‹ La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennesChapitre 16 sur 90 · MOTIFS POUR LESQUELS ON ÉTUDIA · texte numérisé non relu

MOTIFS POUR LESQUELS ON ÉTUDIA

et donne très-rarement lieu à l'inflammation gangfionnain spécifique et à la syphilis constitutionnelle.

Tous ces faits groupés ensemble se présentèrent- de nouveau à mon esprit à la lecture de la lettre que M. Auzias écrivit a l'Académie des sciences de Paris. Je vis avec une grande satisfaction que dans les expériences d'inoculation syphylilique qu'il avait pratiquées sur les animaux, il annonçait avoir observé la diminution progressive des chancres artificiels. Comme ces faits confirmaient parfaitement ceux que j'avais observés, je me décidai à répéter ces expériences dans mon syphilicôme.

Les deux considérations suivantes me confirmèrent encore dans ma détermination par l'analogie qu'elles ont avec ces mêmes faits.

5° Je connaissais déjà les nombreux faits de guérison de pannus, kératite vasculaire et charnue, superficielle et profonde, produite par l'ophlbalmie blennorrhagique grave et rebelle à tous les moyens thérapeutiques, et qui avait cédé à l'inoculation du pus blennorrhagique sur la conjonetive oculo-palpébrale, rapportés par le Dr Piringer dans un Mémoire publié à Gralz en 18^0, et couronné par la Société médicale allemande de St-Pétersbourg. J'avais déjà publié un fait semblable dans le 1er vol. des Actes de notre Académie médico-chirurgicale, année \8hk. Les succès obtenus ensuite par MM. Staut , Jàger, Dudgeon et Fallût, vinrent confirmer ceux de Piringer.

Je me disais : dans ces cas, une maladie aussi grave que le pannus , produite par le pus blennorrhagique est guérie par l'inoculation du même pus: faudra-t-il voir là un fait de syphilisation ? La considération suivante me faisait répondre négativement. — Le pus blennorrhagique ne produit qu'une action locale sur le tissu sur lequel on le dépose , et souvent il n'infecte nullement l'organisme . Ainsi , comme l'érisipèle de la face guérit quelquefois l'ophthalmie scrofuleuse et

LA SVPHILISATION CHEZ [,' HOMME. 7i

exerce une influence salutaire sur plusieurs maladies locales, ainsi que je l'ai démontré ailleurs ; comme la blennorrhée chronique guérit plus facilement si une nouvelle infection vient à la rendre de nouveau aigùe , ainsi j'en conclus que la guérison du pannus est due à la phlogose conjonctivo-cornéale rendue aigùe par l'inoculation du pus blennorrhagique. Alors, en effet, la circulation sanguine cornéale est activée ; quelques-uns des vaisseaux variqueux conjonctivo-cornéaux sont oblitérés par l'étranglement produit par le chémosis conjonctival ; l'absorption est augmentée clans les vaisseaux lymphatiques, et les principes organiques déposés dans le tissu de la cornée rentrent plus facilement dans la circulation générale , parce que l'intensité de la phlogose les a rendus assez fluides pour pouvoir être résorbés. Mais dans tous ces faits, je ne vois rien que l'on doive attribuer à l'influence spécifique du pus blennorrhagique. Quoiqu'il en soit, ces faits nouveaux, inattendus et assez singuliers me démontraient qu'une maladie spéciale, contagieuse était guérie par le même principe contagieux. Cette considération me poussa à étudier le fait de la syphilisation que l'on venait d'annoncer tout récemment.

6° J'avais lu que les observations et les expériences du Dr Basile Thiele paraissaient démontrer que le vaccin n'est pas autre chose que la vérole affaiblie et altérée par l'ancienneté , et par son passage dans la vache , ce qui tendrait* à établir l'identité des deux virus, vaccin et variole.

L'opinion du Dr Thiele a certainement encore besoin d'être confirmée par de nouvelles expériences, mais elle mérite toute l'attention des praticiens. Les études récentes de M. Frua, de Milan, sur les inoculations de la petitevérole dans la brebis, semblent répandre une nouvelle lumière sur cet argument.

En 1826, on inocula à St.-Pol de Léon le virus de la varioloide à 600 individus , et l'on obtint une éruption

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