‹ La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennesChapitre 56 sur 90 · La gastro-entérite et la diarrhée ont cessé · texte numérisé non relu

La gastro-entérite et la diarrhée ont cessé

Les taches laissées par les ulcères ecthymateux pâlissent , un grand nombre de papules ont disparu, et celles qui restent encore s'écaillent de toutes parts. 11 n'y a plus que les tubercules muqueux de l'ombilic qui sécrètent une petite quantité de pus.

Les pustules de la dernière inoculation ne se sont pas ulcérées.

Dix inoculations et cinq le 12 avec du pus de chancres artificiels d'autres femmes : quatorze petites pustules.

23. — On fait, avec du pus de chancres artificiels d'une autre femme, quatre inoculations sur la cuisse droite : elles sont suivies d'autant (le pustules.

51. — Les pustules produites par les inoculations du 50 novembre, du 7 et du 1 2 décembre ne se sont pas ouvertes, et se sont desséchées dans l'espace de 7 à 9 jours. Au contraire, celles qui ont succédé aux inoculations faites le 25 sur la cuisse droite, se sont ulcérées et sont un peu douloureuses.

L'état général s'améliore tous les jours, l'appétit est excellent, et la menstruation a eu lieu ces jours passés, et a été très-abondante. La guérison de la syphilide fait tous les jours de nouveaux progrès, et depuis quelques jours les tubercules muqueux de l'ombilic ont disparu. L'alopécie paraît s'arrêter, et les cheveux commencent à repousser. L'ulcère fongueux de la malléole interne de la jambe droite est cicatrisé.

Elle a prit en tout 29 gram. d'iodure de potassium.

Réflexions.

1° Cbez cette femme, les premiers chancres artificiels furent larges, douloureux , enflammés et presque phugédéniques : cela dépend probablement de ce qu'on fit les inoculations en trop petit nombre et à des intervalles trop éloignés.

2" Un chancre artificiel arrivé à la période de réparation ne marchait pas vers la cicatrisation parce qu'il était couvert de fongosités ; on crut devoir recourir au nitrate d'argent pour les détruire. Bien plus, comme je le dirai ailleurs , les chancres artificiels qui ne fournissent plus de pus virulent, ayant probablement perdu la qualité s>pbilisante , je crois qu'il serait convenable de hâter leur guérison par quelques cautérisations , afin d'en abréger la durée, car on voit souvent se développer de semblables fongosités.

3 (Quoique la syphilisation ne fût pas très-avancée, cependant l'introduction dans le vagin de plumasscaux de charpie imprégnés de pus virulent, ne produisit aucun symptôme syphilitique.

A" On observa chez celle femme la diminution successive des chancres.

5" On ne put pas obtenir la syphilisation complète , ce qui arrive quelquefois , lorsque les malades se voyant guéris , ne veulent plus se soumettre aux inoculations qui seraient nécessaires.

Remarquons que chez ce sujet , comme chez tous ceux qui ont la fibre molle et un tempérament lymphatique , il faut un temps trèslong pour obtenir la syphilisation complète. Dans des cas semblables, je n'ai pas cru pouvoir répéter suffisamment les inoculations, pour ne pas prolonger de trop le séjour de ces femmes dans l'Hôpital. Je leur ai permis de sortir lorsque les dernières inoculations ne donnaient plus que des pustules aborlives.

6" Ce fait soulève plusieurs questions de la plus haute importance : 1" La syphilis constitutionnelle fut-elle l'effet des infections qui précédèrent les inoculations, ou des chancres artificiels, ou enfin de l'urétrite blenuorrhagique dont elle fut récemment affectée ?

Cette femme est sypbilisée depuis une année, et pendant tout ce temps, il ne s'est manifesté aucun symptôme d'infection générale. Elle est entrée dans le mois de mai 18'>2 à l'Hôpital St-.lean, affectée d'une ophthalmie pour laquelle on lui fil dix saignées. Ni l'iris, ni la membrane de l'humeur aqueuse n'ont participé à la phlogose oculaire , car on ne voit aucune des lésions qui succèdent à l'iritis syphilitique , et ses yeux sont actuellement dans un état normal. Avant cette maladie , elle a joui pendant neuf mois d'une santé parfaite. Dès qu'elle eut été guérie de cette ophthalmie . elle recommença la vie de

prostituée , et dans les premiers jours du mois d'août , elle contracta une blennorrhagie urétrale. Elle entra au Syphilicôme le lt : on voit un écoulement de matières séro-purulentes . mêlées à du sang , si on comprime l'urètre, et un engorgement des glandes lymphatiques. plus sensible du côté droit. On inocula sans résultat , sur une autre femme non syphilisée, la matière séro-purulente sécrétée par l'urètre, l.e repos, une abondante menstruation , et de simples moyens locaux font disparaître rapidement t'urétrite et l'adénite. Elle sort le tfl septembre. Elle rentre le i octobre affectée de symptômes de syphilis constitutionnelle, qui se sont manifestés environ un mois et demi après qu'elle eut contracté la blennorrhagie,

One année entière s'était écoulée sans qu'il se fût manifesté de symptômes d'infection syphilitique, quoiqu'elle eut absorbé une grande quantité de \ i rus pendant le traitement sypbilisant, et il est bien rare que l'on voie la syphilis constitutionnelle se déclarer plus de six mois après l'infection primitive: il me parait donc que je suis autorisé à conclure que la syphilis constitutionnelle qui se manifesta chez celte femme, presque complètement syphilisée, ne doit être attribuée ai à l'infection qui précéda l'inoculation, ni aux chancres artificiels, mais plutôt à l'urétrite blennorrhagique qu'elle avait contractée tout récemment.

Mais quelle était la condition pathologique de cette urétrite? L'inutilité de l'inoculation du pus urétral sur une femme non syphilisée, prouve qu'il n'y avait pas de chancres cndo-iirétral larvé. Ne serait-ce peut-être pas une de ces urétriles produites par le pus des tubercules nniqueux, et qui sont presque toujours suivies de symptômes de syphilis constitutionnelle ?

Des moyens fort simples, le repos, la menstruation suffirent pour obtenir la résolution de l'adénite, c'est ce que l'on observe pour les bubons consécutifs aux tubercules muqueux. La syphilide se manifesta un mois et demi environ après qu'elle eut contracté l'urétrite, et c'est précisément l'espace de temps qui s'écoule ordinairement entre l'apparition des tubercules muqueux qui n'ont pas été précédés de chancres, entre la manifestation de l'urétrite déterminée par des tubercules muqueux, urétrite (pie je crois spécifique, et l'apparition de la syphilis constitutionnelle.

Ces considérations me portent à croire que la blennorrhagie, contractée

par cette fdle dans le mois d'août, était syphilitique, et que l'infection

générale qui se manifesta dans le mois d'octobre en fut la conséquence.

2' Pourquoi la syphilisation n'a-t-elle pas prévenu chez cette fille le

développement de la syphilis constitutionnelle?

Elle n'avait pas été complètement syphilisée, et elle est peut-être un de ces individus chez lesquels il faut une quantité considérable de virus pour obtenir l'immunité. Cependant le degré de syphilisation qu'avaient déterminé les inoculations, avait suffi pour empêcher pendant une année le développement de la syphilis constitutionnelle. Dans le mois d'août, peu de temps après avoir été saignée dix fois pour une oplithalmie, elle contracta une blennorrhagie urétrale. L'immunité se perdit; elle eut de nouveaux symptômes vénériens, et la syphilide ne tarda pas à se développer. Ne pourrait-on pas attribuer ces résultats aux nombreuses

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saignées qu'on lui fit dans l'espace de quelques jours, et qui auraient ainsi détruit les effets de l'action salutaire de la syphilisation? J'ai observé quelques autres faits qui paraissent venir à l'appui de cette induction ; mais une question d'une si haute importance ne pourra être résolue que par de nouvelles observations, et par le temps.

3° Le degré de syphilisation obtenu en 18M persiste-t il encore entièrement?

L'immunité presque parfaite dont jouissait cette femme ne fut que trèspeu diminuée. Les dernières inoculations qu'on avait faites avant qu'elle sortit de l'Hôpital au commencement de septembre 1851 , donnaient encore naissance il de petites pustules; et celles que je crus devoir répéter dans les mois d'octobre, novembre et décembre 1832, pour la guérir de la syphilide, ne donnèrent lieu qu'à de petits ulcères et à des pustules fugaces.

Ce fait, considéré sous ce point de vue, est aussi d'un très-grand poids, pareequ'il prouve que l'immunité n'avait été perdue, qu'en partie pendant une année.

4° De petits chancres artificiels, et des pustules abortives, quoique de peu de durée, suffirent pour faire disparaître les symptômes de syphilis constitutionnelle. La syphilisation fut aidée par l'usage de l'iodure de potassium, qui servit a produire une amélioration rapide dans l'état général, et qui, par son action irritante sur la peau, prolongea un peu la durée des pustules, qui fournirent ainsi plus de matériaux à l'absorption.

Quelques inoculations faites sur la cuisse droite le 23 décembre, donnèrent lieu à des ulcères, qui prirent un peu plus de développement que les derniers, pareeque cette fille se promenait beaucoup, et l'on vit aussitôt la syphilide s'améliorer plus rapidement.

5" Lorsque j'eus vu la syphilis constitutionnelle se manifester chez cette fille, je tentais de nouvelles inoculations, au lieu de suivre l'avis de quelques Collègues qui voulaient la soumettre à un traitement mercuriel. Voici les raisons qui m'y déterminèrent:

Deux autres femmes syphilisées avaient été atteintes de syphilis constitutionnelle, et elle disparut à la suite de nouvelles inoculations.

J'avais vu dans quelques autres cas les symptômes de syphilis constitutionnelle qui s'étaient manifestés pendant une suspension des inoculations, se dissiper lorsqu'on les recommençait.

On ne les avait pas continuées chez cette femme jusqu'à l'immunité absolue.

Le mercure ne prévient pas souvent l'infection générale, quoique administré pendant longtemps et à hautes doses; il arrive quelquefois qu'il n'empêche pas une nouvelle manifestation de la syphilis constitutionnelle : cependant on le prescrit de. nouveau lorsqu'il y a des récidives, et on ne le déclare pas pour cela inutile et dangereux.

On n'abandonne pas la pratique de la vaccination, quoiqu'on ait vu des cas où elle ne préserva pas de la petite-vérole.

Je n'avais jamais vu révidiver les symptômes de syphilis constitutionnelle chez les sujets qui en avaient été complètement guéris par les inoculations; je n'avais jamais observe que la syprîilîsaTlbîi, après avoir fiit dis-

ÔOk OBSERVATION LIV.

paraître les symptômes de l'infection générale, eût ensuite porté préjudice aux malades: en conséquence, j'ai cru pouvoir en toute sécurité, soumettre de nouveau cette fille aux inoculations, dans l'intention d'étudier sous tous ses aspects ce fait qui présentait un si haut intérêt.

J'étais toujours disposé du reste à recourir aux mereuriaux si j'avais vu qu'il fût résulté le moindre inconvénient de ces nouvelles inoculations; si les chancres artificiels n'avaient pas produit leurs salutaires effets habituels, si l'apparition de quelque symptôme grave en avait réclamé impérieusement l'emploi , ou enfin si je n'avais pas pu faire naître une quantité suffisante de chancres artificiels.

Le bon résultat que j'obtins confirma l'utilité de ma pratique, parceque je pus et secourir la malade, et compléter le plus possible l'étude de h syphilisatron.

Chancre au col de l'utérus. — Tubercules muqueux à la vulve. SyphilisQtion — Guérison.

ANNU.NZIATA V., âgée (le 08 ans, tempérament lymphatique, constitution médiocre, menstruation régulière , — entrée au Syphilicôme le 2 i mars I S.'i I .

Elle a un vaste chancre à la lèvre postérieure et à l'orifice du col utérin , et des tubercules muqueux naissants à la vulve ; sa maladie date, selon elle, de 19 jours, c'est sa seconde vérole; dans la première elle eut aussi des chancres, mais elle ne fit qu'un traitement local.

26 mors. — Deux piqûres sur la cuisse gauche, et deux sur l'abdomen avec du pus de son chancre • le 29 on voit quatre petites pustules sur les points inoculés.

■10 avril. — Les chancres artificiels ont 8 millim. et continuent a faire des progrès. On fait trois nouvelles piqûres avec le pus qu'ils fournissent, et l'on obtient trois pustules.

I 1. — Le chancre du col utérin commence à devenir granuleux, spécialement vers l'orifice externe. Les tubercules muqueux ont prcsipudisparu.

Une piqûre faite sur l'abdomen avec du pus de ses chancres artificiels, donne naissance à une pustule. Six inoculations le 18: autant de pustules.

21. — Deux inoculations sans résultats, ainsi que deux autres faites le 28. Ce même jour (28), on porte dans l'anus de la charpie imprégnée de pus

virulent, mais il ne se développe aucun symptôme vénérien.

8 mai. — Les chancres artificiels des deux premières inoculations sont en voie de cicatrisation: deux ont 8 millim., et cinq M, millim. Le chancre du col utérin a un bel aspect et ne parait plus virulent.

22. — Quatre chancres artificiels sont encore ouverts, mais ils sont en voie de cicatrisation.

Deux piqûres sur l'abdomen : le 2o on voit deux pustules.

On les répète en trois points le 26 et le 29, mais l'on n'obtient que quelques petites pustules.

3jum. — Le chancre du col utérin est guéri, mais il est resté des granulations fongueuses sur l'endroit qu'il occupait et sur la lèvre antérieure. On les cautérise avec le nitrate acide de mercure. 11 ne reste plus de traces des tubercules muqueux.

Trois inoculations sur l'abdomen, et autant le 6 et le 7, donnent lieu à neuf pustules.

11. — Les anciens chancres artificiels sont cicatrisés. Ceux des trois dernières inoculations sont petits et peu douloureux. On répète la cautérisation des granulations du col utérin.

On fait trois nouvelles piqûres, qui ne donnèrent aucune pustule, peut-être à cause de la qualité du pus : car les ayant répétées en nombre égal le 13 et le 20, il en résulta six pustules.

21. —Treize petits chancres fournissent encore du pus ; quelques uns d'entre eux commencent déjà à être en voie de cicatrisation : aucun n'a plus de i millimètres.

Depuis ce jour, jusqu'au 1i juillet, on fit en six fois 20 inoculations, qui donnèrent 17, petites pustules. Elle s'ouvrirent, mais les petits chancres, qui en résultèrent, ne durèrent pas plus de 12 à 15 jours. Ils avaient encore cependant l'aspect virulent.

il juillet. — Depuis ce jour, jusqu'au 11 août, on fit soixante-quinze inoculations: il en résulta quatre fois de petites pustules abortives, qui guérirent toujours en 5 ou 8 jours, et six fois elles furent sans effet.

Le 20 juillet il n'y a plus aucun chancre artificiel qui suppure.

On répète encore de temps en temps la cautérisation des granulations (lu col utérin ; peu-a-peu elles allèrent en diminuant , et maintenant elles ont totalement disparu.

29 août. — La femme V. a donné de temps en temps des marques d'aliénation mentale ; maintenant jouit d'une santé florissante ; on lui permet de sortir de l'établissement, où elle est restée cinq mois et cinq jours. Elle a pris sept bains sulfureux ; elle porte un grand nombre de cicatrices des chancres qu'on lui a inoculés : deux sur la cuisse gauche et trois sur l'abdomen ont 12 ù 14 millim. , les autres sont progressivement plus petites (I).

Réflexions.

1" Les premiers jours on pratiqua les inoculations à des intervalles assez longs, ce qui fut cause que les chancres artificiels prirent une extension considérable. Mais depuis qu'on les fit à des époques plus rapprochées et en plus grand nombre, les chancres devinrent très-petits.

(1) J'ai su depuis par M. le docteur Schina. médecin ordinaire de l'Hôpital Suint Jean, que celle femme se trouvait dans son service pendant le mois d'octobre I 851 , affectée J'uno encéphalite aiguë, et qu'elle y mourut après quelques jours de maladie. L'autopsie confirma lo diagnostic. Mais il faut observer en même temps, que ce même médecin m'assura n'uvoir pas remarqué sur elle le moindre symptôme qui put laisser soupçnner l'evistenec d'une affection vénérienne.

2* On ne remarqua aucune différence notable dans la marche, l'extension et la durée des chancres inoculés le 26 mai sur l'abdomen et sur la cuisse gauche.

3' La diminution successive en largeur des chancres inoculés suivit une marche régulière.

4' Du pus virulent ayant été porté sur la muqueuse de l'anus, et laissé à demeure pendant un certain temps , ne produisit aucun symptôme syphilitique, quoique la syphilisation ne fût pas encore bien avancée.

Chancres vulvo-urétraux indurés. Blennorrhagie urétrale. Tubercules muqueux vulvaires. — Syphilisation. — Cautérisation du canal urétnd. i— Guêrison.

DOMEMCA C. âgée de 18 ans, tempérament sanguin -lymphatique , constitution robuste, bien réglée, entrée au Syphilicôme le 31 niai 1851, Elle a un chancre induré, qui du méat urinuire, dont il a corrodé une petite partie du côté droit , s'étend plus d'un centimètre dans le canal urétral et en occupe toute la circonférence , — deux autres indurés et presque cicatrisés vers le clitoris, — un abondant écoulement urétral muco-purulent , - — et enfin des pustules humides naissantes à la vulve. En outre, elle est affectée d'une fistule anale, qui existe depuis quelque temps, et qu'elle n'a jamais voulu laisser opérer.

Il y a environ un mois qu'elle est malade , et jusqu'à présent elle n'a encore fait aucun traitement. Elle a déjà contracté cinq autres infections: deux fois des chancres, une autre fois des chancres et des tubercules muqueux qui guérirent par un simple traitement local. En 1848, elle eut de nombreuses excroissances vulvaires : on les coupa et on les cautérisa : ensuite elle fit 40 frictions de 3 gram. chacune d'onguent mereuriel. Dans les mois de janvier et février 18ôd , elle eut un chancre induré, qui devint gangreneux sous l'influence d'une angioïte pour laquelle on lui fit plusieurs saignées; lorsque la gangrène eut cessé, comme il restait encore un peu d'induration, on lui prescrivit, à doses réfractées , deux gram. de protoiodure de mercure.

ô juin. — Après lui avoir fait prendre un bain, on commence l'expérience , et on lui fait sur la région hypochondriaque droite trois piqûres avec le pus de son chancre urétral : — le 5 on voit déjà deux pustules.

o. — Trois nouvelles piqûres , que l'on répète les 7, 11 , 16 et 19; toujours elles donnent trois pustules, excepté celles du 16 et du 19 qui n'en donnent que deux.

22. — Les pustules humides ont disparu , et il n'en reste plus que les traces sur les grandes lèvres. Le chancre urétral est stationnaire ; les deux autres chancres vulvaires sont guéris. Les chancres artificiels des quatre premières inoculations ont de 8 à l3

OBSF.UVAT10N LV. 507

milllm, de large , et quelques-uns d'entr'cux sont légèrement indurés.

La menstruation , qui a été ce mois-ci moins abondante qu'à l'ordinaire, fut remplacée par une légère hémophtisie qui nous obligea de suspendre l'expérience. Quelques jours de diète ; — infusion de 5 grammes de seigle ergoté, continuée pendant trois jours consécutifs : ■ — l'Iiémophlisie s'arrête aussitôt , et la menstruation se manifeste en abondance.

{"•juillet. — Deux inoculations donnent lieu à une seule pustule. Trois autres le -{ : trois pustules.

8. — Quatre des chancres artificiels (non compris ceux des deux dernières inoculations) paraissent encore virulcns. Trois sont ouverts, mais en voie de cicatrisation, et les autres sont cicatrisés. Le chancre urétral s'améliore.

Deux piqûres donnent lieu à deux pustules abortives.

15. — Le chancre urétral est en partie cicatrisé ; l'induration qui l'accompagnait a un peu diminué , ainsi que celle des deux autres chancres en voie de cicatrisation qu'avait la malade lors de son entrée à i'IIè.pital.

Trois inoculations, quatre le 18 et le 23 , donnent lieu à autant de petites pustules qui s'ulcèrent el offrent tous les caractères classiques.

27. — Il ne reste plus que les chancres des deux dernières inoculations, et un de celle du 15; ils ont environ trois millim. et ne sont pas trèsdouloureux. Le chancre urétral est presque cicatrisé ; il y a encore cependant un peu d'écoulement d'une matière muqueuse blanchâtre, qui se fait par l'urètre.

Ou fait cinq piqûres sans résultat, avec le pus de ses chancres artificiels. On les répète le 28 avec du pus virulent pris sur une autre malade , également sans résultat.

2 août. — Quatre piqûres et six le 7 : il en résulte sept pustules aborthes, qui guérissent dans l'espace de 8 à 9 jours. Six autres piqûres le 13 restent sans résultat.

15. — Tous les chancres artificiels et celui de l'urètre sont guéris; il reste cependant encore un peu d'induration à l'urètre. L'écoulement urétral continue , mais il n'occasionne ni douleur , ni cuisson ; c'est pourquoi on cautérise la muqueuse du canal avec un crayon de nitrate d'argent.

Dix inoculations répétées le 20 : toutes donnent lieu à de petites pustules , dont quelques unes s'ulcèrent encore; mais toutes étaient desséchées dans l'espace de 8 à 10 jours.

22. — On cautérise de nouveau le canal urétral , et on fait douze autres piqûres , qui sont suivies de petites pustules abortives.

28. — Depuis ce jour, jusqu'au 4 octobre , on fait en cinq fois vingtdeux inoculations, les trois premières avec du pus virulent, qui inoculé sur d'autres femmes , donna des résultats- positifs , el les deux dernières, avec du pus d'une qualité douteuse. Toutes ces inoculations restent infructueuses.

On fut obligé pendant près d'un mois , du 28 août au 21 septembre , de suspendre l'expérience , en partie à cause de l'indocilité de la malade , et en partie pour de légères douleurs intestinales dont elle se

plaignait de temps en temps, [et que firent disparaître quelques doux laxatifs.

19 octobre. — Il ne reste plus de traces du chancre urétral. L'induration que l'on observait dans les points occupés par les chancres vulvaires a disparu , l'écoulement urétral a cessé complètement. On fit cependant quelques injections de liqueur de Laharraque étendue dans de l'eau, afin d'en finir avec cet écoulement.

La fille C. sort aujourd'hui du Syphilicôme : sa santé est excellente; la menstruation eut lieu ces deux derniers mois , sans aucune complication. Elle prit quatre bains sulfureux sur la fin du traitement.

Toutes les piqûres ont été faites sur les régions supérieures de l'abdoi men. On voit sur les cùtés huit cicatrices de la largeur d'un centimètre environ , et un grand nombre d'autres plus petites. Elles ont déjà toutes perdu en grande partie la couleur cuivrée, et sont d'un blanc rose.

Elle refuse de laisser opérer la fistule anale.

21 février tsr;2. — Elle rentre au SyphilicÔrne pour un abcès du tissu cellulaire de la cloison recto-vaginale. Il s'ouvrit à la fosse naviculaire , et il en sortit une quantité considérable de pus ; mais la paroi postérieure de cet abcès était si mince, qu'il s'ouvrit aussi spontanément dans l'intestin , et donna ainsi lieu à une fistule recto-vulvaire.

2 mars. — Elle sort sans être guérie de cette fistule , mais du reste sa santé excellente. On n'observa aucun symptôme local , ni général d'infection syphilitique.

Elle rentre le 27 novembre '1852. Elle habita continuellement dans une maison de tolérance , mais elle ne contracta jamais de maladie vénérienne.

L'orifice volvaire de la fistule vulvo-rectale est entouré de fongosités ; on voit une vaste déchirure sur la face interne de la nymphe gauche et qui se prolonge jusqu'à l'orifice du vagin ; elle a un centimètre de large sur deux de long ; il y a une perte de substance , que l'on dirait avoir été produite par un instrument tranchant qui aurait coupé une partie de la muqueuse et du tissu cellulaire. Cette ulcération lui survint à la suite d'une orgie qui dura trois jours , pendant lesquels elle fut à la merci d'une quinzaine d'individus.

Quoiqu'il soit évident qu'il ne s'agit pas d'un symptôme syphilitique, cependant afin d'en avoir la certitude complète , j'inoculai le 30 en trois points sur une autre femme le pus de cette ulcération ; mais sans résultat.

9 décembre. — Elle s'est déjà en grande partie cicatrisée ; les fongosités persistent autour de la fistule; elles ne peuvent diminuer; car elles sont toujours lubréfiées par les humeurs qui proviennent du vagin et du rectum , s'arrêtent dans ce point , et y déterminent une irritation constante. Dans le but d'en faciliter l'écoulement , on coupe aujourd'hui la commissure postérieure de la vulve , qui est trop saillante.

31. — La vaste déchirure de l'orifice vaginal est cicatrisée depuis deux jours ; les fongosités qui environnent l'orifice de la fistule ont beaucoup diminué : la plaie vulvaire est en grande partie cicatrisée. U

OBSERVATION l.VI. 509

santé de cette fille est bonne. Elle sortira de l'Hôpital dans peu de jours.

Réflexions.

1° On laissa peu d'intervalle entre les premières inoculations que l'on fit. sur celte femme , et les chancres artificiels auxquels elles donnèrent lieu laissèrent des cicatrices qui eurent à peine un centimètre.

2" Les chancres indurés se cicatrisèrent sans laisser de traces de l'induration , et les tubercules muqueux disparurent sous l'influence de la syphilisation ; mais l'écoulement urétral , qui persista encore après la guérison du chancre urétral , nécessita l'emploi de remèdes astringents , et la cautérisation de la muqueuse du canal.

Vaste chancre induré. — Tubercules muqueux vulvaires. - Syphilisation. — Guérison. — Nouvel ulcère vulvaire d'une nature douteuse, et lent à se cicatriser.

CATHERINE V., âgée del8 ans, tempérament sanguin-bilieux, bonne constitution, menstruation régulière , rei;ue dans le Syphilicôme le 5 mars 1851.

Elle porte du côté droit de l'orifice vaginal un chancre induré, de la largeur de 15 millim. environ, et des tubercules muqueux à la vulve. On voit en outre de nombreuses vésicules de gale sur les mains, les cuisses et l'abdomen. Elle dit que son infection date d'environ vingt jours. Elle a déjà eu en 1850 un chancre, qui fut suivi d'un grand nombre d'excroissances à la vulve. On lui avait fait alors 30 frictions de 5 gram. d'onguent inercuriel chacune, et on lui coupa les excroissances.

On commence les inoculations en même temps que le traitement de la gale, que l'on fait comme à l'ordinaire avec l'onguent sulfureux alcalin et les bains sulfureux.

7 mars. — On inocule sans résultat le pus de son chancre vulvaire.

10. — Trois piqûres avec du pus d'une autre femme: le 13 on voit trois pustules.

%&.— Les chancres artificiels sont douloureux et en voie de progrès; le chancre vulvaire s'est encore étendu, il a environ deux centim. de large; les tubercules muqueux restent stationnaires.

Trois piqûres avec du pus de son chancre vulvaire, donnent lieu cette fois à autant de pustules.

31. — Deux inoculations sur l'abdomen, avec du pus virulent d'une autre malade, autant le 3 avril , deux le 7 et le 10 ; toujours on obtient des résultats positifs.

14 avril.— Il n'y a que peu de jours que le chancre vulvaire est devenu stationnaire ; il a 22 à 25 millim de large et n'occasionne que peu de douleurs. Les tubercules muqueux s'abaissent et se décolorent. Les

chancres artificiels sécrètent beaucoup de pus virulent, et sont très-douloureux.

Trois piqûres avec du pus d'un bubon ulcéré d'une autre femme: aucun résultat.

18. — Les chancres produits par l'inoculation du 10 mars sont granuleux, et paraissent tendre à la cicatrisation; il en est de même de ceux que l'on a inoculés le 2i. Quatre d'entre ceux-ci ont acquis un cenlim. de large, deux n'ont pas dépassé G millimètres.

Trois piqûres: une seule pustule: trois autres le 29, sans résultat.

22 mai. — Des douleurs intestinales Compliquées de diarrhée nous ont forcé de suspendre l'expérience que l'on reprend aujourd'hui. Il n'existe plus que trois chancres fongueux, qui n'ont plus l'aspect virulent et sont larges d'un centim. environ. Le chancre vulvaire est en partie cicatrisé; les tubercules muqueux ont disparu complètement.

Trois inoculations, autant le 29 et le 3 juin: — il en résulte sept chancres.

7 juin. — Tous les chancres artificiels sont guéris, à l'exception de ceux auxquels onl donné lieu les trois dernières inoculations. Ils sont petits cl peu douloureux.

Trois piqûres sans résultat.

11. — Le chancre vulvaire est à moitié cicatrisé; il est couvert de bourgeons charnus, et fournit lieu de pus. On y applique des pluniasseaux de Charpie imprégnés du pus de chancres existants sur d'autres femmes; on répète cette expérience le 15; mais le chancre n'a pas change d'aspect.

20. — Il ne reste plus que (\qu\ chancres artificiels, mais ils sont en voie de guérison; ils proviennent des inoculations du 3 de ce mois.

La malade se plaint d'avoir eu hier un accès de fièvre; on prescrit un léger pui'LMtif. à la suite duquel on lui fait prendre le sulfate de quinine. Le 83 il se manifeste un peu de météorisme, qui se limite à 11 région épigastrique , el y occasionne un peu de douleur. Six grammei d'OXyde de magnésie, et une application de 20 sangsues à l'epfgQlttt triomphèrent de cette maladie.

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