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Une belle éruption d'ecthyma papuleux généralisé

Ainsi, voilà pour lésion initiale une papule éphémère sans élévation de la peau, — c'est-à-dire une tache, — et, dès le lendemain, trois pustules qui s'ulcèrent 48 heures après. Quelle différence, à part la lenteur de Tincubation, trouver dans ce fait comparativement à Tinoculation du chancre simple ?

Tout cela revient à conclure que ces caractères ne sont pas

aussi tranchés qu'on se plaît à dire ; qu'il y a là surtout une

question de degrés et de nuances; enfin, que nos syphilo-

graphes se querellent pour des vétilles, et se hâtent un peu

trop de convertir leurs prétentions puériles en décrets

officiels.

Datasse. 2 0

3 Or? FORMES DE LA SYPHILIS.

Le mémoire de M. RoUet contient des observations de chancres secondaires commençant par des excoriations et des fissures, surtout aux mamelons des nourrices infectées par la forme congéniale : dans ces parages délicats, des gerçures préexistantes sont fréquemment le foyer élémentaire de Tinoculalion. Mais, à côté de ces faits, il en est nombre d'autres où Tauteur ne mentionne aucune trace d'ulcération.-A cette époque, en 4859, M. RoUet écrivait : a L'accident initial est un ulcère très-souvent induré, quelquefois subissant la transformation papuleuse (i)... » Aujourd'hui la jeune phalange de TAntiquaille attribue au maître l'honneur d'avoir indiqué le début papuleux comme caractère constant du chancre syphilitique. Bien plus, dans son zèle excessif, elle se plaît à rapporter uniquement au sy philographe lyonnais la découverte de la transmission secondaire par le chancre induré. Loin de nous la pensée d'atténuer la valeur des services rendus à la science par un observateur aussi laborieux et d'ailleurs si éminent. Nul n'a contribué davantage à vulgariser l'opinion dont il est devenu l'interprète le plus autorisé. Mais la priorité de l'idée doit être restituée à qui de droit.

Elle se retrouve d'abord dans la tradition. M. Clerc n'a pas «u.de peine à établir que nos ancêtres, — toujours trop méconnus, — n'avaient point ignoré la transmission de la syphilis secondaire sous la forme initiale de l'ulcère primitif (2). Cette mention est en effet catégoriquement exprimée par G. Rondelet, Astruc, P. Fabre, Petit-Radel, Babington, B. Bell, Bosquillon, etc., etc, qui se gardaient, — sans doute à bon droit, — d'en décréter la loi suprême. Les observateurs de notre temps ont moins de réserve. Ils se hâtent

(1) Gaz, méd, de Lyon^ 1869, n» 3.

(2) Moniteur des hôpitaux, 29 nov. 18C0.

SYPHILIS GEAVB OU COIVFIRMÉE. 3 07

de découvrir ce qui était découvert depuis longtemps, et d'ériger en théories absolues quelques faits ajustés à leur point de mire particulier. De là, de minutieuses contentions. S'il est vrai, toutefois, que cette tradition fût tombée dans l'oubli, et que les caractères de la lésion transmise fussent aujourd'hui méconnus, il devient équitable de rendre à M. Langlebert rinitialive qui, à cet égard, lui appartient. A cet observateur revient le mérite d'avoir indiqué la loi générale suivant laquelle est transmise la syphilis secondaire, et d'en avoir établi la démonstration clinique. Ce qui ne nous fait point oublier la part due aussi à MM. Auzias-Turenne, RoUet, Rinecker, Diday, Gabalda et Gibert dans cette laborieuse reconstitution.

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