DANS LA PÉRIODE TERTIAIRE
Quant à la syphilis tertiaire, aucun fait ne prouve sa contagiosité. Ses accidents ont ét^ vainement inoculés sur le porteur, et l'expérimentation a également échoué sur les sujets sains. Cherchant à obtenir l'immunité syphilitique de la même manière que Ton obtenait autrefois la préservation variolique par Tinoculation préventive, M. Diday s'est imaginé, il y a quelques années, de prendre pour fluide préservateur le sang des malades atteints d'affections tertiaires. Inoculé sur des sujets chancreux, ce sang n'a produit aucun résultat local ou général. Nulle lésion n'est survenue sur la piqûre. Les chancres ont conservé leurs allures habituelles. Un seul, — déjà induré, — a été suivi des symptômes secondaires; ceux qui étaient simples ont cicatrisé sans autres accidents. Ainsi, l'inoculation' est ici stérile. Au moins, par la lancette, le sang des syphilitiques dans la période tertiaire n'est donc point inoculable.
Ea serait-il de même avec les procédés mis en usage à Dublin ? Nous l'ignorons entièrement.
4° DE l'unicité contagieuse.
Ajoutons enfin^ pour terminer ce qui se rapporte à la contagion de la syphilis confirmée, que cette forme n'atteint point généralement plus d'une fois ses victimes. Gomme dans la coqueluche, la vaccine, les fièvres éruptives, la fièvre typhoïde, etc., etc.^ la prédisposition se détruit en grande partie par sa mise en jeu. La plupart des malades — qui s'exposent de nouveau à la contagion, — ne sont désormais comptables que du chancre simple ou phagédénique. Ce fait de Vunicité de la syphilis confirmée a été, pendant vingt ans, l'un des dogmes les plus absolus de l'hôpital du Midi. L'école de M. Ricord était là-dessus fort intraitable. A aucun prix elle ne voulait entendre parler de cas de double diathèse; et il nous souvient combien notre ami, le professeur Follin, qui en avait rapporté une observation très-authentique^ fut mal reçu par M. Venot, de Bordeaux.
Toutefois, cette loi de l'unicité, comme tant d'autres dogmes syphilographiques, est en train de perdre aujourd'hui sa prétendue infaillibilité. Ce n'est point un des adversaires les plus assidus de -M. Ricord, Vidal (de Cassis), qui lui a porté autrefois les plus rudes coups, c'est l'un des plus anciens partisans de ce dogme même, M. Diday. Ce dernier, suivant la piste de nouvaux errements, a réuni les faits de réinfection connus jusqu'alors (1), les distribuant dans trois catégories :
(1) Arch. gén. cT^mëc?., juillet-août 1862.
Dans la première, le chancre est le seul effet du second contact ;
Dans la seconde, le chancre et des accidents constitutionnels atténués résultent du second contact ;
Dans la troisième, le chancre et des accidents constitutionnels plus graves que ceux de la première contamination résultent de la seconde.
Siir 2o cas, 14 appartiennent à la première catégorie ; 9 à la deuxième ; 2 à la dernière.