A M. LE PKOFESSEUR SIGMUND, A VIENNE (AUTRICHE
Paris, le 12 juillet 1853.
Monsieur,
Deux de nos amis communs, qui sont en outre vos compatriotes, MM. Mandl etOlterbourg, m'engagent à m' autoriser de leur nom pour vous écrire et entrer en communication avec vous.
Cette lettre vous sera remise par un jeune voyageur valaque qui part demain pour Vienne avec sa sœur, et pour lequel j'ai de l'attachement.
Il vous remettra en même temps les deux premières livraisons de mon Cours de syphilisation; je vous ferai parvenir la fin de cette publication lorsqu'elle aura paru.
Je pense, Monsieur, que vous avez reçu mon premier Mémoire sur la syphilisation que je vous ai, dans le temps, envoyé par la poste, et dans lequel vos premiers travaux sur la syphilis expérimentale ne sont que mentionnés, parce que je ne connaissais pas les détails.
Ma satisfaction a été grande, lorsque j'ai appris qu'un homme de votre réputation et de votre savoir avait entrepris des expériences de syphilis expérimentale et de syphilisation. J'en ai beaucoup causé avec M. C. de Hubbenet, professeur à Kiew, pendant son séjour à Paris. Il avait eu occasion d'apprécier de près votre science et votre talent.
J'ai le plus vif désir de connaître ce que vous avez publié ou ce que vous publierez en Allemagne sur la syphilis expérimentale et sur la syphilisation pour le faire traduire et publier en France. Je prends la liberté de vous prier de me tenir au courant là-dessus.
L'infatigable Sperino n'est plus aujourd'hui le seul a lutter dans un hôpital. La syphilisation s'expérimente publiquement dans plus d'un endroit. Il faut que les grands praticiens de l'Europe protestent contre les tendances a l'ëtcignoir qui animent nos syphilographes parisiens qui ne veulent pas laisser passer les découvertes qu'ils n'ont pas laites.
La science n'est-elle pas l'apanage de tous?
La liberté que j'ai prise, Monsieur, de vous écrire, trouvera son excuse dans l'amour de la vérité qui nous anime l'un et l'autre. Je suis, Monsieur, etc.
A M. C. SPERINO, MÉDECIN EN CHEF DU SYPHILICOME, A TURIN (PIÉMONT)
Paris, le 23 août 1853.
Monsieur et très-cher Confrère,
Le long temps que j'ai tardé à vous écrire n'a point été infructueux pour la cause de la syphilisation dont je me suis constamment occupé.
Les raisons que j'avais de ne pas répondre immédiatement au Rapport de la Commission administrative n'existent plus; ma réponse est faite et paraîtra incessamment sous forme de brochure (1) Je vous en ferai parvenir plusieurs exemplaires que vous aurez la bonté de donner aux amis de la syphilisation en Italie. J'ai pris la plume pour écrire cette brochure immédiatement après avoir reçu le numéro 31 de la Gazetta medica italiana que je vous remercie de m' avoir envoyé. Je m'attache surtout dans ma brochure à rétablir la vérité sur des faits de syphilisation qui ont été travestis par la Commission.
M. Sales-Girons est absent de Paris depuis plusieurs mois ; médecin d'eaux minérales, il se trouve en ce moment à son poste. C'est un contre-temps fâcheux qui retarde la publication que je veux faire dans son journal des Observations de M. Bœck. Si M. Sales- Girons ne fait pas ces jours-ci une apparition à. Paris, je ferai moi-même une note que je lui transmettrai et dans laquelle je ferai entrer l'observation que vous désirez rendre publique, à savoir que le Rapport de M. Freschi n'a pas encore la sanction académique, et que vous allez y répondre. La Revue annoncera en même temps à ses lecteurs l'analyse de votre réponse.
Je ne veux pas oublier de vous dire que M. Bœck n'a pas reçu votre livre par mon entremise. Lorsque j'ai parlé à M. Huss, médecin du roi de Suède, et ami de M. Bœck, partant pour la Suède, de la commission dont vous m'aviez chargé, il n'a pas voulu emporter votre livre à M. Bœck, m'assurant que ce dernier avait dû le recevoir par la voie de Hambourg.
Je n'ai point fait tenir votre lettre à M. A. Latour ; elle lui aurait donné l'éveil, et • désormais il aurait parlé de vous de façon que votre droit de réponse ne fut pas évident.
Il vaut mieux attendre ; je suis sûr que prochainement il prêtera le flanc à une réponse i catégorique.
Je viens de faire la rencontre de M. Lindeman ; il était chargé de flacons et de drogues chimiques. Je l'ai regardé en souriant et il m'a tendu la main ; j'ai profité de ses bonnes dispositions et j'ai causé avec lui. Il dit avoir passé plusieurs mois dans l'étude exclusive i de la vérole et du pus syphilitique. Il se porte très-bien. Voici quelques-unes des choses qu'il m'a affirmées :
1° Il est réellement parvenu à se guérir de sa vérole par la syphilisation seule ; mais i il se prétend encore inoculable ;
2° Il pense que la syphilisation a de l'avenir et qu'on ne l'étouffera pas;
3° Il est au plus mal avec M. Ricord auquel il a refusé, dit-il, d'écrire contre moi une chose qu'il ne m'a pas spécifiée, et se plaint beaucoup de l'esprit de système qui aveugle JM. Ricord.
Il paraît, en résumé, que M. Lindeman est dans notre camp. Nous avons échangé nos a adresses ; j'espère le revoir bientôt.
C'est par un médecin arrivant de New-York que j'ai appris que M. Carnochan se livrait 'à des expériences; je lui ai écrit par l'entremise d'un médecin allemand qui partait pour i.'la même ville; je n'ai pas encore reçu de réponse.
J'ai trois faits qui démontrent que les enfants des syphilisés se portent bien. L'un de ces faits est relatif à Laval qui a aujourd'hui un enfant. Il en avait eu un premier qui est mort peu de temps après sa naissance. Indépendamment de ce fait-la, j'en ai deux autres.
(1) Lettre a M. le Préfet de police sur la syphilisation, par le Dr Auzias- "Turenne. Paris, 1853, broch. in-8. V. p. 189.
Je recueille actuellement le détail des choses qui se sont passées, depuis la syphilisation,
sur les su jets de ces observations.
L'Union médicale d'aujourd'hui m'arrive fort à propos avant la clôture de ma lettre ; c'est bien le cas que vous répondiez à la note qui est mise à la fin de ce journal. Si vous m'envoyez une réponse, je la ferai immédiatement tenir à M. A. Latour. Je devine le motif de cette note. On veut atténuer l'effet de ma réponse qu'on sait toute prête au Rapport administratif, — et surtout paralyser le bon vouloir, l'action des personnes qu'on sait se préoccuper en haut lieu des intérêts de la syphilisation. Je m'attendais à cette note ; je prévois toujours quelque attaque plus ou moins directe dans V Union médicale, chaque fois que je vois monter les actions de la syphilisation.
Je suis, etc.
A M. B..., A. VAISON (VAUCLU8E).
Paris, le 15 septembre 1853.
Mon très-cher compatriote, Confrère et ami,
Je vous remercie infiniment de votre lettre, bien qu'elle ait été un peu tardive; mais vous m'aviez prévenu que le genre épislolaire n'est pas celui que vous cultivez avec le plus d'ardeur, et il m'a bien fallu me contenter : c'est même une raison pour que je vous sois reconnaissant d'avoir fait une exception en ma faveur.
Les malencontreuses secousses de votre voyage étaient prévues et cotées dans mon esprit ; je souhaite qu'elles n'aient pas laissé de traces sur vous-même et ne se reproduisent pas à votre retour ici.
Je vous aurais écrit, immédiatement après avoir reçu votre lettre, si je n'avais quelque temps nourri le projet en l'air, qui s'est évanoui, de faire une excursion dans notre Provence et d'aller vous y voir.
Un syphilisateur n'aurait pas hésité, dans quelque état que vous fussiez, à tenter décomprimer par des inoculations, coup sur coup, cette aptitude (qui est votre lot fâcheux) à reconquérir rapidement la réceptivité syphilitique.
Pourquoi hésiter à épuiser, par des inoculations précipitées, cette importune propriété dont, votre organisme est un réservoir, et dont l'épuisement serait suivi par uneguérison rapide et certaine?
Deux cas fort ressemblant au vôtre sont aujourd'hui soumis à mon observation (ce sont eux, en partie, qui rivent ma chaîne a Paris). Dans l'un, j'ai vaincu, en soumettant l'organisme à un impôt progressif d'inoculations ; dans l'autre, j'ai fait de suite des piqûres par centaines; mais je sais que vous goûtez peu cette façon d'aller. J'ai un troisième cas qui me vient de Strasbourg, et dans lequel j'attends, pour faire des inoculations, qu'un organisme trop vigoureux soit un peu calmé par la diète lactée.
Tous ces faits ne me laissent pas de doutes sur votre guérison; je voudrais pourtant vous la voir garantir par de nouvelles inoculations.
L'air de la Provence et l'empressement intelligent de vos parents et amis y concourront énergiquement. Ceux-ci feront très-bien de ne pas vous laisser braver intempestivement des secousses comme celles de votre triste voyage.
Si vos chancres du bras et de la poitrine bourgeonnent et boutonnent, ne craignez pas de réprimer, par des cautérisations au nitrate d'argent, leur sève, qui prend la place de cicatrices. Pour le reste, rapportez-vous-en à la note que je vous ai remise à votre départ.
Ne négligez pas de m'apprendre comment vous allez et si vous comptez rester longtemps là où vous êtes. Puis-je vous y expédier au besoin des avis et une brochure que je viens de faire imprimer sur la syphilisation?
Écrivez-moi aussi pour me procurer le plaisir de vous rendre, s'il y a lieu, quelques services à Paris.
Du courage, et tout à vous.
A M. LE Dr MEYER, RÉDACTEUR EN CHEF DE LA. Presse médicale.
Paris, le 27 septembre 1853.
Monsieur et honoré Confrère,
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt les articles que vous avez publiés dans le Moniteur des hôpitaux, sous le titre suivant : De la spécificité dans les inflammations, et des n:>dificalions qu'elle apporte au traitement. Je n'ai point été surpris qu'une plume aussi ferme et aussi indépendante que la vôtre n'ait pas voulu être solidaire de la réprobation que la plupart des organes de la publicité médicale, en France, ont voulu faire peser sur
la syphilisation, sans se donner la peine d'examiner la nouvelle doctrine, et sans lui accorder la parole pour se défendre.
Dernier venu dans la presse médicale, vous donnez des leçons à vos aînés, en déclarant que, pour vous, la question de la syphilisation est encore en litige. (Moniteur du 17 septembre.)
La syphilisation, Monsieur, ne redoute pas l'examen et le jugement des esprits éclairés et impartiaux comme le votre; elle les recherche, au contraire. Jugez-la donc en votre âme et conscience, et que l'Étranger apprenne par vous qu'il existe encore on France des organes de la publicité qui ne sont pas voués à l'étouffement systématique d'une idée, — parce qu'elle est née en France.
Je vous lais parvenir pour la bibliographie du journal la Presse médicale, que vous dirigez avec tant de distinction, deux exemplaires du Traité de M. Sperino. J'y joins deux exemplaires d'un opuscule que je viens de publier sous ce titre : Lettre à M. le Préfet de police sur la syphilisation. Je ne vous prierais pas d'annoncer cet opuscule dénué de va-leur, si je ne l'avais écrit pour user d'un droit sacré, — celui de la défense.
Je suis, etc.
A M. LE PROFESSEUR BCECK, A. CHRISTIA.NIA (NORWÉGE).
Paris, le 24 octobre 1853.
Monsieur et très-honoré Confrère,
J'ai mis quelques jours de retard à répondre à votre lettre du 7 courant, parce que j'avais compté sur le départ pour vos pays d'un voyageur de commerce que j'aurais voulu charger de plusieurs commissions pour vous et M. Huss. Ce départ est ajourné.
Vos observations auront d'autant plus de mérite et de précision que vous aurez plus d'obstacles à vaincre pour les faire. Vous nous avez d'ailleurs montré par vos échantillons qu'aucun obstacle n'était de nature à vous arrêter.
Voici un bon pus rassemblé en croûte; il a été recueilli depuis dix jours et constaté bon par l'inoculation il y a trois jours. Je vous enverrai très-prochainement, dans un petit tube, un autre pus qui sera fourni par un syphilisé que j'ai inoculé avant-hier pour la première fois, et auquel je n'ai fait qu'une inoculation, afin qu'il sécrète pendant quelques jours un pus fort actif. Notez que ceux qui fournissent un pus très-abondant le fournissent rarement très-énergique. Je vous expédierai, du reste, de temps en temps, du bon pus.
Ecrivez-moi souvent et ne craignez pas de me déranger quand je pourrai vous servir en quoi que ce soit. Je vous serai reconnaissant de le faire.
J'ai regretté beaucoup que vous ayez envoyé la première partie de votre excellent Mémoire à M. Cayol; il était absent et a gardé vôtre manuscrit jusqu'à la semaine dernière. Je l'ai retiré et fait passer à la rédaction de la Gazette médicale. Si vous aviez l'occasion de me faire tenir deux exemplaires suédois, je prierais M. Flourens de les offrir à l'Académie des sciences.
Je n'ai pas de réponse précise à la question que vous m'adressez, touchant la fièvre qui a accompagné les inoculations que vous avez faites avec un même pus à une série de syphilisés ; j'ai seulement observé, d'une manière générale, que l'inoculation d'un pus fort est plutôt suivie, toutes choses égales d'ailleurs, d'une longue incubation et de fièvre que celle d'un pus faible. Il y a donc dans les circonstances de vos observations quelque chose d'important à rechercher et qui peut mettre sur la voie d'un progrès réel. Il est curieux qu'une récidive soit arrivée à la seule d'entre les syphilisées d'une de vos séries qui n'avait pas eu de lièvre. Celle-là aurait-elle senti moins vivement l'action du virus?
Quelle est donc la raison pourquoi vos chancres norvégiens ne fournissent pas de pus inoculable? Est-ce que leur pus n'est jamais inoculable ; ou bien s'il ne l'est que pendant très-peu de temps ? Est-ce qu'ils ont un aspect particulier ? Une marche particulière? Toutes ces questions me préoccupent beaucoup.
J'apprendrais aussi avec plaisir le résultat des expériences que vous avez instituées avec le pus vénérien, indépendamment de la syphilisation.
Recevez..., etc.
A M. C. SPERINO, MÉDECIN EN CHEF DU SYPHILICOME, A TURIN (PIÉMONT)
Paris, le 8 janvier 1854.
Mon très-cher et très-honoré Confrère,
Le vote intolérant de votre Académie ne m'a pas plus affligé que surpris; il était dans l'ordre; je m'y attendais. L'Académie de Paris avait refusé de lire mes lettres, celle de
Turin devait refuser de vous entendre. Les Académies se suivent et se ressemblent : Intérêt et ineptie, amour-propre et routine. On a dit, avec raison, qu'il y a plus d'erreurs en circulation clans une Académie que dans une société de Hurons. Qu'y l'aire? Si ce n'est plaindre les Académies et en prendre notre parti. Pour peu que nous subissions encore quelques défaites de ce genre, nos ennemis y laisseront complètement leurs plumes.
Je vous ai envoyé les deux numéros du Moniteur des hôpitaux où s'étale le récit de M. Freschi. Vous avez vu qu'on s'est a dessein abstenu de prononcer mon nom pour me priver du droit de réplique; mais ce droit vous est largement acquis et vous pouvez écrire le double de la longueur des deux lettres de M. Freschi.
Les choses n'ont pas tourné a la Société de chirurgie comme je m'y étais attendu; mais on revanche, une croisade assez serrée semble se former contre M. Ricord, et je n'ai garde de troubler par une intervention quelconque une tactique dont nous pourrons un jour recueillir les bénéfices.
J'entreprends toujours quelques syphilisations nouvelles, mais je n'ose presque plus en faire sur les gens du peuple, les seuls pourtant qu'on pourrait montrer, de crainte que l'intervention do quelque maladie intercurrente ne les fasse aboutir à un hôpital ; cela me susciterait de mauvaises affaires.
On ne laisse pas échapper la moindre occasion d'altérer la vérité sur les faits de syphilisation qui ont eu de la publicité a Paris; les faits de Laval, de Lindeman, etc., viennent encore d'être falsifiés à. la Société de chirurgie. Laval m'a promis aujourd'hui même une déclaration qui infirmera l'assertion de M. Larrey à cette Société, et dans laquelle déclaration il se prononcera hautement, suivant sa conscience, en faveur de la syphilisation. J'ai même l'espoir d'obtenir de lui qu'il parle de son enfant, lequel est parfaitement bien portant. C'est d'autant plus remarquable qu'un premier enfant, de la même mère, né avant la syphilisation du père, est mort misérablement peu de temps après sa naissance.
Je surveillerai la publication du Mémoire de M. Bceck dès que je l'aurai reçu. J'en ferai faire un tirage à part qui nous servira d'excellent moyen de propagande.
Je tâcherai de faire publier dans un de nos journaux, médical ou autre, le récit de ce qui s'est passé à Turin. Je l'emprunterai aux journaux que vous m'avez envoyés, et surtout à votre lettre; mais il est mieux que j'attende votre protestation et ce que vous jugerez peut-être à propos d'écrire au Moniteur des hôpitaux.
Quand vous serez moins préoccupé par la polémique, j'appellerai votre attention sur le numéro 5 des conclusions de la première observation du Mémoire de M. Bceck ; j'ai noté cela pour vous en parler: il s'agit des différences qui existent dans l'activité des pus. I.a question est du reste largement traitée dans ma huitième leçon, qui est sous presse, ii Toulouse.
Merci, pour les vœux de nouvel an que vous m'adressez. Recevez en échange les miens qui sont bien cordiaux pour vous ; puisse, comme je l'espère, l'année 1854 être propice à la syphilisation !
Je suis, etc.
A M. C. SPERINO, MÉDECIN EN CHEF DU SYPHILICOME, A TURIN (PIÉMONT)
Paris, le 31 janvier 1854.
Mon très-cher Confrère,
Le jour même où j'ai reçu votre lettre pour M. de Castelnau (lundi 23 janvier), j'ai conféré avec M. X... sur ce qu'il convenait de faire; le mardi 24, M. X... a annoncé à M. de Castelnau "qu'une lettre lui serait remise de votre part, et que vous teniez à son insertion immédiate et intégrale dans le Moniteur des hôpitaux. M. de Castelnau a répondu qu'il l'insérerait volontiers.
Le mercredi 25, votre lettre a été remise à M. de Castelnau, par l'entremise obligeante do M. Y.... M. de Castelnau, sans la lire, dit qu'il allait l'insérer avec empressement. Il n'y avait pas à chercher à enfoncer une porte qui paraissait ouverte.
Hier, voyant que votre lettre ne paraissait pas dans le Moniteur des hôpitaux, eu de nouveau recours à l'obligeance de M. Y..., pourqu'il voulût bien aller s'informer auprès de M. de Castelnau de la cause de ce retard.
M. Y... a donc eu la bonté de retourner chez M. de Castelnau. Celui-ci , en dépit de sa parole donnée, et ayant ainsi gagné huit jours par une tactique familière A nos adversaires, a répondu à M. Y... qu'il vous avait écrit pour vous demander l'autorisation <i écourter votre lettre.
Sans chercher a savoir ce qu'il pouvait y avoir de vrai dans l'assertion de M. de Caslel-
nau, j'ai prié M. Y... de vouloir bien retirer votre lettre. Dès qu'elle m'aura été rendue, je la ferai portera M. de Castelnau par un huissier. Il est extrêmement important qu'elle soit imprimée sans mutilation aucune, car on a répandu partout et à dessein la fausse nouvelle que vous vous teniez pour battu, et que vous aviez complètement renoncé à la syphilisation.
11 est bien entendu que votre lettre a été remise a M. de Castelnau tollo que vous me l'avez envoyée, avec la simple correction do quelques fautes grammaticales.
Je n'ai pas reçu le Mémoire de M. Bœck. J'y tiens pourtant beaucoup, car j'en considère comme très-importante l'insertion dans la Gazette médicale. M. Bœck m'annonce de nouvelles expériences et de nouveaux succès. Ses confrères du Nord nous sont, en général, favorables, et il ne doute pas du triomphe prochain de la syphilisation. Il portera, dit-il, la question devant un Congrès de médecins qui doit, clans la belle saison, se réunir a Christiania. M. Bœck est un homme très-droit qui ne comprend pas le mensonge, et qui a pris, urgent comptant, l'assertion reproduite partout, sans votre démenti, de VUnion médicale, qui a publié que vous aviez renoncé a la syphilisation. « Ne perdez pas courage, me dit M. Bœck, nous ferons triompher à nous deux une grande idée. » M. Bœck venait seulement de recevoir votre livre.
Indépendamment d'une lettre dans laquelle je l'édifierai sur votre prétendue renonciation, et dans laquelle je lui montrerai, qu'au contraire, vous êtes le premier sur la brèche, je lui envoie par la poste tous les documents qui me viennent de vous. Il faut que M. Bœck soit en mesure de soutenir vaillamment, sur notre nouveau champ de bataille, une lutte qui peut transformer et gagner à notre cause tout le nord de l'Allemagne. Il va sans dire que j'enverrai à M. Bœck votre lettre à M. de Castelnau aussitôt qu'elle aura été publiée.
Pour en revenir a M. de Castelnau, vous voyez qu'il nous a trompés; c'était difficile à éviter, à moins de lui envoyer votre lettre tout de suite par un huissier, ce qui lui aurait fait pousser les hauts cris. Et puis, quand on est honnête et qu'on marche droit dans les choses, on ne sait pas, ou on ne veut pas jouer au plus fin avec les gens de mauvaise foi.
Je regrette qu'au lieu d'avoir envoyé votre brochure à M. de Castelnau qui ne la lira pas et ne la montrera à personne, vous ne l'ayiez pas envoyée à M. Depaul ; ce savant et loyal confrère, que vous y avez cité, désire la posséder; il est ferme et droit. Il vaut mieux s'adresser à lui que chercher à convaincre des gens à parti pris en dehors de considérations scientifiques.
Agréez, etc.
A M. LE PROFESSEUR BŒCK, A. CHRISTIANIA. (NORWÉGE)
Paris, le 25 février 1854.
Monsieur et très-honoré Confrère,
Je vous suis infiniment reconnaissant de m'avoir écrit, et je vous prie de le faire aussi souvent et aussi longuement que vous le pourrez, pour me parler de cette question de la syphilisation qui m'intéresse tant, ainsi que de toutes les questions qui ont trait à l'étude de la syphilis, en général, et même à l'étude des dermatoses. Je publierai, soit par Notes, soit sous forme de Communication à des Sociétés savantes, tous les renseignements que vous voudrez bien me transmettre. Je vous prierai seulement de m'écrire en langue française ; je trouve que vous l'écrivez de façon qu'il m'est très-facile de vous comprendre ; au contraire, pour la lecture de la langue allemande, je suis obligé de me faire aider par un interprète; c'est même le besoin de cet interprète qui est cause du retard que j'ai mis à vous répondre.
Ne vous donnez aucun embarras, ne vous occasionnez aucune perte, de temps pour faire des frais de style en langue française, parce que je suis sûr que je vous comprendrai toujours. J'aurai soin, de mon côté, de bien tracer mes caractères, afin que vous puissiez me lire aisément. Mes écrits sur la syphilisation, qui sont fort peu nombreux jusqu'ici, se trouvent disséminés dans divers Recueils scientifiques que je ne possède malheureusement plus par feuilles séparées ; mais je vais faire l'impossible pour me les procurer. Mon Cours les résume A peu près tous. Je vais me mettre en quête et recueillir tous les matériaux possibles venant d'autres ou de moi sur la syphilisation et je vous les enverrai. Vous recevrez entre autres écrits mon premier Mémoire sur la syphilisation que j'ai publié dans les Archives générales de médecine (1) ; mais vous aurez la bonté de vous rappeler que le récit des observations et des expériences a été mutilé dans ce Mémoire, parce
(1) Ce Mémoire est reproduit ci-dessus pages 5 à 60, et les Expériences et observations a l'appui ont été rétablies in extenso d'après le manuscrit primitif.
que je n'ai pas trouvé- d'éditeur qui ait voulu se charger de la publication d'un travail do près de 300 pages à une époque où le mot de syphilisation n'était pas môme encore connu.
Je suis fort préoccupé dos deux malades dont vous me parlez, qui ne vous paraissent pas devoir guérir par la syphilisation. Serait-ce que les accidents dont il s'agit chez ces malades, bien que produits par la syphilis, consisteraient en des altérations matérielles qui ne dépendraient plus directement du virus, et qui seraient passées plus ou moins à l'état soit de dépôt, soit d'organisation nouvelle? Serait-ce qu'une cause encore inappréciée enrayerait le travail chancreux en. dehors du syphilisme augmenté du sujet? Des laits de ce genre ont été observés par M. Sperino et par moi. Dans ces cas-là, il ne nous a pas été possible de faire beaucoup d'inoculations positives aux sujets; il est vrai que M. Sperino n'admettant pas des distinctions dans la force des pus a dû échouer bien plus souvent que nous dans ses inoculations. Un sujet de ce genre, traité par moi et auquel je n'avais pu faire que quelques inoculations, a procréé l'an dernier un enfant qui est venu mortné, tandis que d'autres syphilisés qui l'étaient complètement, au contraire, ont procréé des enfants bien portants. Mais je viens de pouvoir refaire, sur ce sujet, qui est marié, des inoculations positives, et je suis bien sûr que s'il fait d'autres enfants, ils n'hériteront d'aucun germe syphilitique. Du moins je possède plusieurs exemples de ce genre, lesquels sont entièrement favorables à la syphilisation.
Dans le cas où vous voudriez, ou bien ne pourriez pas, laisser reposer ces deux malades pour voir si plus tard des inoculations positives, devenues possibles, ne réussiraient pas à les conduire à l'immunité complète et à la guérison, pourquoi ne jugeriez-vous pas à propos, tant comme moyen d'étude que comme moyen d'être utile à ces malades, de combiner avec la syphilisation les autres agents antisyphilitiques (mercure et iodure de potassium); l'immunité obtenue serait toujours un grand bénéfice pour vos malades.
J'apprends avec un vif plaisir que vous vous proposez de porter la question de la syphilisation devant un Congrès de naturalistes et de médecins Scandinaves qui se réunira a Christiania. J'espère que vous serez plus heureux que M. Sperino et moi devant des confrères. Je ne partage pas entièrement les craintes dé M. Sperino qui veut que je vous mette en garde contre les jugements des confrères réunis en Académie ou en Congrès.
Ayant fait ma découverte à Paris, avant d'avoir obtenu un poste scientifique où je pusse me tenir retranché et me défendre, je me suis trouvé assailli de tous côtés; j'ai été victime de la jalousie et de bien d'autres passions de confrères sous les yeux de qui j'avais fait ma découverte. M. Sperino, bien que ayant unex bonne position scientifique, a reçu le contre-coup des attaques dirigées contre moi, parce que ses confrères piémontais ont été jaloux de sa belle initiative ; — mais, à la distance de temps et de lieu où vous arriverez troisième avec le drapeau de la syphilisation , dans une réunion de savants de pays divers et qui ne seront pas exclusivement médecins, je ne doute pas que, grâce à votre talent, à la considération dont vous jouissez si justement, et à la bonté de la cause de la syphilisation, vous ne la fassiez triompher.
Je suis décidé à tenir bon ; je crois que la syphilisation est la vérité. Sans doute il faut l'étudier, la perfectionner; mais quelle est la découverte qui n'a pas passé par différentes phases de persécution et de progrès ?
M. Sperino n'a pas plus que moi renoncé à la syphilisation ; il lutte vigoureusement au premier rang, et s'il a fait quelques concessions, mu par des exigences de santé et de clientèle, il n'en a pas moins attaché très-honorablement et très-courageusement son nom à la syphilisation, pour laquelle il combat encore aujourd'hui vaillamment.
Ce n'est pas que je sois moins que vous en dissidence Avec M. Sperino sur plusieurs points de doctrine; mais je crois aussi que la syphilis admet quelques différences suivant les lieux. N'avez-vous pas, plus que tout autre, contribué à démontrer cela?
C'est même pour m'éclairer la-dessus et avancer dans des recherches que je fais à cet égard, que je me permets de vous adresser quelques questions auxquelles vous répondrez à votre loisir :
1° Vous avez observé des chancres qui n'ont jamais été inoculables, et qui ont abouti à la syphilis constitutionnelle? Je voudrais savoir: a. Si ces chancres ont été traités par le mercure? b. Après combien de jours d'incubation ils se sont montrés? c. Combien de temps l'accident secondaire s'est-il montré après l'accident primitif?
2° Les bubons suppurants s'observent-ils chez vous en dehors de toute importation? Y en a-t-il qui paraissent d'emblée, c'est-à-dire sans accidents primitifs préalables?
3° Avez-vous beaucoup de blennorrhagies et de blennorrhngies infectantes?
Répondez à tout cela, sans aucune espèce de frais, je ne saurais trop vous le répéter, pour bien écrire le français; car j'ai compris parfaitement toutes vos lettres ainsi que le manuscrit du Mémoire que vous avez eu la bonté de m'envoyer.
Dès quo votre Mémoire aura paru clans la Gazette médicale, je prierai M. Flourens de présenter l'original et la traduction à l'Académie des sciences.
Il est dans les usages de cette Académie de ne faire ni Rapport, ni Compte rendu, ni Résumé à propos des ouvrages qui lui sont transmis imprimés; mais elle s'en occupe plus explicitement quand ils lui sont envoyés manuscrits, et avant toute espèce de publication. Cela n'empêche, ni ne retarde, ni ne contrarie en rien la publication de ces travaux. Si donc l'occasion s'offrait, faites-moi passer soit les Mémoires que vous voudriez que je publiasse en France, soit leurs résumés. J'irai voir M. Flourens, qui est trèsobligeant, trés-empressô pour la science, et notamment pour la syphilisation. Il voudrait bien présenter vos travaux a l'Académie des sciences et la syphilisation y gagnerait.
Je vous remercie beaucoup des encouragements que vous me donnez, et de votre trèsefficace concours pour le triomphe de la syphilisation.
Je suis, etc., etc.
A M. C. SPERINO, MÉDECIN EN CHEF DU SYPHILICOME, A TURIN (PIÉMONT)
Paris, le 28 février 1854.
Très-cher et très-honoré Confrère.
J'ai reçu et je vous en remercie cent exemplaires de votre Lettre à M. de Castelnau (1), avec les cinq affiches qui s'y trouvaient jointes'; merci encore de l'intention qui a dicté les réflexions dont vous faites précéder cette lettre. Je suis malheureusement désarmé contre la diffamation de M. de Castelnau, jusqu'au moment où elle se produira explicitement dans un journal. Dans ce cas seulement j'aurai le droit de répondre.
M. de Castelnau s'est bien gardé et se gardera bien encore de suivre le conseil que vous lui donnez sur ce chapitre. Je vous fournirai tout à l'heure à vous-même des explications que je ne manquerai pas de rendre publiques aussitôt que l'occasion s'en offrira.
Les affiches que vous m'envoyez ne pourront servir à rien : 1° Elles sont sur papier blanc; l'Administration se réserve en France le droit pour elle seule de faire apposer sur les murailles les affiches en papier blanc. 2° Elles ne sont pas timbrées. 3° Le parti clérical a obtenu en France la suppression de toutes les affiches, annonces, etc., où est le mot de syphilis, en nature ou dérivé; les journaux de médecine peuvent seuls faire de semblables annonces. Peut-être faudrait-il l'autorisation de M. de Castelnau pour mettre son nom sur une affiche; ce qu'il est inutile de chercher à éclaircir.
Peu nombreux seront les journaux de médecine qui consentiront à annoncer votre Lettre. Les rares amis de M. de Caselnau ne le feront pas dans la crainte de lui déplaire; ses nombreux ennemis voudront éviter de faire savoir à leur public que M. de Castelnau dirige un journal. J'agirai pour le mieux.
J'arrive aux explications que je viens de vous promettre et je vous donne le droit d'en faire ce qu'il vous plaira.
Mes premières relations avec M. H. de Castelnau sont fort anciennes. Nous avons été ensemble externes de Lisfranc; puis nous nous sommes perdus de vue en suivant chacun une voie différente.
Lorsque je fis mes premières expériences sur l'inoculation de la syphilis aux animaux, M. H. de Castelnau, qui avait alors déjà publié des expériences, lesquelles avaient été négatives, se trouvait interne à l'hôpital de Lourcine, et membre de la Société ànatomïqûe ; je ne faisais pas plus partie qu'aujourd'hui de cette Société, quoique je passasse ma journée à l'École pratique où elle siégeait et siège encore; je ne me suis jamais présenté à aucune Société dans le dessein d'en faire partie.
M. H. de Castelnau fit nommer dans le sein de la Société anatomique une Commission dont il était membre et rapporteur pour juger la syphilis des animaux; j'ai refusé alors d'aller expérimenter sous les yeux d'une Commission composée d'internes dévoués à M. Ricord; j'ai peut-être eu tort, mais chat échaudé craint l'eau froide!
Il va sans dire qu'un Rapport fut dirigé contre moi ; mais je m'en suis si peu préoccupé que je ne l'ai pas encore lu, et ne saurais pas même où le trouver. Je n'ai appris qu'il existait que plusieurs années après. M. de Castelnau en a mis un résumé dans le volume des maladies syphilitiques de la Bibliothèque du médecin praticien, volume dont, il est l'auteur, ce qui se reconnaît de reste aux citations perpétuelles qu'il y fait de lui-même et de ses travaux; mais il n'y a pas dans ce volume la moindre petite trace de la saturation syphilitique qu'il n'a inventée à point qu'après la syphilisation.
M. de Castelnau n'a certes pas manqué d'organes pour publier ses pensées et ses dé-
(1) LA SYPHILISATION A L' ACADÉMIE DE TURIN, LETTRE A M. H. DE CASTELNAU. Rédacteur en chef du Moniteur des hôpitaux, par C. Sperino. Turin, 1854, broch. in-8 de 16 p.
couvertes, môme avant la maturité de celles-ci. Lisez les Annales de la syphilis et des maladies de la peau qu'il a rédigées deux années durant avec M. Cazenave, lisez la Gazette des hôpitaux, consultez tous les écrits produits sur la syphilis par les amis et les ennemis de M. de Castelnau; vous n'y trouverez rien sur la saturation syphilitique avant l'annonce de la syphilisation faite par moi ; c'est même seulement après cette annonce que M. Ricord, qui, lui aussi, n'aurait pas été fâché, j'en ai la preuve, de s'approprier la syphilisation, s'est rappelé l'opinion abandonnée de Fricke, dont aucun élève de Frick« n'a jamais eu connaissance, dont aucun écrit de Fricke ne fait mention. J'ai consulté beaucoup de ses élèves sur cet objet, ils m'ont tous répondu par la négative. C'est moimême qui, en compulsant les auteurs, ai trouvé, tous les autres indices historiques sur la syphilisation. Si M. de Castelnau avait semé quelque part une idée semblable, je me serais empressé de m'appuyer sur son auteur.
Ma lettre du 17 novembre 1850 à l'Académie des sciences a été remise par moi à M. Flourens le 10 novembre. A cause d'une surcharge de la correspondance, ou bien parce qu'il alternait avec M. Arago, M. Flourens n'a présenté ma lettre à l'Académie que le 17. Un paquet cacheté avait été déposé par moi le 29 juillet 1850. Ces dates n'ont aucune importance aujourd'hui, mais j'avais parlé de ma découverte à plusieurs personnes avant le 17 novembre, et notamment du 10 au 17 novembre à tous les journalistes, y compris M. de Castelnau. Ma priorité était solidement assurée auprès de l'Académie des sciences; c'est là que devait arriver toute réclamation de priorité au lieu de se glisser subrepticement, et en termes voilés, dans les colonnes d'un journal. Je n'ai pas besoin de dire que M. de Castelnau s'est bien gardé de s'adresser, sur ce chapitre, à l'Académie des sciences, ni à aucun corps savant.
Dans l'intervalle du 10 au 17 novembre 1850, M. de Castelnau était donc instruit, comme bien d'autres personnes, de ma découverte. Or voici ce qu'il m'a dit dans cet intervalle, sans que je puisse préciser le jour (M. de Castelnau était alors rédacteur en chef de la
Gazette des hôpitaux) : « La Gazette des hôpitaux paraîtra désormais tous les jours
Nous allons lancer un prospectus-spécimen à 20,000 exemplaires ; donnez-moi d'avance votre lettre pour ce numéro afin que je puisse faire sur elle un premier-Paris. » Tel est du moins le sens de ses paroles que je ne puis pas me rappeler en propres termes. Les convenances et ma circonspection me firent refuser cela. Bien m'en 'a pris, car vous pouvez lire les termes laconiques dans lesquels la Gazette des hôpitaxix du 21 novembre 1850 a parlé de ma Communication, sans reproduire aucun fragment de ma lettre que M. Brochin, rédacteur du Compte rendu académique, avait pourtant envoyée au Journal.
Certes M. de Castelnau ne me traitait pas alors de voleur, et j'aurais été un parfait galant homme et un savant (comme j'étais autrefois le savant confrère de M. Ricord) si j'avais prêté la main à M. de Castelnau pour qu'il me dépouillât d'une découverte résultat de plusieurs années de recherches, et qu'il ne comprend pas même encore aujourd'hui.
De là date une rupture de relations que je ne m'étais jamais prêté à laisser devenir intimes, parce que je connaissais déjà l'homme. Je pense que vous commencez le connaître, et par vous-même ; c'est pourquoi je ne puis pas blâmer votre répugnance à avoir affaire à un homme avec lequel j'ai rompu tout à fait, par mon initiative.
Il serait trop long et fastidieux de vous dire les démarches que M. de Castelnau a faites contre moi, les calomnies qu'il a répandues, les lettres qu'il a écrites. Il avait beau jeu, au fort de la persécution académique, puisque c'était un titre à la faveur que de m'insulter ; j'étais alors assailli par tout le monde, et je ne pouvais par conséquent répondre à personne. Mais je dois dire que si M. de Castelnau a voulu me faire beaucoup de mai, il a complètement échoué. Des gens intéressés ont hien cherché à faire valoir ses dires contre moi; je ne sache pas qu'ils aient obtenu beaucoup de crédit.
Je ne prétends pourtant pas qu'il n'ait point observé la saturation syphilitique, mais je n'en savais rien lorsque j'ai fait mes travaux; je n'en sais même encore rien aujourd'hui, puisque M. de Castelnau n'a encore rien publié que des injures dont je vous ai envoyé maints échantillons. C'est précisément pour que je ne l'écrase pas par une lettre que je ne manquerais pas d'envoyer à son journal en exigeant l'insertion, c'est pour cela qu il ne cite jamais mon nom et qu'il répand ses injures dans des termes qui ne sont pas toujours très-clairs; qui ne le seraient pas du moins aux yeux de magistrats étrangers à la médecine et chargés d'appliquer la loi.
Vous même, cher confrère, n'aviez-vous pas fait avant moi des observations qui pouvaient conduire à la syphilisation? Ne sont-ce pas précisément ces observations qui vous ont conduit et encouragé dans votre belle initiative à répéter mes expériences? N auriezvous donc pas plus de droits que M. de Castelnau à dire : « J'ai vu la syphilisation avant M. Auzias-Turenne, » vous qui l'aviez si bien comprise; mais vous n'avez pas dit cola, parce que vous avez honnêtement, loyalement, délicatement respecté la limite qui existe entre les prodromes d'une découverte et la découverte elle-même.
Quelle découverte n'est pas précédée de signes avant-coureurs? Ne faut-il pas que quelqu'un trouve le premier une formule complète? Ne suis-je pas ce quelqu'un pour la sy* philisation? Tout le monde ne l'a-t-il pas reconnu !'
M. de Castelnau n'a pas plus trouvé la syphilisation en découvrant la saturation syphilitique (je suppose qu'il l'ait découverte), que ceux qui avaient vu tomber des pierres avant Newton n'avaient trouvé la gravitation; il n'a pas plus trouvé la syphilisation que Fabrice d'Aquapendente n'avait trouvé la circulation en démontrant les valvules des ve'ines et leurs usages, qui ont pourtant mis Harvey sur la voie de sa grande découverte.
Jeu uer lui-même n'a-t-il pas un précurseur dans celui qui a, le premier, observé que les personnes qui trayaient les vaches dans le Devonshire n'étaient pas atteintes de la petite vérole? Aux noms de Newton, de Harvey, de Jenner, je pourrais joindre ceux de tous les inventeurs qui ont marqué dans les sciences.
Je vous demande pardon d'une circonstance qui fait que je cite, a mon propos, nos plus grands inventeurs; mais c'est un moyen de rendre ma pensée palpable.
Si M. de Castelnau vous a écrit avec une tête de lettre partant du Ministère de l'Intérieur, c'est encore un moyen peu convenable, pour ne pas employer une autre expression, de vous faire croire à son importance. Il aura facilement trouvé ce papier chez un bureaucrate du ministère.
Ce n'est pas que j'en veuille le moins du monde à l'homme : mon unique but est de vous faire voir l'illégitimité de ses prétendus griefs contre moi et de vous faire bien connaître un ennemi de la syphilisation, qui a noué une intrigue avec nos ennemis de Turin et qui concerte avec eux une action pernicieuse au triomphe de la vérité.
M. Tresal (1) est à Paris, je l'ai vu deux fois; nous avons causé ensemble sur la syphilisation et sur vous. Ce qu'il m'a dit touchant l'harmonie de votre intérieur, la distinction et l'austérité de vos habitudes me fait sentir et bien comprendre la nature et l'étendue des sacrifices que vous avez faits par dévouement pour la syphilisation. La découverte de la syphilisation a donc eu pour résultat immédiat de troubler un peu votre vie si bien remplie par le travail et les douces satisfactions de la famille. Je ne vous en sais que plus de gré et n'en ai que plus d'estime pour vous. Rappelez-vous ce que dit Virgile:
Forsan et hœc olim meminisse juvabit.
Les discussions sur la syphilisation ne sont-elles pas nos désastres de Troie?
M. Tresal m'a dit un mot d'une lettre que vous a écrite M. P...., du fond de son village de l'Ariége, Puisse cette lettre être la seule de ce genre que vous ayez reçue. Je sais que vous avez bien compris les intentions et la valeur de votre correspondant. Les quelques explications qui suivent seraient donc superflues puisque votre tact vous les a fait deviner.
Le médecin n'a pas la responsabilité des actes de ses malades, ni le professeur celle des actes de ses élèves. Faire consciencieusement tout le bien qu'ils peuvent aux uns et aux autres, tel est le rôle de chacun d'eux. Je suis scrupuleusement resté dans ce rôle. N'ayant pas de service d'hôpital, j'ai dû laisser faire ceux de mes syphilisés, à morale souvent équivoque, qui ont voulu se montrer. C'est donc par des motifs faciles à comprendre qu'il m'a généralement répugné de mettre mes syphilisés en avant, et souvent de rectifier les erreurs scientifiques qu'on répandait sur leur compte et dont on se servait même contre moi et contre la syphilisation. ;P...., L...., et bien d'autres, ont ainsi alternativement servi et desservi la syphilisation et son inventeur, suivant les passions qu'on exploitait en eux, sans que j'aie jamais voulu m'exposer à leur nuire; mais je n'ai jamais voulu non plus établir la moindre solidarité entre eux et moi. Je ne suis étonné que d'une chose, c'est que, dans les dispositions où j'étais, on ne se soit pas plus qu'on ne l'a fait servi d'eux contre moi.
J'ai une opinion toute contraire de M. Lindeman, que je crois un homme bizarre, mais intelligent et honnête.
M. Tresal partira, dit-il, cet été pour l'Amérique. Si tous les renseignements qui me sont donnés par M. Brown-Sequart, qui en revient, sont exacts, M. Tresal ne peut pas manquer de faire dans l'autre hémisphère la fortune de la syphilisation, et sa propre fortune par la syphilisation.
Je n'ai pas encore eu le plaisir de voir M. Arvello; j'ai reçu avant-hier seulement, par la poste, votre lettre, avec sa carte; je ne manquerai pas d'aller le voir pour causer avec lui de la syphilisation et de vous. 11 va sans dire que je souscrirai avec un grand empressement à tout projet honorable de l'aire triompher la syphilisation; je suis prêt à tout, for ce qui blesse l'honneur.
(1) M. Tresal a traduit en français l'ouvrage de M. Sperino. (V. p. 225.)
Vous me demandez si je répondrai au Rapport de M. Cullerier, ce qui ne serait pas difficile. Mais quel journal me permettra de tenir la plume, pour cela, dans ses colonnes?
Je lâcherai de prendre un biais et je vous écrirai ce que j'aurai fait.
Ma lettre est trop démesurément longue (expression de M. de Castolnau) pour que je. puisse aujourd'hui vous donner des détails sur les faits observés par moi.
Je suis, etc.
A M. J.-M. CARNOCHAN, D. M., PROFESSEUR DE MÉDECINE OPÉRATOIRE AU COLLÈGE MÉDICAL, CHIRURGIEN EN CHEF DE L'HOPITAL DES ÉTRANGERS, A NEW-YORK.
Paris, le 14 mars 1854.
Mon cher Confrère et ami,
Je vous remercie beaucoup de l'excellent souvenir que vous m'avez donné de nos études de médecine opératoire, en m'envoyant votre savante brochure sur l'amputation de la mâchoire. J'en ai fait part à plusieurs chirurgiens français; ils en ont été fort satisfaits. Cette opération vous a lait, et vous fera dans l'avenir, beaucoup d'honneur.
M. Alger, qui a l'obligeance de se charger de vous remettre ma lettre, vous donnera en môme temps une brochure. Cette brochure est ma défense contre les éternels ennemis de toute innovation scientifique ; mais c'est en vain qu'ils se coalisent pour étouffer une idée que j'ai eu le bonheur de trouver. On a beau persécuter la syphilisation, elle n'en gagne pas moins du terrain et des partisans. Elle finira certainement par triompher, parce qu'elle est la vérité.
On m'avait dit que vous aviez entrepris des cures par la nouvelle méthode : cela m'avait lait un grand plaisir, parce que je connais toute votre loyauté et tout votre talent. J'en avais l'ait part à M. Sperino. J'ai appris depuis par notre confrère de Turin, qui vous a écrit, que vous n'aviez pas encore fait d'expériences, mais que vous étiez sur le point d'en entreprendre.
Si cela n'a pas déjà eu lieu, vous* obtiendrez des résultats très- satisfaisants. La science, en tout cas, ne peut que gagner a votre concours. Aussi est-ce avec empressement que je vous tends la main par delà l'Océan. Je compte donc sur une bonne hospitalité américaine en faveur d'une invention qui a un immense avenir.
Ne doutant pas que vous ne soyez homme à attacher aussi votre nom au triomphe de la syphilisation, je voudrais bien recevoir de vous, imprimés ou manuscrits, tous les documents américains que vous avez sur la question.
Voici ce que je ferai de ces documents, si vous en avez et que vous ayez l'obligeance de me les envoyer :
1° Je ferai traduire et je publierai en France ce qui sera imprimé; en outre, je l'enverrai à mes correspondants d'Angleterre, d'Allemagne, etc.
2° Je publierai aussi les matériaux que vous m'enverrez manuscrits, tout en faisant les corrections de style qui seront nécessaires.
Je prierai en outre M. Flourens, qui est très-bienveillant, de les présenter en votre nom à l'Académie des sciences.
Vous n'aurez donc pas même besoin de vous donner beaucoup de peine pour bien écrire la langue française; mais écrivez-moi en cette langue, qui est la seule, avec les langues classiques, que je comprenne bien.
Voici, mon cher confrère, quelques questions sur la manière d'être de la syphilis en Amérique. La solution de ces questions me serait fort utile. Plusieurs chirurgiens européens ont déjà eu l'obligeance de répondre à des questions analogues :
1° La syphilis secondaire est-elle communicable chez vous?
Comment se passent les choses quand on contracte la maladie par cette voie?
2° Avez-vous observé des chancres qui n'ont été inoculables dans aucune période de leur durée et qui aient abouti à la syphilis constitutionnelle? Ces chancres ont-ils été traités par le mercure? — Après combien de jours d'incubation se sont-ils montrés ? — Combien de temps l'accident secondaire s'est-il montré après l'accident primitif?
3° Les bubons suppurants sont-ils communs en Amérique? — Y en a-t-il, et dans quelle proportion, qui paraissent d'emblée, c'est-à-dire sans accidents primitifs préalables?
40 Avez-vous beaucoup de blennorrhagies et de bleunorrhagies infectantes? — Quel est leur temps d'incubation ? — Combien de temps, après leur début, se montrent les accidents secondaires et de quelle nature sont ces accidents?
5" Quand la syphilis vous est importée, quels sont ses caractères? Sont-ils identiques à ceux de votre syphilis indigène? — En quoi diffèrentrils, suivant les lieux d'où part l'importation?
6° Y a-t-il quelque espèce particulière de syphilis américaine?
7° Enfin, les connaissances historiques sur la syphilis sont-elles plus avancées en Amérique qu'en Europe, et sous quel rapport?
• Répondez-moi, quand vous aurez le temps et l'occasion, à toutes celles d'entre ces questions sur lesquelles vous aurez des données importantes. Nous comptons beaucoup, dans notre vieille Europe, sur le concours actif et intelligent de nos confrères de la jeune Amérique, et sur le vôtre très-particulièrement.
Dites-moi ceux que vous avez des écrits qui ont, été publiés sur la syphilisation, afin que je puisse vous envoyer ceux qui vous manquent.
Je remplis bien tard, n'est-il pas vrai ? l'engagement que j'avais pris (et que nous avions pris réciproquement) de nous écrire. Peut-être m'avez-vous écrit sans que j'aie reçu votre lettre. Répondez-moi, du moins, afin que je sois sûr que vous aurez reçu la mienne. Je conserve le plus agréable souvenir de votre séjour à Paris et de notre liaison.
Agréez, etc.
A M. LE BARON SEUTIN, PROFESSEUR DE CLINIQUE CHIRURGICALE, CHIRURGIEN EN CHEF DE L' ARMÉE BELGE, ETC., A BRUXELLES.
Paris, le 17 avril 1854.
Monsieur,
Cette lettre vous sera remise par un jeune et distingué confrère hollandais, M. Piepers, qui désire voir, en passant par la Belgique, les institutions médicales que votre zèle, votre activité et votre talent ont tant contribué à perfectionner.
M. Piepers vous présentera, en même temps, l'hommage d'une brochure que j'ai publiée pour répondre à un Rapport qui condamne la syphilisation.
Mes convicions, loin de s'affaiblir, se sont plutôt fortifiées, touchant l'efficacité de la syphilisation. Je suis bien persuadé que le jour où un Gouvernement me donnera la direction de quelques filles publiques, la réforme se fera partout, parce que tout le monde verra que ces filles seront fraîches, bien portantes, et qu'elles ne pourront ni donner ni prendre la vérole.
M. Sperino continue à Turin ses travaux de syphilisation, avec l'appui d'un Gouvernement éclairé. M. Bœclc, professeur de clinique chirurgicale à Christiania, n'a rencontré dans le Nord aucun obstacle, et a fait des expériences très-remarquables. M. Retzius s'est également déclaré partisan de la syphilisation, qu'il pratique avec succès à. Stockolm. Malheureusement, la presse médicale française fait la sourde oreille et ne publie rien.
M. Piepers portera à Bruxelles quelques-unes de mes brochures; il les remettra aux journaux de médecine. Seiïez-vous assez bon pour faire hommage de l'une à l'Académie ? Je conserve le plus reconnaissant souvenir pour l'hospitalité qu'elle abonnée à la syphilisation, en ma personne, et grâce à votre protection.
Je profite de l'occasion, Monsieur et savant confrère, pour vous remercier vivement de laccueil bienveillant et généreux que vous m'avez fait personnellement à Bruxelles, ainsi que des encouragements et de l'appui que vous m'avez donnés jusque dans mon pays.
Je suis avide de posséder pour mes travaux tout ce qui s'est publié en Belgique sur, pour et contre, la syphilisation. Je n'ai reçu qu'une petite brochure de M. Thiry. M. Piepers ira voir ce confrère de ma part, et je suis sûr que M. Thiry aura la bonté de fournir à M. Piepers tous les renseignements que je désire. Les plus petites notes pourront m'être utiles.
Enfin, M. Piepers aura la bonté de m' envoyer de vos nouvelles3 ce à quoi je tiens beaucoup. Je suis. etc.
A M. NOGUÈS, CHEF DES TRAVAUX ANATOMIQUES A L'ÉCOLE DE MEDECINE, A TOULOUSE (HAUTE-GARONNE).
Paris, le 11 juillet 1854.
Monsieur et très-honoré Confrère et collaborateur,
Je viens de lire avec le plus grand plaisir dans la Gazette médicale les premières pages de l'important Mémoire dont vous avez entrepris la publication et qui est relatif à l'action du mercure sur notre économie.
J'ai fait, à ce sujet, quelques recherches qui m'ont conduit à considérer le mercure comme un médicament qui ne doit être employé qu'avec circonspection et mesure pour les raisons que voici :
1° Il mine souvent la constitution et ajoute son action malfaisante à celle des vices
qui compliquent la vérole. C'est ce que vous démontrez parfaitement bien et soutenez avec talent.
2° Il entrave l'évolution de la syphilis dont il pallie les symptômes et retarde ainsi le moment d'une guérison radicale, laquelle arrive spontanément par le l'ait de cette évolution.
Je me permets d'appeler votre attention sur ce dernier point en vous engageant à interroger dans ce sens celles de vos observations que vous ne rapportez pas dans votre Mémoire.
La question en vaut bien la peine, puisque sa solution conduirait les praticiens à ne recourir à l'emploi du mercure que dans des cas de nécessité, c'est-à-dire quand il s'agirait de refouler des manifestations dangereuses ou au moins très-incommodes.
L'indication de l'emploi du mercure serait formelle, par exemple, lorsque par suite de désordres ily aurait compression des centres nerveux (exostoses, périostoses, diverses productions, etc.), ou bien seulement troubles du sommeil (douleurs ostéocopes) ; lorsque des ulcérations de la gorge empêcheraient la déglutition, lorsque, enfin, le visage se trouverait défiguré par des syphilides.
Il faudrait, au contraire, favoriser ou tout au moins ne pas contrarier la marche de la maladie, dans tous les cas de manifestations nullement compromettantes. De là naîtrait l'indication de l'emploi des sudorifiques, de l'iodure de potassium et surtout des préparations sulfureuses, ces dernières ayant une propriété diamétralement opposée à celle du mercure, c'est-à-dire la propriété de faire ressortir les symptômes qui sont refoulés par le mercure.
J'ai vu des hommes qui avaient infecté leur famille longtemps après avoir subi un traitement mercuriel qui semblait les avoir débarrassés à jamais de la syphilis, tandis qu'au contraire les préparations mercurielles n'avaient fait que rendre la maladie latente, retarder son évolution naturelle et, par conséquent, que la faire durer plus longtemps. Je pense donc qu'une personne guérie de la vérole sans mercure, ou après n'avoir fait usage que d'une faible quantité de ce médicament, se trouve bien plus définitivement guérie qu'après un long et souvent intempestif emploi de l'hydrargyre.
La thérapeutique de la vérole se réduirait donc : 1° à combattre (même par les médicaments mercuriels) certains accidents qu'il est important de faire cesser au plus tôt; 2° à favoriser, dans la plupart des cas, l'évolution de la maladie par différents moyens, au premier rang desquels se trouve la syphilisation, et parmi lesquels les préparations sulfureuses occupent un rang distingué. N'est-ce pas à cette évolution naturelle, spontanée de la maladie, que contrariait le mercure, qu'il faut rapporter la guérison de ce jeune homme (nouvel Ulrich de Hutten) dont vous citez l'histoire d'après Van Swieten, et dont un quadruple traitement mercuriel n'avait pas empêché la maladie de progresser.
Du reste, Monsieur, les observations que je prends la liberté de vous adresser sur votre Mémoire intéressant ne sont qu'une partie de la question que vous avez commencé à traiter, de manière à rendre un véritable service à la thérapeutique de la syphilis, en remontant courageusement le courant de l'opinion qui entraîne la plupart des praticiens de nos jours. •
Agréez, etc.
A M. LE PROFESSEUR BŒCK, A CHRISTIANIA (NORWÉGE)
Paris, le 20 juillet 1854.
Monsieur et très-cher Confrère,
Je profite du départ de M. H. Arentz pour vous écrire et vous faire quelques envois.
Merci d'abord, mille fois, de l'obligeant envoi des cinq premières feuilles de votre Traité de syphilisation. Je vais m'empresser de me faire aider à les lire par un médecin danois qui est à Paris et qui a bien voulu m'offrir ses services. Je crois que votre ouvrage sera pour nous d'une immense portée.
Les Corps savants nous sont généralement hostiles à Paris, mais le plus important de tous compte plusieurs hommes qui nous sont favorables. Ce corps est l'Académie des sciences. Les hommes dont je veux parler sont MM. Flourens, Serres, Geoffroy-Saint- Hilaire, Moquin-Tandon, etc. M. Flourens est secrétaire perpétuel et jouit à ce titre d'une immense influence. Il a secondé la syphilisation lorsqu'elle ne faisait que naître; il ne demande qu'à l'appuyer.
Je ne doute pas que si vous envoyez votre livre à l'Académie en même temps qu'une courte lettre à M. Flourens, il ne répète à l'Académie tout ce que vous lui aurez dit.
Il est une chose dont dont je doute encore moins : c'est que si (bien avant de lui envoyer votre livre) vous lui écriviez pour l'Académie une lettre sur le résultat de vos expériences
e< dans laquelle vous exprimeriez votre opinion, il ne fil imprimer voire lettre dans les Comptes rendus de l'Académie (ce qu'il ne l'ait jamais pour les communications imprimées). Le parti de lui écrire serait donc préférable à l'envoi du livre, que vous ne feriez
que plus tard. .
Si vous jugiez à propos de l'aire cela, il en résulterait un bien d autant plus grand pour la syphilisation que la réponse de M. Retzius à M. Geoffroy-Saint-Hilaire est extrêmement favorable. ,
11 ne serait pas nécessaire que votre lettre fût longue. Jl suffirait qu'elle fût claire et qu'elle insistât sur les points essentiels
Dites-lui, comme cela est, que votre livre paraît sous le patronnage de votre Faculté.
Si vous avez occasion de lui dire votre opinion sur l'importance, qu'il y aurait à ce que je fusse a même d'appliquer (non pas expérimenter) dans un service officiel une idée dont je suis l'inventeur, il est possible qu'il le répète et qu'il en résulte ma nomination a Saint-Lazare.
J'ai entre les mains la lettre que M. Retzius a écrite à M. Geoffroy-Saint-Hilaire. Elle nous est très-favorable, bien que la sypbilisation n'ait été appliquée que trois Ibis à Stockholm, non par M. Retzius, mais par M. Stenberg.
Voici comment s'exprime sur votre compte M. Retzius : « En Norwége, savoir à Christiania, l'excellent professeur Ch. Guilbom Bœck s'est occupé de la syphilisation avec beaucoup de zèle. »
Si je connaissais M. Stenbei'g, je le prierais (ce qui aurait aussi son importance) d'envover également à M. Flourens le résultat de ses observations.
Sans avoir lu l'article de M. Sigmund, je sais qu'un anonyme italien : del altro moiulo, a écrit contre la syphilisation; mais j'ignore, comme vous, son identité
Courage donc! et je vous remercie de tout ce que vous avez fait et ferez pour moi, pour l'idée, pour la science, pour l'humanité. Votre bien dévoué confrère, etc.
A M. l.E PROFESSEUR MALGA.IGNE.
Paris, le 7 septembre 1854.
Cher et très-illustre Maître,
Je m'empresse de vous porter les deux citations que j'ai promis a M. Bœck de vous remettre en temps opportun.
Vous avez bien le droit d'être fier de l'ouvrage de M. Bœck, car c'est votre généreux et habile plaidoyer académique qui a ensemencé le terrain où il a fait une si riche récolte scientifique, en inspirant a notre savant confrère Scandinave le courage bien méritoire d'expérimenter la syphilisation. Grâce à vous et à M. Bœck, je me trouverai, pour mon compte, un peu plus à l'aise, non pas en face de ma conscience que je n'ai jamais trahie et de mes amis qui n'ont jamais douté de moi, mais vis-à-vis du public médical qu'on a si facilement égaré.
M. Sperino, condamné à Turin par des Commissaires qui confondaient des chancres avec des plaques muqueuses et des furoncles avec des gommes, etc., éprouve aussi un très-grand contentement.
MM. Bœck, Sperino et moi, désirons un tirage particulier du travail de M. Bœck. J'irai traiter de cela moi-même avec votre imprimerie, si vous voulez bien le permettre.
Je ne vous porterai pas ma lettre à l'heure où vous êtes chez vous. Je remplace dans son cabinet, de 1 heure a 4 heures, M. Puche, médecin des vénériens, qui est aux eaux de Vichy et qui ne reviendra à Paris que le 15 du présent mois.
L'engagement que j'ai pris envers M. Puche est la cause qui m'a privé du plaisir d'accompagner chez vous M. Bœck. Mais, après le 15, j'aurai l'honneur de vous visiter, ayant à vous entretenir de maintes choses.
Plusieurs des idées auxquelles nous sommes arrivés, M. Bœck et moi, notamment sur l'action du mercure, ne sont pas absolument nouvelles, si j'en crois un Rapport, espèce de mutilation faite par Fabre (le Ricord de l'Académie royale de chirurgie), d'un Mémoire de Percy. Le Rapport de Fabre commence à la page 320 d'un volume intitulé :
RECHERCHES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE LA. PHYSIOLOGIE, etc., Paris, 1783.
Le Mémoire de Percy n'a jamais été publié, et serait une excellente trouvaille pour nous. Il a été communiqué à l'Académie royale de chirurgie dans l'une des cinq années que voici : 1778, 1770, 1780, 1781, 1782. Les Mémoires dé cette époque ont été classés dans les archives de l'Académie de médecine, par M. Dubois (d'Amiens), qui ne me donne
que des réponses dilatoires ou évasives chaque fois que je lui demande la permission de consulter le manuscrit de Percy. M. Dubois n'oserait sans doute pas refuser à un membre éminent, comme vous, de l'Académie, ce qu'il refuse à votre bien dévoué et reconnaissant confrère.
Agréez, etc.
A M. LE PROFESSEUR BŒCK, A. CHRISTIANIA. (NORWÉGE)
Paris, le 19 septembre 1854.
Très-cher et très-honoré Confrère,
Je vous suis bien reconnaissant du soin que vous avez eu de m'écrire dès votre arrivée, vous n'auriez pas attendu pendant une semaine ma réponse, qu'il m'est si agréable de faire, si je n'avais voulu vous envoyer avec elle de l'excellent pus. Mais j'ai attendu que M. Puche ait repris son service ; le petit papier ci-inclus renferme de la matière avec laquelle j'espère que vous réussirez.
J'ai fait tenir à MM. Follin et Larrey les lettres qui leur étaient destinées.
Le résumé de votre livre est à moitié imprimé dans le journal de M. Malgaigne; le reste paraîtra dans le prochain numéro. J'ai demandé à l'imprimeur un tirage de 500 exemplaires, car, moi aussi, je veux en distribuer à Paris. M. Sperino voudra sans doute également un certain nombre d'exemplaires. J'y ferai mettre une couverture.
Dans quelques jours, M. Sales-Girons, rédacteur de la Revue médicale, sera de retour à Paris et je lui remettrai la Note rectificative que vous désirez, et qui est fort juste, en même temps qu'un exemplaire du résumé de votre livre.
Pas de nouvelles de M. Sperino.
Ecrivez-moi souvent; il m'a semblé, en recevant votre lettre, qu'elle était celle d'un vieux ami, tant elle est pleine d'affectueux dévouement pour moi! Je vous en remercie beaucoup et vous le rends du fond du cœur.
Paris, médicalement parlant, est dans le morne silence des vacances.
Dès le mois de novembre, je ferai un cours de syphilisation, et alors je chercherai un libraire pour la publication de votre livre en français.
Recevez, etc., etc.
A M. LE PROFESSEUR BŒCK, A CHRISTIANIA (NORWÉGE)
Paris, le 3 octobre 1854.
Très-cher et très-honoré Confrère,
Je ne sais comment a pu se perdre le pus que je vous ai ou crois vous avoir envoyé. En voici d'autre, mais je crains que celui-ci ne soit pas assez énergique ; j'en inoculerai ce soir une personne cancéreuse, et je pourrai ainsi vous expédier dans quelques jours de la matière régénérée.
Le silence de vos collègues ne m'étonne pas ; mais patience ! Un de nos proverbes dit : Rira bien qui rira le dernier. Je m'occupe dans ce moment-ci d'une chose très-importante pour la syphilisation, et j'espère quelle réussira.
J'ai prié une personne, bien placée pour cela, de faire passer votre Livre sous les yeux de l'Empereur; je suis donc momentanément privé de l'exemplaire que vous avez eu la bonté de me donner, et ne puis tenter aucun arrangement avec un libraire à propos d*une traduction.
Le résumé de votre livre n'a encôre été inséré que dans le journal de M. Malgaigne, mais, dans quinze jours, je l'aurai en entier tout broché. J'en mettrai de suite à la poste quelques exemplaires pour vous et pour M. Sperino.
Recevez, etc., etc.
Paris, le 27 octobre 1854.
Monsieur,
Madame C... m'a appris avant-hier que vous aviez déjà obtenu un bénéfice de l'usage du lait, mais que certains inconvénients, et peut-être une sorte d'impatience contre l'uniformité» vous avaient porté, non à supprimer, mais à modiiier par une addition de r>z ce régime à peine essayé. Je ne blâme pas absolument, cette intervention du riz, mais je crois qu'elle doit être restreinte, de crainte qu'elle n'engendre des flatulences et ne cause une paresse du cerveau. Chaque fois que vous aurez pris un repas au riz (substance qui
doit être abandonnée aux Chinois, comme nourriture habituelle), laissez passer deux ou trois heures au moins avant de boire une tasse de lait, qui, alors, devra être chaud et alcoolisé à la manière que je vais vous indiquer.
Voici, en effet, les correctifs à la diète lactée que l'expérience m'a démontré utiles en certaines circonstances, et qui sont a votre usage.
On peut prendre de temps en temps dans sa tasse de lait chaud, et sucré à volonté, une cuillerée ;l café d'eau-de-vie Ou de rhum, le mélange étant bien exactement fait.
on peul aussi mettre de temps .en temps dans su tasse de lait chaud, et sucré fortement, une cuillerée a café de la solution suivante (iodure de potassium, 3 grammes ; eau distillée, 100 grammes).
Cette très-petite quantité d'iode ne laisse pas que de nourrir un peu et d'exciter convenablement les organes : elle aromatise agréablement le lait pour certaines personnes ; il est vrai qu'elle le rend nauséabond pour beaucoup d'autres. Vous pouvez eu faire l'essai.
Vous avez encore, Monsieur, la ressource d'alterner le lait de chèvre avec celui de vache. Le lait de chèvre est excellent, surtout quand on le boit à la sortie du pis de l'animal, contre les relâchements de ventre et par conséquent les effets du la il de vache... Pourquoi n'auriez-vous pas une chèvre clans un coin de votre jardin, qui paraît l'ait exprès?
Ne croyez pas, Monsieur, que vous soyez guéri parce que vous digérez le lait : cela veut dire seulement que vous êtes dans la bonne voie, et que vous pouvez être guéri si vous voulez; mais votre organisme n'a pas eu le temps de se refaire. Ne vous lassez donc pas si vite de l'usage d'une excellente chose.
Je suis, etc., etc.
A M. LE PROFESSEUR BCECK, A CHRISTIANIA (NORWÉGE)
Paris, le 20 novembre 1S54.
Très-cher et très-honoré Confrère,
Je commence ma réponse à votre bonne lettre du 14 novembre par vous donner une nouvelle qui m'a causé un grand plaisir et qui vous regarde personnellement. M. Geoffroy-Saint -Hilaire m'a appris hier que l'Académie des sciences vous donnait un prix Montyon à partager avec votre estimable collaborateur, M. Danielsen, pour votre magnifique ouvrage sur l'Elephantiasis. C'est aiijourd'hui qu'on décidera la somme qui vous sera accordée; mais l'essentiel était pour vous d'avoir un prix. M. Geoffroy-Saint- Hilaire voit, comme moi, dans le couronnement de deux syphilisateurs, quoique pour une chose étrangère à la syphilisation, un précédent de très-bon augure pour l'avenir de la syphilisation.
Je vais m'occuper immédiatement de la commission que vous me donnez, et dont je me charge très-volontiers, touchant votre Traité des maladies de la peau; mais j'ai besoin de savoir très-exactement ce dont il s'agit, pour choisir convenablement l'homme qu'il faut. Le texte sera-t-il très-long, comparé à la longueur du texte de votre Traité de syphilisation? Je voudrais bien aussi en recevoir quelques autres feuilles, afin de voir bien exactement en quoi consiste le travail. Quant à l'observation que vous m'envoyez, puisqu'il s'agit de syphilisation, je ne veux pas que personne déflore ce petit travail, qui me regarde exclusivement, et dont je profiterai scientifiquement. Je vais donc m'en occuper moimême, après quoi je le remettrai à un copiste, et je vous l'enverrai bien au net.
Je vis tout entier pour la syphilisation, et j'aime à faire par moi-même tout ce qui la concerne. Plût à Dieu que vous puissiez m'envoyer toutes les observations de votre Traité de syphilisation et qu'un libraire voulût se charger des frais matériels de publication. Votre livre serait bientôt édité à Paris, et en bon français.
Je vous ferai soigneusement parvenir tout ce qui sera publié en France pour ou contre la syphilisation : faites de même pour moi, à l'égard de ce qui pourrait se publier dans vos pays Scandinaves. Je trouverai toujours quelqu'un qui m'aidera à le lire.
Recevez, etc., etc.
A M. C. SPERINO, MÉDECIN EN CHEF DU SYPHILICOME, A TURIN (PIÉMONT)
Paris, le 23 novembre 1S54.
Excusez-moi si je réponds tardivement à votre lettre du 6 novembre. Ce retard n'a d'autre motif que l'espoir, que je nourrissais tous les jours, de pouvoir bientôt vous apprendre quelque chose de plus que ce que je vais vous dire.
Je commencerai par quelques observations sur ce que vous me dites touchant l'effet qui
LETTRES DE M. AIZIAS-TIRENNE.
pourrait produire, selon vous, sur les antisyphilisateurs et sur les indiflërents l'admission par les syplulisateurs de plusieurs sortes de pus.
Je crois que les ByphilisateurB doivent toujours dire ce qui leur parait vrai, sans se laisser jamais devancer en cela par leurs détracteurs.
Voila pour le côté moral et, si je puis dire, abstrait de la question.
Quant au point de vue scientifique, les syplulisateurs, quand on leur objectera que leurs syphilisés peuvent encore contracter une maladie, pourront et devront répondre ceci, à savoir qu'un pus assez fort pour prendre sur un syphilisé est difficile à trouver, et qu'il ne doit guère se rencontrer naturellement dans les rapports sexuels; qu'en outre, les individus ainsi contaminés exceptionnellement ne pourront avoir qu'une maladie très-faible.
Les syplulisateurs trouveront une arme très-forte dans la doctrine des différentes formes de virus; ils expliqueront aisément, sans sortir de la vérité, certains cas de succès incomplet de la syphilisation, en arguant de l'insuffisance des pus employés, et ils s'ingénieront à trouver des pus assez forts pour faire disparaître les derniers vestiges d'une vérole opiniâtre. On ne pourra donc plus leur objecter cette vérole comme une preuve de l'impuissance de la syphilisation. Ce que je dis là n'est pas théorique; j'ai des faits à l'appui.
Ce sont des points dont nous nous sommes entretenus avec M. Bœck, tant de vive voix que par écrit, et sur lesquels nous nous sommes parfaitement entendus. La question des différentes formes de virus, ou plutôt de pus, n'en est pas moins à étudier encore trèssérieusement.
Agréez, etc., etc.
A M. LE PROFESSEUR BŒCK, A CHRISTIANIA (NORWÉGE)
Paris, le 30 décembre 1854.
Très-cher et très-honoré Confrère,
La somme qui vous est donnée par l'Académie des sciences est de 2,000 fr. ; je ne me suis pas hâté de vous l'apprendre, parce que nous étions d'accord ensemble sur ce point, que Là quotité de la somme était presque indifférente. La chose importante est dans les termes mêmes du Rapport qui vous concerne, et qui exprime l'espoir que vous et M. Danielsen trouverez un moyen de guérir l'Elephantiasis. Puisse ce moyen être, comme vous me l'avez fait pressentir, la syphilisation.
Rappelez-vous bien que, en tout cas, les envois sur la syphilisation doivent parvenir à M. Flourens avec un très-court résumé, que M. Flourens communiquera â l'Académie. Si vous me les faites parvenir, je les porterai moi-même à M. Flourens, avec qui j'en causerai.
Le copiste que je faisais ordinairement travailler, et qui a copié le résumé de votre livre, est devenu fou et a été transporté subitement à Bicètre. Je lui avais remis votre observation de syphilisation, toute corrigée et transcrite de ma main : tout cela a été perdu. Fort heureusement, j'étais resté en possession de votre manuscrit. Je n'ai pas pu, dans ces derniers jours de l'année, recommencer immédiatement le travail que j'avais fait avec un grand plaisir, mais qui a été assez long : c'est pourquoi j'ai remis votre manuscrit à un correcteur, qui me le rapportera prochainement. Je ne sais comment il s'en sera tiré. Je relirai son travail avec soin, et je rectifierai tout ce qui ne me paraîtra pas clair pour des lecteurs français.
En rédigeant votre observation à ce point de vue, j'ai eu le désir d'y mettre un dessin analogue à ceux qui sont dans votre livre. Ne serait-ce pas possible?
Je crois que je vais m'entendre avec M. Fol lin pour publier, dans les Archives de médecine, celles de vos observations de syphilisation que j'ai toutes prêtes. Je ne sais pas s'il pourra ou voudra faire quelques dessins.
Je fais faire ici une traduction de votre résumé, en Espagnol et en Hollandais, par des auditeurs de mon Cours. J'en ai reçu une analyse que M. Sperino a fait mettre dans un journal italien.
J'ai reçu de M. Sigmund une lettre favorable à la syphilisation.
Nous comptons maintenant, en Angleterre, un partisan de la syphilisation : c'est M. Henri Lee.
Je vous souhaite bonne et heureuse, à vous et à ceux qui vous sont chers, l'année qui va commencer. Puisse-t-elie être favorable à là syphilisation. Agréez, etc., etc.
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