus; facillime cedit medicamento (2) . »

Si simple qu'elle soit, cette forme peut offrir divers degrés.

Le degré le plus léger est le suivant. Dès les premiers jours après l'époque de la contagion, et dans la localité de rinsertion virulente, il se développe un ou plusieurs chancres dont le nombre peut augmenter successivement. Ils débutent soit sous forme d'érosion superficielle, soit de vésicule,

(1) Evans, Pathol, Rernarks on ulcérât, of the genit, org,^ I8i9,

(2) Loc, cit., p. 814.

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114 DES FORMES DE LA STPflILIS.

soit de pustule ectbymateuse,de petit tubercule furonculeux, aboutissant à Tulcération plus ou moins arrondie, toujours molle f à fond grisâtre, à bords dentelés, taillés à pic, etc., etc. Ces ulcérations s'entourent d'une auréole sombre, s'élargissent, se confondent souvent par leur circonférence, présentent un peu d'engorgement inflammatoire, suppurent, et au bout de cinq à six semaines, finissent par se cicatriser spontanément, sans que Ton voie se manifester aucun autre vestige morbide. Les ganglions correspondants n'offrent eux-mêmes dans ce cas aucun retentissement sérieux ou même appréciable, sous l'influence de ces chancres souvent multipliés, ou s'ils se tuméfient on les voit présenter les caractères du bubon peu douloureux ou même indolent.

Dans ce degré, il n'est point rare de voir les chancres figurer des ulcérations herpétiques dont il est parfois assez difficile au premier abord de les distinguer. J'en donnerai pour exemple l'observation suivante, qui off're, malgré sa simplicité apparente, quelque intérêt sous plus d'un rapport.

OfiSERVATiOiN I. — Syphilis bénigne : Chancres mous, herpé^ tiques, sans engorgement ganglionnaire.

Au commencement du mois d'août 4845, une jeune fille, qui m'est adressée à Thôpital Saint-Antoine, porte à la surface des grandes et des petites lèvres et dans leurs replis une myriade d* ulcérations arrondies, à fond grisâtre, abords coupés àTemportepièce, quelques-unes comme une petite lentille, mais la plupart dépassant à peine la dimension d'une tête d'épingle ordinaire ; quelques-unes sont irrégulières et confluentes, aucune n'offre le moindre caractère d'induration. Cette éruption ressemble entièrement à des ulcérations d'herpès.

On ne peut savoir si elle a eu lieu d'emblée ou successivement, ni à quelle époque, la malade ne s'en étant pour ainsi dire aperçue qu'à un peu de prurit et de démangeaison.

Cette jeune fille, d'une bonue santé, blonde, lymphatique, a eu quelque temps auparavant une biennorrhagie avec végéta-

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