MÉMOIRE LU A L'ACADÉMIE DES SCIENCES, LE U AOUT
La migraine est une douleur de tête qui résulte de la compression du nerf trijumeau, et plus particulièrement de sa branche ophthalmique, par du sang accumulé, sous l'influence de causes très-diverses, dans les sinus delà base du crâne, et spécialement dans les sinus caverneux.
Cette définition précise exclut, comme étant distinctes de la migraine, des douleurs qu'on a souvent confondues avec elle, tandis qu'elle fait entrer dans l'acception du mot migraine d'autres douleurs qui ne sont pas bornées à un seul côté de la tête. C'est qu'en effet, contrairement au sens étymologique et usuel de ce mot, de vraies douleurs de migraine, c'est-à-dire des douleurs dépendant d'une seule et même cause (celle que je signale), et présentant les mêmes caractères, occupent tantôt une partie plus ou moins étendue et plus ou moins circonscrite de la tête, et envahissent tantôt, plus ou moins complètement, les deux côtés de la tête. Il est même de ces douleur^ qui, pendant un seul accès, se généralisent et se localisent, se latéralisent, si je puis dire alternativement.
Cette définition de la migraine est bonne si la théorie dont elle est l'expression est elle-même l'expression des faits. Or, je ne pense pas qu'aucun fait bien constaté soit refractaire à cette théorie. Je ne puis, dans une courte lecture, que présenter lc«résumé de mes recherches sous forme de propositions. Je diviserai ces propositions en deux groupes : i° celui des faits et des raisonnements sur lesquels s'appuie la théorie que j'annonce; 2° celui des objections qui lui ont été faites.