III. — Signification, pathorjénique
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A cet égard, je vous avertirai de suite que, désirant répondre
Dans ce chapitre, vous commencez par traiter la question de Yimmunilé.
DE LA SYPHILISATION. 61
bientôt à cette grande et intéressante question, j'ai pris les précautions suivantes:
J'ai prié deux confrères, MM. les docteurs Fenolio et Catella, qui sont chargés du service sanitaire en ville, d'examiner souvent les femmes syphilisées sous le double point de vue suivant, c'est-à-dire, si l'on observe chez elles de nouveaux chancres, et s'il se manifeste quelque accident de syphilis secondaire.
J'ai de plus prié M. le préfet de police de les faire surveiller, et je les lui désigne sous les trois catégories suivantes ;
Première catégorie. Femme syphilisée — celle qui est restée dans l'hôpital quelque temps après être syphilisée, et qui avant de sortir a été soumise à de nouvelles expériences.
Deuxième catégorie. Femme presque syphilisée — celle qui a subi les inoculations jusqu'à épuisement de sa réceptivité syphilitique, mais pas assez réitérées pour me laisser un espoir un peu fondé d'immunité durable.
Troisième catégorie. Femme syphilisée en partie- — celle chez laquelle je n'ai pu arriver à la syphilisation complète, soit par l'indocilité de la malade, soit parce que pendant les expériences elle a été atteinte de quelque maladie accidentelle non vénérienne. Cependant celle-ci, comme celle des deux premières catégories, est guérie de la syphilis par la seule inoculation du pus chancreux.
Eh bien ! monsieur, jusqu'à présent, je n'ai pas été appelé à constater une récidive, car aucune des filles publiques syphilisées sorties de l'hôpital qui sont, certes, exposées très-souvent à de nouvelles infections, n'est rentrée dans le Syphilicômc.
Néanmoins, je pose encore la même question que je me suis faite autrefois. Les femmes syphilisées qui, jusqu'ici, ont perdu la faculté de contracter une nouvelle infection, conserveront-elles à jamais celte précieuse prérogative, ou celte immunité durera-t-elle seulement un certain temps? et je ferai encore la même réponse: le temps seul et les faits scrupuleusement observés résoudront celte grande question.
Après avoir fait un examen critique de mon Mémoire, j'ai vu avec plaisir que pour rendre l'œuvre de la syphilisation moins pénible pour le malade, vous proposez deux conditions :
1° Diminuer le nombre des chancres nécessaires à la syphilisation;
2° N'inoculer à un individu que son propre pus virulent.
Quant à la deuxième condition, je crois avoir déjà démontré qu'elle ne peut pas subsister.
62 RÉSUMÉ HISTOIUQUE
Voyons donc s'il y a quelque chose d'ulile dans la première.
Dans le but d'épargner les nombreux chancres artificiels nécessaires pour obtenir la syphilisulion, vous voulez entretenir un chancre artificiel sur une partie cachée, en y déposant de nouveau du pus virulent dès qu'on verrait qu'il tend à passer à la période de réparation.
Ce conseil me paraissait très sage; je me suis empressé de le mettre en pratique chez plusieurs sujets. Eh bien ! j'ai constamment vu que le chancre, arrivé à la période de réparation, ne revient pas à la période de progrès, quoique pendant cinq, six jours de suite, j'y aie apposé du pus chancreux , pris à un chancre en voie de progrès. Cette apposition n'a pas troublé la marche vers la guérison, et j'ai dû, par conséquent, revenir aux inoculations successives et réitérées.
Je ne répondrai pas aux arguments déduits de la loi de saturation pathologique, avec lesquels vous croyez avoir prouvé que la préservation de mes malades ne sera qu'incomplète et passagère, car je crois que la solution de ce problème est réellement trop précoce.
Je crois même que le mode d'agir de la syphilisation restera peutêtre longtemps iuconnu. Est-ce par révulsion ? Je ne le crois pas: car les vésicatoires et les cautères ne guérissent pas la syphilis. Les dernières inoculations du pus chancreux chez un individu prêt à être syphilisé, donnent lieu à de petites pustules, qui durent peu de jours, et cependant c'est alors que les chancres artiOciels se cicatrisent, et que la syphilis antérieure s'en va. Est-ce par saturation, par imprégnation des humeurs? Est-ce que le virus syphilitique est neutralisé par le virus même? Est-ce par une impression particulière produite sur le système nerveux? Est-ce une modification toute nouvelle dynamico-orgauique, produite par le virus introduit dans l'organisme successivement, et par plusieurs voies à la fois, grâce à laquelle il n'est plus susceptible de recevoir l'impression de ce principe contagieux? Je ne crois pas que l'on puisse jusqu'à présent donner une explication satisfaisante à cet égard. Mais ne doit-on pas admettre les faits tels qu'ils sont, même quand on ne peut pas les expliquer par des théories ?
Mon cher confrère, vous avez publié vos doutes sur la syphilisation, appuyés certainement par des considérations scientifiques trèsgraves, vous avez analysé ce fait par des raisonnements, par des observations cliniques, par des analogies, et vous avez donné votre jugement là-dessus. Vous étiez en droit de le faire, car vos éludes sur
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la syphilrs, et vos expériences sur l'inoculation du sang syphilitique, comme moyen de vaccination préservatrice de la syphilis constitutionnelle, ont, selon moi, remis plusieurs praticiens dans la voie de l'expérimentation, et les ont dirigés vers la recherche de la prophylaxie de la vérole.
Mais la syphilisation a malheureusement aussi ses ennemis qui veulent la condamner sans l'avoir suffisamment étudiée. Je sais qu'à Paris, quelques-uns des premiers syphilographes blâment la syphilisation sans la soumettre à la révision par des expériences faites par eux-mêmes. A cet égard, si j'osais leur dire un mot, je voudrais leur faire connaître que plusieurs médecins très-distingués, après avoir visité avec beaucoup d'attention tous les individus soumis aux expériences dans mon hôpital, m'ont tous beaucoup encouragé à les poursuivre. Parmi ceux-ci, je citerai seulement M. le docteur Romand, de Paris, inspecteur général des établissements de bienfaisance de la France, qui visita, il y a peu de jours, notre hôpital des malades vénériens, et M. Flarer, professeur de l'Université de Pavie, qui ayant vu dans le mois de juillet dernier, les expériences faites dans le syphilicôme de Turin, m'a écrit de Pavie, le 19 août la lettre que je vous traduis: «Dans notre hôpital, on fait déjà des expériences « avec votre méthode. Dans la dernière séance de notre faculté, j'ai « communiqué aux professeurs ce que j'ai vu à Turin. On a lu pu- « bliquement votre Mémoire sur la syphilisation, et nous avons invité « le ministère de Vienne à faire pratiquer des expériences dans les « hôpitaux de la monarchie sur cette tentative hardie qui intéresse « l'humanité ».
La syphilisation est aussi étudiée par M. Gamberini dans l'hôpital de Sainte-Ursule de Bologne et par M. Galligo à Florence. Des éludes sur ce phénomène sont dans ce moment publiées dans la Gaz-
ZETTA J1EDICA 1TAMANA FEDERATIVA DEGM STATI SaRDI, par M.
le docteur Moltini, médecin distingué de notre armée. Ainsi la syphilisation, par des expériences et par des études faites dans plusieurs endroits, sera bientôt convenablement jugée.
Voilà, monsieur Diday, ce que j'ai cru devoir vous répondre. Quoiqu'elle ne me soit pas familière, je me suis servi de votre langue, pour que ma réponse, qui, j'espère, sera insérée dans la Gazette Médicale de Paris, puisse être connue par les nombreux abonnés de ce journal qui ont lu votre article.
Si ma lettre vous parait trop longue, souvenez-vous que cela est l'effet de la bonlé avec laquelle vous avez examiné le petit mémoire
6'i RÉSUMÉ HISTORIQUE
dans lequel, le 25 mai, j'ai à peine énoncé les premiers résultais de la syphilisation chez l'homme.
Recevez-en mes remerclments, et agréez, etc.
Turin le 12 septembre 1851.
Casimir Speuino.
Je ne ferai que citer les publications les plus importantes que l'on fit ensuite sur la syphilisation ; je me réserve d'en parler plus au long dans une autre partie de mon ouvrage.
Un Mémoire de M. le Dr. Motlini, médecin du corps des Bersagliers., intitulé: Studi sulla sifilizzazione neWuomo e sulla Memoria dèl Dottnre C. Sperino , inséré dans les Nos 16 et 17 de la Gazctla medica italiana federativa. Ce collègue distingué, après avoir fait une flatteuse analyse de mon Mémoire , publie quelques cas qui sont, dit-il, trop peu nombreux pour des raisons indépendantes de sa volonté, et qui confirment pleinement les résultats que j'ai annoncés.
Une observation de syphilis primitive et constitutionnelle du DrZélaschi , insérée dans le n° 1 de la Gazzetla delVAssuciaziune medica — Stati Sardi — , qui fut publié en décembre 18j1 et qui devait ensuite être le premier de l'année suivante.
Ce fait observé simultanément par le Dr Zélaschi et par moi, sera réimprimé parmi les observations et accompagné d'une note.
Deux Mémoires du Dr Galligo de Florence , intitulés, le premier : Sulla vaccinazione cellica , o meglio sifilizzazione neWuomo, riflessioni slorico-critiche , et le second, — Sulla nécessita d'inlraprendere esperienze intorno ail' ' inoculazione venerea — , insérés tous deux dans la Gazzetla medica italiana — Toscana 1852.
Dans ces deux brochures, l'auteur, avec une délicatesse exquise , me prêta son appui moral , et m'encouragea dans
la voie épineuse que je parcours. Je lui en fais mes sineères remerciments.
Le Dr Gamberini de Bologne publia dans la livraison de février des Annali Universali di medicina , compilés par le Dr Ampelio Caldérini . Milan 1852, un Mémoire intitulé : — La sifilizzazione praticata nelV ospedaîe di S. Orsola di Bologna nei mesi di ghtgno e luglio 1851.
On trouvera à la fin de mon ouvrage l'analyse du travail de cet infatigable syphilographe italien. J'y renvoie aussi le lecteur pour ce qui regarde tout ce qu'ont écrit jusqu'ici sur la sypbilisation MM. Ricord, Marchai de Calvi, Castelnau, Latour et autres, ainsi que pour la critique du fait présenté par M. Ricord le 18 novembre 1851 à l'Académie de Médecine de Paris, et qui fut examiné par une commission nommée expressément, séance tenante, et composée de MM. Velpeau, Ricord, Lagncau, Roux et Bégin. Le rapport lu dans la séance du 20 juillet 1852 par M. Bégin et approuvé par l'Académie dans celle du 21 août fut suivi d'une longue discussion à laquelle prirent part plusieurs collègues distingués; j'en dirai aussi un mot.
Enfin, pour terminer celte nomenclature , il faut ajouter que M. Auzias-Turenne envoya, le 9 novembre 1851 , à l'Académie des sciences de Paris un Mémoire sur la syphilisation dans laquelle l'auteur énonce 60 théorèmes, et que maintenant il est en voie de publier son cours de syphilisation , dont trois leçons ont déjà paru dans la Gazette médicale de Toulouse, Nos de février , avril et juillet 1852; l'auteur y expose de nouveau la doctrine qu'il a émise dans son premier mémoire , et avance des idées et des faits qui seront examinés plus loin.