‹ La syphilisation [electronic resource]Chapitre 80 sur 205 · A M. HAGEN, DOCTEUR EN MÉDECINE, A MAXEY-SUR-VAISE (MEUSE · texte numérisé non relu

A M. HAGEN, DOCTEUR EN MÉDECINE, A MAXEY-SUR-VAISE (MEUSE

Paris, le 1er novembre 1S55.

J'ai le remords de ne vous avoir point encore écrit dans' votre nouvelle résidence. Je; n'ai point oublié le signalé service que vous avez rendu à la syphilisation par votre Thèse. La fin des vacances et le retour à Paris des travailleurs dispersés me ramènent au projet que j'avais eu de faire parler de votre Thèse dans quelques journaux.

Je suis bien content que vous vous occupiez de quelques thèses sur la syphilis. Je crois que, dans un temps très-prochain, les dogmes de la syphilisation devront dominer toutes les idées syphilographiques. Personne n'est plus que vous à môme de comprendre cela et d'en hâter le moment.

Il se confirme par une nouvelle expérience de M. Sperino que la syphilisation guérit le favus.

Le livre de M. Bœck se traduit en Allemagne. Je vous en ferai parvenir un exemplaire. Il y aura des additions faites par l'auteur. Votre dévoué confrère.

A M. LE PROFESSEUR BŒCK, A CHRISTIANIA (NORWÉGE)

Paris, le 30 mars 1850.

Cher Confrère et ami,

M. F.... a produit dans les Archives deux articles que je n'ai pas môme lus jusqu'au bout, tant ils sont faibles au point de vue de la syphilisation. M. F... est dans la classe des louvoyeurs. II sera des nôtres" quand nous triompherons.

Quand vous autres étrangers vous êtes à Paris, ces messieurs vous font belle figure ; leur intérêt est de se créer des relations ; mais ensuite leur conviction fléchit quand il s'agit de faire un acte désintéressé de dévouement à la vérité. J'ai deviné ce que ferait M. F... quand, après vous avoir demandé des Observations, il s'est réfugié dans un prétexte, puis dans un autre, pour ne pas les insérer dans son journal.

Ce qu'il faut à la syphilisation pour triompher rapidement, c'est la notoriété, la publicité. Je n'ose pas m'aventurer dans la création d'un journal; .cela est trop dispendieux et engage trop vis-à-vis du public; mais je me suis décidé à publier de temps en temps des brochures qui leront suite les unes aux autres, de manière à remplacer un journal et à faire un livre. Il y aune foule de choses qu'il nous importe de faire savoir, en temps opportun, au public. Mon cadre ne se prêtera pas facilement à la publication d'Observations, mais il se prêtera très-bien à la publication de correspondances. Vous m'écrirez donc tout ce que vous voudrez sur la syphilis et sur la syphilisation, et, de cette manière, rien ne sera perdu pour le public.

M. le professeur Nélaton a ouvert son service à la syphilisation pour les cas graves; mais quoiqu'il m'ait déjà donné l'autorisation de syphiliser deux sujets, je me suis abstenu, parce que l'état moribond de ces sujets ne me permettait pas de tenter une chose qui ne devait pas réussir. Mais j'espère que M. Nélaton se décidera plus tôt une autre fois ou choisira mieux.

M. Sirus-Pirondi, médecin de l'hôpital des vénériens à Marseille, vient de publier un opuscule dans lequel il se hasarde à dire que la syphilisation est une bonne chose en théorie (mais non en pratique? Contradiction!). Les journaux ont parlé de la brochure, mais ils se sont bien gardés de souffler mot de la syphilisation.

J'ai commencé la semaine dernière la syphilisation sur trois officiers arrivés fraîchement de Sébastopol. Ils ont été à l'assaut de Malakoff ; je m'en vais les mettre à même d'affronter d'autres assauts. Je leur ai inoculé à tous le même pus ; l'un d'eux qui n'avait qu'un chancre simple a eu cinq jours d'une fièvre intense d'incubation qui a complètement fait défaut chez les deux autres.

Je suis, etc.

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