‹ La syphilisation [electronic resource]Chapitre 146 sur 205 · RAPPORTS ANNUELS SUR LA VACCINE · texte numérisé non relu

RAPPORTS ANNUELS SUR LA VACCINE

Séances des 32 et 89 novembre 1864.

Chargé du Rapport annuel sur les vaccinations pratiquées en i 8GH, M. Depaul a traité dans la première partie de ce Rapport la question de : La possibilité de transmettre la syphilis par la vaccine, chance terrible qu'il vaut mieux cependant regarder en face et conjurer que de la courir ou de s'y soumettre aveuglément. On comprend quel a dû être l'émoi de l'Académie, qui s'est toujours considérée comme la gardienne des saines traditions en fait de vaccine, et qui n'a pas cessé de rendre le meilleur témoignage de la découverte de Jenner. La vaccine est en danger! Caveant consules !

Le lira-t-il? Ne le lira-t-il pas ? — II- s'agit du rapport de M. Depaul. > — C'est ce grave sujet qu'on a d'abord agité et qui a agité la première partie de la séance en présence du public impatienté.

A Dieu ne plaise que nous nous fassions l'écho de ces mesquins et pénibles débats qui peuvent nuire à la considération de l'Académie et diminuer le prestige dont nous voudrions que ce corps respectable fût entouré. Nous nous bornerons à dire que la majorité de la minorité présente s'étant mise du côté de la justice et de M. Depaul, celui-ci a pu commencer, au milieu des frémissements et des chuchotements de l'assemblée, la lecture de son Rapport, qu'il ne lui restait plus le temps de lire en entier.

Il n'est que trop certain, hélas! que le vaccin, comme le cheval de Troie, peut cacher des Grecs perfides, c'est-à-dire des germes de syphilis dans ses flancs. Nous avons été en France le premier à jeter l'alarme (1); mais on nous a traité en Cassandre, et, quand enfin la vérité s'est fait jour, on avait oublié même nos avertissements, à en juger du moins par le silence qu'on observe à cet égard.

Notre intention n'a jamais été, du reste, de provoquer une panique. Sans . doute que le mal a été grand, mais on l'exagère encore. Sans doute que le péril demeure imminent, mais on peut le conjurer.

A. Le mal n'a pas été aussi effrayant qu'on le suppose, car, de toutes les Observations connues de syphilis communiquée par la vaccine, il faut déduire, nous le déclarons formellement :

1° Les histoires d'enfants qui étaient syphilitiques avant qu'on les vaccinât ; 2<> Les cas de phagédénisme vaccinal et de vaccinides qui n'avaient rien de syphilitique ;

3° Des éruptions diverses, étrangères à la syphilis et dont la vaccine n'a été que le coup de fouet, c'est-à-dire la cause occasionnelle ; 4° Enfin des affections qui auraient pu se montrer sans la vaccine.

B. Comment conjurer le danger? C'est bien simple, à tout prendre. Il suffit de connaître la syphilis pour l'éviter, et la vaccine pour choisir un bon virus. Nos lecteurs savent à quoi s'en tenir là-dessus.

A l'aide des règles que nous avons posées, la vaccine sera mieux pratiquée, plus sûre, plus efficace, et le vaccinateur plus honoré. La science et la profession y gagneront également. Donc, à quelque chose malheur est bon !

(1) Voir ci-dessus, p. 663, Article du 16 août 1858.

676 SYPHILIS EX VACCINA.

M. Depaul a suspendu sur la tête de l'Académie la menace d'une Société qui allait se fonder, a-t-il dit, pour distribuer du vaccin emprunté aux animaux. Mais une Société de ce genre existe déjà; elle fonctionne sous les yeux de tous et presque sous l'égide de l'Académie. Elle étend son réseau partout; ses adhérents sont tout le monde; elle propage son vaccin gratis, et c'est pour avoir plus de crédit e^ faire plus de bien qu'elle demande qu'on la protège. Son principal statut est conçu en ces termes :

Le cheval jeune, vigoureux et sain, est le meilleur terrain et le véritable régénérateur du vaccin. C'est donc à cette source qu'il faut remonter, chaque fois que cela est possible, pour y puiser le précieux virus.

Le Rapport de M. Depaul est un modèle du genre, — c'est de plus une bonne action.

M. Depaul a d'abord tracé une revue historique de la plupart des faits qui ont été produits de syphilis communiquée par la vaccine. Tous les cas se ressemblent : Incubation, pseudo-chancre (M. Depaul appelle celui-ci chancre, suivant en cela les errements de l'école de M. Ricord), adénopathie circonscrite, douleurs prodromiques, adénopathies diffuses, syphilides, affections des muqueuses, etC. AB UNO DISCE OMNES.

M. Depaul ne s'est pas borné à nous donner de ces faits une aride copie; il les a discutés, assignant à chacun son importance réelle. 11 a notamment écarté avec soin les cas dans lesquels la vaccine avait agi comme cause occasionnelle. Regrettons toutefois qu'il ait omis de tenir compte des vaccinides et qu'il n'ait pas fait peut-être une part assez large aux erreurs de diagnostic; mais après la lecture de ce Rapport, aucun doute ne peut désormais rester dans l'esprit de personne sur la possibilité de communiquer la syphilis par la vaccination.

M. Depaul a ensuite examiné pourquoi une vérité aussi évidente avait pu être méconnue pendant si longtemps. R en a trouvé la triple cause dans l'engouement qu'a d'abord fait naître la découverte de Jenner, dans la rareté des accidents au milieu de cas si nombreux de vaccine, et surtout dans l'influence qu'a généralement exercée, pendant vingt-cinq ans, la doctrine de la non-contagion des symptômes secondaires de la syphilis. Et en effet, si la vaccination pouvait transmettre la syphilis, on n'aurait pu s'en rendre compte que par la contagion des symptômes secondaires ou par celle du sang.

Enfin M. Depaul a repoussé le reproche de manquer de générosité à l'égard du vaincu, qui essaye à chaque instantderedresser la tête en méconnaissant les droits de la victoire, c'est-à-dire de la vérité.

Pénétrons au cœur de, la question et de la dissertation de M. Depaul, et cherchons avec lui si c'est le sang ou la pustule vaccinale qui recèle exclusivement ou plus particulièrement le virus syphilitique. — M. Depaul se lient comme nous sur la réserve, et il se borne à indiquer les précautions que la prudence enseigne. Que pourrions-nous emprunter à ce Rapport que nous n'ayons déjà dit à nos lecteurs, avec moins d'éclat et d'autorité sans doute que M. Depaul? Leur parlerons-nous de la précaution qu'il faut avoir de nettoyer avec soin son aiguille ou sa lancette à chaque vaccination qu'on pratique? Leur recommanderons-nous de ne pas prendre du sang avec le vaccin? Ne savent-ils pas qu'il faut choisir le vaccinifère dans un âge où le virus est meilleur et plus pur, où la manifestation d'une syphilis latente héréditaire n'est plus à craindre? Ignorent-ils que les parents de ce vaccinifère doivent être bien connus et attentivement examinés et surveillés ?

M. Depaul penche vers l'opinion des personnes qui proposent de communi-

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quer la vaccine à des vaches pour en retirer le vaccin. Mais nos lecteurs connaissent les difficultés et l'inefficacité de cet expédient. Nous répéterons donc, jusqu'à ce qu'on se décide à admettre notre avis, que c'est au cheval qu'il faut confier, prêter le virus si on veut le placer à de gros intérêts. A part cette erreur ou cette omission de M. Depaul, nous applaudissons des deux mains et de bien grand cœur à l'ensemble de son Rapport. Mais nous restons, comme on le voit, à cheval sur notre propre idée.

Ce Rapport, tout scientifique, traîne à sa suite un boulet administratif. C'est la litanie alphabétique et motivée des récompenses qui sont données auxvaccinateurs depuis le département de l'Ain jusqu'à celui de l'Yonne. L'Académie doit voter cette kyrielle les yeux fermés ou subir une interminable et aride lecture. Or, l'Académie avait voté de confiance depuis huit jours. N'importe. Le Secrétaire perpétuel, M. Dubois (d'Amiens), prétend faire faire pénitence aux Académiciens et veut les condamner à ouïr les débats et les plaidoiries d'une chose jugée. MM. Depaul et Dubois se donnent à ce propos les plus comiques démentis au milieu d'une hilarité générale et olympienne. Quand tout le monde rit dans une assemblée, beaucoup d'assistants, — ce sont souvent les plus gais, — ne savent pas pourquoi. Nous prions nos lecteurs d'en faire autant sans exiger de détails. Après qu'on eut beaucoup ri et beaucoup péroré ab hoc et ab hac, il fallut en venir au vote afin de terminer la question, — non pas celle que subissait le Secrétaire perpétuel. — Toute la salle s'empressa d'émettre encore un vote de confiance en faveur de M. Depaul, à l'exception de M. Dubois, qui se leva comme un seul homme pour protester.

Maintenant que la discussion est ouverte sur la partie scientifique du Rapport, on peut différer le moment de cette discussion, mais non pas l'ajourner sans fin. Comment serait-il possible de songer à étouffer un Rapport si bien fait, sans chercher à le combattre, et comment pourra-t-on s'y prendre pour le combattre? Les idées qu'il renferme sont-elles susceptibles d'être bien mieux prouvées et exprimées? Non, sans doute. Ne faut-il pas insister sur les précautions que devront prendre désormais les vaccinat'eurs, à moins qu'on ne veuille continuer à donner la syphilis en vaccinant sous prétexte de ne pas détourner les populations de la vaccine? L! Académie ne trouvera jamais une plus favorable occasion d'exercer sa philanthropique influence. Mais si elle craint de se mettre en avant, il faut qu'elle abdique pour que d'autres agissent à sa place. Il y a même déjà eu beaucoup de temps perdu. L'Académie ne devrait-elle pas être toujours entête du progrès, au lieu de venir la dernière (■!)?

Séance du ÎO janvier 1865.

Enfin, M. Ricord a parlé. Il a parlé sans se contredire ni me démentir, car il n'a pas eu d'opinion. Son discours n'est d'un bout à l'autre que la demande d'un veto au projet du Rapport de M. Depaul. Le char du progrès traînera donc encore à sa suite M, Ricord qui nous donnera sans doute son avis quand personne n'en aura plus besoin. Craignant les écueils de l'improvisation, il nous a ménagé « les longs bâillements et les vapeurs mortelles » d'un discours lu par quelqu'un qui ne sait pas lire. De grâce, qu'on nous ramène au Ricord d'autrefois. Celui-là au moins n'était pas ennuyeux.

(1) Cette série d'articles a été interrompue parce que le Courrier médical a pris une autre direction. V. ci-après, documents a l'appui, 5e série, Lettre à M. le professeur Piorry, Directeur du Courrier médical, en date du 19 décembre 1864, p, 700.

678 SYPHILIS EX VACCINA.

Qu'on me permette d'établir netloment ma position vis-à-vis de M. Ricord. Il y a plus de vingt ans que j'ai commencé mes recherches sur les virus. Je suis entré dans la carrière par des Expériences de syphilis expérimentale. Je ne connaissais pas alors M. Ricord. Je n'étais pas connu de lui. Gomment a-t-il accueilli mes premiers essais? Par une approbation? Non. Par des encouragements? Non. Par des conseils? Non. Par de l'indifférence? Non. Par une discussion scientifique? Non, non. Par des objections sérieuses? Non encore. Par quoi donc? Il les a accueillis par des railleries incessantes, impitoyables et de mauvais goût. Ma réserve, la dignité du silence, ma déférence pour M. Ricord une vie modeste et laborieuse, l'entremise d'amis communs, les bienséances confraternelles, le sentiment de la modération et de la justice et enfin la médiation du temps, rien ne put émousser les épigrammes de M. Ricord qui m'étaient rapportées chaque année par vingt personnes à l'École pratique où je passais la majeure partie de mon temps, et redites par les cent voix de la renommée, je veux parler de la presse. Frappé de ridicule, atteint dans ma considération, poussé à bout et pressé par mes amis, j'ai dû quitter la vie paisible pour me défendre et réagir contre M. Ricord. De ce moment, les jours du système de l'hôpital du Midi furent comptés.

Plus tard, qui m'a traduit sans défense et fait condamner contumace devant l'Académie? Qui... Mais je ne veux pas raviver sans cesse des plaies toujours saignantes. Je n'ai pourtant pas de fiel au cœur. La vérité que j'ai trouvée et que j'aime doit être pénible à entendre et facile à méconnaître, je le comprends, pour ceux dont le crédit s'alimente de l'erreur contraire. Je les plains de leur égarement, j'excuse leurs excès et je supporte avec patience leurs injustices, pourvu qu'ils me laissent libre d'ouvrir la main et de faire entendre ma voix. Or, je porte la peine d'une condamnation qui a été surprise par M. Ricord à l'Académie, au nom de doctrines disparates. M. Ricord avait replié son drapeau devant celui d'un honorable transfuge de la doctrine physiologique, Bégin, qui était revenu franchement au mercure, tombant ainsi de Charybde en Scylla. Les doctrines mélangées au nom desquelles j'ai été condamné étaient fausses ou opposées entre elles. C'est ce que M. Ricord a surabondamment démontré luimême en les adoptant et les niant tour à tour.

Mais rien ne m'empêche do donner une analyse impartiale du discours de M. Ricord. Il ne m'en coûtera jamais d'être juste et de briguer le suffrage des hommes honnêtes et sans passion.

M. Ricord a commencé par l'examen des faits. Il en a trouvé quelques-uns en défaut. Sa critique a porté juste. N'avais-je pas dit avant lui que des enfants vaccinés depuis quelques jours seulement n'ont pas pu communiquer une syphilis qu'ils n'avaient pas encore, à moins qu'on ne pense, contre ,1a vraisemblance, que le bas-âge des sujets ou que le mélange des virus abrégeant l'incubation ait pu créer une atmosphère syphilitique, loco insertionis, antérieurement à toute manifestation?

Mais une bonne cause est-elle perdue sans appel parce qu'elle a été mal défendue ou qu'il y a eu de faux témoins? Non. Le vrai finit toujours, au contraire, par se dégager de son alliage avec le faux. Ne donnons donc pas à l'argumentation de M. Ricord plus de portée qu'elle n'en a réellement. Il existe effectivement d'autres faits non équivoques, et il en existerait à coup sûr un plus grand nombre si on les aidait à se produire. Que de gens auxquels il répugne de lutter contre les opinions communes 1

Voici, à ce propos, deux faits dont je dois la communication à un Confrère

SYPHILIS EX VACCINA. gyg

de province, honorable et instruit. Ce qu'il rapporte s'est passé dans un cheflieu de sous-préfecture. La pièce originale est à la disposition de l'Académie :

Deux darnes âgées de 30 à 31 ans, assez bien douées par la nature, et désireuses de ne rien perdre de leurs avantages, prièrent une sage-femme de les revacciner. Celle-ci pratiqua la petite opération en prenant le vaccin sur un enfant de Paris, en nourrice dans la localité. Du sang conla, dit-on, des piqûres de l'enfant et de celles des deux dames.

Au bout d'un mois a six semaines, une de ces dames, voyant que ses boutons ne se cicatrisaient pas, me pria de l'examiner : je constatai au bras gaucbe une ulcération violacée, profonde, de 1 centimètre de diamètre, à bords inégaux et renversés. Cette ulcération était recouverte d'une croûte assez épaisse, qui, au dire de la malade, se renouvelait de temps en temps. Le bras droit offrait deux ulcérations moins profondes, mais ayant les mêmes caractères. Les ganglions axillaires et cervicaux étaient engorgés. Il y avait des douleurs nocturnes. Bientôt une roséole cuivrée se répandit par tout le corps. Cependant l'ulcération, qui avait conservé sa teinte violacée, commençait à se cicatriser.

L'auteur note que les parties sexuelles et que les ganglions de l'aine étaient exempts de toute lésion, mais que plus tard apparut une plaque muqueuse au périnée. Il donne ensuite des détails sur le traitement et sur ses résultats.

La seconde dame attendit plus longtemps avant que de se décider à consulter le médecin. Mêmes accidents aux bras que chez la' première. Plus tard, ulcérations aux amygdales, roséole, et deux mois après l'inoculation vaccinale, quelques ulcérations superficielles aux organes génitaux. L'observateur, médecin des maris, s'est assuré qu'aucun des deux ne portait des traces de syphilis ; il leur a prudemment conseillé l'abstention de rapports conjugaux.

Le vaccinifère, ayant été rendu à ses parents, n'a pu être examiné.

Une troisième personne, soumise à la vaccination en même temps que ces dames, n'a pas voulu montrer ses bras, et a répondu évasivement à toutes -les questions qu'on lui a faites. Il s'agit peut-être, dit le narrateur, d'un troisième accident tenu secret.

Il n'y a pas à objecter que, chez ces deux dames, la syphilis aurait pu commencer à une autre époque et ailleurs que par les bras au siège des piqûres, car rien ne manque dans ces deux faits au tableau régulier de la contamination secondaire au début (temps voulu d'incubation, existence de pseudo-chancres avec leurs caractères, adénopathie correspondante, etc.), pendant que les parties sexuelles, la bouche et les autres portes d'entrée ordinaire de la syphilis sont absolument intactes.

Je reviens à M. Ricord qui a invoqué ensuite des autorités en masse. Mais ne sait-on pas que toutes les erreurs possibles ont pu s'abriter sous des noms considérables?

« Dieu, a dit un grand philosophe, n'esl pas pour les gros bataillons, mais pour ceux qui tirent le mieux. Jean Goya inventa la boussole, Guttemberg l'imprimerie, Roger Bacon la poudre à canon. »

M. Ricord n'est guère partisan de la vaccination animale. Il aperçoit toutes sortes de virus meurtriers qui découlent des pis de vache. Il y avait mieux à dire. On pouvait soutenir, par exemple, avec plus de raison, que le virus des vaches est, en général, trop faible pour qu'on puisse y compter beaucoup et qu'il serait avantageux de renforcer*, de régénérer le vaccin par son passage à travers l'organisme du cheval. Mais je ne compte pas sur M. Ricord pour défendre, — j'allais dire compromettre ma doctrine.

M. Ricord a été mieux inspiré quand il a signalé les difficultés de la pratique de la vaccination animale, et quand il a ajouté d'une manière saisissante : « La variole n'attend pas. »

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Voici un dernier argument de M. Ricord dont peu de personnes auront saisi la portée. Il s'est procuré des plaques de vaccin académique. 11 a prié M. Robin d'examiner ce vaccin au microscope pour savoir s'il était ou non mélangé de sang. Mais il n'est besoin ni de microscope, ni de M. Robin pour constater ce qui se voit aisément à l'œil nu. Eh bien! oui : le vaccin de l'Académie renferme du sang. Il y a plus, c'est qu'il n'est pas ordinairement recueilli par un médecin. N'ai-je pas demandé moi-môme le premier une réforme à cet égard? Mais qu'importe, surtout pour M. Ricord qui précisément ne demande aucune réforme. Veut-il donc simplement établir qu'un vaccin souillé de sang peut être bon? Nous l'accordons, et au besoin nous publierons à l'appui le sommaire des Expériences suivantes de M. Bœck qu'on ne connaît pas on France. -1° Le professeur W. Bœck a écrit à l'Académie des sciences le 18 août 1856:

« Dans la syphilisation des enfants, j'ai souvent fait un mélange de la

matière syphilitique avec du vaccin, et je n'ai obtenu que des pustules syphilitiques. Quelques jours plus tard, j'inoculais le même enfant avec du vaccin

sans mélange, et j'obtenais les pustules vaccinales les mieux caractérisées »

Je rapporte ce texte, qu'on a allégué à tort, ce me semble, à l'appui de l'opinion de ceux qui considèrent le sang comme l'unique agent de la contagion dans les syphilis ex vaccina.

2° A une date beaucoup plus récente, le même expérimentateur habile a vacciné un enfant atteint de syphilis héréditaire. Le vaccin recueilli ensuite sur cet enfant a été soigneusement mélangé à son propre sang et inoculé dans cet état à deux spédalsques, exempts de syphilis etdéjà vaccinés dans leur enfance. Chez un seul de ces derniers, un& vaccine régulière se développa, mais chez aucun des deux, — ils ont été longtemps surveillés et le sont encore, — la syphilis n'a été le résultat de l'inoculation.

De ce que le sang est syphilitique, M. Ricord en conclut que la lymphe vaccinale, qui vient du sang, l'est également. La logique de ce raisonnement n'est pas exacte, car la vésico-pustule vaccinale s'élève sur un organe de sécrétion qui pourrait bien, à la rigueur, ne pas laisser passer le principe contagieux. Mais il est possible que M. Ricord soit dans le vrai tout en raisonnant mal. Admettons donc avec lui que la lymphe vaccinale est viciée au même titre que le sang, pourvu qu'il nous accorde en retour, et en vertu delà rigoureuse logique-, que le sperme et le lait qui viennent aussi du sang peuvent, à un moment donné, recéler le principe syphilitique et devenir une source de contagion.

La contagion syphilitique, au moyen du sperme, est du reste démontrée par les faits. Mais quand bien même le vaccin ne serait jamais susceptible d'être infecté, il est possible qu'en vertu du principe : Ubi stimulus, ibi fluxus, la sécrétion vaccinale soit remplacée, au moment où la vaccine a épuisé son cours, par une sécrétion syphilitique. Ce n'est point alors le vaccin qui serait syphilitique, En d'autres termes, le virus syphilitique ne se mélangerait pas au vaccin, mais ne viendrait qu'après ce dernier pour en occuper la place.

La conclusion générale de M. Ricord est qu'il ne faut pas se presser de conclure et qu'il convient d'attendre, pour jeter l'alarme, qu'un plus grand nombre de vaccinés aient contracté la syphilis par le fait de la vaccination.

M. Ricord n'était pas si temporisateur/était plus pressé quand il s'agissait d'étouffer la syphilisation au berceau, car à l'instigation de ses amis, le Rapport bâclé par M. Bégin fut vite envoyé au Ministre qui ne demandait rien et ne savait pas même si la syphilisation existait. Deux poids et deux mesures.

Il ne faut pas, s'est écrié M. Hicord, ébranler la confiance que les populations mettent dans la vaccine. Mais en quoi cette confiance pourrait-elle être ébranlée

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si l'on avertissait le public du danger en lui indiquant les moyens de l'éviter? C'est, au contraire, en remuant le piédestal de Jenncr qu'on doit en montrer la solidité et qu'on peut l'affermir encore.

Or, n'est-ce pas par la voie ministérielle que la vérité peut se répandre au loin? N'est-ce pas par cette voie, dis-je, que l'on s'est opposé à la propagation du venin de la syphilisation?

Attendre! attendre! attendre encore! toujours attendre! quand la vérité frappe aux portes de l'Académie et a pénétré même dans l'enceinte !

Il y a soixante-cinq ans que Michel Gullerier (1), fondateur de la dynastie de ce nom et déjà alors médecin considéré de l'hôpital des vénériens, vint communiquer à la Société de médecine, sans prévention comme sans engouement, sans passion en un mot, des faits qui ne paraissaient pas être tous à l'avantage de la vaccine et dont quelques-uns môme étaient de nature à mettre en garde contre le terrible accident que nous cherchons à conjurer aujourd'hui. Eh bien! la Société de médecine repoussa le Mémoire de Gullerier sous le même prétexte qu'on invoque aujourd'hui contre le Rapport de M. Depaul. Plus d'un demi-siècle et des millions de vaccinations n'ont donc pas suffi pour dégager la vérité et faire disparaître le fantôme des préjugés contraires à la vaccine. C'est à désespérer du progrès. Il est vrai qu'on donne au peuple quelque motif de méfiance. On le rémunère quand il fait vacciner ses enfants comme s'il accomplissait un sacrifice. Un enfant vacciné n'est-il pas coté au même prix dans les préfectures et récompensé au même titre que la destruction d'une bête fauve ou d'une vipère?

M. Ricorda parlé non-seulement comme s'il n'était pas convaincu, mais encore comme s'il ne connaissait pas la syphilis. La vaccine, d'après lui, devrait être condamnée à jamais et proscrite si le vaccin pouvait recéler une seule fois un germe impur. Eh quoi! M. Ricordne se sent-il donc pas capable d'affirmer à la suite d'une enquête et d'un examen sérieux que certains enfants ne sont pas entachés de syphilis? La chose est pourtant bien facile et, comme je l'ai dit, il suffit pour être à même de bien vacciner de connaître la syphilis pour Véviteret la vaccine pour choisir un bon virus. Avouons-le sans détour. Il y a des écarts, des négligences, des erreurs. Il est vraisemblable même que des enfants ont pu être infectés sans que le vaccinifère le fût. Il a suffi que dans des vaccinations successivement faites à plusieurs individus, on ait négligé de laver l'instrument qui avait vacciné un enfant syphilitique. Mais les médecins avertis sauront désormais éviter les écueils.

D'ailleurs, la question est-elle bien où on la place? Ce n'est ni la vaccine ni peut-être le vaccin qui transmet la syphilis; mais ce sont les vaccinés et la vaccination, je devrais dire les vaccinateurs. La vaccine, maladie unitaire ou autonome, fournit le vaccin, fluide homogène. Il y a plus; c'est que la maladie vaccine suspend pour un moment l'évolution de la syphilis qui reprend ensuite son cours. Le vaccin est donc fourni par l'organisme et sécrété par la membrane vaccinogène, sans qu'il puisse y avoir d'adultération syphilitique puisque la syphilis sommeille. Mais quand la vaccine a parcouru son évolution, quand elle a fait son tempg, la syphilis qui lui avait fait place reprend sa marche interrompue et peut alors pousser son virus jusqu'au centre de la place qu'occupait la pustule vaccinale à laquelle elle succède. On n'a plus alors affaire qu'à une pustule syphilitique. La lymphe et le pus de cette pustule sont tout naturellement

(1) Quelques faits relatifs a la vaccine, par M. J. Cullejuer, chirurgien en chef de l'hospice civil des Capucins de la rue Saint-Jacques, membre de la Société de médecine, etc. A Paris, chez Croullebois, libraire, au coin de la rue des Maçons, rue des Mathurins.

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syphilogénés. Mais ce n'est pas la vaccine, ce n'est pas le vaccin, c'est la syphilis et le syphilin qui sont en scène et donnent la syphilis, quand la syphilis et le syphilin ont repris l'une ses droits dans l'organisme, l'autre la place du vaccin. Si donc lo vacciné donne la syphilis, ce n'est pas comme vacciné mais comme syphilitique. Si la vaccination devient inquinalion, ce n'est pas comme vaccination, mais comme inoculation syphilitique. Le vaccinateur n'est plus qu'un inoculateur syphilitique pour ainsi dire fourvoyé.

Je ne veux pas dire que le sang d'un syphilitique ne puisse donner la syphilis; mais alors c'est une autre question qui vient embrouiller la première, une exception qui vient prendre la place de la règle.

Si l'on peut donner la syphilis en vaccinant, cela ne peut se faire en définitive qu'en vaccinant mal. Est-il sûr que dans les faits publiés on ait emprunté la lymphe à une pustule vaccinale pure, plutôt qu'à une pustule déjà transformée? Un syphilitique peut donner la syphilis, soit! Son sang lui-même est, à un moment donné, contagieux, soit encore! Mais la question est de savoir si, dans les cas néfastes que nous discutons, la matière nuisible n'a pas été empruntée à une pustule qui n'était plus vaccinale, mais déjà syphilitique.

M. Ricord venait d'achever sa lecture lorsque deux mains sans écho se sont frappées l'une contre l'autre dans le fond de l'auditoire qui était nombreux (lj.

M. Malgaigne, Président, était affaissé sur son siège quand la parole a été donnée à M. Blot par M. Bouchardat, vice-président. Les sens de M. Malgaigne l'ont-ils abandonné au moment où, écoutant la parole de M. Ricord, il jouissait du souvenir de la brillante victoire qu'il avait remportée sur le chirurgien de l'hôpital du Midi dans la discussion sur la syphilisation? Il s'est affaissé, il est tombé sur la brèche au sein de cette Académie qu'il a tant aimée, au pied de cette tribune qu'il a tant illustrée. Il a été frappé sur son siège comme ces magistrats romains qui aimaient mieux mourir sur leur chaise curule que de l'abandonner.

M. .Malgaigne, épuisé par la maladie, avait résisté aux sollicitations de ses collègues, de ses proches et de ses amis qui le pressaient de prendre du repos. Gloire à M. Malgaigne (2)!

Séance du 13 février 1866 (3).

La vaccine traverse une révolution qui a éclaté dès qu'on a mis officiellement en question son existence et ses vertus, et dont iV est urgent qu'elle sorte intacte, sinon perfectionnée.

On accuse la vaccine de se souiller d'un alliage impur et de n'être qu'imparfaitement préservatrice de la variole.

Le premier reproche tombera devant une surveillance entendue et attentive.

(1) La discussion continue dans les séances des 17, 24 janvier, 7, 14, 21, 28 février, 7 et 14 mars 1865. Dans cette dernière séance, M. Depaul résume la discussion.— L'Académie vote des remercîments et prononce le renvoi du Rapport à la Commission.

(2) M. Malgaigne, frappé dans cette séance du 10 janvier 1865, a succombé le 20 octobre suivant.

(3) Dans la séance du 23 janvier 1866, M. Depaul avait donné lecture de son Rapport sur les vaccinations pratiquées en France pendant l'année 1864, ayant pour sous-titre :

Renforcer le vaccin, c'est aller au-devant du second. Vaccin pur et vaccin fort, voilà donc l'idéal du progrès. •

On aura du vaccin pur en bien observant les vaccinifères ; car s'il n'est pas absolument possiblo d'assurer que certains sujets, par exemple, ne sont pas syphilitiques, on peut infailliblement désigner dos sujets qui ne le sont point. Ceux-ci pourront être des vaccinifères garantis.

Dans ces derniers temps, la source naturelle du vaccin (grease pustuleux) a jailli plusieurs fois. Mais à peine a-t-on puisé à cette source de vaccin fort.

Jusqu'à ce qu'elle reparaisse, on peut la remplacer par une source artificielle, en faisant appel au cheval et même à l'homme préférablement à la vache. Celleci affaiblit plutôt qu'elle ne régénère le vaccin.

C'est pour nous une conviction expérimentale.

On régénère le vaccin par des inoculations faites au cheval d'après certaines règles, et particulièrement quand la saison est humide et chaude.

Le cheval inoculé doit être jeune et surtout n'avoir pas eu la gourme, qui est souvent sans doute une des formes du grease pustuleux. "

Un vétérinaire instruit s'assurera par un examen attentif que l'animal ne peut pas même être soupçonné de morve ou de toute autre maladie dangereuse.

Le vaccin produit sur ce cheval sera récolté le plus tôt possible, et inoculé, si l'on peut, quand il est pour ainsi dire encore chaud.

A la rigueur, l'homme bien porlant servira à régénérer le vaccin depuis l'âge de '2 à 3 ans jusqu'à l'âge adulte, s'il n'a pas encore été vacciné ou s'il n'a pas eu la variole.

Pour le cheval comme pour l'homme on peut choisir, pourvu que ce soit avec une extrême prudence, le moment où la vie est exaltée par un traumatisme. Ce traumatisme pourra être avec un grand avantage provoqué artificiellement chez le cheval.

Quel que soit le sujet, il pourrait être utile de ranimer par divers moyens la vitalité générale et même la vitalilé locale dans le voisinage de l'inoculation.

En tout cas, la vaccination de bras à bras, par les commodités qu'elle présente, doit rester le fond de la pratique commune. Jennern'a considéré sa découverte comme bien établie qu'après avoir constaté l'efficacité de cette vaccination. La supprimer serait donc mutiler à tort l'œuvre de Jenner.

Ce serait marcher à contre-sens du progrès, ce serait perdre la vaccine.

Que Dieu en préserve l'Académie et l'humanité !

(Courrier médical du 1T février 1866.)

Séance du ÎO avril 1866.

Elle vient enfin d'éclater cette discussion tant désirée du Rapport de la Commission de vaccine, dont les conclusions sont votées depuis l'année dernière ! L'Académie possède le secret de ces interversions. Bien plus, pour peu qu'elle eût prêté l'oreille au quos ego de son digne Secrétaire perpétuel, elle aurait ajourné le débat jusqu'à ce que la question en litige ait été éclaircie par de nouvelles expériences.

M. Bousquet, entrant le premier en lice, a répondu hier, en style des plus académiques, au Rapport de M. Depaul, que peu de personnes ont encore présent à la mémoire, et qui a bien pu subir entre temps quelques modifications. Quel auteur scrupuleux résisterait en effet à la tentation de perfectionner son travail tant que celui-ci n'a pas pris l'irrévocable essor de la publicité.

684 SYPHILIS EX VACCINA.

Ceux qui se sont efforcés d'entendre la voix affaiblie de M. Bousquet ont recueilli le dédommagement de leurs Efforts, car cet académicien possède l'art de .bien dire et de se faire écouter. Heureux sont donc les privilégiés qui ont pu distinguer ses paroles 1

Son discours a été salué par des applaudissements de bon aloi et suivi de quelques passes d'armes académiques; le débonnaire Président paraissait disposé à laisser flotter les rênes de la discussion au gré trop capricieux de ses bouillants collègues. Puisse-t^elle ne pas s'égarerl

Nul ne prévoit ce qu'elle deviendra. Mon dessein est de la suivre avec attention et de l'apprécier.

Ma franchise à l'égard de toutes les opinions sera égale à ma réserve à l'égard des personnes qui les professent. Je n'ai jamais compris, dit M. Velpeau, qu'un homme raisonnable pût s^offenser de ce que ses idées ne font pas loi pour les autres.

Tant pis pour ceux qui ne partagent pas l'avis de M. Velpeau.

(France médicale du 11 avril 1866.)

Paris, le 17 avril 1866.

Monsieur le Président,

La question de la vaccination animale est sans contredit une des plus graves qui puissent devenir l'objet des délibérations de l'Académie.

Le devoir incombe donc à chacun d'apporter à la discussion son tribut d'éclaircissements.

Ce devoir me paraît tellement impérieux que, pour le remplir, je brave le reproche de tomber dans de fastidieuses redites ou d'étaler une vaine ostentation.

Je viens en effet rappeler à l'Académie mon opinion touchant la possibilité de régénérer, c'est-à-dire de renforcer le vaccin par son inoculation au cheval.

De courtes remarques suffiront à démontrer combien le cheval est supérieur à la génisse sous ce point de vue.

D'abord le vaccin de la génisse sera-t-il constamment pur? pourra-t-il être souillé de quelque virus transmis ou non à cet animal?

L'avenir nous l'apprendra.

Mais la proposition que je soutiens n'a pas besoin d'arguments douteux, et je dois supposer que tout ce qui provient ou proviendra delà génisse ne peut être qu'irréprochable au point de vue de la pureté.

Quant au projet de faire tous les ans plusieurs milliers de vaccinations de génisse à bras, personne n'a manifesté l'intention de lui donner suite.

Dans l'esprit même de ses partisans, la génisse ne peut donc qu'être destinée soit à la vaccination de quelques privilégiés, soit à la régénération du vaccin.

Ccdernier objet étant seul d'intérêt général doit exclusivement absorber les préoccupations de l'Académie.

La prétention de régénérer le vaccin sur la génisse est-elle fondée?

Non ; la nature même de l'animal s'y refuse. On est bien heureux quand il rend le virur aussi fort qu'il l'a reçu. J'invoque, à cet égard, l'expérience de tout le monde et de tous les jours.

Mais l'espèce bovine fût-elle appropriée au but qu'on se propose, il faudrait encore choisir un sujet moins jeune et ne pas le cribler de piqûres.

L'animal doit être d'un âge moyen. L'enfant à la mamelle de même que le vieillard ne régénère pas complètement la matière syphilitique.

En outre, on pratique à la génisse un trop grand nombre d'inoculations.

Un organisme peut être capable de rendre pendant un certain temps une médiocre quantité de vaccin fort, en admettant qu'on ne fasse appel qu'à une étendue extrêmement limitée de sa surface ; mais il rendra, au contraire, des flots de vaccin faible par une source aussi vite tarie qu'elle deviendra abondante, si on lui demande par la multiplicité des piqûres plus qu'il ne peut produire dans un temps déterminé.

C'est une formule que l'expérimentation a dévoilée pour plusieurs virus, et qui s'applique vraisemblablement à tous les autres.

J'en ai fourni la preuve détaillée dans un Mémoire que j'ai eu l'honneur de lire devant l'Académie, et j'ai cité comme exemple le pus des chancres syphilitiques. Effectivement, quand une personne rend une grande quantité de ce pus par des chancres très-mullipliés ou phagédéniques, on constate à l'aide de l'inoculation la faiblesse de ce pus. La quantité en exclut la qualité.

D'ailleurs, n'a-t-on pas déjà remarqué, non sans déception, que le rendement vaccinal de la génisse, d'après le procédé napolitain, n'est qu'éphémère?

C'est parce qu'il est trop considérable.

En résumé, l'animal serait moins jeune, et on lui demanderait une moins grande quantité de vaccin que cependant sa nature ne lui permettrait pas de nous satisfaire.

La nature du cheval est plus généreuse ; le cheval est la source naturelle du vaccin; la vaccine, c'est le grease pustuleux; le horse-pox est le meilleur des cow-pox ou des vaccins.

Si l'on ne réussit pas toujours dans les essais de régénération du vaccin sur le cheval, c'est, le plus ordinairement, parce qu'on opère sur un animal trop âgé.

Un poulain bien portant, âgé seulement de quelques années, et surtout n'ayant pas eu la gourme, régénérera aisément le vaccin, ou lui conservera son énergie, comme cela s'est produit chez les animaux que j'ai inoculés de concert avec M. Mathieu.

J'adjure l'Académie de charger la Commission de vaccine de vérifier ce que j'avance.

La régénération du vaccin étant ainsi obtenue et renouvelée suivant les besoins, il ne restera plus qu'à prendre des précautions contre la syphilis dans les vaccinations de bras à bras (1).

J'ai l'honneur, etc., etc.

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