LA SYPHILISATION CHEZ L HOMME. 6D
qu'elles aient fait attention aux symptômes primitifs qu'elles portent: 2° Que les prostituées jeunes, belles, qui sont souvent exposées a de nouvelles infections, et contractent plusieurs chancres par an , ne sont que très-rarement atteintes de syphilis constitutionnelle (1) ; et que leurs chancres, peut-être parce qu'ils sont plus fréquents, se cicatrisent rapidement au moyen de quelques remèdes locaux , et quelquefois par la propreté seulement.
k° Les cliancres que l'on inoculait alors comme moyen de diagnostic chez les sujets affectés d'ulcères aux parties génitales, ou de bubons d'un aspect douteux, m'ont toujours paru activer la cicatrisation des chancres vulvaires et inguinaux, même lorsqu'ils avaient été rebelles à la cautérisation.
De ces quatre considérations , j'avais déjà déduit que le virus syphilitique est plus nuisible à l'économie s'il y est introduit en petite quantité, et à de longs intervalles , que lorsqu'il exerce son action par de vastes chancres , car alors il est le plus souvent sans dangers. Il paraît même que dans oes cas il exerce une influence salutaire, car il rend plus prompte la cicatrisation des chancres déjà existants,
(i) Je crois que c'est ici le lieu de faire remarquer que si un certain degré de syphilisation se développe chez les femmes qui ont souvent contracte des chancres, et peut, jusqu'à un certain point, empêcher ou relarder chez «Iles la manifestation de la syphilis générale; il y a cependant loin de là, à ce qu'avance M. Auzias au sujet des prostituées qui seraient à l'abri de nouvelles infections par suite des chancres qu'elles auraient eus, ce qui me parait inadmissible. Je sais que les prostituées sont plus sujettes à de nouvelles infections pendant les premières années de leur vie dissolue; mais, à mon avis, cela dépend de ce que celles qui sont jeunes et belles y sont plus exposées que celles d'un certain âge; parce que, au bout de quelque temps, les parties génitales de la femme subissent des changements anatomiques, qui rendent plus rares et moins faciles les déchirures qui précèdent si souvent les chancres chez la femme.
L'observation, en outre, m'a démontré qu'il faut un grand nombre de chancres successifs pour syphiliser complètement un individu; aussi suis-je de plus en plus convaincu que, si quelques prostituées jouissent, après de longues années de débauche, du bienfait de l'immunité, ou ne doit pas l'attribuer au léger degré de syphilisation spontanée qui a pu se manifester chez elles.