‹ La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennesChapitre 4 sur 90 · SUR L INOCULATION SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

SUR L INOCULATION SYPHILITIQUE

même nature, capables de se reproduire indéfiniment par de nouvelles inoculations, et suivis quelquefois de l'infection constitutionnelle, comme ceux que l'on contracte dans l'acte du coït avec une personne infectée.

Une vérité, si clairement démontrée, trouva cependant d'habiles contradicteurs qui, partant d'idées préconçues, cherchèrent par de subtils raisonnements, et même par des expériences à jeter le doute dans l'esprit de ceux qui depuis celles de Hunier considéraient la réalité de l'existence du virus syphilitique comme un dogme scientifique inébranlable. Ainsi les écrits de Bru, Caron, et surtout de Richond des Brus, Devergie, etc. poussèrent une foule de savanlsdislingués à répéter les expériences de Hunier, à en étudier attentivement la marche, et à donner enfin une décision définitive sur un argument aussi important.

Telle fui l'origine de celte lutte dans laquelle les défenseurs des deux doctrines opposées tinrent pendant longtemps les esprits en suspens cl dans l'incertitude par de fréquentes et alternatives publications.

Enfin M. Ricord appuyé sur la logique inébranlable d'une masse d'expériences pratiquées sur une grande échelle dans l'hôpital du Midi à Paris, terminait ces débats en donnant une sanction irréfragable à la doctrine de Hunter et de ses adhérents.

Mais si l'existence du virus syphilitique fut universellement admise avec lui, il n'en fut pas de même de certaines opinions qu'il émit sur diverses questions qui avaient trait aux maladies vénériennes, et qu'il prétendait être appuyées sur des expériences. Bien plus on tira de la répétition de ces mêmes expériences une foule d'arguments pour en démontrer l'inexactitude, ainsi que nous le prouverons à mesure qu'on les examinera dans le cours de l'histoire de l'Inoculation.

10 APPERro HISTORIQUE

Quelle est la valeur de l'inoculation artificielle comme moyen de diagnostic, pour distinguer les maladies de nature réellement syphilitique de celles qui ne le sont qu'en apparence ?

Pour répondre à cette question, il faut l'examiner sous deux points de vue. En effet, on a pratiqué des inoculations pour connaître: 1° Si, un ulcère étant donné, il est vénérien, ou non ; 2° Si la blennorrhagie est syphilitique, ou si elle ne l'est pas.

Il y a peu de choses à dire sur le premier point. Depuis l'expérience de Hunter, on avait dû nécessairement conclure que l'inoculation était le plus sûr moyen de diagnostic pour décider si l'on avait affaire à un chancre, ou à un ulcère simple. Se développe-t-il une pustule caractéristique? c'est n chancre. IV obtient-on qu'un résultat négatif ? ce n'est pas, ou ce n'est plus un chancre. C'est là le principe proclamé aussi par M. Ricord; mais il fait observer en môme temps qu'il n'y a que le chancre en voie de progrès, ou dans la période de stase qui peut fournir du pus inoculable, et que passé ce temps, ce moyen de • diagnostic est inutile. De là on voit que si on lui attribuait une trop grande valeur, on serait souvent induit dans des erreurs graves. L'inoculation n'aurait donc pas d'autre utilité que celle de savoir si le pus de l'ulcère est encore contagieux, ou s'il ne l'est plus, ce qui est d'une importance assez secondaire. Il ne faudrait pas cependant mépriser ce résultat, parce qu'on ne peut diagnostiquer le chancre ni par sa durée, ni par ses caractères objectifs.

Tout ce que nous venons de dire relativement aux chancres en général, peut s'appliquer à ceux qui se développent, à la suite de l'inflammation et de la suppuration des

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glandes lymphatiques. Parmi les nombreuses causes communes qui entrent dans l'éliologie des adénites, spécialement inguinales et fémorales, aucune n'est plus fréquente que l'absorption du virus syphilitique faite par les capillaires lymphatiques qui le déposent dans les glandes avec lesquelles ils communiquent. L'inflammation excitée par la présence de cette substance hétérogène à l'économie, et d'une nature sut generis, et l'ulcère également spécifique qui en résulte, caractérisent le chancre ganglionnaire. Cela posé, il résulte que le moyen le plus sûr pour connaître la véritable nature d'un ulcère ganglionnaire d'un aspect douteux, est l'inoculation du pus qu'il sécrète. Si l'ulcère est virulent, on obtiendra la pustule caractéristique. Les inoculations sont un moyen précieux de diagnostic surtout dans le cas où l'on a affaire à des bubons dits d'emblée, c'est-à dire qui n'avaient pas été précédés d'ulcères dans les points qui s'étaienfr trouvés en contact immédiat avec le virus syphilitique. M. Ricord pour ne pas démolir lui-même l'édifice qu'il avait élevé, ne devait pas les admettre, et il ne les admit pas, en traitant d'observateurs inexacts ceux qui en avaient rapporté des exemples. Mais le nombre des faits, la loyauté reconnue, l'habitude d'observer les maladies vénériennes de la plupart des auteurs de ces observations, et les' cas que j'ai été à même de voir dans ma pratique, ne permettent pas de douter de leur existence.

Le deuxième point ouvre un champ plus vaste aux discussions. Quelle est la nature de la blennorrhagie? Conslitue-t-elle un véritabTë^sympfôme syphilitique , ou bien estelle le produit d'un virus particulier blennorrhagique? ou n'est-elle que l'effet d'une inflammation catarrhale ordinaire, occasionnée par le pus blennorrhagique qui agirait comme un topique irritant quelconque?

L'inoculation rendit de grands services pour arriver à la solution de cette question.

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