‹ La syphilisation [electronic resource]Chapitre 129 sur 205 · I" A M. LE DOCTEUR GALLIGO, A FLORENCE (ITALIE · texte numérisé non relu

I" A M. LE DOCTEUR GALLIGO, A FLORENCE (ITALIE

Paris, le 17 décembre 1858.

Très-cher et très-honoré Confrère,

Je ne vous ai pas plus oublié que je n'ai oublié votre diplôme. Vous recevrez bientôt ce dernier. Nous mettons au rebut l'ancien modèle. Nous aurons le nouveau en janvier.

Notre Société vient de me faire un honneur qui m'a touché en me nommant de nouveau Secrétaire-général à l'unanimité des membres présents, après trois ans d'exercice. J'aurai donc donc le plaisir de signer votre diplôme.

La syphilisation est appelée à changer beaucoup de choses en syphilologie. C'est le drapeau d'une révolution radicale et complète. Je ne suis donc ni étonné, ni rebuté paî les obstacles. Si les adversaires de la syphilisation à Paris, secondés par ceux de l'étranger, n'avaient pas tout fait pour empêcher l'expérimentation publique, cette expérimentation aurait vaincu certaines résistances, mais la syphilisation aurait rencontré plus tard d'autres épreuves qui lui seront désormais, j'espère, épargnées.

J'ai le droit de dire que la syphilisation ne peut être condamnée nulle part, sans avoir été publiquement appliquée par l'inventeur lui-même. Du reste, à mon sens, l'évolution des idées a quelque chose de fatal.

La prévention doit entourer leur berceau, et l'initiateur n'obtient pas même toujours la faveur de ceux qui adoptent son opinion : c'est un lot auquel il sait se résigner. Aussi bien n'aime-t-il pas à se montrer sans le bagage qui fera un jour sa gloire, après avoir été son fardeau.

J'attendrai donc que la syphilisation soit aimée à Florence, pour briguer l'honneur d'être membre de votre Académie. N'ai-je pas d'ailleurs des dédommagements, puisque c'est la syphilisation qui m'a procuré l'avantage de vous connaître?

Si votre Société n'a pas de travaux qui l'absorbent, soumettez-lui la question de la contagiosité du produit des accidents secondaires, qui dans ce moment-ci est à l'ordre du jour de l'Académie de médecine de Paris et de presque toutes les Sociétés médicales actives. Le feuilleton de la Revue étrangère et même les hautes colonnes du journal sont ouverts à toutes les communications sur cette matière, quelles que soient, bien entendu, les opinions qu'elles renferment. Quant à ce qui vous concerne, je vous ai déjà exprimé' à Paris que toutes vos communications seraient immédiatement insérées dans la Revue étrangère.

Comptez, très-cher Confrère, sur mon empressement à vous obliger, comme je compte sur votre amitié.

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