‹ La syphilisation [electronic resource]Chapitre 132 sur 205 · A M. LE DOCTEUR BABU, A CLERMONT-FERRAND (PUY-DE-DOME · texte numérisé non relu

A M. LE DOCTEUR BABU, A CLERMONT-FERRAND (PUY-DE-DOME

Paris, le 15 septembre 1859.

Monsieur et très-honoré Confrère,

Je viens de lire avec un vif intérêt le Mémoire que vous publiez aujourd'hui dans l'Union médicale sur la variole et la vaccine. Comme il s'agit d'un sujet dont je m'occupe, permettez-moi de vous adresser trois questions dont la solution m'intéresse plus particulièrement.

1° Avez-vous inoculé le vaccin de bras à bras, c'est-à-dire le fluide était-il sans mélange d'eau ou de salive? Je veux savoir par cette question s'il n'y a pas eu quelque cause d'affaiblissement du virus qui aurait rendu quelques inoculations abortives. Cela me conduit à la 2e question.

2° Combien avez-vous fait de piqûres?

3° A quelle date juste a commencé le travail vaccinal ? J'attache une grande importance à la solution de cette dernière question, parce que je désire savoir si la présence de la variole n'a pas diminué le temps d'incubation de la vaccine comme aurait fait une première vaccination pratiquée deux ou trois jours auparavant.

Excusez, Monsieur, la liberté que je prends de vous adresser ces questions. L'étude comparative delà vaccine et de la variole ne peut être menée à bien que par la minutieuse analyse des faits.

Agréez, etc.

A M. LE PROFESSEUR BŒCK, A CHRISTIANIA (NORWÉGE)

Paris, le 12 octobre 1859.

Cher Confrère et ami,

Je suis parfaitement fixé sur le compte de M. F., car il y a beaucoup de F. à Paris qui sont à mon égard ce qu'est celui de Christiania au vôtre. N'ayez donc pas peur que je m'y laisse prendre. Je suis trop habitué à reconnaître mes ennemis. M. F. vient à Paris pour refroidir mes amis, comme il va à Vienne et à Berlin pour empêcher le zèle des expérimentîSeurs. 11 m'a fait le pénible aveu qu'à son avis on ne pourra désormais empêcher les expériences qui se font sur une vaste échelle. Il doit bien le savoir puisqu'il est voyageur contre la syphilisation.

Il y a aujourd'hui trois syphilisateurs à Marseille, M. Sirus-Pirondi (à propos duquel un Norwégien a dû vous remettre une Thèse?), M. Melchior Robert et (le croiriez-vous !) M. Bartholi, cousin de M. Piétri. C'est M. Piétri qui a fait donner à M. Bartholi le service des prostituées à Marseille. M. Bartholi est un ancien interne de M. Pnche. Je le connais beaucoup et je le crois capable.

Je ne sais par quelle voie vous pourrez envoyer des exemplaires de la Radesyge. Mais je me chargerai facilement de faire venir à Paris ceux que vous pourriez avoir occasion d'envoyer dans un port d'Angleterre ou dans une ville d'Allenfagne. S'il ne se présente pas d'occasion attendez le printemps, à moins que vous ne puissiez en risquer un à mon adresse par la poste en m'écrivant la date du départ et la voie qu'il suivra. Nous saurons à quoi nous en tenir. Comme plus de deux cents médecins viennent chez moi dans l'hiver, cela fait une assez grande notoriété. Il faut qu'on sache que votre publication est parue.

Je n'ai pas encore vu le jeune médecin norwégien dont vous me parlez. Donnez-moi son adresse et c'est moi qui le préviendrai.

M. Ricord fait le mort depuis qu'il a été condamné par l'Académie de médecine. Il n'a pas la ressource de dire que les condamnations académiques ne valent rien puisqu'il les a lui-même sollicilées et invoquées contre moi. Faut-il lui offrir une paix de Villafranca? Il a blâmé dit-on ses partisans d'avoir essayé de le défendre. Toute espèce de bruit ne ferait en effet que constater sa défaite. Mais nul doute qu'il n'eût été satisfait si on l'avait victorieusement défendu.

M. Moquin Tandon vient de m'offrir un petit volume qu'il vient de publier sous le titre de Zoologie médicale et dans lequel il parle honorablement de vos travaux sur l'acarus, etc.

Bientôt paraîtra votre notice sur la gale dans la Gazette des hôpitaux.

J'allais hier clore ma lettre lorsque j'ai été interrompu par l'arrivée d'un M. L.-W. Salomonsen, Drmed. etchirg. de Copenhage, m'apportant konstitutionel syphilis, etc., par Dr S. Engelsted. Ce M. Salomonsen doit passer l'hiver à Paris et m'a offert de m'aider dans quelques traductions.

11 a été cause d'un jour de retard pour ma lettre, et hier au soir j'ai vu J.-B. Baillière qui m'a promis pour d'ici à quelques jours de me renseigner sur les moyens de faire arriver votre Radesyge à Paris.

Adieu, cher Confrère, mille amitiés et mille compliments.

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