EXAMEN DES OUVRAGES PUBLIES JUSQU'A PRÉSENT SUR LA SYPHILISATION
J'avais promis , dans l'histoire de la syphilisation , de donner un aperçu des ouvrages publiés jusqu'à ce jour sur celte question ; je vais en faire l'examen dans ce chapitre.
L'importance de ces publications scientifiques exigerait que ce travail fût plus étendu et plus approfondi. Mais comme elles sont connues de tous ceux qui s'occupent de cette question, et qu'on a déjà pu les apprécier à leur juste valeur , j'ai cru devoir me borner à jeter un coup-d'œil rapide sur les principaux points scientifiques qui ont trait d'une manière spéciale à la syphilisation , et aux expériences que j'ai faites.
Ecrits de M. Auzias-Turenne sur la syphilisation.
M. Auzias-Turenne , à qui est entièrement due l'idée mère de la syphilisation, commença en 1849 à observer dans les inoculations syphilitiques, qu'il pratiquait sur les animaux , le singulier phénomène de la diminution successive des chancres artificiels. Il donna à cette découverte le nom de Syphilisation , lorsqu'il en fit part à l'Académie des Sciences de Paris, le 18 novembre I850(V. pag. 58) ; il l'annonça en même temps comme un moyen prophylactique de la syphilis , si on en faisait l'application sur l'homme.
« Il vous souvient peut-être que Fricke, de Hambourg, (ce sont les paroles de M. Ricord, 24me lettere sur la syphilis , pag. 184) qui , lui aussi , a fait des expériences sur l'inoculation , croyait avoir observé que les inoculations successives perdaient de plus en plus de leur intensité , et que leur effet devenait nul à la sixième , quand on les pratiquait
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sur un même individu. J'ai poursuivi les inoculations du chancre jusqu'à la huitième génération , et je n'ai jamais constaté la moindre différence entre elles. Frike , à qui j'ai montré ces résultats , les a reconnus comme moi , et a dû convenir qu'il s'était trompé. »
Selon M. Ricord , M. Frike aurait observé le fait de la syphjlisation chez l'homme avant que M. Auzias ne l'eût constaté sur les singes ; mais M. Frike n'en a jamais fait mention, n'en a tenu aucun compte, et avoua même avoir été induit en erreur.
Les expériences que M. Sigmund, professeur à Vienne, avait fait sur des animaux , lui avaient également révélé la liansmissibililé de la syphilis sur eux , et la possibilité de les syphiliser , comme on peut le voir par le fragment de la lettre suivante, qu'il eut l'obligeance de m'adresser.
1° « Pus ex ulcère primario hominis in cute animalis « inoculatum eundem gignit morbum ; inoculalio successil « in omnibus animations sanguine calido provisis.
2° « Decursus post inoculationem in animale non nisi « gradu differt : primis 24 lions pustula , etsi parva, pus « inoculabile praebet: in génère cito exsiccatur liquidum , « formatur crusta , et hac sub crusta liquidum inoculabile « pluribus diebus adhuc absconditur.
3° « Canes , cuniculi , et equi morbis secundariis cutis « corripiuntur.
k° « Quo sœpius animal idem pro inoculatione repetita in « usum trahitur , eo difficilius , rarius et minus bene pro- « nunciatum resultatum oblinctur. »
Mais M. Sigmund n'a pas encore publié le résultat des expériences importantes auxquelles il s'est livré ; il n'a pas encore annoncé au monde médical qu'il a étudié la syphilisation dans les animaux sur une vaste échelle. C'est donc à M. Auzias seul que revient l'honneur de cette immense
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découverte ; et c'est à la suite des résultats qu'il obtint sur les animaux et de quelques observations cliniques qui me sont propres , que j'ai été conduit à étudier ce phénomène sur l'homme , et que j'ai pu , le 25 mai 1851 , annoncer que j'avais reconnu pratiquement l'efficacité de la syphilisation comme moyen curalif de la syphilis. La syphilisation , qui est à peine à son début, reposera sur une base plus solide , lorsque les principes que l'on a déduits jusqu'ici de l'expérience , seront appuyés par l'opinion des praticiens. Il est donc nécessaire de tenir un compte sévère des éludes cliniques faites par les hommes qui cultivent notre science, afin que de l'ensemble de ces observations on puisse déduire des théorèmes, qui serviront d'appui à la nouvelle doctrine , et la feront progresser plus sûrement et plus facilement.
C'est pour arriver à ce résultat , que j'ai voulu publier dans mon ouvrage tout ce qui a été observé et dit d'important sur la syphilisation, ainsi que les conclusions que M. Auzias-Turenne a déduites de ses expériences. Je me permettrai seulement de faire sur quelques unes des propositions du syphilisateur français quelques observations qui m'ont été suggérées par les études pratiques que j'ai faites.
J'ai déjà reproduit en entier (pag. 38) , eu égard à son importance , la première lettre de M. Auzias-Turenne , relative à la syphilisation; je n'en parlerai donc plus ici.
Plus tard , il publia un Mémoire intitulé — De la Syphilisation, ou Vaccination syphilitique — Paris 1851. Dans cet écrit , après avoir rapporté les expériences qu'il fit pour prouver la possibilité de la transmission de la syphilis aux animaux , et démontré comment la diminution successive des chancres artificiels lui avait révélé le phénomène de la syphilisation ; après avoir enfin parlé des observations qui lui faisaient croire à la possibilité d'un résultat semblable chez l'homme , M. Auzias-Turenne déduit les conclusions suivan-
tes que je reproduis ici , en ajoutant seulement quelques considérations sur certains points de la doctrine qu'il émet,
1. L'inoculation de la syphilis aux animaux est moins une découverte qu'un instrument de découverte.
2. Plus les plaies sont étroites et superficielles, plus les inoculations sont significatives. Ces inoculations répondent parfois tardivement à la question dont on cherche la solution: mais elles y répondent sûrement.
5. Le substantif syphilisalion (le verbe correspondant étant syphiliser) peut indiquer une sorte de saturation des organes vivants par le vice syphilitique, ou mieux l'état d'immunité auquel on arrive par une succession de chancres; et le mot syphilisme, l'aptitude à être syphilisé.
4. Aucun animal susceptible de contracter le chancre syphilitique ne s'est montré jusqu'ici réfractaire à la syphilisalion.
5. 11 existe des degrés dans la syphilisalion; pourquoi n'en existerait-il pas dans la vérole constitutionnelle?
— Je dois avouer que je ne comprends pas trop la valeur de cet aphorisme. Y a-t-il des degrés dans la syphilisation? Si l'auteur entend dire par là que l'organisme peut être plus ou moins complètement syphilisé, c'est-à-dire, qu'on peut répéter les inoculations jusqu'à obtenir la non réceptivité, ou une immunité incomplète, je suis parfaitement de son avis; mais je ne puis admettre la deuxième partie de la proposition: car, ou l'infection générale existe, ou elle n'existe pas ; si elle existe, elle peut se manifester avec un cortège de symptômes plus ou moins graves, selon la constitution de l'individu; mais on ne devra pas dire pour cela, qu'il y a plusieurs degrés d'infection générale. —
6. Les animaux sont susceptibles d'avoir , comme l'homme, la syphilis costitutionnelle.
7. Personne n'est réfractaire à la syphilis constitutionnelle avant d'avoir été syphilisé. Si beaucoup de gens y échappent, bien qu'ayant contracté des chancres, c'est qu'ils en ont heureusement contracté en trop petite ou en trop grande quantité et dans un mode particulier de succession. En réglant, par l'inoculation, le nombre et la succession des chancres, on pourrait donner, à coup sûr, à l'homme, comme on le peut aux animaux, la syphilis constitutionnelle.
— Je vois ici une singulière confusion de la syphilis constitution-
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iielle, avec la syphilisation, confusion qui est encore plus évidente dans les déductions suivantes. —
8. Il n'y a pas de différence fondamentale entre le chancre d'un singe et celui d'un homme.
9. Un chancre est parfaitement caractérisé par sa forme, qui devient un type chez les animaux où il n'a point été modifié par des médicaments ou par quelques circonstances particulières; mais il faut examiner cette forme aux différentes périodes de la durée du chancre.
10. L'étendue d'un chancre est, toutes choses égales d'ailleurs, proportionnelle au volume de l'animal, et inversement proportionnelle à son syphilisme.
11 . Le volume d'un chancre de singe est, relativement au volume de l'animal, aussi grand que celui d'un chancre d'homme.
12. Un chancre de singe dure aussi longtemps, eu égard à l'activité des fonctions de l'animal, qu'un chancre d'homme.
15. L'inflammation qui accompagne un chancre de singe est aussi considérable que celle qui accompagne un chancre d'homme.
14. La durée d'un chancre est , toutes choses égales d'ailleurs, inversement proportionnelle à l'activité vitale et au syphilisme de l'animal.
15. La syphilisation et le syphilisme sont, toutes choses égales d'ailleurs, en raison inverse du volume de l'animal.
16. La syphilisation est en raison directe du nombre des chancres simultanés.
17. La syphilisation est en raison inverse de l'étendue des chancres.
18. La syphilisation est en raison directe du nombre des chancres successifs qu'on donne à un animal.
19. Il faut beaucoup plus de chancres simultanés que de chancres successifs pour syphiliser un animal.
20. Il faut moins de temps pour sijphiliser un animal par des chancres simultanés que par des chancres successifs.
21. Le temps nécessaire à la syphilisation est en raison directe du volume de l'animal, et en raison inverse de l'activité de ses fonctions. ,
22. Les chancres deviennent d'autant moius vivaces qu'on les multiplie davantage et surtout qu'on les multiplie successivement sur le môme animal.
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25. Il y a des chancres rjui peuvent ne durer que quelques jours sous l'influence d'une syphilisation plus ou moins complète.
24. On appelle ces chancres de fausses pustules, et on considère les chancres qui les ont engendrés comme n'étant plus virulents. C'est un double erreur; car ce sont des pustules parfaitement virulentes, quoique avortées
25. Il répugne aux lois de l'organisme que le virus syphilitique puisse demeurer sans décomposition pendant plusieurs jours dans le derme ou sous l'épidermc. 11 n'est donc pas possible de l'y prendre pour le transporter et le faire agir ailleurs; à plus forte raison, est-il impossible de le transplanter plusieurs fois, et à différentes époques, d'un de ces lieux dans un autre. Le prétendu dogme de la transplantation est donc condamné par la physiologie.
26. Le virus syphilitique se transmet de l'homme aux animaux, des animaux aux animaux eux-mêmes, et de ceux-ci à l'homme; ces transmissions peuvent être indéfinies sans dégénérescence du virus.
27. L'idée que le virus pourrait cesser d'être identique à lui-même dans ces migrations et reproductions est en opposition avec celle de l'unité de ce virus.
28. Le virus chancreux est un comme le vaccin ou comme le virus variolique. C'est une graine qui germe plus ou moins bien suivant les terres; elle s'étiolerait, et finirait par périr si elle ne changeait jamais de terrain.
29. Les chancres sont les analogues des pustules vaccinales ou des pustules varioliques. La syphilisation correspond à l'état général dans lequel nous sommes après une éruption vaccinale ou une éruption variolique.
30. Mais les pustules chancrcuses sont des manifestations moins aiguës que les pustules vaccinale* ou que les pustules varioliques.
51. La syphilisation est, philosophiquement parlant, le plus haut degré de l'état constitutionnel.
52. L'état constitutionnel ordinaire est sur la route de la syphilisation , qui est un autre état constitutionnel. L'un se traduit en général par des symptômes (vérole constitutionnelle), et se trouve compatible avec de nouveaux chancres; l'autre ne se révèle à nous que par son incompatibilité avec l'existence d'une nouvelle syphilis primitive.
55. Si l'on ne peut arriver à la syphilisation qu'en passant par
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la syphilis primitive et par l'état syphilitique constitutionnel, on peut dire théoriquement qu'elle guérit plutôt qu'elle ne prévient la syphilis primitive et la syphilis constitutionnelle; mais on doit la considérer pratiquement comme prophylactique, et comme curative de la syphilis primitive et de la syphilis constitutionnelle.
— Je n'ai jamais observé dans tout le cours de mes expériences qu'il fut nécessaire de passer par la syphilis constitutionnelle pour arriver à l'immunité, ainsi que M. Auzia3 le dit dans ce théorème. Chaque fois que je tentais la syphilisation dans des cas de symptômes vénériens primitifs, j'ai toujours pu arriver à la non réceptivité, sans qu'il se manifestât aucun symptôme d'infection générale pendant le cours de l'expérience; je n'en n'excepte que les cas dans lesquels des circonstances particulières m'obligèrent à suspendre les inoculations pendant un espace de temps plus ou moins long. —
54. Le virus syphilitique est le meilleur remède contre l'action du virus syphilitique.
55. On devrait syphiliser: 1° tous ceux qui ont la syphilis, n'importe sous quelle forme; 2° toutes les filles publiques; 5° tous les militaires et tous les marins; 4° tous ceux qui passent leur vie ensemble et en gran nombre (prisons, bagues, manufactures, etc.) ; 5° enfin tous ceux qui peuvent être exposés à la contagion.
56. On pourrait éteindre dans le monde la syphilis par une syphilisation universelle.
— Je ne puis admettre les idées que RI. Auzias-Turenne formule dans ces deux articles, pour les motifs que j'ai exposés ailleurs. —
57. J'ai vu un seul chancre suffire presque à la syphilisation d'un animal.
58. On ne peut pas, au moyen de caustiques, produire des ulcérations identiques, même pour la physionomie, au chancre syphilitique primitif.
59. Le vrai chancre phagêdénique est un chancre qui inocule sans cesse et très-activement une partie de sa circonférence. Ltphagédenisme est en raison inverse du syphilisme et de la syphilisation.
— Les longues éludes que j'ai faites sur les causes du phagédénisme, m'ont démontré que le syphilisme ne peut ni favoriser, ni prévenir le phagédénisme. J'ai cherché d'en faire connaître ailleurs la véritable cause (V. pag. 504 et suivO. —
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40. L'inoculation moins active de la totalité de la circonférence du chancre pendant un temps plus court est un caractère de tous les chancres en voie de progrès. Elle ne constitue pas de nouveaux chancres; c'est pourquoi aucune espèce de phagédénisme ne saurait aboutir à la syphilisation.
41. Quand, sous l'influence d'un état plus ou moins local, un chancre n'inocule plus aucune partie de sa circonférence, il se cicatrise.
Quand, sous l'influence de la syphilis constitutionnelle, un chancre n'inocule plus aucune partie de sa circonférence, il s'indure, puis se cicatrise.
Quand, sous l'influence de la syphilisation, un chancre n'inocule plus aucune partie de la circonférence, il se cicatrise promptement, il avorte même si la syphilisation est complète
Ces trois propositions , surtout les deux premières, n'ont rien d'absolu.
42. Toute inoculation qui avorte sur un individu syphilisé peut réussir sur un individu qui ne l'est pas.
45. On affirme souvent que le pus d'un chancre n'est plus inoculable quand c'est le malade qui ne l'est plus. Là se trouve, comme je l'ai dit plus haut, le secret des fausses pustules.
44. Une inoculation peut n'être pas concluante si elle est pratiquée sur le malade lui-même; elle est toujours concluante si elle est convenablement pratiquée sur un individu sain .
45. Quand on donne à un singe plusieurs chancres à la fois, pourvu qu'ils ne soient pas confluents, la cicatrisation se fait plus rapidement que si on ne lui en donnait qu'un.
46. La syphilisation est plus facilement produite par plusieurs chancres que par un seul.
47. Quand on donne à un singe des chancres séparés par une période de quelques jours, Yinduralion ne se montre pas toujours au premier chancre, elle se montre souvent au second ou même au troisième. Cette induration apparait alors à une époque en rapport avec la durée du premier chancre, de telle façon qu'elle peut se montrer vers les premiers jours du second ou du troisième chancre. Une pustule d'inoculation sur le malade lui-même peut donc être rapidement suivie d'induration.
48. La syphilisation est à un point de vue le contraire de la saturation mercurielle; l'une empêche, l'autre favorise l'existence du
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chancre. L'une conduit à Y avorlement du chancre, et l'autre au phagèdénisme.
— Des faits que j'ai rapportés dans mon ouvrage il parait résulter que 1' usage des mercuriaux avant et après la syphilisation, ne détruit pas entièrement l'action syphilisante produite par les inoculations. Il me semble même qu'ils prouvent que les mercuriaux par eux-mêmes ne déterminent pas le phagèdénisme , mais y prédisposent.—
49. Les chancres que contracte un animal sont d'autant moins vivaces que celui-ci s'avance plus vers la syphilisation. Les chancres ne peuvent pas même se produire quand la syphilisation est complète: elle n'empêche donc pas seulement un chancre de s' indurer, elle l'empêche d'exister. L'aptitude à contracter l'affection syphilitique locale est en raison inverse du syphilisme et de la syphilisation.
50. Toute tentative d'inoculer le pus syphilitique, qu'il provienne d'une manifestation primitive ou autre , doit tenir compte de la syphilisation et du syphilisme.
51. Les chancres avortés qui se manifestent sur un animal plus ou moins syphilisc sont inoculables à un animal bien portant. Il en est de même des chancres volants de l'homme et de la femme. Ils peuvent donc se transmettre par le coït, bien qu'ils passent souvent inaperçus.
52. Vinduration chancreuse n'est pas le prélude indispensable de la syphilisation. Il en est de même de Yinduration lymphatique et ganglionnaire.
55. 11 est rare qu'un singe soit soumis à une succession de chancres, sans que l'un au moins de ces chancres s' indure ■■ mais quand cette induration s'est montrée sur un ou deux chancres, elle ne se montre pas sur ceux qui suivent.
54. Le syphilisme est une règle qui parait avoir peu d'exceptions, si toutefois il en existe.
55. Un animal qui ne serait pas susceptible de contracter le chancre pourrait être considéré comme syphilisé ou doué du maximum de syphilisme.
56. Tout animal qui se st/phiiise facilement a beaucoup de syphilisme.
57. Dire que les animaux peuvent être syphilisés, c'est dire qu'ils peuvent passer par la syphilis constitutionnelle.
58. L'induration du chancre peut cesser spontanément, mais elle cède surtout à la syphilisation.
Mémoire sur la syphilisation présenté par M. Auzus- Ti/RENNE dans ta séance du 17 novembre 1851 , et résumt par les propositions suivantes.
Dans toutes les propositions suivantes qui composent le corps de doctrine de la syphilisation, telle que l'entend M. Auzias-Turenne, il prend pour base l'acceptation de diverses forces et de différentes formes de virus syphilitique , suivant les circonstances particulières dans lesquelles on le prend ; cependant il se professe , dès le début , parlisant de l'unité de ce virus. 11 attribue la trop grande inflammation des ebancres à la forme trop active du pus ; le phagédénisme serait le résultat d'un pus encore plus actif ; la syphilis constitutionnelle ne se manifesterait ordinairement pas lorsque le chancre qui l'a déterminée est d'une forme inférieure, et viceversa. Je dois avouer ici qu'avant que M. Auzias- Turenne publiât sa nouvelle doclrine , l'élude approfondie du mode d'action du pus inoculé m'avait déjà convaincu que ces diversités de formes et de forces du pus ne sont pas admissibles. J'ai vu , en effet , que l'inoculation du pus pris sur des chancres artificiels qui s'étaient développés sur des sujets plus ou moins avancés dans la syphilisation , ou même dans des pustules abortives , pourvu qiCon le prit toujours pendant la période de progrès , donna constamment lieu à des chancres qui , en général , ne présentèrent aucune différence entre eux dans leur cours , leur durée et leur extension. Le phagédénisme et la gangrène proviennent d'autres causes, mais non pas du plus de virulence , ou du plus d'activité du pus employé pour l'inoculation.
Dans un grand nombre de ses aphorismes , M. Auzias- Turenne attache une haute importance à l'induration du chancre ; j'ai amplement développé mon opinion à ce sujet dans un autre chapitre (V. pag. 546); je m'abstiendrai donc d'en parler de nouveau.
J'ai cru devoir faire précéder de ces considérations les théorèmes du syphilisateur français , afin de n'être pas arrêté à chaque pas par les mêmes répétitions dans l'examen de chaque proposition.
1. Le virus syphilitique est un, c'est-à-dire qu'il procède toujours de la même source j mais son activité est variable. On peut donc considérer le pus syphilitique comme présentant des formes graduées. L'adage : Unité dans la variété, lui est parfaitement applicable.
2. Le pus ayant des formes graduées, tout individu réfractaire à l'action d'une forme inférieure, ne l'est pas pour cela à l'action d'une forme supérieure.
5. Toutes choses étant égales d'ailleurs, le pus virulent d'un individu appartient à une forme d'autant plus inférieure, que cet individu est plus avancé en syphilisation et qui il en sécrète par une plus large surface ou en plus grande quantité.
4. Mais quand ce pus a cessé d'agir sur celui qui le fournit, il agit encore sur une personne moins avancée que lui en syphilisation , et surtout sur une personne complètement indemne de l'action du virus.
5. Inocule-t-on, par exemple, à un individu, indemne jusque-là de l'action du virus, un pus de forme supérieure? Son premier chancre sera très-actif. Les suivants diminueront graduellement d'activité, Surtout si on inocule à cet individu son propre pus, et fourniront par conséquent un pus de forme de plus en plus inférieure. La syphilisation, ou l'aptitude à être syphilisé, de cet individu augmente au fur et à mesure qu'on lui communique des chancres successifs.
6. Non seulement le pus d'une personne très-avancée en syphilisation est de moins en moins actif sur elle-même , mais encore il l'est de moins en moins, quoique d'une manière qui n'est pas autant marquée, sur une personne indemne jusque-là de l'action du virus.
Ôi)2 ÉCRITS
7. Mais ce virus de forme inférieure se régénère bientôt par des inoculations successives, faites à une personne saine au point de vue de la syphilis, et produit sur elle le chancre le plus actif, ou le chancre induré à la deuxième ou à la troisième génération.
8. Il y a deux causes de diminution dans l'activité d'un pus syphilitique : 1° La dégénérescence de la graine semée souvent dan» ie même terrain. 2° La détérioration du terrain par cette uniformité de culture. Ces deux causes agissent de concert jusqu'à ce qu'un individu soit enfin réfractaire à l'inoculation de son propre pus.
9. Ceux qui ont cru reconnaître au chancre une période de réparation, c'est-à-dire une période pendant laquelle son pus ne serait plus inoculable, auraient évité l'erreur s'ils avaient su apprécier l'action de celte double cause, et ne pas dénaturer les chancres par des applications caustiques ou simplement topiques. Ce qu'ils auraient eu seulement le droit de dire, c'est que la virulence du pus chancreux a une période de décroissance.
10. Pendant cette période, le pus de tous les chancres d'un même individu, quelle que soit leur date d'origine, pourvu qu'ils soient engendrés les uns par les autres, est de même forme, c'est-à-dire inoculable au même degré, ni plus ni moins.
11. Au point de vue de la syphilisation, tous ces chancres ont la même tendance vers la cicatrisation, et se cicatriseraient en même temps si quelque cause particulière ne venait pas combattre les effets dt; celte uniformité de tendance.
12. C'est ainsi que les chancres les plus larges, qui sont en général les plus anciens, ont une plus grande surface u combler, pour se cieatriser à dater du moment où se manifeste celle tendance.
13. C'est encore ainsi que des circonstances de siège peuveat augmenter l'étendue et retarder la cicatrisation de certains ehancres.
14. Des chancres de même date, mais d'origine différente sur un individu, peuvent présenter, surtout dans le commencement, une activité différente et. en rapport avec la forme de leur pus générateur.
15. Deux chancres de même origine et de môme date peuvent présenter une activité différente chez deux individus, et qui est en raison inverse de leur syphilisme.
1J6. Dt* chancres peuvent être plus actifs chez une personne que
SUR IA SYPHILISATION. COÔ
les chancres qui les ont précédés, par cela seul que le pus qui les a produits, appartient à une forme supérieure.
17. Le pus le moins actif agit toujours sur celui qui n'a jamais eu d'affection syphilitique.
18. Quand un individu n'est pl.us inoculable par son propre pus, c'est-à-dire par un pus d'une forme inférieure, il est encore inoculable par un pus de forme supérieure.
19. Le sujet peut devenir alors inoculable à quelques générations successives de ce nouveau pus.
20. En inoculant à quelqu'un un pus d'une forme supérieure à «elle du pus que sécrètent ses chancres, on n'élève pas beaucoup la forme du pus que sécréteront de nouveaux chancres ainsi produits.
21. Quand on renouvelle de la sorte plusieurs fois la source du pus d'une personne, celle-ci finit par être tout-à-fait syphilisée, c'est-àdire à l'abri de tout accident syphilitique.
22., La syphilisation, a ses degrés divers, rend donc plus facilement compte de la cicatrisation des chancres que toute espèce de théorie, inconciliable avec elle.
25. On syphilise mieux et plus vite, mais plus douloureusement, une personne en lui inoculant à la fois, ou même successivement plusieurs chancres d'un pus très-actif et surtout constamment régénéré, pourvu qu'on sache éviter le phagédénisme.
24. La meilleure formule de syphilisation pour un individu qui n'a jamais eu d'accident syphilitique consiste: 1° à lui inoculer par une seule piqûre un pus de forme inférieure, et à le conduire (par des inoculations successives de son pus isolées et à huit à dix jours d'intervalle, puis par des inoculations, également de son pus, rapprochées et multipliées) jusqu'au moment où celui-ci ne lui sera plus inoculable: 2° à multiplier et à rapprocher ensuite les inoculations d'un pus de forme de plus en plus supérieure.
25. Quand un individu a des accidens primitifs, on peut commencer par lui inoculer son propre pus et continuer comme précédemment.
26. Quand un individu a des accidens constitutionnels, on se comporte comme dans le cas d'un individu qui n'a jamais eu de syphilis, sauf à élever rapidement les fownes de pus au fur et à mesure qu'on les reconnaît insuffisantes.
27. Mais dans tous les cas, la piqûre doit être le plus étroite et
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le plus superficielle qu'il est possible, afin de ne pas provoquer inutilement l'agrandissement des chancres. En effet, la pustule initiale du chancre circonscrit toujours exactement la solution de continuité qui a été faite. Celle-ci est une figure inscrite dans un cercle que représente la pustule. Ainsi, toutes choses étant égales d'ailleurs, plus la piqûre d'inoculation est étroite et superficielle, moins les chancres deviennent étendus.
28. En inoculant à une personne indemne de l'action du virus syphilitique, le pus d'une autre personne presque complètement syphilisée, on peut régénérer ce pus à la première, deuxième ou troisième génération, soit qu'on le fasse passer, soit qu'on ne le fasse pas passer à une troisième personne.
29. La syphilisation est un renfort de l'organisme, elle augmente l'appétit, et la puissance d'assimilation des organes. Elle peut être opposée à d'autres maladies que la syphilis, et notamment au cancer.
30. La blennorrhagie et la balano-posthite sont (je ne dis pas toujours) de nature syphilitique. La syphilisation les prévient. Elle les guérit chaque fois que le génie syphilitique n'a pas disparu pour faire place à une affection purement catarrhale.
51. Comme accident primitif, elles peuvent dépendre de l'action d'un pus de forme très-inférieure, et alors commencer en quelque sorte la syphilisation ; ou dépendre d'un pus de forme supérieure agissant sur un organisme bien avancé en sijphilisalion.
52. Elles peuvent, dans le premier cas, s'inoculer et se réinoculer successivement au malade : elles peuvent, dans les deux cas, s'inoculer aux personnes saines.
55. 11 n'est donc pas étonnant: 1° que la blennorrhagie et la balano poslhite produisent quelquefois, surtout si l'accident se répète, mais rarement, la vérole; 2° qu'elles aient pu engendrer, par inoculation, la pustule avortée, et même le chancre.
54. La débauche et la prostitution, qui font que le virus tend à s'épuiser sur un nombre restreint de personnes, sont une des causes de son affaiblissement. Au contraire, quand la vérole envahit un pays vierge de ses atteintes, elle y sévit vigoureusement.
55. Les chancres qui ne donnent pas la syphilis constitutionnelle sont : 1° quelque fois ceux qui- sont produits par un pus de forme inférieure, et qui sont à leur première génération: 2° ceux qui existent chez les personnes en voie de syphilisation et ayant dépassé
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i'état de syphilis constitutionnelle. Dans le premier cas c'est la graine qui est insuffisante; dans le deuxième cas, c'est le terrain qui est mauvais.
56. Les accidens secondaires résultent de la généralisation, et par suite de l'atténuation de la forme du pus qui succède au chancre induré. On peut les comparer aux chancres multiples d'une personne en voie de syphilisation. A ce titre, leur pus peut être inoculable à une personne saine, sans l'être au malade chez qui le molimen morbifique est épuisé.
57. Un pus de forme inférieure peut bien ne pas être inoculable à celui qui a la vérole constitutionnelle, et l'être parfaitement à une personne bien portante et qui n'est pas syphilisée.
58. La syphilisation n'est pas transmissible par la transfusion du sang. Ce résultat de l'expérience devait être prévu, puisque la syphilisation est un état qui n'est pas pathologique.
59. Il ne parait pas que l'action syphilisante soit proportionnelle à l'étendue des chancres.
— Mes observations m'ont conduit à un résultat opposé ; le raisonnement démontre que l'absorption d'une certaine quantité de pus virulent est nécessaire pour syphiliser: en conséquence, plus la surface ulcérée qui sécrète et absorbe le virus syphilitique sera étendue, plus son action syphilisante sera remarquable. —
40. Le pus d'un chancre phagédénique est de même forme pendant tout la durée de ce chancre, c'est-à-dire pendant tout le temps qu'il reste phagédénique.
41. Pour combattre un ulcère phagédénique par la syphilisation, il faut presque toujours faire intervenir un pus d'une forme supérieure ou inférieure, suivant le cas, à celle du pus de cet ulcère. L'essentiel est d'obtenir des chancres dont le pus s'absorbe aisément. Le pus qui ne s'absofbe pas phagëdénise, celui qui s'absorbe, syphilise. Il syphilise d'autant plus qu'il est d'une forme plus élevée.
42. L'action syphilisante du virus syphilitique n'est pas la même aux diverses périodes du chancre qui le produit.
45, Les manifestations ebancreuses sont ea général d'autant plus •rapides à se montrer, après l'inoculation, que les individus sont plus avancés en syphilisation.
— Il ne me paraît pas avoir observé de diversité dans le temps
qu'emploie la pustule à se développer, dans les différents degrés de syphilisation. —
44. Ce fait, comme l'ensemble des principes de la syphilisation, démontre que tout chancre a une action générale sur l'économie, proportionnelle du moins en partie à la durée de ce chancre. Il a un» exception pour le chancre phagédénique quand le pus n'est pas absorbé.
45. L'action syphilisante est durable, de façon qu'à un chancre ancien s'ajoute un chancre actuel pour concourir ù produire la syphilisation.
46. A une certaine période des inoculations successives, variable selon bien des circonstances, ceux qui s'y soumettent sans être atteints de syphilis constitutionnelle, subissent l'influence d'un état général qui disparaît par les modifications que produisent les chancres subséquents.
47. La syphilisation n'a une action puissante contre une maladie dite syphilitique que quand cette maladie demeure sous l'influence directe du génie syphilitique.
48. Pour être à l'abri /les accidens primitifs, il faut aller jusqu'à Ja syphilisation complète ; mais pour être exempt des accidens généraux, il suffit d'aller plus ou moins loin en syphilisation.
49. Les syphilisés ne peuvent plus produire du pus syphilitique; la source du mal est tarie chez eux, tant pour les accidens primitifs que pour les accidens généraux.
50. Bien loin de pouvoir produire des accidens constitutionnels, la syphilisation les fait disparaître quand ils existent.
51. Pour tirer tout le parti possible de la syphilisation il faut manier le virus prudemment et hardiment à la fois.
52. Souvent le phagédénisme n'a pas d'autre cause que la térébration et le décollement de la peau par le pus virulent. Il est encore souvent sous la dépendance des vices scorbutique, herpétique, cancéreux etc. ou de l'usage du mercure, de l'abus des liqueurs alcooliques etc. Enfin il suffit souvent, pour le faire naître, d'empêcher par des lavages ou d'une autre manière l'absorption, et par suite l'effet syphilisant du pus. Ces diverses causes peuvent dériver les unes des autres, ou se combiner entre elles.
55. Le siège des cicatrices du chancre est inoculable comme les autres endroits de la peau.
SUR LA SYPHILISATION. G97
54. La syphilisation ne procède pas par région; quand une partie du corps est syphilisée, les autres le sont également.
55. L'immunité à laquelle on arrive par la syphilisation n'a rien de passager, ni de commun avec une idiosyncrasie particulière. Le mot idiosyncrasie est d'ail-leurs un aveu déguisé d'ignorance.
56. Les animaux ont plus de syphilisme que l'homme; mais tous les animaux n'en sont pas doués au même degré. Il serait possible de dresser une échelle du syphilisme de chacun d'eux. Ainsi le chien a plus de syphilisme que le lapin ; celui-ci en a plus que le ehat; le chat en a plus que le singe en général (je dis en général, parce qu'il en a moins que le papion, par exemple). Parmi les singes, le papion a plus de syphilisme que le magot, et le magot en a plus que le macaque.
57. Cette échelle animale du syphilisme est descendue pour l'homme qu'on syphilise, de façon qu'il y a un temps pendant lequel il n'a pas plus de syphilisme que le macaque, le magot, le chat, le papion, le lapin et le chien.
58. Plus un animal ou un individu a de syphilisme naturel ou acquis, plus le virus doit être actif pour lui être inoculable. Là est le secret de bien d'échecs dans les essais d'inoculation de la syphilis aux animaux et dans ceux d'inoculation du pus des accidens secondaires et de celui de la blennorrhagie ou de la balano-posthite.
59. On peut donc considérer le virus syphilitique dans ses formes variées comme un vrai syphilismomètre. Il est en même temps une source et la mesure du syphilisme.
60. Enfln, au double point de vue de la science et de la pratique, le fait et la doctrine de la syphilisation font presque table rase des idées syphilographiques régnantes ou débattues jusqu'ici. La résistance que rencontre la syphilisation est proportionnelle à la masse des haines qu'elle amoncelé.
J'ai reproduit sans commentaires les théorèmes de M. Auzias-Turenne, parce que j'ai déjà agité dans mon ouvrage la plupart des questions qu'ils soulèvent. Mais le désir de faire progresser la science me force à dire que quelques unes des propositions émises peut-être prématurément par M. Auzias-Turenne, ne sont pas conformes aux déductions, que j'ai tirées de mes Observations, et que, suivant moi, l'état
actuel de la sypliilisation ne permet pas encore de formuler une décision absolue et sans appel sur quelques uns des points de celte doctrine.
Cours de Sypliilisation
fait à l'Ecole pratique de la Faculté de Médecine de Paris,
par M. Ai'zias-Turennh:.
(Quatre leçons insérées dans la Gazette Médicale de Toulouse 185:2).
Je n'ai pas ici l'intention de m'étendre sur le Cours de syphilisalion de M. Auzias-Turenne, dans lequel il a nécessairement reproduit les principes de doctrine qu'il avait émis dans ses écrits antérieurs; je me bornerai à énoncer rapidement les propositions qui m'ont paru les plus importantes.
Dans la première leçon il parle des tentatives que l'on avait faites pour prouver que l'inoculation du virus syphilitique sur les animaux y produit le chancre et l'infection générale ; des nombreuses difficultés, qu'il avait éprouvées lorsqu'il chercha pendant plusieurs années consécutives a démontrer la vérité de ce fait ; et de la persévérance avec laquelle il poursuivit ses recherches, persuadé qu'il était, de l'importance de sa découverte. En 1849, il commença, dit-il, à remarquer le singulier phénomène de la diminution successive des chancres artificiels, phénomène que des recherches historiques lui démontrèrent avoir déjà eu lieu accidentellement avant le traitement de la syphilis par les mercuriaux ; car on voit que Swédiaur avait déjà soupçonné la syphilisalion, lorsqu'il dit, en parlant du virus syphilitique: « Ce virus qui se propage actuellement , par une espèce « d'inoculation presque universelle, comme la petite-vérole « inoculée, est devenu beaucoup moins dangereux qu'il ne '< l'était auparavant ». Ensuite, après avoir avancé que l'on
SUR LA SYPHILISATION. 699
voit des prosliluées qui sont dans un état de syphilisation très-avancée, à la suite d'un grand nombre d'infections (j'ai déjà parlé de ce fait page 69, note), il termine sa leçon en faisant une honorable mention de mes expériences.
Dans la seconde leçon, M. Auzias parle de nouveau de ma coopération à l'élude de la syphilisation ; je me permettrai d'insérer ici les lignes suivantes:
« Ne doutez pas qu'il (M. Spérino) ait eu des obstacles à vaincre, des préjugés et des passions à combattre. Les ennemis de la syphilisation à Paris avaient des complices à Turin. Le plus grand mérite de M. Spérino n'est pas d'ailleurs d'avoir, le premier, syphilisé des femmes; il a réellement une grande part dans la découverte de la syphilisation •» .
Il indique ensuite les trois principales phases de ses recherches sur la syphilisation : 1° inoculation du virus syphilitique sur les animaux, ou syphilis expérimentale; 2° syphilisation; 5° découvertes de différentes formes de pus syphilitique , ou de différons degrés de force du pus vénérien ; il s'étend ensuite longuement sur les expériences faites sur les
singes; donne un résumé de l'Observation de M. La
étudiant en médecine, qui fut complètement syphilisé à la suite d'inoculations continuées depuis le 28 juillet 1851 , jusqu'au 1er novembre; il examine ensuite le fait de M. le Dr L. médecin allemand], dont je parlerai plus loin, dans l'examen du rapport fait par M. Bégin à l'Académie de Médecine de Paris.
Dans la troisième leçon, M. Auzias cherche à prouver que la syphilisation est possible, et que les sujets complètement syphilisés sont à l'abri de la syphilis constitutionnelle; il adopte la division de la syphilisation en préventive et curative, et à propos de celle-ci, il dit qu'il a souvent associé l'iodure de potassium à la syphilisation, et que dans quelques cas exceptionnels, il emploie aussi le mercure.
700 Éca'iTS
Dans la quatrième leçon , qui csl la dernière de celles qu'il a publiées jusqu'ici, il propose là syphilisation préventive, cl parle des cas de cancer, conlre lesquels il a mis en usage la syphilisation, et dont j'ai déjà parlé ailleurs (v. Chap. v. g. 18).
M. Auzias a ensuite écrit quelques lettres sur la syphilisation : une à M. Diday , deux à M. A. Lalour , une à l'Académie des Sciences et une autre à l'Académie de Médecine de Paris; et je crois que c'est iei le lieu de payer àv M. Auzias le juste tribut d'éloges qui lui est dû soit à cause de son importante découverte, soit à cause du zèle qu'il a montré pour les progrès de la science.
Sur la Syphilisation. — Études du doct. P. Mottim, médecin dans le corps militaire des Bersaglieri.
(Gazzetta Medica llaliana Fcderativa, Stali Sardi, n. 1G e 17; Gènes, août 1831.)
M. le docteur Motlini, médecin militaire, a fait à l'Hôpital de Gènes quelques expériences de syphilisation. Ses observations, quoiqu'imparfailes à cause des exigences du service militaire, comme il l'avoue lui-même, l'ont convaincu de la nécessité d'étudier la syphilisation.
Les considérations que ce médecin a déduites de ses observations, suffiront au lecteur pour apprécier chez lui un profond esprit d'observation et un praticien animé du désir de faire progresser la science et de soulager l'humanité. Je me bornerai à citer ici quelques unes de ces considérations.
« Pour inoculer il faut préférer le pus pris sur un chancre en voie de progrès : celui que fournit le chancre en pleine suppuration ne donne pas des succès aussi constants, et nécessite quelquefois la répétition des inoculations; cependant on se servirait de ce dernier, si l'on ne pouvait se procurer du pus d'un chancre en voie de progrès.
SUR LA SÏPHILISATION. 701
« Quelques individus se montrent insensibles aux effets de l'inoculation: du moins les soldats, dont les noms suivent, se sont trouves dans ce cas : G. Eugène du 2me régiment, M. François du 5me battailfon des Bersaglieri, affectés tous Jeux de chancres. Ils ont été insensibles à l'inoculation , lors même qu'on l'eut pratiquée tantôt avec la lancette, tantôt avec l'aiguille à vacciner, et que le même pus eut servi à inoculer avec succès d'autres individus. Ces deux sujets sont sortis de l'hôpital guéris de la syphilis primitive le 27 juillet p. p.
« Les inoculations répétées sont surtout utiles pour favoriser la cicatrisation rapide des ulcères syphilitiques qui ont résisté au traitement ordinaire. Le soldat P. F. du 8me bataillon des Bersaglieri, gisait dans l'hôpital depuis le 26 mai pour des bubons dégénérés: lorsqu'il fut soumis à l'inoculation, il présentait aux deux régions inguinales deux larges plaies douloureuses, à bords élevés et calleux, et étaient stationnâmes depuis plusieurs jours ; le malade n'avait pas été soumis au traitement mercuriel; seulement on lui administrait depuis deux jours, 4 gr. d'iodure de potassium par jour, médication qui fut suspendue le matin même de l'expérience. Après les deux premières inoculations, la sensibilité douloureuse disparut complètement dans la plaie qui marcha dès lors à une cicatrisation rapide, à notre grande surprise et à celle de nos Collègues.
« Quant aux autres malades, sur lesquels nous avons fait des inoculations , nous n'avons pu en vérifier l'action plus ou moins favorable, soit qu'on n'ait pu les répéter ou les multiplier assez, soit parce que les symptômes qu'ont présenté les malades, aient suivi leur marche régulière et accoutumée.
« Chez un soldat à dialhèse scrofuleuse pâteuse remarquable, les ulcères artificiels furent douloureux, larges ot.
menacèrent dégénérer ; dans ces cas de dialhèsc scrofuleuse reconnue comme tempérament spécial du malade, on pourra associer l'iodure de potassium aux inoculaiions.
« Dans les quinze premiers jours de traitement par l'inoculation, bon nombre d'ulcères se trouvent enflammés, leur état phlogistique ne fait qu'augmenter par cause sympathique. Cette marche assez grave est digne de toute l'attention du malade et de toute la sollicitude du médecin, car ces ulcères par excès d'inflammation menacent de dégénérer : il faut alors s'abstenir de toutes les applications topiques irritantes que quelques médecins appliquent indifféremment sur toutes sortes de plaies, sous le futile prétexte de les déterger, de détruire les produits morbides qui s'y rencontrent, et de raviver dans les tissus la vitalité qui menace de s'éteindre. C'est une pratique que je ne cesserai jamais de combattre, comme contraire aux préceptes cliniques, l'expérience ayant constaté que dans la généralité des cas , les ulcères étaient entretenus par une cause phlogistique locale ou générale, siégeant dans un organe ou un système éloigné, apparente, ou dont le cours est lent et insidieux.
« La syphilisalion parait indiquée , dans la syphilis invétérée rébelle aux traitements ordinaires , lorsqu'elle attaque profondément l'organisme , dans la syphilis de tout genre chez les prostituées, surtout celles de bas-étage, que l'exercice quotidien de leur métier met en contact avec toute sorte d'hommes, et expose à de fréquentes infections, et qui deviennent , à leur tour, autant de centres d'infection. 11 est donc de l'intérêt de cette classe malheureuse, et surtout de celui de la société, de la mettre à l'abri d'accidens ultérieurs.
« Je suis fâché que les exigences du service militaire aient imposé trop tôt un terme à ces observations et aux études que j'avais embrassées avec toute l'ardeur de mon
SUR LA SYPHILISATION. 705
âme sur un sujet qui intéresse la société au plus haut point, et je fais des vœux pour que des circonstances plus propices me permettent de les reprendre de nouveau ».
Sur la syphilisation. — Mémoire du docteur Arena , médecin militaire.
M. le Docteur Arena publia, dans le Giornale di Medicina mililare, dans le N° du 13 octobre 1851, un Mémoire sur la syphilisation , où il rend compte de quelques expériences tentées par lui à l'Hôpital militaire de Turin. Dans le mois de juin il inocula « un malade doué d'une sensibilité exquise, associée à un léger éréthisme nerveux et affecté de syphilide serpigineuse »; le petit nombre d'inoculations faites par lui et par deux autres Collègues, prirent le même caractère serpigineux et suppurèrent abondamment pendant h mois.
L'auteur ne dit pas quel était le symptôme pour lequel il voulait recourir à l'inoculation syphilitique , niais il est probable que par ces mots de syphilis serpigineuse , il entendait parler d'un ulcère inguinal phagédénique , puisqu'il dit ensuite , que les ulcères artificiels au nombre de quatre ne purent modifier l'affection inguinale qui avait fourni le pus. Je me contenterai de faire à ce sujet l'observation suivante.
M. le Docteur Arena a pratiqué l'inoculation sur un individu affecté d'un bubon inguinal virulent passé à l'état phagédénique , il en est résulté des ulcères pbagédéniques plus étendus que ne l'était le premier. Cela était naturel , et M. le docteur Arena devait prévoir un si grave inconvénient. La condition dynamique générale qui maintenait chez son malade celte exquise sensibilité, et qui avait déterminé le phagédénisme des ulcères inguinaux , continuant
70i écrits
encore, il était naturel, dis-je, que tous les ulcères artificiels inoculés chez cet individu fussent soumis à celte môme loi de l'organisme.
Si M le Docteur Arena , qui vit dans un pays où l'on t'ait des expériences de syphilisation , eût daigné honorer de sa visite l'Hôpital des vénériens de Turin, il aurait observé que depuis plus d'un an, l'expérience m'a enseigné à ne pratiquer la syphilisation qu'après avoir éteint toutes les oauses de phagédénisme par des moyens thérapeutiques appropriés ; il aurait probablement évité un si grave inconvénient , et serait convaincu que la cautérisation qu'il a mise en pratique, est non seulement incapable d'arrôter la marche des ulcères serpigineux , mais qu'elle est plus que suffisante pour en augmenter l'extension : il n'aurait peutêtre pas publié que la cautérisation est nécessaire dans la syphilisation ; en effet , je ne la pratique que dans des cas peu nombreux d'ulcères artificiels devenus fongueux , qui ne sont plus virulcns, et qui sont entrés dans la période de cicatrisation.
Dans le mois de juillet, M. le Docteur Arena inocula pour la première fois %1 malades affectés de différentes formes de syphilis; huit jours après, il s'apprôlail à répéter ces inoculations , quand par ordre du médecin en chef de l'Hôpital il dut les cesser. C'est pour ce motif que les expériences du Docteur Arena ne peuvent être d'aucun poids dans l'étude delà syphilisation.
De la vaccination syphilitique, ou mieux de la syphilisation chez ihoninie. ■ — Réflexions historico-critir/ues du. docteur D. Galligo.
(Gazzetta medica Italiana-federatiya , Toscana, vol. II, série II. 1832.;
SUR LA SïriULISATION. 705
De la nécessité d'entreprendre des expériences sur l'inoculation vénérienne. Notes du docteur D . Galligo.
(Cazzetla Mcilica Italiana-federativa , série II, avril 1852}.
Dans le premier Mémoire , l'auteur, après avoir examiné toutes les expériences faites jusqu'à ce jour , conclut que la « véracité et l'authenticité des expériences tentées par le Dr Sperino, sont confirmées par les observations de MM. Mollini , Flarer , Fouquet et Zelaschi ; il déduit encore qu'avant de tourner en ridicule la syphilisalion , et de donner un démenti à plusieurs hommes consciencieux et honnêtes, MM. Caslelneau , Cullerier et Ricord auraient dû tenter autant d'expériences qui eussent toujours fourni des résultats négatifs. » .
Le même auteur, après une dissertation sensée, fait observer que l'on ne doit pas syphiliser un homme sain; il répète à ce sujet mes paroles suivantes : — que jamais le virus syphilitique n'a été inoculé, si ce n'est chez un individu affecté de maladies vénériennes.
Le Dr Galligo parle ensuite de l'utilité de la syphilisation dans le traitement des affections vénériennes, et après avoir reproduit dans son Mémoire ce que j'ai écrit à ce sujet, en décembre 1851 , il en lire les réflexions suivantes , qui honorent beaucoup leur auteur :
« Ainsi Ton voit que le Dr Sperino est consciencieusement certain que l'on ne peut porter de démenti aux expériences qu'il a tentées , et , eu égard à l'estime qu'il m'inspire , j'ose espérer que ses expériences seront vérifiées à l'étranger ; l'illustre professeur Marchai (de Calvi) vient déjà de publier une lettre en faveur de la syphilisation , Gazette des Hôpitaux, N° U2, 1851. »
M. le docteur Galligo confirme par ses propres observations cliniques les faits concernants la syphilisation ; il conclut
ainsi : « en attendant les réponses de l'expérience, il me parait cependant que les médecins qui, par un heureux hazard, sont en position d'essayer les inoculations syphilitiques, en ont déjà le droit. C'est même pour eux un devoir de les expérimenter, dans l'intérêt de la science, et surtout de l'humanité ».
Dans le 2me Mémoire, M. Galligo parle des expériences laites par le docteur Gamberini de Bologne, mais comme j'en ai moi-même donné une analyse dans ce livre , je citerai seulement ce qu'écrivit le docteur Galligo après avoir lu le Mémoire du syphilographe de Bologne : « .le suis toujours persuadé, dit-il, qu'il est opportun de répéter les expériences sur la syphilisalion, prêt à suivre la voie que la saine observation et les faits auront tracée. C'est à mon sens le jugement le plus juste et le plus conforme à notre science ».
L'urbanité et la franchise qui respirent dans les écrits que M. le docteur Galligo a publiés pour venir en aide à mes expériences de syphilisalion, ont fait sur mon cœur une vive impression ; et au milieu des ennuis que ne m'épargne pas la malveillance étrangère et nationale, je dois dire à ce cher Confrère toscan, que l'appui amical qu'il m'a prêté, avec la loyauté et la dignité qui honorent ceux qui cultivent noire science, m'ont puissamment encouragé dans mes recherches.
Opinion qu'a émise le docteur C. Castiglioni sur la demande que lui fît l'Autorité supérieure au sujet d'opportunité ou non d'expérimenter ta syphilisalion sur tes malades vénériens reçus dans les Hôpitaux (1).
M. le professeur Flarer quelquesjours après avoir examiné les individus soumis à la syphilisalion dans l'Hôpital des
(I) Je dois ce Mémoire à l'obligeance de M. le docteur Freschi: [Gaulle Mcdicah italienne (lombarde) n" 50, 1851).
SUR LA SYPHILISATION. 707
vénériens de Turin, m'écrivit de Pavie, en date du 19 août 1 8 j 1 , ces aimables paroles: « Dans notre Hôpital, on fait déjà des expériences d'après votre méthode. Dans la dernière séance qu'a tenue notre Faculté, j'ai communiqué aux professeurs ce que j'ai vu à Turin; on a lu publiquement votre écrit sur la syphilisation , et nous avons engagé le Ministère de Vienne à faire pratiquer des expériences dans les Hôpitaux de la Monarchie autrichienne, sur un sujet qui intéresse à un si haut degré l'humanité. J'ai aussi envoyé au Ministre une copie de votre écrit ».
Les expériences de syphilisation tentées dans l'Hôpital de Pavie suivaient un cours régulier , et commençaient déjà à produire des résultats conformes à ceux obtenus à Turin, d'après ce que me dit ensuite le professeur Flarer, quand l'Autorité supérieure de Milan voulut connaître l'opinion du docteur Casliglioni sur ces expériences.
Celui-ci, sans examiner les faits de syphilisation quittaient étudiés avec ardeur sous la responsabilité et la sage direction des professeurs de Clinique les plus distingués de Pavie, inséra dans la Gazzetta Lombarda un article, où se montrant partisan de l'opinion des docteurs Ricord et Cullericr, il termine ainsi: r Faire de telles expériences au lit de l'humanité souffrante, qui croit trouver dans ces asiles sacrés secours, soulagement et guérison, tandis qu'elle n'y est pas à l'abri de dangers et de tentatives inconvenantes, serait à mon avis une chose inopportune, préjudiciable et indigne d'être conseillée dans ce moment » .
Quels progrès auraient donc pu faire les études cliniques, si le monde médical se fût arrêté à l'opinion de M. le docteur Castiglioni ? Qui ferait maintenant l'opération de la ténotomie et de la myolomic sous-cutanée et sous-conjonctivalc ? Qui oserait pratiquer la paracenthèse thoracique, la ligature de l'artère fémorale, de l'iliaque et autres semblables ? Qui
oserait prescrire le mercure, les préparations iodurécs, la belladonne , le seigle ergoté et tant d'autres remèdes, qui mal administrés, sont si nuisibles? Qui oserait recourir maintenant aux inspirations de l'éther sulfurique, du chloroforme, dont l'usage est environné de tant de dangers? Evidemment les portes du progrès seraient pour toujours fermées aux sciences, si l'on venait à adopter le conseil du docteur Casliglioni.
Parmi les raisons qui ont conduit le docteur Casliglioni adonner un semblable conseil à l'Autorité , qui appuyée sur son opinion , a défendu la continuation des expériences commencées avec succès dans l'Hôpital de Pavie , il suffit de soumettre la suivante au jugement du lecteur: en parlant de la sypbilisalion il dit: « Supposé vrai et accepté le fait de la nouvelle découverte , il est facile de juger de quelle manière la moralité] publique risquerait d'en souffrir, et des grands dangers qu'elle courrait». Comment! la moralité publique souffrirait si l'on combattait à coup sur la maladie vénérienne? Et c'est un médecin, qui au beau milieu du dix-neuvième siècle écrit de telles propositions ! Il ne sait donc pas, le docteur Casliglioni, qu'un grand nombre de jeunes gens, pour éviter le danger de contracter cette maladie avec une prostituée, ne craignent pas de porter le trouble dans le sein des familles? 11 ne sait donc pas qu'une semblable crainte engendre souvent chez celle pauvre jeunesse des habitudes perverses et profondément nuisibles? Est-il possible! C'est une chose morale de conserver la maladie vénérienne, de ruiner, défaire dégénérer la race humaine, en maintenant dans les rapports sexuels un poison qui la ronge? Le libertinage était-il donc universel avant l'apparition de celle terrible maladie en Europe?— On doit conserver les maisons de tolérance, parcequ'elles sont une garantie pour l'honnêteté, la tranquillité, la pudeur
SUR LA SYPHILISATION. 709
de» femmes honnêtes, el l'on veut que la prostituée soit infectée et rongée par la syphilis , afin que la jeunesse s'en tienne éloignée? La logique est vraiment admirable!...
Et c'est un médecin qui, la syphilisation supposée vraie et acceptée, ne voudrait pas qu'on la mît en usage, de peur du porter atteinte à la morale publique! Oh! non; cela n'est pas possible! M. le docteur Casliglioni n'a pas voulu dire que celle découverte peut nuire à la morale publique, car il sait qu'un langage semblable est le propre du parti qui désire l'avilissement de l'homme pour pouvoir l'asservir plus facilement , et que ce parti n'est digne que de mépris.
La syphilisation pratiquée à Bologne dans l'Hôpital de S' '-Ursule pendant les mois de juin et juillet 1851.
Mémoire du docteur P. Gamberini , chirurgien suppléant dans l'Hôpital Sainte Ursule, lu à la Société médico-chirurgicale de Bologne dans la séance du 2 octobre 1851. — Annali universali cli Medicina , compilés par le docteur C. Ampelio-Calderini de Milan ; livraison 416, février 1852. — Appendice au même Mémoire, p. 446 de la même livraison.
Après avoir lu le Mémoire du docleur P. Gamberini, j'ai cru qu'on pouvait en appeler des conclusions tirées par cet éminent syphilographe italien , j'écrivis aussitôt au docteur C. A. Calderini une lettre , qu'il eut l'obligeance d'insérer dans ses Annales (livraison d'avril, page 223) (1). Dans
(1) Lettre à monsieur le docteur C. Ampelio-Calderini, rédacteur des Annali universali di Medicina.
Monsieur et tris-honorâ Confrère;
J'ai recours à votre obligeance pour insérer cette lettre dans le prochain numéro de votre excellent Journal, dans l'espoir que vous voudrez bien nf accorder cette faveur.
Dans la livraison qui m'a été transmise aujourd'hui même, j'ai lu un Mémoire du docteur P. Gamberini de Bologne, intitulé — La Syphilisation pratiquée à Bologne dans l'Hôpital S.te-Ursule, pendant les mois de juin et juillet.
Neuf expériences y étaient enregistrées : le docteur Gamberini , après
celle lettre je déclarais les neuf Observations de syphilisation publiées par le docteur Gamberini, incomplètes, imparfaites et non concluantes.
Maintenant je dois passer en revue les Observations de M.
quelques inoculations successives de virus syphilitique, regarda ces expérience» comme des exemples de syphilisation presque complète !et crul qu'on pouvait d'après elles nier ou infirmerie faculté prophylactique et thérapeutique de la syphilisation. De telles expériences pratiquées par un des plus céléhres syphilograpb.es italiens, tel que le docteur Gamberini, et les corollaires qu'il en déduit, pourraient facilement engager les lecteurs de vn> Annales universelles de Médecine à accepter ce jugement comme irrécusable. Mais la syphilisation étant une découverte si digne d'être bien examinée, j'invite ceux qui ont lu le Mémoire du docteur Gamberini, à suspendre leur jugement jusqu'à ce qu'on ait publié les nombreux faits qui sont depuis neuf mois l'objet de recherches suivies de la part de la Commission nommée par notre Académie médico-chirurgicale , et que j'étudie depuis plus d'une année, publication qui ne se fera pas attendre. Une étude attentive et consciencieuse des effets immédiats et médiats de la syphilisation, de la meilleure méthode de la pratiquer pour en obtenir lr> résultats les plus satisfaisants , enfin des questions les plus importantes de ce grand phénomène, m'engagent à déclarer, malgré la haute estime que je professe pour mon Collègue de Bologne, que les neuf Observations de syphilisation qu'il a publiées, sont toutes incomplètes, imparfaites et non concluantes; ce que je démontrerai clairement dans l'ouvrage sur la syphilisation, que je vais mettre au jour.
Dès que la syphilisation parut, elle eut aussitôt de nombreux détracteurs, qui auraient voulu L'étouffer à sa naissance, les uns par des théories, les autres en la taxant d'immorale et en déversant sur les sectateurs de cette idée la calomnie et l'injure. De semblables oppositions n'ont pas détourné un moment mon attention des études que je faisais, parce que je suis convaincu que le temps seul ,et l'observation scrupuleuse des faits pourront donner une solution aux grandes questions de la syphilisation. Ce n'est point un reproche que j'adresse au docteur Gamberini, dont le» travaux et surtout l'appendice à son .Mémoire, inséré dans les dernières pages de la même livraison, ne peuvent à la vérité servir à démontrer les avantages ou les inconvénients de la syphilisation, mais prouvent au moins qu'en Italie ou étudie et l'on cherche la \éritc avec cette rectitude d'esprit nécessaire à qui veut cultiver notre sublime science pour le plus grand avantage de l'humanité souffrante.
Je profite avec plaisir de cette occasion pour vous renouveler mes senliinens de haute estime
Votre dévoué Confrère C. Spem.no.
Turin, 22 mars 1832.
SUR LA. SYPHILISATION. 711
le docteur Gamherini; je le ferai avec l'attention que demande l'importance du sujet, et avec les égards dus au travail d'un Confrère pour lequel je professe la plus haute estime. J'espère qu'il ne verra dans l'examen que je dois faire, qu'une discussion scientifique tendante à découvrir tout ce que la syphilisation renferme de vrai et d'utile.
Après avoir résumé l'Histoire de la syphilisation, le docteur Gamherini termine par ces paroles: — « la découverte qu'a faite M. Auzias était une théorie raisonnée, un fait spécial, positif sur les animaux , mais ne comprenait pas un principe théorico- pratique applicahle, vrai sans exception, en ce qui regarde la syphilisation dans la race humaine, découverte qui attendait le docteur Sperino pour en faire l'expérience chez l'homme ».
Passant ensuite en revue le court Mémoire que j'ai publié, le docteur Gamherini, avant de citer ses propres Observations, me propose les questions suivantes.
« Le docteur Sperino dit avoir observé, que les femmes affectées de chancres vastes et anciens, d'ulcères pbagédéniques et gangreneux, sont rarement attaquées de syphilis constitutionnelle.
« Je me permettrai de lui demander si un médecin en semblable occurrence n'aurait pas quelques raisons de regarder ces chancres comme des accidens constitutionnels? Ce fait n'est pas nouveau , et l'expérience parait nous démontrer par le seul aspect de ces ulcères vénériens anciens et qui ont aucune tendance à la guérison , qu'ils sont une expression de sypliilis constitutionnelle; en effet, j'ai vu qu'en général on en obtenait la guérison par les mercuriaux ».
En parlant des chancres vastes et anciens, phagédéniques ou gangreneux, j'ai certainement voulu parler des chancres que l'on observe sur les parties génitales de la femme, et non des ulcères constitutionnels, parce que je ne saurais
pour quel motif ou devrait appeller ulcère constitutionnel un chancre provenant du pus virulent d'jun autre chancre, et contagieux comme lui, pendant des années. Serait-ce parce que l'ulcère passe souvent chez la femme à l'état chronique, parce qu'il est ancien et large, parce qu'une maladie inflammatoire intercurrente et accidentelle l'aura fait passer à l'état phagédénique ou gangreneux, enfin parce que l'usage du mercure en aura amené la guérison?
En vérité, j'ai toujours cru que l'on appelait constitutionnels les ulcères nés d'une infection syphilitique interne, c'est-à-dire lorsque l'absorption du virus du chancre produit dans tout l'organisme la syphilis générale. En outre j'ai constamment observé que les mercuriaux ont peu ou point d'action sur les chancres vulvaires chroniques et indolens, que souvent même leur guérison est relardée par l'affaiblissement que produit dans tout l'organisme le long usage de ce médicament. J'ai toujours vu que, si l'on en excepte les tubercules muqueux constitutionnels aux parties génitales, les ulcères secondaires ont ordinairement leur siège d'élection dans des régions bien différentes; enfin, je ne saurais comprendre pourquoi un ulcère aujourd'hui primitif doive être appelé demain constitutionnel . J'appelle [avec les auteurs, chancre, celui qui sécrète un pus virulent qui engendre par l'inoculation un accident semblable, et qui parcourt les périodes décrites ailleurs; celui-là je l'appelle toujours chancre, qu'il soit ancien ou récent, tant qu'il est virulent et contagieux ; et lorsque la gangrène, ou la lenteur qu'il met à parcourir ses périodes ordinaires, l'ont ensuite rendu chronique, calleux, indolent et non virulent, je ne cesse pas de l'appeller chancre, mais j'ajoute la qualification de non virulent.
Ensuite, si l'ulcère primitif passe souvent chez les femmes à l'état chronique, cela provient de conditions locales
SUE LA SYPHILISATION. 7 1 3
et individuelles, et non de l'infection interne qui n'existe pas toujours dans ces cas. En voici une preuve que le docteur Gamberini peut être à même de vérifier quand il voudra.
Un chancre de l'orifice vaginal, chronique, à bords calleux, vaste, indolent, non virulent, datant de 2 ou 3 ans, résiste à tous les moyens anliphlogistiques, à des cautérisations répétées avec tous les caustiques connus: on l'excise en entier, en enlevant tout le tissu calleux et ulcéré : le chancre guérit complètement, sans être accompagné ni suivi d'aucun symptôme d'infection générale : dira-t-on que dans ce cas un ulcère constitutionnel à été guéri radicalement par ce procédé? Non certainement. On en déduira plutôt que ce chancre qui n'était plus contagieux vivait d'une vie qui lui était propre, semblable à un émonctoire : et qu'en détruisant sa substance, on enlevait une localité morbide, un effet local du chancre.
Ces cas se présentent assez souvent dans les hôpitaux de vénériens où sont recueillies les prostituées , et me persuadent chaque jour plus que les chancres vastes et anciens ne doivent pas être considérés comme l'expression de la syphilis constitutionnelle.
Le docteur Gamberini continue :
« Le docteur Sperino dit avoir observé que les prostituées les plus jeunes, et par conséquent les plus fréquentées, entrent au Syphilicùme plusieurs fois par an pour des chancres , mais rarement pour des symptômes de syphilis constitutionnelle, tandis que les prostituées des provinces, affectées souvent d'un chancre très-petit, présentent de suite des symptômes de syphilis constitutionnelle.
« En parlant des femmes publiques, le docteur Sperino me permettra de lui dire que les renseignemens que se procure le médecin dans ce cas sont souvent équivoques et trompeurs; de plus, que la répétition de ces chancres indique certainement que la syphilisation n'a pas eu lieu , et que la syphilis constitutionnelle peut facilement se manifester, car elle n'a pas une époque déterminée pour se déclarer.
714 ÉCIUTS
* Je demanderai seulement au docteur Sperino si les chancres des parties génitales avaient les caractères qu'ont ceux qui sont produits par une infection récente, ou s'ils ne provenaient point d'une syphilis constitutionnelle, se manifestant aux parties génitales par suite de l'exercice immodéré de ces organes. Le fait n'est certainement pas nouveau, et je crois que l'observation clinique milite en ma faveur, en faisant voir souvent que des chancres après s'être cicatrisés,sv renouvellent au même endroit sous l'aspect d'accidens secondaires ».
J'ai indique un fait déduit de l'observation journalière du plusieurs années dans un grand Syphilkôme. Quant aux renseignemens, je les ai tirés de mes registres et de mes notes, et non des allégations des prostituées, dont on doit certainement tenir peu de compte. En indiquant la manifestalion plus fréquente des accidens constitutionnels après l'apparition d'un chancre très-petit, plutôt qu'après celle de chancres nombreux et étendus, je n'ai point cru indiquer Ut» fait qui vînt à l'appui de la syphilisation spontanée en j allant de la fréquence des chancres chez les prostituées jeunes et belles; j'ai voulu seulement noter ce fait singulier que j'ai spécialement observé, et qu'aura aussi probablement vu le docteur Gamberini.
lies chancres dont j'ai voulu parler, présentèrent toujours les caractères des accidens primitifs. Les déchirures que l'on observe chez les prostituées par suite de l'exercice immodéré des parties génitales, se changent souvent en chancres, parce qu'il y a eu déposition de virus syphilitique à leur surface; mais, quand ce sont de simples plaies, si elles sont larges et situées sur un tissu modulaire en contact avec l'urine, avec le mucus vaginal et utérin , elles suppurent facilement, et leur cicatrisation est très-lente. Je ne saurais donc trop comprendre comment ces chancres vulvaires renouvelés au même endroit pourraient prendre l'aspect d'accidens secondaires, et être considérés comme des ulcères constitutionnels, quand il ne se manifeste nulle part ailleurs des symplô-
SUR LA. SYPHILISATION. 71 S
mes de syphilis constitutionnelle, et quand la récision ellemême d'une excroissance aux parties génitales d'une femme alTectée d'accidens secondaires, ne donne pas lieu à un ulcère constitutionnel , et que la plaie se cicatrise en peu de jours.
De ces considérations je conclus qu'à l'exception des tubercules muqueux ulcérés , qu'aucun praticien ne peut confondre avec un chancre , et qui se manifestent souvent aussi sur une région occupée auparavant par un chancre, les chancres qui se manifestent de nouveau aux parties génitales de la femme , loin d'être l'expression d'accidens constitutionnels, comme le veut le docteur Gamberini, sont ou des chancres, ou de simples plaies suppurantes.
Mais le docteur Gamberini , considérant ce que j'ai dit comme équivoque et exceptionnel, me reproche d'avoir osé pratiquer tranquillement chez l'homme les expériences que le docteur Auzias fit sur des singes: et ajoute qu'il n'est pas prudent du reste de heurter de front les axiomes de la syphilologie la plus raisonnée.
Si le docteur Gamberini a la bonté de lire ce que j'écris dans cet ouvrage, j'espère qu'il y trouvera une réponse satisfaisante au grave reproche qu'il m'a fait, et qu'il se convaincra facilement qu'il n'y avait rien d'imprudent , ni d'extraordinaire à ce que moi ou un autre Confrère eussions recherché si le phénomène de la syphilisation se reproduisait chez l'homme comme chez les animaux.
Mais venons à la partie la plus intéressante du Mémoire du docteur Gamberini, c'est-à-dire à l'examen des faits qu'il raconte.
Observation I — « JOSEPHINE M. 56 ans. — A lage de 26 ans, chancre à la partie antérieure inférieure du vagin, qui dégénéra en fistule recto-vaginale ... Il existe probablement ici une faute d'impression, car je ne puis m'expliquer comment un chancre situé à
l'endroit indiqué par le docteur Gamberini, puisse détruire la cloison recto-vaginale, et y produire la Ostule recto-vaginale « iqui, à la suite d'un traitement raisonné, guérit au bout de 15 mois ». Le docteur Gamberini guérit cette fistule: était-elle grande ou petite? Quelle est la cure employée pour en amener la cicatrisation? Il n'en dit rien. « Double adénite, conduite à résolution par les émolliens — éruption ulcéreuse aux jambes, disparue spontanément après 50 jours. — S.'étant livrée à la prostitution à l'âge de 28 ans, elle eut des chancres (dans quel endroit et de quelle nature?) qui se cicatrisèrent au bout d'un mois: quatre ans plus tard, autres chancres, taches cuivrées sur tout le corps, et douleurs ostéocopes; traitée et guérie dans les hôpitaux (par quels moyens?): les chancres se montrèrent de nouveau dans le voisinage de la fourchette — entrée le 22 mai 1851 à l'Hôpital Sainte Ursule — grande émaciation, toux, accès fébriles récurrens , crachats purulens, symptômes physiques et rationnels de tuberculose, enfin réapparition des chancres, et intolérance du traitement antisyphilitique. — On fit dans les mois de juin et de juillet trois inoculations qui ne fournirent que de petites pustulesaccès fébriles. — Dans les premiers jours de juillet, cicatrisation des chancres; ils s'ouvrent de nouveau vers le milieu d'août, et suppurent encore au mois de novembre, époque où la malade se trouve à la troisième période de phthisie tuberculaire ».
Appendice. — « Morte de phthisie tuberculeuse, ne présentant en fuit de symptômes vénériens que l'ancienne fistule vaginale, pour laquelle on avait essayé la sypbilisalion ».
Je me bornerai à demander au docteur Gamberini, au sujet de celte Observation, s'il est vraiment persuadé que la fistule recto-vaginale, infirmité souvent incurable, doive être considérée comme symptôme syphilitique.
En vérité, j'ai toujours cru et observé que la fistule, conséquence d'un chancre ou d'un abcès qui aurait délruit une portion de la cloison recto- vaginale, ne pouvait ôlre considérée comme un symptôme de syphilis , lorsque c'est une véritable fistule, c'est-à-dire quand elle n'offre aucune ulcération sur ses bords, et quand l'ouverture fisluleuse ne donne point de pus virulent.
Ainsi le docteur Gamberini aurait administré des médicamens antisyphilitiques à une femme dont le seul symptôme, réputé par lui vénérien, était une fistule recto-vaginale; il aurait essayé la syphilisation sur un sujet qui ne présentait pas des signes certains de syphilis : c'est ce qui ne m'est jamais arrivé.
En outre, celte Observation est nulle au point de vue de la syphilisation : car le petit nombre d'inoculations pratiquées ne donna lieu qu'à des pustules petites et de courte durée.
Observation II. — ROSE G., 54 ans. — A l'âge de 19 ans, chancre suivi de deux bubons, guéris après une longue cure antipblogistique; peu de temps après, syphilide pustuleuse, guérie par le spilules de Plenck et les bains à vapeur. — A 20 ans chancres et végétations, ces dernières excisées, et le tout cicatrisé après 5 mois d'une cure irrégulière. — Il ne resta qu'une hypertrophie des grandes lèvres. — 5 ans après, chancres et blennorrhagie (de quelle espèce?), disparition de ces symptômes après uu traitement raisonné.
En 1849-1850, nouveaux chancres, qui parurent spontanés à la fin de l'année 1850, mais (écoutez bien) malgré ces chancres, elle put cohabiter avec son amant, sans lui transmettre sa maladie (ces ulcères étaient-ils syphilitiques?)
En 1851, elle entre à l'hôpital Sainte Ursule, pour être traitée pour ces chancres et l'hypertrophie chronique des grandes lèvres; dans ce but, on lui fit prendre les pilules de Dzondi, des bains à vapeur, ensuite on pratiqua des frictions mercurielles; après un mois environ de ce traitement l'hypertrophie avait diminué» (grâce au repos et à l'absence de son amant?) «mais les chancres, quoique améliorés, ne tendaient pas à la cicatrisation. C'est alors que l'on crut applicable la syphilisation.
Pour guérir des chancres non contagieux et une hypertrophie des grandes lèvres, qui n'a jamais été regardée par les Syphilographes comme une maladie vénérienne.
Aux mois de juin et de juillet, 28 piqûres furent pratiquées: quelques pustules et des ulcères très-petits à la suite des premières inocu-
lations : la quatrième, la cinquième et la sixième avortèrent; la septième fut sans résultat.
A chaque inoculation on avait pratiqué quatre piqûres. Les chancres chroniques sont tout à-fait cicatrisés, l'hypertrophie des grandes lèvres a presque disparu; — elle sort de l'Hôpital en honne sanlé. Plus tard les chancres aux parties génitales reparurent.
Appendice. — A l'exception de la réapparition de l'ulcère aux parties génitales, Rose n'a plus souffert d'aucune nouvelle manifestation syphilitique.
D'après le docteur Gamberini, celle femme était sur le point d'être syphilisée par les chancres nombreux dont elle avait été affeclée, puisqu'il n'y eut que huit piqûres qui furent suivies de symptômes caractéristiques, encore élaientils très-limités. Dans l'cxplicalion de ce fait, le docteur Gamberini admettrait une de mes prémises après les avoir appelées équivoques. Quant à moi, observant que chez les femmes affectées de chancres vastes, anciens et encore virulens, il a été nécessaire de produire des chancres artificiels en nombre supérieur à celui dont fait mention la présente Observation, je doute de la virulence du pus dont s'est servi le docteur Gamberini dans ses dernières inoculalions. Enfin il ne dit pas un mot du caractère du chancre qui reparut aux parties génitales.
Aussi, pour de nombreuses raisons, ce fait me parait incomplet, imparfait et non concluant.
Observation HT. — CARLOTTE G., 21 ans. — A 15 ans, chancres et blennorrhagie assez graves par suite d'accidens inflammatoires; une année après, tumeur aux grandes lèvres, dégénérée en fistule, qui fut traitée par des moyens chirurgicaux et les préparations inercarielles et iodiques.
Cette tumeur n'était elle, peut-être, pas un abcès? était-il donc nécessaire de tant de préparations mercurielles et iodurées pour en obtenir la guérison ?
A f'âge de 17 ans, bubon qui suppura, réouverture des anciens chancres qui se cicatrisèrent de nouveau par l'usage du sublimé, pour
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se rouvrir plus tard , accident qui se renouvela plusieurs fois dans le cours de l'année, et qui fut enfin remplacé, par la manifestation de douleurs ostéocopes.
Elle entre à l'hôpital Sainte Ursule le 24 mai 1851 : douleurs ostéocopes, blennorrhée (de quelle espèce?) et fistule ulcérée à la partie antérieure inférieure du vagin (peut être urétrale ou simplement vaginale). Cette fistule durait depuis de deux ans, malgré tous les secours indiqués en semblable occurrence: — 10 frictions mercurielles, 20 bains à vapeur amènent la cessation des douleurs ostéocopes, mais la blenuorrhée et la fistule ulcéreuse, dont il est parlé plus haut, n'avaient subi aucun changement.
Aux mois de juin et de juillet, on pratiqua huit inoculations de quatre piqûres chacune: quelques pustules des quatre premières; la cinquième et la sixième restent abortives, les deux autres ne donnent aucun résultat. — 25 Juin. — La blennorrhée disparait. 17 juillet, guérison de la fistule des parties génitales. Cette femme sort de l'Hôpital. — 18 août, malgré la continuation de la prostitution, la guérison se maintient, et jusqu'à ce jour elle n'a été affectée d'aucune maladie syphilitique, ce que prouve la visite sanitaire hebdomadaire.
29 Septembre. — Cette femme se trouve dans le même état, sans présenter aucun accident ni constitutionnel, ni primitif.
Appendice. — Quoiqu'elle continue à se livrer à la prostitution, la fille G. a été jusqu'à ce jour à l'abri de toute infection vénérienne primitive, et ne laisse apercevoir aucun accident syphilitique constitutionnel.
En outre le docteur Gamberini ajoute:
Cette observation, ainsi que les deux précédentes font croire que la G. se trouvait dans des circonstances très-propres à une syphilisation complète, malgré le petit nombre d'inoculations qui furent suivies de succès, et malgré leurs effets limités.
La fistule ulcérée qui se trouvait à la partie antérieure inférieure du vagin, et qui dans le cours de l'Observation est appellée fistule des parties génitales , se sera-t-ellc cicatrisée au moyen de ces inoculations? Pour guérir une fistule et une blennorrhée était-il convenable de syphiliser la malade?
Celte Observation ne peut réellement pas appuyer les conclusions du docteur Gamberini contre la syphilisation.
Observation IV. — ISABELLE A., 51 ans. — A 27 ans, éruption cutanée à la région liypogastrique, suivie au voisinage de l'ombilic, d'une pustule qui se convertit bientôt en un ulcère étendu. Autre ulcère près de la mamelle droite , enfin un troisième au milieu de la clavicule du même côté. Alopécie, pustules à la tète, taches d'un rouge-obscur à la face, et ulcération des commissures des lèvres. Traitement mercuriel: guérison. Une année après, chancres et blennorrhsgic, gonflement du genou gauche, avec douleurs nocturnes aiguës, moyens antiphlogistiques employés pendant six mois. Entrée à l'Hôpital Sainte Ursule.
Les mercuriaux la guérirent de tous ces symptômes, à l'exception de deux chancres siégeant à la partie interne de chacune des grandes lèvres, qui ne purent pas se cicatriser malgré la multiplicité des ino) eus rationnels employés jicndant plusieurs mois. Alors on recourut a la syphilisation.
Aux mois de juin et de juillet, 5i piqûres, dont la moitié sont sans résultat. 14 Août. — Les chancres des grandes lèvres ne sont nullement modifiés. Inoculation avec du pus pris sur une pustule d'ectyma suivie de succès : le 29 août, la pustule d'ectyma s'ulcère : proto-iodure de mercure.
Appendice. — 19 Janvier 1852. — Isabelle A., qui se trouve maintenant à l'Hôpital, a toujours les chancres chroniques aux grandes lèvres, elle ressent quelquefois la nuit de légères douleurs aux points où l'on a fait les inoculations; du reste, elle jouit d'une santé florissante.
Les chancres chroniques qui avaient résisté à l'emploi des moyens rationnels, au mercure d'abord et ensuite aux inoculations, étaient-ils encore virulens ? J'en doute fort. lS**étaient-ce peut-être point de ces chancres indolens à bords calleux non contagieux dont parle le docteur Boys de Loury, qui ne se cicatrisent qu'après une profonde récision du tissu ulcéré, et qui souvent, par suite d'une cause jusqu'ici inconnue, sont incurables chez les femmes ?
Si ces ulcères élaieul constitutionnels, comme parait le
SUR LA SYPHILISATION. 721
croire le docleur Gamberini, pourquoi ont-ils résisté à un traitement de plusieurs mois, et pourquoi l'état sanitaire de cette femme est-il en même temps très-florissant?
Mes Observations démontreront que la syphilisation fait promptement cicatriser les chancres vastes et anciens, s'ils sont encore virulens; tandis que son action est faible sur ceux qui ont passé l'état de virulence, et sont devenus de simples ulcères ; la quatrième Observation du docleur Gamberini n'a donc aucune valeur ni pour, ni contre la syphilisation.
Observation V. — ANGE R., 28 ans. — A l'âge de 16 ans, six chancres guéris dans l'espace de 5 mois; à 18 ans, huit chancres se cicatrisant et s'ouvrant alternativement, guéris au bout dune année: — à 21 ans, trois chancres, phymosis, guérison après trois semaines; 10 jours après, douleurs à l'épaule, au bras et à la jambe. — Un mois après, ces ulcères s'ouvrent de nouveau, disparaissent à la suite d'un traitement mercuriel , reparaissent , et répètent plusieurs fois cette évolution durant l'espace de 20 mois (n'étaient-ce point peutêtre des tubercules muqueux?) Les douleurs dont on a parlé disparaissent pendant de graves accès de fièvre intermittente. — A 24 ans, bubon suppurant; — à 26 ans, prurit suivi d'un petit furoncle au côté interne inférieur du tibia gauche: il en est résulté une plaie ijui est devenue fongueuse et très-douloureuse. En cet état il entre à l'hôpital Sainte Ursule. On crut avoir affaire à une maladie syphilitique, et l'on employa longtemps divers moyens de traitement.
Ici l'Auteur ne parle pas des remèdes employés , mais ce furent probablement les mercuriaux, parce qu'il les appelle moyens thérapeutiques jugés opportuns en semblable circonstance, et conseillés par la raison et l'expérience.
L'inutilité d'un pareil traitement, les infections vénériennes précédentes, enfin le leurre que nous offrait la syphilisation, nous déterminèrent à l'expérimenter.
Le 22 juin 1851, on pratique les premières inoculations. En juin, juillet et août, sur 58 piqûres, il n'y eut que 26 pustules abortives.
Le Ie' juillet, la plaie de la jambe qui avant la syphilisation était
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livide et douloureuse, est maintenant sans douleur, et offre une belle couleur rosée.
Le 19 août, la plaie de la jambe revient à son premier état.
Le l'r octobre, douleurs ostéocopes au lieu ou était située la plaie de la jambe, et aux articulations du genou, on prescrit l'iodure de sodium.
Le 4 novembre, les douleurs articulaires ont disparu. — Le 29, aux endroits où l'on a pratiqué l'inoculation , se sont formées des tumeurs qui présentent sur les cuisses les caractères et les phénomène! de la syphilide papuleuse (n'étaient-ce point, peut-être, des fODgosités qu'on observe quelquefois dans la dernière période des ulcères artificiels?) La plaie de la jambe est rétrécie, grâce à l'application de l'onguent d'Hehnund.
Appendice, — Le 19 janvier 1852. — Ange R. n'accuse plus aucune douleur syphilitique, il est bien portant et jouit d'une bonne santé, la plaie de la jambe est presque cicatrisée.
Voilà donc un ulcère à la jambe qui pendant quelques mois ayant résisté à tous les moyens thérapeutiques jugés opportuns, approuvés par le raisonnement et l'expérience, n'est pas guéri par quelques essais d'inoculation . Ce qui fait dire au docteur Gamberini en parlant de la nullité du résultat : Elle est bien triste la désillusion éprouvée à notre désavantage.
Pourquoi ne s'élève-t-il pas aussi conlre les autres moyens thérapeutiques qui furent inefficaces? Pour moi, je le dis franchement, après avoir lu et relu cette Observation, je ne suis pas bien convaincu que cette plaie de la jambe ail été réellement syphilitique. Les douleurs mêmes qu'a fait disparaître l'iodure de potassium ne sont pas une preuve certaine de la syphilis constitutionnelle chez cet individu, parce qu'elles étaient articulaires et parce que le malade était dans un état cachectique qui pouvait provenir d'une affection veineuse lente, vu que sans revenir à l'usage des mercuriaux, le 19 janvier 1852, il se trouvait dans un état satisfaisant, paraissait jouir d'une bonne santé, et n'éprouvait plus aucun symptôme syphilitique.
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Observation VI. — JACQUES M., 50 ans. — Chancres, bubons à l'aine droit: onctions mei'curielles — éruption pustuleuse: traitement ordinaire — deux ulcères au gosier et trois au pénis, syphilide pustuleuse, ulcères cutanés, mercure à hautes doses, et pendant longtemps.
Trois mois après, ulcère au coude droit s'étendant à toute la moitié postérieure de l'avant-bras, ulcération de l'aîle du nez: inutilité de presque tous les remèdes antisyphilitiques, quand, au bout de sept mois, la guérison eut lieu ; trois mois après, ulcères au gosier, céphalée intense: mercuriaux. — Une année après, gangrène de la luette, et tumeur glandulaire sous-maxillaire qui suppura — douleurs ostéocopes, périostoses et carie de l'os frontal qui dégénérèrent en nécrose, et ne guérirent qu'au bout de plusieurs mois.
L 'individun 'offrait plus aucun symptôme syphilitique, il mangeait, bien , et son état était assez satisfaisant. « C'est à-dire qu'il était guéri quand le docteur Gamberini jugea à propos de le soumettre à. la syphilisation ».
Le 25 et '28 juin, première et seconde inoculation; 50 juin, la seconde inoculation a fourni de belles pustules qui ressemblent aux vésicules de rupia; 7 juillet, la première inoculation est recouverte de croûtes semblables à celles de rupia, elles laissent sécréter un sérum dense et purulent.
11) juillet, douleurs et gonflement au genou droit, on avait déjà pratiqué sept inoculations.
1er août, douzième inoculation; — le 4, les douleurs articulaires devenant plus fortes, on prescrit 20 gram. d'iodure de sodium; — le 17, quatorzième inoculation, périostoses au tiers moyen du tibia gauche.
21 août, 78 grains d'iodure de sodium par jour. — Acné syphilitique au dos et au front (n'étaient-ce point, peut-être, des pustules produites par les préparations iodiques?) — 27, la périostose diminue, l'acné persiste (mais on continue la môme haute dose journalière d'iodure de sodium).
5 septembre, tuméfaction de quelques articulations phalangiennes, l'acné persiste: frictions mercurielles et bains à vapeur. — Le 50, disparition de l'acné (22 jours après qu'on eut cessé l'usage de fiadure de sodium).
1." décembre. Après de nouvelles frictions mercurielles et l'emploi de l'iodure de sodium et des bains à vapeur, l'arlhralgie reparatîr
et les points d'inoculation présentent de vraies papules plates après l'usage des pilules de Dzondi.
Appendice. — Jacques M. est délivré depuis un mois de tout symptôme de syphilis constitutionnelle, et se trouve dans des conditions physiques excellentes.
On n'oblinl sur cet individu, dans l'espace de deux mois, que frO pustules; ce nombre ne pouvait certainement ni guérir, ni prévenir l'infection générale dans un sujet déjà saturé de mercure cl d'iodure de sodium avant et pendant la sypbilisation.
Observation VII. — PROSPER B., 28 ans. — Blcnnorrhagie en 1850; mai 1851, chancre soigné avec une solution aqueuse de sublimé ; adénite inguinale droite virulente. — 21 juin, première inoculation: ouverture du bubon. — 18 juillet, huit inoculations ont été pratiquées, une d'elles a été sans résultat; l'ulcère, suite du bubon, était presque cicatrisé, le chancre du gland continue a être dur et à avoir les bords calleux.
11 août. — A la quatorzième inoculation le chancre du gland est cicatrisé; le malade se refuse à de nouvelles inoculations. — 21 août, petites taches d'un rouge-cuivré, et pustules à la paume des mains, syphilide pustuleuse: pilules de Dzondi. — 29 septembre, B. se trouve guéri grâce à la cure mercurielle.
Appendice. — Je n'ai plus eu de nouvelles de B. Prosper.
Quelle peut être la valeur de cette Observation dans laquelle la sypbilisation fut interrompue? Selon moi, elle ne peut que démontrer l'utilité de quelques inoculations sur le chancre du gland, et sur le ganglionnaire.
Observation VIII. — XAVIER B., 21 ans. — chancres au gland, dont l'un est assez profond.
11 juillet. — Première inoculation. Au 14 août dix-neuf inoculations ont été pratiquées, les chancres du gland sont cicatrisés; le malade se refuse à de nouvelles inoculations.
Je laisse juger au lecteur si cette Observation peut être mise au nombre des cas de sypbilisation.
Observation IX. — JOSÉPHIXE T., ôo ans. — Depuis 2G mois, blennorrhagie (de quelle espèce?; suivie d'une arthrite blennorrhagi-
SUR LA. SYPHIUSATION. 72o
que apyrétique; elle était grosse. — Quelques jours après l'accouchement, les lochies disparurent ainsi que la sécrétion du lait; aggravation de l'arthrite, et développement sur la tête de périostoses assez douloureuses pour occasionner l'insomnie.
Plus tard, une pustule à la narine gauche, qui se tuméfia de manière à empêcher le passage de l'air; de plus, ulcération au gosier: traitement par les pilules de Dzondi, décoctions sudorifiques, gargarismes au sublimé pendant 20 jours consécutifs.
En juillet 1850, soumise à Yhijdrargyrose, tous ces accidens syphilitiques disparurent, à l'exception de l'affection nasale qui consistait en une tache rouge-cuivrée, scabreuse, irrégulière: iodure de potassium, sans effets. L'affection du nez compliquée d'un acné punetata: — réapparition des ulcères du gosier et de l'ozène; — iodure de mercure. Plus tard, périostoses à la tête accompagnées de vertiges: iodure de sodium, traitement de l'acné par l'onguent mercuriel joint à l'onguent d'althéa : aucun résultat. Nouvelle cure mercuriclle en janvier 1851, continuée jusqu'à la disparition des ulcères de la bouche, de l'ozène et de la périostose. L'acné ulcéré du nez, ainsi que des régions adjacentes de la face, ne fut nullement amendé. On crut alors que la sypbilisation pourrait avoir quelques succès.
Quel est donc cet acné si rebelle à tant de traitemens mercuriaux et iodiques, qui fait seul recourir à la sypbilisation ? Etait-ce un symptôme bien certain de syphilis constitutionnelle?
2 août. — Première inoculation. Le 2o, les ulcères artificiels éprouvent cette modification que M. Ricord appelle transformation de l'ulcère en papule. Ce phénomène, et surtout l'arthralgie obstinée font prescrire l'iodure de sodium. L'affection de la face ne change pas. — 4 août, inoculation du pus d'ecthyma: elle produit son effet. — Le 29, vertiges, affaiblissement delà vue, pupille immobile: pédiluves, continuation de l'usage de l'iodure de sodium, menstruation qui se termine le 5 septembre.
50 octobre. — Sirop iodure de salsepareille, pour combattre les douleurs rhumatismales.
29 novembre. — Les points d'inoculation se sont changés en syphilide papuleuse.
726 écrits
Il est singulier que dans le nombre des cas que j'ai observés , je n'aie jamais rencontre" de semblables transformations.
Si le docteur Gamberini eût examiné bien attentivement le chancre dans ses différentes périodes, il n'aurait peutêtre pas avancé que les chancres artificiels se convertissent en syphilide papuleuse.
Nouvelle irruption de toplius à la tôle, et douleurs ostéocopes; les pilule* de Dzondi ont combattu les papules, maintenaut la malade prend l'iodure de sodium.
Appendice. — 19 janvier 1852. Joséphine T . sort de l'Hôpital dans un état plus satisfaisant que celui qu'elle présentait avant la syphilisation; elle serait, peut-être, entièrement guérie si des circonstances spéciales n'avaient pas obligé de la renvoyer de l'Hôpital.
On n'a pratique sur celte femme que sept inoculations avec du pus d'un chancre; la dernière a été faite le 25 août, le pus de l'ccthyma a été inoculé le k août, deux jours après la première inoculation.
L'Auteur lui-même admet que celte Observation est incomplète.
Dans la dixième Observation, le docteur Gamberini fait l'histoire de l'individu qui fournit le pus d'eclhyma inoculé sur les malades qui font le sujet de la IVine cl de la IXine Observation. Celle histoire n'a pas rapport à la syphilisation, vu qu'on ne pratiqua aucune inoculation sur ce malade.
Le docteur Gamberini a observé dans huit cas que la lièvre venait après les premières inoculations, il est porté à la croire ». —
« L'expression d'une douleur organique occasionnée par l'introduction du virus syphilitique qui passe de la localité affectée, dans l'économie, il croit que cette fièvre représente en même temps les modifications rapides qu'éprouve le virus en passant de l'état primitif à l'état secondaire.
Moi aussi j'ai observé plusieurs fois la fièvre dont parle
SUR LA. SYPHILISATION. 727
le docteur Gamberini, mais des raisons exposées ailleurs m'engagent à croire qu'elle n'est qu'une simple fièvre Iraumatique.
Des neuf Observations incomplètes qu'a publiées le docteur Gamberini, il lire celte conclusion:
Quelle valeur présente donc la syphilisation?
Et lors même qu'il dit ne pas vouloir émettre un jugement absolu, il déclare que ce moyen ne lui inspire aucune confiance.
Mais le docteur Gamberini, collègue distingué et homme loyal, dans la même livraison des Annali Unkersali di Medicina du mois de février, insère un appendice où, parlant de l'état acluel des malades soumis par lui à l'inoculation, il termine en disant :
A la vue de ces résultats plutôt satisfaisans, serait-il permis de jeter l'anathèmé sur la manière dont on pratique la syphilisation? devra-t-on abandonner ce moyen comme dangereux et préjudiciable, s'il renferme quelque chose de vrai (Observ. III), et si, bien étudié, il peut prendre place à côté de la vaccination de Jeûner. Où, quand, et comment devra-t-on continuer ces expériences?
J'attends un jugement dépouillé de toute passion de la part de celui qui préfère à la science le bien être physique de l'homme, principal but de la mission du médecin.
A celte dernière partie du Mémoire du docteur Gamberini, je répondrai que l'étude faite en commun par tous les Confrères qui aiment vraiment le bien-être physique de l'homme, est nécessaire pour pouvoir accomplir une si belle mission, et que, pour parvenir à ce but, j'ai une entière confiance dans les connaissances scientifiques , la rectitude de jugement et le concours du médecin de l'hôpital Sainte Ursule de Bologne.
J'avais à peine terminé ces observations sur le Mémoire du docteur Gamberini, quand je reçus de sa part une lettre datée du 18 octobre, où il me donne des nouvelles de l'élat
sanitaire de ses syphilisés. Je me réjouis de pouvoir insérer dans mon travail cet écrit qui honore beaucoup son Auteur.
Luc preuve que j'aime la vérité, dit-il, c'est que je vous adresse les nouvelles suivantes dont vous ferez l'usage qu'il vous plaira.
Voici le récit succint de l'état dans lequel j'ai trouvé cinq de mes svpliilisés que j'ai vus hier a leur domicile; je dirai ce que je sais de quatre autres; je suivrai pour ces histoires l'ordre que j'ai adopté dans mon appendice. *
Observation I" . — JOSÉPHINE M. est morte affectée de tuberculose pulmonaire.
Observation II. — ROSE G. a souffert l'été passé des contractures musculaires à la cuisse droite, et des douleurs ostéocopes, qu'elle a mal soignées par manque de mo>cns, étant encore souffrante maintenant pour ces restes de maladie, elle cherche à reutrer dans un hôpital. Elle n'a plus contracté aucune affection vénérienne primitive, mais elle dit ne s'y être pas exposée.
Observation III. — CHARLOTTE G., malgré la continuation de la prostitution, n'a pas contracté de nouvelle infection primitive. Ce dont je suis certain, car elle est soumise aux visites des inspecteurs sanitaires; seulement la plaie de la fourchette se rouvre quelquefois par suite d'abus de coït, et il suffit de la continence, et quelques bains astringens pour la guérir.
Ce fait me semble avoir de la valeur pour la syphilisation, car elle n'a pas contracté de nouvelle infection, quoiqu'elle ait continué à se prostituer avec toute espèce d'individus.
Observation IV. — ISABELLE A. — Après avoir été syphilisée, elle est restée quelques temps à l'Hôpital pour guérir de ses chancres aux grandes lèvres qui ont résisté à tout traitement; la guérison n'ayant pas eu lieu, elle est sortie de l'Hôpital.
Aujourd'hui, 17 octobre 1852, ces chancres, quoique restreints, ne sont pas encore cicatrisés; d'ailleurs cette femme se trouve dans des conditions physiques excellentes; elle exerce le métier de servante, et n'a encore contracté jusqu'à ce jour aucune infection vénérienne primitive, ne s'y étant pas exposée, dit-elle.
Observation V. — ANGE R. sortit de l'Hôpital entièrement guéri, la plaie de sa jambe est cicatrisée; trois mois après il est entré dans un autre hôpital, affecté d'albuminurie symptômatique d'une phthisie tuberculaire qui l'a conduit au tombeau.
Observation VI. — JACQUES M. sortit de l'Hôpital guéri de tout
SUR LA SYPHUISATION. 729
symptôme constitutionnel par l'usage prolongé de l'iodure de sodium. A l'heure qu'il est, sa santé est parfaite, il exerce le métier de porte-faix.
Il n'a contracté aucune maladie vénérienne jusqu'à présent, parce que, dit il, il ne s'y est pas exposé.
Observation VII. — PROSPER B. — 4 mois après avoir été soumis à la sypliilisation, il rentra à l'hôpital Sainte Ursule affecté de syphilide, et souffrant des douleurs ostéocopes; YhydrargiroseYo. guéri; depuis lors il a quitté Bologne, et je n'ai pu savoir où il demeurait.
Observation VIII. — Depuis qu'il a été syphilisè, je n'ai jamais pu savoir ce qu'était devenu, Xavier B.
Observation IX. — JOSÉPHINE T., sortie de l'Hôpital, l'herpès syphilitique de la face s'aggrava; tous les symptômes vénériens ont maintenant disparu par l'usage prolongé de l'iodure de potassium (1), la face est guérie, et elle se trouverait dans de meilleures conditions physiques, si elle n'était pas plongée dans la plus grande misère. Elle n'a contracté aucune maladie vénérienne, mais elle ne s'y est pas exposée.
« Vous pouvez utiliser cette communication de la manière que vous jugerez à propos; je vous autorise même à publier ces observations, si vous le voulez, en y mettant mon nom, parce que personne n'en peut attaquer la vérité. J'aime la vérité dans tous les temps et dans tous les lieux, et je sais même faire des sacrifices pour elle. — Si vous aviez besoin de quelques autres explications, demandez les moi, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour vous satisfaire, parce que je désire ardemment qu'il sorte quelque chose d'utile et de vrai de la sypliilisation ».
(I) D'après cette Observation, il paraîtrait que l'iodure de potassium a été administré il la fille T. pendant fort longtemps, peut-être jusqu'au jour où m'écrit le docteur Gamberini, en sorte que la disparition de tout phénomène syphilitique serait trop récente pour eroire à une guérison complète.
D'après le Mémoire du docteur Gamberini, il me paraît aussi qu'il croit radicales les cures de syphilis constitutionnelle opérées au moyen de l'iodure de sodium, et de potassium; aussi je me permets de l'engager à examiner attentivement pendant une année tous les individus guéris par ce traitement, et je suis persuadé qu'il sera d'accord avec moi sur l'efficacité de l'iodure de potassium dans les affections syphilitiques. pourvu qu'on administre en même temps, ou aussitôt après l'usage des sels iodiques, les mercuriaux qui procurent ainsi une guérison radicale, tandis que l'iodure de potassium seul n'est que palliatif.
Comme chacun peut le voir, les faits observés par le docteur Gamberini, quoiqu'incomplels, ne sont pas aussi défavorables à la syphilisation, qu'on a bien voulu le dire; aussi j'espère que cet illustre médecin reprendra bientôt ses expériences, car la science et l'humanité attendent le concours lumineux du sypbilograpbe Bolognais, pour savoir tout le bien que l'on peut retirer de la syphilisation.
Ofilie expérimenta of D.r C. Sperino, of Turin, on Ihc subject <>f syphilisation. Dy Charles Murchison M. D. de.
Expériences du docteur C. Sperino de Turin sur la syphilisation , par C. Murchison ex-Médecin de la Légation anglaise a Turin.
(Extrait des rapports de la Société physiologique d'Edimbourg).
Le 17 décembre 1851, le docteur Murchison se rendit au Syphilicômc de Turin, et y examina un bon nombre de femmes vénériennes qui étaient soumises à la syphilisation.
Il a lu ensuite à la Société physiologique d'Edimbourg un Mémoire clans lequel, après avoir parlé de mes écrits sur la syphilisation, et de sa visite à l'Hôpital des vénériens de Turin, il touche à l'inconvénient des cicatrices laissées par les chancres artificiels, et propose ces trois questions suivantes à étudier : — étude de la syphilisation, — étude des médieamens locaux employés pour guérir la syphilis, — étude réunie de la syphilisation, ainsi que celle des diverses méthodes de traitement.
Il termine enfin par les paroles suivantes:
« Je considère ce sujet comme assez important pour ex- « citer tous ceux qui ont l'avantage de traiter la syphilis sur « une grande échelle, à répéter les expériences du docteur « Sperino » .
Si le docteur Murchison a la bonté de lire mon travail, il y trouvera une réponse, sinon à toutes ses questions, au moins à une grande partie d'entre elles. Il y verra que
SUR LA. SYPHILISATION. 731
dans une foule de cas, je ne rais en usage que la syphilisation seule, et qu'elle fut utile dans quelques uns de ceux où les moyens locaux el les antisyphilitiques avaient échoué; — que dans quelques autres où l'on ne peut terminer la syphilisalion, il suffit ensuite d'une petite dose de raercuriaux pour faire disparaître eu peu de temps les restes des accidens vénériens qui avaient déjà été amendés par la syphilisation , et qu'enfin , en suivant les principes que nous a enseignés l'expérience, pour éviter le phagédénisme et la gangrène des chancres artificiels , et en faisant un grand nombre d'inoculations simultanées, les cicatrices qui en résulteront seront peu visibles, et ne pourront pas être données comme une raison de repousser la nouvelle méthode.
Examex du Vote adopté par l'Académie de médecine de Paris dans sa séance du 21 août 1852, contre la pratique de la Syphilisalion comme moyen prophylactique et comme méthode curative de la syphilis.
b In quistioni (anlo oscurc c tanlo gravi « di scienza, a cui si tro\ano \incolati i (i più grandi interessi dell'umanilà, noi o preferiamo il giudizio del pubblico a « qnclli deile Accadcuiie, cbe Lenc spesso a sono ne i più legitlimi ne i più editicanti »: Appendice délie Oâiervtuûùaî miltclie sut codice civile e pénale del Dvtt. F. FfiESCHI.
; Dans dos questions aussi obscures et « aussi graves, auxquelles sont attachés les « plus grands intérêts de l'humanité, nous k préférons le jngemcntdu public a ceusdes « Académies, qui tics -souvent ne sont ni m les plus légitimes, ni les plus édifiants» .
M. Ricord dans la trente-deuxième lettre sur la syphilis {Union médicale N° 95, 12 août 1851), parlant. des tentatives faites pour déterminer dans l'économie une disposition générale équivalente à celle à la quelle donnent ordinai-
752 écrits
renient lieu le vaccin ou une première variole pour empêcher l'action locale du virus varioleux , surtout pour prévenir l'infection et ses effets consécutifs, a dit: « cer- « tes, ce n'est pas moi qui viendrai aujourd'hui blâmer « les recherches expérimentales , après les avoir si sou- « vent invoquées pour soutenir mes doctrines et remerciées « de l'éclatante lumière qu'elles ont répandue sur tant de « questions obscures et impossibles à débrouiller sans leur « secours » . Dans la même lettre il parle des expériences faites par M. Diday dans le but de chercher un moyen prophylactique delà syphilis constitutionnelle, et ajout-} : « M. Auzias-Turenne a été plus loin ; il pense qu'on peut « rendre des individus rcfraclaires à l'action directe et im- « médiate du pus virulent, et s'opposer à la contagion du d chancre. Il est arrivé à cette croyance par ses inoculations
« sur les animaux ». Mais que dire en présence de ce qui
« vient de nous arriver de l'Italie, de Turin? La Bohême « est dépassée, et le nom de Waller doit pâlir devant celui « de M. Spérino, le plus hardi et le plus heureux des ex-
« périmcnlateurs J'en suis encore étonné, et j'attends
« le rapport de la Commission, qui, je l'espère, nous don- « nera tous les détails qui manquent dans les faits de « M. Spérino... Toutefois dans des questions aussi graves, « étudiées par des hommes qui se respectent, il faut voir, « voir avec calme et sans prévention ; les doctrines et les a systèmes ne doivent faire qu'une sage opposition , sans « s'exposer à être rappelés à l'ordre par des faits nouveaux; << mais ils ne doivent accepter que ce qui est rigourcuse- « ment démontré. C'est donc celte démonstration incontes- « table que je demande; et pour me la donner, que M. « Spérino-se rappelle que Turin fut la patrie de Lagrange , « un des représentans les plus illustres des sciences exac- « tes, et que lui, son compatriote, me doit une précision
SUR LA. SYPHILISÀTION. 733
« mathématique, autrement je lui dirais, se non è vero, non « è ben trovalo » .
En passant en revue le rôle singulier que M. Ricord a joué dans le jugement que l'Académie de médecine de Paris a prononcé , on s'apercevra facilement que la conduite de M. Ricord ne fut pas celle d'un homme qui désire voir avec calme et sans prévention. Voyons d'abord ce que l'histoire nous apprend à cet égard.
Je placerai l'observation de M. L... D.r allemand, que M. Musset, au nom de M. Ricord, a présenté à la Société de chirurgie dans la séance du 12 novembre 1851, pour lui soumettre les résultats des expériences entreprises dans le but de vérifier les idées émises sur la syphilisation, à cùlé des détails donnés par M. L... lui-môme, recueillis par M. Pellagot, interne du service, sous la dictée du confrère allemand, en présence de plusieurs Médecins, et présentés à la Société de chirurgie dans la séance du 22 novembre par M. Vidal, afin que le lecteur commence à voir la différence essentielle qu'il y a entre les deux relations.
Détails donnés par M. Musset, interne du service de M. Ricord.
En attendant que M. le docteur L . . . donne lui-même,, in extenso, l'histoire de sa propre observai ion non encore complétée, voici les principaux résultats auxquels il est déjà arrivé :
M. le docteur L . . . n'a jamais eu ni chancres, ni blennorrhagies.
Aux mois de décembre 1850 et janvier 1851, il s'est inoculé à la verge, à un intervalle d'une semaine chaque fois, une dixaine de chancres.
Ces chancres ont disparu en peu de temps sous l'influence d'un traitement simple, hygiénique.
Leïî juillet, il s'inocule de nouveau au bras gauche, et un chancre en est la conséquence.
Trois mois après, c'est-à-dire le l«r octobre, il se déclare une syphilide exan-
Détails que M. Vidal a fait
connaître.
M. L , docteur allemand,
s'inocula en décembre 1850 et janvier 185J, à plusieurs reprises-, dix à douze chancres sur la verge.
Ces inoculations avaient éié pratiquées dans le but d'essayer un moyen thérapeutique particulier, à l'aide duquel on pourrait, en peu de temps, arrêter l'ulcération chancreuse.
Ces chancres furent cicatrisés au bout de cinq à dix jours. — Point de traitement mercuriel.
Le 8 juillet 1851, inoculation à la face antérieure du bras gauche, à l'aide de pus pris sur les amygdales d'un sujet ayant la vérole constitutionnelle.
Kous donnerons plus bas l'his-
thématique et bientôt papuleuse, accom- toire circonstanciée de M malade, pagoée de l'engorgement des ganglions' telle qu'elle a été rapportée en piicervicaux postérieurs.
QiiC'lijues jours après, des plaques muqueuses apparaissent sur les amygdales.
e docteur L... ne se soumet à aucun
traitement.
Le 17 octobre, une inoculation est pratiquée sur le bras gauche par M. Auzias, en présence de M. Ricord , avec du pus puisé à un chancre datant de vingt jours, existant chez un malade qui avait été inoculé lui-même avec du pus pris chez un prétendu syphiliséqui en était à peu près à son soixantième chancre.
Le 24 octobre, .M. Rieord pratique deux inoculations, l'une sur le bras gauche, l'autre sur la muqueuse du prépuce, avec du pus d'un chancre phagédénique non serpigineux, existant sur un malade couché salle 2, n" i de son service.
Le 23 octobre , M. le docteur L . . . s'inocule lui-même au même bras et à la verge, avec le pus du premier chancre:
Le 28 octobre, deux inoculations sont pratiquées au bras gauche, l'une avec le pus du premier chancre, l'autre avec celui du quatrième.
Le 2!) octobre , deux inoculations sont faites avec le pus du quatrième chancre.
Le "0, deux inoculations sont pratiquées au bras avec le pus du premier chancre et du second.
Le nombre des inoculations s'élève ainsi à onze.
De ce qui précède, nous croyons pouvoir arriver aux conclusions suivantes:
I" Bien que des inoculations, au nombre de dix, aient été faites, cela n'a pas empêché une onzième de s' inclure i- et d'être suivie régulièrement de la syphilis constitutionnelle.
2" Les nouvelles inoculations successi ves qui ont été faites en vue de la syplnli saliim, ont toutes réussi.
3° Les chancres n'ont pas été d'une moindre étendue à mesure des inocula tions faites.
Ainsi les diamètres des chancres suc cessifs ont été indifféremment pins grandi ou plus petits que ceux des chancres qu'ils avaient précédés ou suivis.
•£' Le plus grand nombre des chancres inoculés a pris la forme phagédénique, comme cela se montre souvent chez
blic par M. L lui-même.
Le lendemain de l'inoculation, 9 juillet, rien d'apparent. Jusqu'au 18 juillet aucun résultat ne se manifeste.
18 juillet.. — Au point où l'inoculation avait élé pratiquée apparaît une élévation d'un rouge vif, que M. le docteur L qualifie de papule. Celle-ci devint grosse environ comme une lentille et se couvrit de croules, puis ces croûtes tombèrent et laissèrent à découvert une ulcération indurée.
On mois après environ, douleurs rhtimaloïdes accompagnées d'un peu de fièvre.
1er octobre. — L'ulcération inoculée le 8 juillet est complètement cicatrisée; il reste une induration marquée. Apparitiond'rinc roséole.
17 octobre. — Dans le but d'expérimenter si la sypliilisalion pouvait guérir la vérole, M. le docteur se fit inoculer et s' inocula des chancres dont la description a été faite dans la précédente séance, par M. Musset.
Voici l'histoire du malade qui a fourni du pus à l'inoculation de M.
En mai 18*11, M.'**, ami de M.