Le chancre de la vulve commence à se cicatriser
Neuf piqûres faites les 20 , 29 mai et 3 juin , ne donnent aucun résultat.
7 juin. — Trois nouvelles piqûres : trois petites pustules.
16. — Il ne reste plus que les trois chancres de la dernière inoculation, qui ont 2 ou 3 mill. de largeur, et sont peu douloureux. Un tiers de celui de la vulve est déjà cicatrisé.
Trois piqûres sur l'abdomen : trois pustules.
20. — Trois autres piqûres suivies de trois petits chancres, qui sont cicatrisés le 29.
Huit piqûres , faites le 29 et le 7 juillet, ne donnent aucun résultat.
9 juillet. — Tous les chancres artificiels sont guéris. Le chancre vulvaire est plus qu'à moitié cicatrisé, et marche rapidement vers la guérison.
Trois piqûres, faites aujourd'hui , donnent encore trois petites pustules, qui se dessèchent dans l'espace de six jours, sans même s'ouvrir. On s'est servi , pour ces inoculations, de pus pris sur des chancres artificiels d'une femme récemment entrée à l'hôpital.
11. — Depuis ce jour, jusqu'au 16 août, on fait, a plusieurs reprises, dix-neuf piqûres avec du pus virulent pris une fois sur un chancre vulgaire induré et les autres fois sur de;- chancres arlificicls récents et qui >
inoculé le même jour à d'autres femmes , donna lieu à des ulcères caractéristiques bien développés. On n'obtient de ces inoculations que deux pustules abortives.
Le 4 août, le chancre vulvaire était cicatrisé.
25 août. — Thérèse B. sort de l'hôpital , où elle est depuis 10 mon et 23 jours. Pendant ce long espace de temps, on n'a vu se manifester aucun symptôme d'infection générale ; sa santé est excellente. On lui a fait prendre, ces derniers jours, cinq bains sulfureux, outre ceux qu'on lui avait déjà prescrits en grand nombre pendant le traitement de la gale. Les chancres que l'on inocula à cette femme eurent toujours une courte durée, et ne s'étendirent jamais beaucoup en largeur et en profondeur. Un grand nombre de cicatrices sont maintenant à peine visibles ; il en reste encore quelques unes , larges de 6 à 8 mill. sur les régions hypocondriaques et épigastrique.
Elle se présente de nouveau à l'hôpital le 28 janvier 1852, avec les symptômes suivants: svphilide papulo-pustuleuse (syphilide pustuleuse lenticulaire de Cazenave) continente sur tout le corps, squames et quelques papules sur le cuir chevelu, et alopécie très-avancée. Aucun symptôme d'infection récente.
Il n'y a que vingt jours que l'éruption syphilitique a commencé et, en peu de temps, elle est devenue confluente. Elle a été précédée, pendait un mois, de douleurs vagues, tantôt dans une articulation , tantôt dans une autre, mais qui n'existaient pas toujours; toutes ces douleurs cessèrent au moment de l'apparition de la syphilide.
L'état similaire de cette femme est actuellement médiocre-, il; a aménorrhée depuis trois mois.
Cette femme avait été peu sensible aux inoculations du pus virulent en 1851 , car tous les chancres qu'il me fut possible de faire naître chez elle à cette époque furent peu nombreux, petits et de courte durée. dépendant, la présence de symptômes d'infection constitutionnelle BIP surprit beaucoup, et me fit naitre le désir de répéter avec soin l'expérience, dans le but de reconnaître: 1" Si elle était encore insensible au virus, et à quel degré elle l'était; 2° quel serait l'effet des chancres inocules artificiellement, si l'on parvenait a en obtenir, sur la marche de l'infection constitutionnelle. La malade ne s'opposant pas à l'expérience , on la commença immédiatement.
50 janvier. — Soixante piqûres sur les régions latérales inférieures du thorax : quarante-huit pustules. Le 2 février, on en fait vingt-cinq antres mit les mêmes régions; il en résulte vingt nouvelles pustules, le pus employé pour toutes ces inoculations fut celui d'un chancre vulvaire récent et induré. Les pustules inoculées s'ulcérèrent presque toutes, en dounant lieu à des chancres qui avaient de 1 à 2 mill. de large, et qui se cicatrisèrent rapidement. Le 10 février, tous indistinctement étaient desséchés et guéris.
S février. — Quarante piqûres et vingt le 10, avec du pus de chancres artificiels récents et bien développés d'une femme à qui l'on faisait
les secondes inoculations. On n'obtint qu'un petit nombre de pustules abortives , qui disparurent au bout de trois ou quatre jours.
12. — Vingt piqûres avec du pus d'une femme peu avancée dans la s; philisation , donnent lieu à vingt pustules, dont la plus grande partie acquièrent 1 ou 2 milt. de large, et guérissent en neuf jours.
ii. — Vingt -huit piqûres, faites en partie aujourd'hui et en partie le 16, avec du pus d'un chancre vulvaire d'une femme réeemmenl entrée , ne donnent lieu qu'à deux seules pustules abortives.
17. — Les pustules cutanées sont presque toutes desséchées, et les papules qui leur servent de base diminuent et se décolorent. L'état général s'améliore également. Depuis ce jour, jusqu'au 27 du même mois, on fait en quatre fois cinquante-huit inoculations, toujours avec du pus virulent de chancres artificiels dans le commencement de la période de progrès, et parfaitement développés, car on ne le prend que sur celles qui sont soumises depuis peu de temps à la syphilisation. On ne put cependant jamais obtenir de résultats positifs.
1 i mars. — Sur la fin du mois de février, il survint une congestion hépatique avec un peu de réaction fébrile , et plus tard , elle fut compliquée d'une légère entérite. Les purgatifs salins que l'on employa d'abord , puis le huile de ricin, la diète et le repos, jugèrent cette maladie. On suspendit jusqu'à ce jour les inoculations. La syphilide s'améliore, et l'on voit se détacher de la surface de la peau des squames minces et blanchâtres ; l'alopécie n'a pas fait de progrès depuis que la malade est dans l'hôpital, et maintenant elle a cessé totalement. Il n'y a plus de pustules sur le cuir chevelu, et l'écaillement a beaucoup diminué.
Trente piqûres sans résultat. Sept le 16, avec du pus d'un chancre vulvaire induré datant de plus de deux mois, donnent lieu à six pustules qui, le 22, étaient des chancres larges de 2 mill. environ, et étaient cicatrisés le 2 avril.
23. — On fait un grand nombre de piqûres avec du pus d'une blennorrhagie, que l'on soupçonne être entretenue par un chancre endetirétral : toutes restent infructueuses
2 i. — On fait , entre ce jour-ci , le 27 mars et le 3 avril , cinquanteune piqûres. Le pus fut toujours pris sur des chancres artificiels récents et bien développés. On obtient trente -cinq petites pustules, dont un grand nombre furent abortives, et les autres s'ulcérèrent à peine, et furent guéries dans l'espace de 7 à 8 jours
5 avril. — La syphilide disparait rapidement. L'état général est assez bon.
!>i\ inoculations avec du pus d'une femme à qui on n'a fait qu'une seule inoculation . il se développe cinq petites pustules , qui sont lotulement desséchées huit jours après.
1 i. — L'écoulement critique, qui manquait depuis six mois, a reparu depuis trois jours. Cinq inoculations de pus virulent, sans résultat.
17. — La fille B. sort de l'hôpital. C'est à peine si l'on aperçoit encore quelques traces de l'éruption cutanée sur les extrémités inférieures Les cheveux repoussent, et l'écaillement du cuir chevelu a cessé depuis quelque temps. L'état général du sujet est excellent.
Le II mai 1852, elle revient à l'hôpital pour une petite déchirure n la fosse naviculaire , large de 2 niillim. située sur la cicatrice de l'ancien chancre. Elle saigne facilement, et ne présente pas du tout l'aspect virulent. Le 23, elle était parfaitement guérie, sans traitement local, et le 24 la fille B. sortait de nouveau de l'hôpital.
On ne voit plus de traces de la syphilide, et les cheveux deviennent toujours plus épais. Aucun symptôme d'infection vénérienne.
Le 25 juin 1852, elle est de nouveau envoyée à l'hôpital. L'examen des parties génitales fait voir une légère excoriation très-superficielle à la fourchette et une petite déchirure à la fosse naviculaire, à la base d'une grosse caroncule myrtiforme qui, s'opposant au libre passage du pénis dans le vagin, rend ces accidents très-faciles dans cet endroit. Ces ulcérations présentant un aspect douteux, le 30 on inocule, en trois points, sur une autre femme non syphilisée, le pus qu'on peut y recueillir ; on obtient deux pustules caractéristiques, dont le pus inoculé à cette même femme donne lieu de nouveau à une petite pustule.
On ne fit aucun traitement local, et le H juillet, l'ulcération de la fourchette était guérie ; la déchirure de l'orifice vaginal était cicatrisée le 18. Il parait que, dans cette circonstance, il y aura eu d'abord lacération, puis déposition de pus sur la surface dénudée de son épithèle. Cependant , ces ulcères n'avaient pas tous les caractères syphilitiques que l'on observe ordinairement.
Elle sort de l'hôpital le 19 juillet.
Le l(j août, je reçus de M. Castelli , médecin assistant de l'hôpital St.-.lean, une lettre, dont j'extrais les lignes suivantes, qui ont rapport à la fille B. : — « J'ai reçu le 12 de ce mois, dans l'hôpital St. -Jean, unecer- « taine Thérèse B., que nous avons reconnue être afTectée d'un chancre à « la fourchette ; chancre , du reste , bénin et superficiel. Elle me présenta ■ le billet de visite qu'elle avait subie peu de minutes avant son entrée, et « qui la déclarait parfaitement saine. » '
J'ai su ensuite de M. Castelli et de M. Pachiotti, tous deux assistants dans l'hôpital St. -Jean, que le chancre fût cautérisé deux fois, et que le 19 il était déjà en grande partie cicatrisé. Une recrudescence de la maladie empêcha qu'on ne l'examina de nouveau jusqu'au 24 août, jour ou il fut trouvé parfaitement cicatrisé.
Elle était allée à l'hôpital pour des accès de fièvre intermittente et une .congestion pulmonaire et cérébrale. Aucun symptôme d'infection constitutionnelle.
La rapide guérisonde cet ulcère, et l'état sain dans lequel l'avait trouvée peu de minutes auparavant uu des docteurs chargés de la visite ordinaire des prostituées, me permettent de supposer qu'il ne s'agissait ici que d'une simple déchirure.
Réflexions.
1 ' Les chancres que donnèrent les inoculations faites dans l'été de 1851 lurent petits et peu nombreux. Cependant, le cours de la syphilisation fut assez régulier, cl les dernières inoculations furent infructueuses, quoiqH*
Von se servît du même pus qui produisait des chancres chez d'autres femmes.
2° Trois mois après sa sortie de l'hôpital, se manifestèrent les symptômes d'infection constitutionnelle, mais déforme bénigne. On |inocule de nouveau le virus, mais on n'obtient que de petites pustules et des chancres peu étendus , et la syphilide disparait sans aucun autre traitement.
3" On pourrait demander si dix-neuf chancres peu étendus et de courte durée, et huit pustules abortives, ont pu conduire la malade à un degré complet de syphilisation.
Je crois ne pouvoir expliquer que par une condition particulière de l'organisme de cette femme, qui n'était pas capable de ressentir alors l'action du virus vénérien , les nombreuses inoculations sans résultat que l'on fit sur elle dans les mois de juillet et d'août 1851, car la virulence du pus que l'on employa, fut prouvée par les chancres qu'il détermina chez d'autres femmes sur qui il fut inoculé. Quelque soit la cause de cette insensibilité à l'action contagieuse du virus, la petite quantité qui fut absorbée ne put produire qu'une modification passagère chez cette malade , car trois mois après il se développa une syphilide, et les nouvelles inoculations que l'on fit cinq mois après, donnèrent des résultats |>ositifs. De l'examen comparatif de ce fait , avec un grand nombre d'autres qui portent sur des femmes syphilisées , qui n'ont eu jusqu'ici aucun symptôme d'infection générale, et qui, chaque fois qu'elles sont revenues dans le Syphilicôrae, ne portaient que des lacérations qui ne se convertirent jamais en chancres, comme cela arrive ordinairement chez.des femmes toujours exposées à de nouvelles infections, je crois pouvoir déduire que , pour obtenir une guérison radicale et une immunité durable, il est peutêtre nécessaire de faire naître un grand nombre de chancres, ou au moins, que ceux que l'on fait développer durent longtemps, et prennent une extension un peu vaste. De nouvelles expériences et des études multipliées pourront seules résoudre cette difficile question.
■4° Les pustules et les chancres qui se développèrent dans les mois de février et de mars 1852, furent toujours petits et de peu de durée. Doit-on l'attribuer à la méthode des nombreuses inoculations simultanées que l'on avait adoptée dans ce cas, ou à un degré quelconque de syphilisation déterminé par les inoculations de 1851 ? Je crois que ces deux causes peuvent avoir produit ce phénomène; mais je pense qu'on doit plutôt l'attribuer à la première qu'à l'autre. En effet, les pustules et les chancres qui se développèrent furent, à la vérité, petits, mais nombreux, phénomène que l'on observa également chez d'autres malades sur lesquels on suivit aussi la méthode des nombreuses piqûres simultanées , quoiqu'elles n'eussent jamais été soumises au traitement parles inoculations syphilitiques. En outre, on n'arriva pas même a obtenir l'immunité, car les dernières inoculations donnèrent encore des pustules. On est donc obligé de conclure que, chez cette femme, cinq mois suffirent pour faire évanouir totalement, ou à peu près l'état particulier dans lequel l'avaient mise les inoculations de 1851.
5° Le nouveau traitement par la syphilisation , tenté eu février et en mars 1852, fit disparaître la syphilide, et c'est là le point le plus im-
l>ortaut de cette observation. On m'objectera que l'on voit quelquefois les syphilides disparaître avec le temps, sans l'usage des remèdes antisyphilitiques. Je ne le nie pas; mais personne n'osera soutenir que si la guérison n'est pas radicale, bientôt, ordinairement même avantque l'éruption sesoil complètement évanouie, on ne voie reparaître les mêmes symptômes, ou d'autres beaucoup plus graves. Ici, l'on n'a rien vu de semblable. La syphilide est récente, et dans sa période de développement; à peine cependant a-t-on l'ait naitre un certain nombre de chancres artificiels, qu'elle s'arrête. De nouvelles inoculations la font dessécher et se décolorer, en un mot , marcher rapidement vers la guérison ; et maintenant , depuis près de cinq mois . le sujet n'a présenté aucun autre symptôme d'infection générale. La guérison parait donc être radicale, et il semble qu'on ne peut l'attribuer qu'il la syphilisalion.On me dira que les pustules et les chancres ayant été petits, et ayant sécrété très-peu de pus, n'auront pu exercer une grande influence sur la maladie vénérienne. Ce fait, à la vérité, est difficile à expliquer, à moins de dire que le nombre des chancres en a compensé la largeur. Maintenant, il suffit de noter que les inoculations ont fait disparaître la syphilide.
6° En juin 1852, elle rentra au Syphilieôme avec un nouveau chancre vulvaire. Cela ne doit pas étonner, car on a vu que les dernières inoculations produisaient encore des ulcères syphilitiques. La guérison , cependant, fut prompte et facile, sans que l'on ait été obligé de faire aucun traitement local, ni général.
Chancre vulvaire vaste et induré. — Syphilitation incomplète. — Guérison. — Xouvelle infection. — Guérison rapide sans aucun traitement antisyphilitique.
VICTOIRE Q„ jeune fille âgée de 22 ans, tempérament sanguin-lymphatique , bonne constitution, menstruation régulière, entrée au Svphilicôme le 1 G avril 1851.
Elle a un vaste chancre induré à la fosse naviculaire. C'est la troisième fois qu'elle est infectée ; il y a environ deux mois qu'elle est malade. La cuisse droite et la jambe gauche offrent plusieurs cicatrices d' ulcères secondaires , qui se manifestèrent il y a deux ans, et pour lesquels elle fit un long traitement mercuriel hors de l'hôpital. Dans les mois d'août et de septembre 1850, elle entreprit un nouveau traitement mercuriel , en prenant un gramme et demi de protoiodure de mercure , en pilules , pour un autre chancre vulvaire un peu induré.
il avril. — On lui fait , avec du pus de son chancre vulvaire , trois inoculations sur le ventre , mais on n'obtient aucun résultat.
29. — Trois inoculations sur la région ombilicale, et quatre le 1er mai. avec du pus pris sur une autre femme : sept chancres.
;îl mai. — Des accès de fièvre intermittente suivis d'irritation as-
trique, m'ont obligé de suspendre l'expérience jusqu'à ce jour. Le chancre vulvaire est aux deux tiers cicatrisé, sans qu'on ait cherché à provoquer sa guérison par aucun moyen local.
Les chancres artificiels sont encore ouverts et virulents : ils ont environ deux centimètres de large.
On fait trois inoculations avec du pus d'un chancre vulvaire douteux, d'une femme nouvellement entrée à l'hôpital; on n'obtient aucun résultat; on répète l'expérience le 11 juin^ mais toujours inutilement.
16 juin. — Le chancre vulvaire est cicatrisé ; trois des chancres artificiels commencent à perdre l'aspect virulent.
Deux inoculations avec du pus virulent, ou que du moins l'on croit tel, mais sans résultat.
9 juillet.— On fut obligé de suspendre de nouveau l'expérience, à cause de la réapparition de la fièvre intermittente. On la reprend aujourd'hui en faisant deux piqûres ; elles sont suivies de deux pustules. Tous les chancres artificiels sont cicatrisés depuis quelques jours.
11 août. — La malade ayant été atteinte d'une métrite grave à la suite d'un engorgement utérin produit par la suppression subite du flux menstruel qui commençait , on fut obligé de suspendre encore les inoculations pendant plus d'un mois. On dut faire huit saignées et deux fortes applications de sangsues à la région hypogastrique pour dompter cette inflammation. Pendant la convalescence , la malade eut de nouveau quelques accès de fièvre intermittente, dont on triompha en ayant recours aux fébrifuges.
Six inoculations : six chancres. Ils ne dépassent pas 6 mill.; le 25 , cinq étaient déjà guéris, et le sixième en voie de cicatrisation.
22 août. — Sept piqûres , renouvelées le 23 : toutes infructueuses.
31. — Le chancre artificiel, qui était encore ouvert le 23, est guéri depuis deux jours. H y a longtemps que l'induration de la fosse naviculaire a disparu. L'état général est satisfaisant. La malade est cependant très-sensible aux miasmes endémiques dans cette localité; aussi, de temps en temps, elle a des accès de fièvre intermittente, malgré l'emploi presque continuel des sels de quinine. Elle n'a eu que sept chancres qui aient duré longtemps, et pris une étendue considérable.
Les deux qui se développèrent à la suite de l'inoculation du 9 juillet , durèrent une vingtaine de jours, et les six auxquels donna lieu celle du 11 août donnèrent peu de pus, et guérirent dans l'espace de 12 à 15 jours. L'expérience, que l'on fut souvent obligé d'interrompre pour de longues maladies, dura quatre mois et demi. La fille Q. sort aujourd'hui de l'hôpital.
S octobre 1851. — Elle rentre au Syphilicôme pour une ulcération à la fosse naviculaire, de la longueur de 12 mill. et de la largeur de 3, vers sa moitié. A son entrée , on avait jugé d'abord que ce n'était qu'une plaie déchirée suppurante , car il y avait eu réellement lacération de la cicatrice de l'ancien chancre. Mais l'inoculation de ce pus sur deux autres femmes, donna lieu chez toutes deux à des ulcères syphilitiques; aussi, quoique cette ulcération n'eût pas tous les caractères du chancre, cependant on la reconnut pour être syphilitique.
toi OBSERVATION V.
A son entrée à l'hôpital, elle était en outre sujette à des accès de fièvre quarte.
La menstruation , dans le mois de septembre , Eut facile et abondante.
7. — On inocule en quatre points le pus du chancre vulvaire sur la fille V. (V. Obs. XCI.J, sur laquelle on commence le traitement syphilisant, et le même jour on inocule à la même fille V. du pus d'un chancre en voie de progrès d'une autre malade. Le 10, on voit trois pustules sur les points où l'on a inoculé le pus des chancres de la fille Q., et quatre sur ceux où l'on a inoculé celui de l'autre femme.
8. — On fait , sur une femme nouvellement entrée , deux inoculations avec du pus de la fille Q. On obtient deux pustules, qui ne sont pas encore ulcérées le 19, et sont parfaitement guéries le 23.
18. — Les chancres qu'a produit chez la fille V. l'inoculation du pus pris sur le sujet de cette observation, ont 5 ou G millimètres de large, tandis que ceux qu'ont occasionné les piqûres faites avec celui de l'autre femme, ont de 10 à 18 millimètres. Les uns et les autres, du reste, étaient cicatrisés le 28 octobre.
Le chancre vulvaire est en partie guéri.
20. — Le chancre de la fosse naviculaire est parfaitement cicatrisé.
20. — La fille Q. sort de l'hôpital ; elle est guérie aussi de la lièvre intermittente. L'état de sa santé est excellent.
Elte rentre le 9 septembre 1832, affectée de la gale, d'un ulcère au côté gauche de l'orifice vaginal près de la fosse naviculaire, large d'environ un centimètre et demi, ni induré, ni douloureux; qui n'est plus virulent, et commence déjà a se couvrir de bourgeons vasculaires. Elle se plaint en outre d'accès de fièvre intermittente et de douleurs dans l'hypochondre droit, les articulations fémoro-tibiales, scapulo-hum< raies, numéro-cubitales, radio-carpiennes, douleurs qui deviennent plus vivessous l'action du froid, et diminuent pendant la nuit. Les articulations hurnéroeubitales sont quelquefois le siège d'une tuméfaction passagère. Il y a aménorrhée depuis cinq mois. Il y avait environ deux mois qu'elle se trouvait dans un Hôpital de province pour fièvre, ictère, et des douleurs articulaires plus vives que celles qu'elle ressent actuellement. On lui fit un grand nombre de saignées, on lui administra quelques purgatifs de rhubarbe, et 60 pillules, dont elle ignore la composition; peut-être étaient elles fébrifuges, peut-être aussi antisyphilitiques. Huit jours avant d'entrer dans notre Hôpital, elle avait contracté le chancre vulvaire qu'elle a maintenant, qui s'était considérablement enflammé et étendu, pendant les fréquents accès de fièvre auxquels elle avait été sujette.
Aussitôt après son entrée au Syphilicôme, on lui administra le sulfate de quinine à haute dose; elle fut ainsi délivrée de la fièvre intermittente, et l'engorgement du foie diminua rapidement. Avec la fièvre disparurent presque complètement les douleurs articulaires. On eut ensuite recours a quelques purgatifs doux (manne, huile de ricin) , et au tartre stibié pour la guérir d'une légère bronchite qu'elle avait contractée dans l'Etablissement, à la suite des bains sulfureux qu'on lui avait administrés contre la gale.
OBSERVATION V. i35
20 septembre. — Le chancre vulvaire est stationnaire ; il est couvert de quelques grosses caroncules myrtiformes qui y entretiennent un suintement muqueux considérable , et en empêchent probablement la guérison ; 011 les récise aujourd'hui.
16 octobre. — Depuis quelque temps la malade est affectée d'une toux continuelle, et l'appétit diminue. Un vésicatoire que l'on avait appliqué sur la région sternale lui ayant procuré un soulagement notable, on en applique aujourd'hui un nouveau à la même place , et on administre encore de temps en temps des préparations de quinine.
9 novembre. — Les accès de fièvre ont reparu ces jours passés, et furent accompagnés, pendant qu'ils durèrent, de douleurs au foie : — on prescrivit de nouveau le sulfate de quinine, et on fit trois applications de sangsues, une à l'hypogastre, et deux à l'anus.
Ce matin, la fièvre paraît vaincue, et la douleur hépatique a diminué. Cependant la toux persiste, et il y a amaigrissement considérable ; l'appétit est médiocre, mais la digestion est difficile. Les douleurs articulaires ont cessé complètement. Le chancre vulvaire est a moitié cicatrisé.
On prescrit l'iodure de potassium dans le but de résoudre l'engorgement du foie et de la rate, et d'améliorer l'état général.
17 novembre. — Pendant ces trois jours la malade fut en proie à une fièvre continue compliquée de congestion pulmonaire et d'une légère hémoplitisie: — trois nouvelles applications de sangsues, seigle ergoté pendant deux jours. Ce matin la fièvre et l'hémophtisie ont disparu.