‹ La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennesChapitre 82 sur 90 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

L'inoculation répétée du virus syphilitique, pris sur un chancre en voie de progrès, ne donne pas naissance à des chancres plus graves, comme il semblerait naturel, et ainsi que le pensaient jusqu'ici les Syphilographes ; elle donne lieu au contraire à des chancres artificiels qui deviennent toujours plus petits , jusqu'aux dernières inoculations qui sont infructueuses.

Il faut attribuer au défaut de méthode, et non à l'impossibilité d'obtenir une syphilisation complète, le petit nombre des cas dans lesquels les inoculations syphilitiques, quoique nombreuses, n'ont pas pu mettre le sujet complètement à l'abri de nouvelles infections.

Il est très-rare que l'introduction d'une grande quantité de virus dans l'organisme , successivement et à de courts •intervalles, soit suivie d'accidens généraux de syphilis constitutionnelle. Le contraire a souvent lieu à la suite d'un seul petit chancre, même simple.

La syphilis .constitutionnelle, qui se manifeste à la suite d'un grand nombre de chancres, n'est pas plus grave que celle qui suit un petit ulcère spécifique.

Un degré plus ou moins avancé de syphilisation, dans un individu affecté de symptômes primitifs et secondaires, les fait disparaître peu à peu, et fait rentrer l'organisme dans l'état normal.

La syphilis constitutionnelle, indice assuré de la présence du virus dans l'organisme , ne devient ni plus grave, ni plus dangereuse, par suite de l'introduction d'une nouvelle dose de virus dans l'organisme; au contraire, la syphilisation la fait peu à peu disparaître, et elle ne se reproduit pas, quoiqu'elle n'ait pas été traitée par les mercuriaux.

804 concllsiok.

C'est là un fait singulier, et qui mériterait à lui seul de fixer

l'attention des praticiens sur l'étude de la syphilisation.

On peut, en suivant les préceptes que nous a tracé l'expérience, éviter les inconvéniens les plus graves que l'on a observés pendant le cours du nouveau traitement : le phagédénisme et la gangrène des chancres artificiels, les cicatrices trop apparentes et la longue durée du traitement syphilisanl.

Si l'on veut obtenir un résultat satisfaisant, il faut diriger avec prudence le nouveau mode de traitement aussi bien que les autres, tels que Pantiphlogistique, le mercuriel et autres semblables.

On ne peut jusqu'à présent affirmer si l'immunité absolue se maintient entièrement dans le sujet syphilisé ; mais un grand nombre de faits permettent d'espérer qu'il sera possible d'obtenir dans la plupart des cas une immunité, sinon permanente, au moins temporaire. Le temps et de nouvelles observations peuvent seuls résoudre cette importante question.

Maintenant, si l'on considère que l'on peut déduire de mes observations:

i° Que la sypbilisalion est une réalité; 2° Que, pratiquée avec la prudence voulue, elle n'offre aucun danger ;

5° Que la syphilisation , conduite sagement jusqu'au point de n'obtenir des inoculations syphilitiques que des pustules abortives, ou même des résultats entièrement négatifs, est non seulement sans dangers, mais qu'elle fait améliorer l'état général de l'organisme.

h° Que la syphilisation fait disparaître les symptômes de syphilis primitive ;

5° Que la syphilisation pratiquée comme traitement de la syphilis primitive, paraît préserver de l'infection générale

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