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les expériences de M. Paulet, ne détermine pas nécessairr ment, dans tous les cas, un travail morbide local, préalablement à Texplosion des symptômes généraux. Pour le ^bbens, si quelques observateurs notent son développement à la suite des ulcérations des parties génitales, le témoignage de B. Bell, — affirmant qu'il a « observé la maladie dans toutes les parties du corps et sous toutes les formes ordinaires à la syphilis, excepté sous celle de chancres sur les organes de la génération, » — ce témoignage, disons-nous, démontre au moins que les phénomènes primitifs n'ont pas la même fréquence dans Tendémie écossaise que dans nos formes vulgaires de la syphilis. De son côté, Swédiaur observe que le mal de la baie de Saint-Paul ne commence point par des ulcères apx parties génitales. Cambieri caractérise l'invasion du sckerljevo par les douleurs articulaires et ostéocopes, la dysphonie, les éruptions cutanées, etc. Selon lui, les exulcérations génitales sont rares et tardives^ quoique plus ordinaires chez les femmes. Le docteur Sorensen regarde comme phénomènes du début dans la radezyge les maux de tête, les douleurs dans les membres, les éruptions herpétiques au fronts à la poitrine, etc., etc. Ainsi, la période primitive manque ouest effacée dans la syphilis endémique. Et de plus, les manifestations d'apparence constitutionnelle n'ont pas la même régularité de succession que dans la forme confirmée.
2** Sous le rapport des symptômes^ nous ne retrouvons plus, dans la forme endémique, cette diversité d'éruptions tégumentaires qu'affectent les nombreuses syphilides. Une même affection cutanée domine la scène, et si constante, si caractéristique, si saillante, qu'elle attire presque seule d'abord toute l'attention, et que plusieurs de nos dermatologues les plus autorisés sont conduits à n'y trouver autre
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chose qu'une maladie de la peau ; affection toute spéciale d'ailleurs^ et qui ne saurait être confondue entièrement avec nos éruptions syphilitiques indigènes. Ces intumescences framboisées singulières, — que Ton retrouve dans lepian, le sibbens, le mal de la baie Saint-Paul, le sckerljevo et la falcadina, surtout Xeyang-mey chinois, etc., etc., — occupant l'universalité du tégument^ devenant fongueuses, toujours fixes, parfois rebelles ou laissant à leur suite, quand elles se détachent, de profondes et corrosives ulcérations, ont, ce nous semble, par leurs éléments anatomiques, par leur marche, par leur gravité et par leur constance, une frappante originalité.
8** Sous le rapport de la gravité. La syphilis endémique présente généralement aussi, soit dans l'intensité, soit dans la durée de ses symptômes, un degré de gravité plus notable. Les suppurations et les ulcères que l'affection cutanée entretient habituellement sur une plus ou moins grande étendue de la peau, les mutilations graves qui en résultent souvent, la mort même, dans quelques circonstances^ témoignent assez , d'après la déclaration unanime des médecins^ de l'intensité ordinaire des accidents.
4® Sous le rapport de la contagion. Le pouvoir contagieux de la forme endémique présente une sphère plus étendue, des sources plus persistantes, en un mot, des conditions d'activité plus favorables à son développement.
Au lieu d'être restreint à une zone circonscrite dans telle ou telle région, le foyer de la contagion se trouve universellement étendu à presque toute la périphérie du corps. Pendant des mois, des années mêmes, soit que l'éruption émerge à la surface de la peau, soit qu'elle devienne fongueuse, soit qu'elle laisse à sa suite des ulcères rongeurs, le contage garde sa funeste propriété.
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Aussi n'est-ce pas, principalement et habituellement, pfir le commerce vénérien que se propage Tendémie : ce mode ne suffirait pas à sa prompte et active diffusion. C'est surtout par le contact, par les ustensiles de ménage, par les vêtements, par les literies, etc., etc., qu'elle se propage de proche eu proche, n'épargnant ni âge ni sexe; et lorsqu'elle est déclarée dans une famille, elle attaque presque toujours tous ses membres, faisant ainsi, en peu de temps, un grand nombre de victimes. Dans cette forme, le moyen de transmission n'est donc pas généralement vénérien. Le villageois de Chavanne-Lure communique le sckerljevo à ses trois enfants en bas âç;e; sa femme, avec laquelle il cohabite, est la seule personne de sa famille non infectée par lui. a Ce qui semble indiquer, ajoute M. Flamand, que l'union des sexes est un moyen peu propre à communiquer le sckerljevo. » Les négresses dont parle M. Paulet, affectées de tubercules pianiques sur le ventre, à la poitrine, et dont les organes générateurs, visités préalablement au spéculum, étaient sains, n'ont pas moins contaminé très-facilement trente nègres avec qui elles eurent des rapports : « dans tous les cas, les organes génitaux ont été trouvés intacts (1). »
Cette communication si facile, si banale de la maladie, en dehors des actes vénériens — et surtout de la sphère génitale, — afaitdonner par divers auteurs à quelques-unes de ces endémies, telles que le sckerljevo, laradezyge, etc., etc., le nom de syphilis insontium. Et de fait, le grand nombre d'enfants qui en sont affectés justifie cette qualification qui ne s'applique pas moins à beaucoup de cas de la syphilis épidémique.
En6n, la multiplicité, l'étendue et la durée des moyens
(1) Archives générales de médecines , 4« série.
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de transmission expliquent très-bien les ravages insolites de répidémie du quinzième siècle et des endémies syphilitiques diverses. Au Canada, en 1785, déjà cinq mille huit cents personnes étaient atteintes, et Ton ne les connaissait pas toutes (i). Dans les pays Scandinaves, il fut nécessaire de construire des hôpitaux spéciaux à Stavanger, à Maudat, à Skhien, pour le traitement de la radezyge. L'on a vu les désastres de la facaldine et du sckerljevo dans le Tyrol et les provinces Illyriennes, etc., etc.
La physionomie accentuée de ces caractères doit frapper Tobservateur; mais en même temps la similitude singulière de leurs traits af&rme déjà suffisamment Tunité de source qui, dans le temps etdans Tespace, donne cours aces divers affluents morbides. —Cette affirmation, que fait pressentir l'analyse, la synthèse maintenant doit la compléter.
(() J. RoUet, Recherches sur plusieurs maladies de la peau réputées tiares ou exotiques qu*il convient de rattacher à la syphilis, {Archives de médecine^ 1861).