Tous les chancres artificiels sont guéris
Neuf piqûres sans résultat.
25. — La menstruation , qui manquait depuis neuf mois , se manifeste aujourd'hui en abondance.
Six piqûres , vingt-six le 5 novembre : vingt-quatre pustules , dont la plus grande partie s'ulcèrent encore, et emploient 12 à 14 jours à se cica triser.
18 novembre. — Tous les chancres artificiels sont guéris depuis deux ou trois jours. On excise quelques-unes des excroissances qui existent à la vulve et le long du vagin.
31 décembre. — La reproduction obstinée des excroissances vulvo-vaginales , malgré des excisions et des cautérisations répétées , est le motif pour lequel la fille R. a dû rester jusqu'à présent dans l'hôpital, où elle est depuis huit mois et 20 jours.
L'état général de l'économie est excellent. Les dernières inoculations ont encore donné des résultats positifs. Cependant, les pustules qui en ont été la suite ont toujours été petites et de peu de durée , excepté lors de l'époque critique; pendant ce temps, leur état inflammatoire a été plus intense et leur durée plus longue.
Deux cicatrices ont environ 12 raill. de largeur, un grand nombre d'autres, de 5 à 7. Toutes sont sur les régions supérieures de l'abdomen, ou latérales et inférieures du thorax. On lui fit prendre, à différents intervalles, 22 bains sulfureux.
Elle rentre le 15 janvier 1852 avec des excroissances vulvaireset un grand nombre d'autres situées le long des deux raphés du vagin. On exporte celles de la vulve et on cautérise plusieurs fois les autres, que l'on ne peut exciser u cause de leur petitesse et de leur situation dans les parties reçu lées du vagin. Elle sort de l'hôpital le 10 février, pour y rentrer le 28 avec de nouvelles excroissances vulvaires.
On les excise de nouveau, et on cautérise le siège qu'elles occupaient. Elle sort le 6 avril. Depuis longtemps, on ne voit plus d'excroissances -, l'état de sa santé ne laisse rien à désirer.
Elle rentre de nouveau le 14 mai dans le Syphilicôme. L'examen des parties génitales fait reconnaître quelques petites excroissances et deux ulcérations vers l'orifice vaginal, près de deux caroncules myrtiformes. Elles n'ont pas plus de 2 millim. de large , sont superficielles, et ne présentent aucun des caractères des ulcères syphilitiques.
Ayant dû m'absenter deux jours de l'hôpital, je n'ai pas pu recueillir immédiatement le pus de ces ulcérations et l'inoculer pour en connaître la nature. Le 18 et les jours suivants , il était impossible d'en prendre , car il y en avait trop peu pour pouvoir faire cette expérience. On ne fit sur ces deux ulcérations que deux pansements avec de la teinture d'iode. On excisa le petit nombre d'excroissances qui existaient encore.
Le 25 mai elle sort de l'hôpital. Sa santé est toujours excellente.
Elle y entre le 50 octobre 1852 : elle est affectée de la gale, en outre elle a une déchirure superficielle, irrégulière, large de 2 à 5 millim. au plus à la fosse navicu{aire. Les excroissances ne se sont pas reproduites.
12'l OBSERVATION IV.
Le 51 on inocule sut deux autres femmes le pus pris sur cette ulcération, mais sans obtenir de résultat.
Le 2 novembre, une légère bronchite accompagnée de fièvre nécessita deux saignées; on prescrivit en outre quelques purgatifs. Cette complication ne nous permit plus d'examiner les parties génitales jusqu'au 0 décembre, où la déchirure se trouva cicatrisée.
Le 22 la gale était guérie, et la fille Iî. sortit de l'Hôpital : sa santé fitaît excellente.
Elle est soumise à la visite sanitaire hebdomadaire.
Réflexions.
1° Les inoculations faites le même jour ( i juillet) en deux points avec du pus pris sur des chancres bien développés et en voie de progrès d'une femme soumise depuis peu de temps à la syphilisation, et en deux autres points, avec le pus séreux d'une pustule abortive , qui ne dura que six jours, et qui s'était développée sur une femme arrivée au dernier degré rie syphilisation, donna lieu à quatre chancres, qui suivirent la même marche pour le développement , la largeur, la durée et l'inflammation.
2° On observa que chez cette femme, comme dans un grand nombre d'autres, la menstruation est souvent précédée ou accompagnée d'une augmentation de phlogOBe dans les chancres artificiels, surtout s'ils se trouvent encore à leur période de progrès ou de transformation.
5" La syphilisation n'a prévenu, ni empêché le développement des excroissances.
i" Malgré le nombre considérable de chancres inoculés , on ne put pas obtenir l'immunité parfaite.
Chancre vulvaire , vaste et calleux. — Point d'amélioration par l'usage des mercuriaux à l'intérieur. — Syphilisation. — Guérison. — Apparition d'une syphilide quatre mois et demi après sa sortie de l'hôpital. — iVouvelles inoculations syphilitiques. — Guérison de la syphilide. — Autre infection primitive. — Guérison en peu de temps 'sans traitement antisyphilitique.
THÉRÈSE B., jeune fille âgée de 20 ans, tempérament sanguin-bilieux, bonne constitution, menstruation régulière, entrée à l'hôpital le \" octobre 1830.
Elle porte à la fosse naviculaire un chancre ancien , large de 2 cent, et demi, calleux, peu douloureux. Elle est, en outre, atteinte de la gale. C'est la deuxième fois qu'elle est infectée, et depuis environ deux mois. Il y a deux ans, elle eut un chancre qu'elle traita localement et sans remèdes antisyphilitiques.
Après quelques jours de repos dans l'hôpital, on entreprend le traitement par le protoiodure de mercure , dont elle prit i grammes dans
OBSERVATION IV. 1 2"êi
l'espace de trois mois, et en même temps, on la guérit de la gale, en employant la pommade citrine.
On abandonna, vers la fin de décembre, l'usage du protoiodure de mercure, parce qu'il occasionnait des douleurs intestinales; cependant, elle n'eut pas de stomatite mercurielle. Ce traitement n'apporta aucune amélioration à sa maladie, et au mois de février, le chancre était toujours calleux , violacé, induré et à peu près de la même largeur. A la prière de la malade, on se décida alors à tenter la syphilisation , et après l'avoir préparée par quelques purgatifs, on commença l'expérience le 5 mars.
3 mars. — On inocule sans résultat le pus du chancre vulvaire de la malade en deux points sur l'abdomen. — L'inoculation , répétée le S avec du pus d'une autre femme, donne lieu à une pustule.
14. — Une piqûre, deux le 17 : il ne sort que deux pustules de l'inoculation du 17.
21 avril. — Une bronchite aigiie qui survint à la malade, nous obligea de lui faire trois saignées, et de suspendre les inoculations. Le chancre vulvaire ne s'est pas étendu. Il n'y a qu'un chancre artificiel qui soit encore ouvert, et qui se trouve déjà en voie de cicatrisation , c'est celui de l'inoculation du S mars; il est à peine large d'un centimètre. Les cicatrices des chancres produits par les piqûres faites le 17 mars ont 5 ou 6 millini. d'étendue.
Deux nouvelles piqûres sur l'abdomen , suivies de deux pustules.
8 mai. — Le chancre de la fosse naviculaire a un bel aspect; il est rose et granuleux. 11 ne reste plus de chancres artificiels.
On reprend l'expérience que l'on a été de nouveau obligé de suspendre, à cause de l'apparition de la fièvre intermittente. On fait trois piqûres qui restent sans cll'et.
19. — Deux nouvelles piqûres, six le 20 et trois le 22 : onze petits chancres. On se servit pour faire ces piqûres de pus pris sur une autre femme.