‹ La syphilisation [electronic resource]Chapitre 87 sur 205 · A M. LE DOCTEUR RICHARD GORDON, A MONTPELLIER (HÉRAULT · texte numérisé non relu

A M. LE DOCTEUR RICHARD GORDON, A MONTPELLIER (HÉRAULT

Paris, le 2 avril 1858.

Monsieur et très-honoré Confrère,

J'ai reçu et lu avec autant de reconnaissance que d'intérêt les deux remarquables et trop bienveillants articles que vous avez publiés et m'avez envoyés sur la syphilisation. J'ai témoigné à M. le professeur Martins tout le plaisir qu'ils m'ont procuré.

Vous aurez contribué beaucoup par vos articles à ramener en France une découverte qui n'a peut-être été exilée de notre pays que parce que l'inventeur était Français. Sans cela, c'est en France sans doute qu'elle aurait accompli ses plus grands progrès.

(1) Cette lettre sert d'introduction à celles que M. Auzias-Turenne a publiées, en 1858, dans la Revue étrangère médico-chirurgicale, et qu'il a réunies en brochure sous le litre de correspondance syphiliographique. Pans, 1860.

Tout l'acharnement qu'on a déployé à Paris contre la syphilisation n'avait qu'un but : empêcher l'autorité de me confier un service. Que de passions diverses ont été mises en jeu pour obtenir ce résultat ! Aujourd'hui, ces passions se sont éteintes ou sont devenues impuissantes; l'opinion publique tend à me devenir favorable. Il ne manque presque plus a ma découverte que la consécration d'une application publiquement faite à Paris. Vous aurez contiibué beaucoup par vos deux articles, et vous pourrez contribuer encore davantage, par le dernier, à m'aider.dans le but que je poursuis.

Personne n'a plus d'admiration que moi pour les belles recherches de M. Bœck; mais je pense qu'on n'a point épuisé la mine dont j'ai signalé le premier filon, et je ne veux pas être le dernier à prendre rang- parmi les travailleurs.

Je suis, etc.

A M. LE PROFESSEUR BŒCK, A CHRISTIANIA (NORWÉGEJ

Paris, le 30 mai 1858.

Très-cher Confrère,

Parmi les réflexions que vous faites sur ma lettre, il y en a qui me paraissent justes. Elles sont toutes extrêmement intéressantes.

Je vous en remercie ; mais je ne suis pas égoïste au point de désirer d'en profiter seul. Envoyez-les moi donc plus complètes dans une lettre, dont je ne ferai que corriger les fautes de français et que je mettrai dans les Correspondances syphiliographiques. Ce sera pour vous l'occasion de nous dire tout ce que vous voudrez sur la syphilis et la syphilisation et de omni re scibili.

J'ai précisément choisi cette forme de correspondances pour avoir et offrir aux autres l'occasion de tout dire. Il est donc convenu que le feuilleton de la Revue étrangère vous est réservé pour chaque fois que vous le voudrez. Mais ne vous croyez pas obligé de remplace feuilleton, si vous manquez de temps ou de matières ; l'essentiel est de ne pas empiéter sur la dernière page où le feuilleton fait très-mauvaise grimace, comme dans ma deuxième lettre.

Où a paru le Mémoire que vous avez envoyé à M. Simpson ? J'en ferai un extrait, à moins que vous n'aimiez mieux m'en envoyer la substance sous forme de Correspondance syphilographique.

Mêmes réflexions pour le Mémoire de M. Gjor, que j'ai beaucoup apprécié, mais auquel je n'ai pas osé demander son temps pour me faire une traduction à Paris. Il faut donc que quelqu'un de vous, M. Gjor ou un autre, m'écrive là-dessus une lettre que je mettrai dans les Correspondances syphilographiques, ou bien un résumé que je placerai, soit, dans une de mes lettres, soit dans le corps du journal.

Vous pouvez donc disposer des colonnes de la Revue étrangère pour toute question médicale ou chirurgicale. Il faut que la Norwége y tienne le premier rang.

Agréez, etc.

A M. F. BATEMAN, A NORWICH (ANGLETERRE).

Paris, le 27 août 1858.

Cher Confrère et ami,

Loin de me défier de la perfide Albion, je suis au contraire très-flatté et très-reconnaissant de la manière dont vos compatriotes accueillent ma syphilisation.

Le professeur Simpson (d'Edimbourg), s'est mis à la tète d'un mouvement important, ce dont vous pouvez vous convaincre en parcourant les journaux que je vous envoie. C'est même pour témoigner ma reconnaissance à votre pays que je veux adresser quelquesunes de mes lettres à un Anglais. J'ai pensé que vous voudriez bien recevoir mes confidences publiques. Vous serez donc le destinataire de ma prochaine lettre et d'une ou deux autres suivantes. Mon texte dans ces deux ou trois lettres sera une exposition complète et succinte de la syphilisation. Je suppose, bien entendu, comme entrée en matière, que vous m'avez demandé cette exposition, et j'espère que vous ne me démentirez pas. Si vous avez envie de traduire quelque chose sur la syphilisation, je crois que vous ferez bien de choisir cette exposition, laquelle formera un tout suffisant pour ceux qui voudraient connaître la , suUstauce de la syphilisation, sans avoir besoin de recourir à d'autres renseignements. La traduction d'une exposition doctrinale a d'ailleurs plus de chances de réussir que des articles de polémique pure.

Agréez, etc.

A M. GAMBERINI, A BOLOGNE (ITALIE).

Paris, le 28 août 1858.

Monsieur et très-honoré Confrère,

Je vous remercie infiniment d'avoir traduit dans le Bulletin de la Société de Bologne ma lettre sur la spécificité de la blennorrhagie (1) et d'y avoir joint des réflexions importantes.

J'ai recommandé qu'on vous envoyât mes lettres au fur et à mesure qu'elles paraissent. Je désire savoir si cet envoi a été régulier. Mon intention étant de publier ces lettres en un volume, je souhaite qu'elles soient l'expression delà science syphilographique actuelle. C est vous dire combien je me croirais honoré de toutes les communications que vous voudriez me faire, qu'elle qu'en fût la forme. Je m'empresserais de les communiquer aux lecteurs de la Revue étrangère.

Je vous réitère, Monsieur et très-honoré confrère, l'expression de ma reconnaissance.

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