‹ La Syphilis Tertiaire De La GorgeChapitre 7 sur 11 · IV. — DU TRAITEMENT · texte numérisé non relu

IV. — DU TRAITEMENT

Nous possédons dans l’iodure de potassium un sûr et merveilleux agent pour combattre rapidement les désordres que nous venons d’énumérer.

Mais il faut savoir le donner; on arrivera à la dose élevée, la seule vraiment efficace; on ne donnera pas 2 grammes, mais 4, 5,6 grammes d'iodure par jour, divisés en plusieurs doses ; si l’intolérance apparaît, on suspendra quelques jours à peine et on administrera un ou deux purgatifs salins, fort utiles.

Le mercure, dit M. Fournier, ne doit pas être donné à cette période; on l’adjoint volontiers souvent quand il s’agit de gommes hâtives, d’une évolution particulièrement maligne, sinon on emploiera l'iodure isolé.

Celui-ci peut amener la résolution complète, pris à temps: plus tard il arrêtera la marche envahissante, provoquera le travail de cicatrisation qui s'effectuera à vue d’œil, de vastes ulcérations se comblant en quelques semaines seulement; la perforation du voile estelle très minime, l’iodure peutmême la fermer ; plus étendue, il la rétrécit du moins.

Mais il est sans influence sur le processus cicatri-

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ciel nettement établi; nous aurons recours à d’autres moyens pour le seconder.

Les topiques sont de quelque utilité, aussi auraiton grand tort de les négliger complètement; on pratiquera de grands lavages détersifs, on fera des applications de salol camphré, d’iodoforme répétées plusieurs fois par jour; des irrigations naso-pharyngiennes pourront être utilement prescrites.

Si les ulcérations ne cicatrisent pas assez vite, des cautérisations au nitrate d’argent sont tout indiquées, surtout au cas de perforations du voile; si l’ulcère s'étend et a mauvais aspect, la teinture d'iode, l’acide cromique (Heryng, Kuttner); voire même les cautérisations ignées (Martel) pourront aider à la cicatrisation.

Soutenir l’état général ; surveiller l'alimentation si souvent compromise, devront être la préoccupation du médecin traitant.

Nous l’avons vu, la lésion peut laisser après elle des sténoses, des perforations, des soudures étendues ; une intervention chirurgicale s'impose ; mais avant de l’entreprendre, il faut s’assurer par un traitement très prolongé que le processus est bien éteint et que le résultat opératoire ne sera pas compromis.

Contre les perforations, avivement des bords et suture avec ou sans incisions libératrices ; une large perforation, une bordure cicatricielle énorme contr'indiquent l'opération; on recourt aux obturateurs, s'ils sont supportés.

Les divers traitements en usage pour libérer le voile de la paroi pharyngée échouent le plus souvent, quoi qu’on fasse, et qu’on interpose entre les lèvres de la plaie ; la récidive, plus où moins complète,survient, décourageant malade et chirurgien ; dans les cas limités, on peut, avec de la persévérance, espérer réussir; mais dans les formes plus étendues, on recourrera à la perforation artificielle du voile pour les besoins de la respiration.

Les autres sténoses seront combattues par des débridements larges et multiples au galvano-cautère;

mais ici encore, combien de fois échoue-t-on, tant

est grande la force rétractile du tissu inoculaire; pour le rétrécissement sus-larynÿien, celui qui relie en quelque sorte la base de la langue au pharynx,on opèrera avec la lame recourbée du galvano, et sous contrôle obligé du miroir,

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