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Celle hypothèse a besoin d"êlre appuyée par d'autres observations; mais je l'émets telle que me l'a enseignée l'expérience , et parcequ'elle me paraît être de quelque utilité pratique.
Fort de cette conviction , j'ajouterai , que lorsque j'ai prescrit quelques petites doses d'iodure de potassium pendant la syphilisation, ce fut dans le but de procurer un soulagement plus prompt à mes malades, ou pour améliorer leur constitution , c'est-à-dire , que je ne l'employais jamais que comme auxiliaire de la syphilisation. Si ces individus sont à l'abri d'une nouvelle infection générale, j'ose avancer sans crainte de me tromper, que la syphilis constitutionnelle a été améliorée par Piodure de potassium, mais que la guérison radicale est due à la syphilisation.
J'ai observé, pendant l'administration des préparations d'iode, un fait singulier dans la marche des chancres et des pustules artificielles. Ils prenaient un plus grand développement, et étaient le siège d'une inflammation plus intense. Je soupçonnais alors que l'iodure de potassium , en détruisant les effets salutaires de la syphilisation , rendait de nouveau à l'organisme la réceptivité du virus syphilitique. Mais j'observais ensuite que cette augmentation de phlogose dans les chancres artificiels disparaissait lorsqu'on cessait l'usage interne de l'iodure de potassium, et que les chancres et les pustules consécutives parcouraient leurs périodes dans le même espace de temps ; j'en inférais que ce phénomène était du à l'irritation produite à la surface des chancres par l'iodure de potassium qui s'élimine par les pores.
Pour ce qui est de l'iodure de fer, il peut à la vérité procurer une amélioration remarquable dans l'état général , chez les sujets cachectiques et très-affaiblis, et les mettre dans des conditions telles, qu'ils puissent ensuite supporter plus facilement un traitement mercuriel ; mais il est inca-
pable de faire disparaître, môme momentanément, les accidens secondaires.
M. Gamberini a proposé récemment l'iodure de sodium, et il a grande confiance dans cette préparation. L'action de ce remède est probablement identique à celle de l'iodure de potassium ; mais je ne puis en parler jusqu'à présent, parceque je n'ai point d'observations personnelles à l'appui.
Dans quelques cas de chancres chroniques, j'ai tenté la médication avec la teinture d'iode afin d'en activer la cicatrisation. Je n'obtins que peu ou presque pas de résultat; mais j'en fais mention, afin que l'on sache que si, comme le dit M. Bonnet (1), les préparations d'iode sont facilement absorbées par les surfaces ulcérées , il n'en est pas de même de la teinture d'iode, ainsi qu'il conste de ses observations.
De l'examen de la valeur et de l'action thérapeutique de l'iodure de potassium dans le traitement de la syphilis, et des résultats que m'a donné l'emploi de cet agent avant et après la syphilisation, je conclurai: — 1° que ce remède ne détruit pas les effets de la syphilisation , mais qu'il est un puissant auxiliare dans le traitement syphilisant; — 2° que dans les cas où la syphilis ne s'est pas reproduite après avoir été traitée simultanément par l'iodure de potassium et la syphilisation , la guérison doit être attribuée à la cure syphilisante.
(1) De l'absorption et des effets généraux de l'iode employé dans les pansemens et les opérations chirurgicales. — Mémoire adressé à l'Académie des Sciences, 1852.