‹ La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennesChapitre 83 sur 90 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

les individus qui onl suivi ce traitement d'une manière régulière et qui l'ont continué jusqu'à son complément ;

6° Qu'il est assez probable que la syphilisation guérit radicalement l'infection constitutionnelle, car nous n'avons jamais vu jusqu'ici se reproduire quelques unsdesaccidens de syphilis constitutionnelle qui ont disparu par une syphilisation complète, ni se manifester quelque autre symptôme d'infection générale;

7° Que la syphilisation, loin de devoir être rejetée comme moyen prophylactique des accidens primitifs de la syphilis, doit au contraire être étudiée avec soin sous ce point de vue, car il n'y eut qu'un très-petit nombre d'individus complètement syphilisés qui aient contracté une nouvelle infection manifeste , dont ils guérirent toujours , du reste, sans l'usage des mercuriaux ;

8° Que l'on ne doit, pour le moment, pratiquer la syphilisation que sur des individus infectés, et surtout sur ceux qui s'exposent fréquemment à rencontrer de nouveaux foyers d'infection;

9° Que l'on doit le plus possible, se limiter au traitement de la syphilis constitutionnelle, tant qu'on ne sera pas assuré si la syphilisation met le syphilisé à l'abri d'une nouvelle infection, au moins pendant quelques années;

Je conclus Que la syphilisation est digne d'être étudiée par tous les amis des Sciences Médicales, afin que l'on puisse, de l'ensemble de ees recherches, lui faire subir les modifications dont elle est susceptible , et que l'humanité en retire les avantages qu'elle a droit d'en attendre.

J'ai décrit les Observations des individus affectés de maladies syphilitiques , et guéris par la syphilisation ; j'en ai déduit les corollaires qui m'ont paru en découler; j'en ai

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tiré la conclusion qui m'a semblé la plus naturelle ; je ne ferai donc que répéter ici ce que j'ai déjà dit ailleurs, que je n'ai été mù dans la publication de mon ouvrage que par l'espoir d'être utile, et par le besoin de me décharger de la gra\e responsabilité que j'avais assumée en entreprenant ces expériences.

Appuyé sur l'observation scrupuleuse d'un grand nombre de faits, j'ai répété plusieurs fois que, selon moi, la syphilisalion vivra et sera avantageuse à l'humanité; H y a maintenant deux ans que j'ai commencé le cours de mes études, et je dois dire que mon opinion n'a pas changé. J'ai fait tout ce que j'ai pu et tout ce que m'ont permis les circonstances, pour obtenir ce louable résultat, el j'ose me flatter d'avoir jeté un peu de lumière dans la question de la syphilisalion .

Mais je vois tous les jours s'accroître dans Turin les oppositions directes, et le plus souvent indirectes, que me font depuis quelque temps en dehors même des limites de la Science, quelques Confrères, praticiens distingués du reste, mais qui ne connaissent pas la syphilisalion, et qui n'ont jamais voulu l'étudier d'une manière pratique. Ce qui me fait le plus de peine dans cette lutte, c'est de voir qu'ils ont quelquefois recours à des moyens peu louables , surtout depuis qu'ils se sont sentis appuyés par le jugement de l'Académie de Médecine de Paris.

Je suis peu disposé à suivre l'opposition sur ce terrain, pour défendre la nouvelle doctrine; j'attendrai donc patiemment le jugement impartial du public.

En attendant, je lui présente avec confiance le résultat de mes premières Observations.

Il se trouvera sans doute parmi les Docteurs chargés du service sanitaire dans les hôpitaux des vénériens, des amis de la science et de la vérité qui continueront les recherches sur les effets du traitement syphilisant.

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Ils éviteront les inconvéniens que j'ai fait remarquer, les écueils que j'ai rencontrés , et les difficultés dont les préceptes de l'expérience m'ont appris à triompher. Ces nouvelles recherches viendront confirmer l'utilité des lois que j'ai déduites de l'observation clinique ; elles introduiront probablement des modifications importantes et utiles, et donneront, je l'espère, des résultats identiques à ceux que j'ai obtenus, sinon meilleurs; j'ai donc confiance dans la syphilisation, et je crois que dans peu elle sera admise comme une doctrine inébranlable.

La vérité des faits et des déductions que je publie sera confirmée par les travaux qui sortiront des Observations de MM. Auzias-Turenne , Sigmund , Diday, Rodet, Mottini , Marchai (de Calvi), Gamberini , Bois de Loury, Galligo , Malgaigne, Depaul , Vidal (de Cassis), Gosselin , Wallace, Waller , Aurèle Finizio. Ils régulariseront la méthode, la rendront plus claire , et en préciseront plus exactement l'application.

J'attends avec confiance les résultats de leurs études , et je respecterai le jugement qu'ils porteront, parce qu'il sera fondé sur des faits.

En attendant , afin de prouver ouvertement que je n'ai été guidé dans mes expériences ni par l'enthousiasme , ni par le fanatisme , mais seulement par le désir d'être utile à l'humanité , en recherchant ce qu'il y a de vrai et de pratique dans la syphilisalion, je continuerai à en suivre les effets éloignés sur les personnes qui ont été syphilisées jusqu'ici; mais j'ai décidé de ne plus y avoir recours que dans quelques graves cas de syphilis constitutionnelle, et de ne la reprendre d'une manière régulière que lorsqu'elle aura obtenu la sanction de quelque syphilographe distingué, parce que alors , les puissants adversaires de la méthode nouvelle seront réduits au silence, et me laisseront étudier tranquillement.

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Je dois maintenant adresser mes remercimens à MM. les Ministres de l'Intérieur Galvagno, Pernali et Ponzadi San Martino, pour le témoignage officiel d'estime et de confiance dont ils m'ont honoré, en me permettant de poursuivre les expériences de syphilisation, et de faire des recherches scientifiques dans un grand Hôpital dont la direction dépend du Gouvernement ; à la Commission Académique qui suivit pendant 18 mois, dans le Syphilicôme, mes études sur les individus soumis à la nouvelle méthode de traitement, dans le but, elle aussi , d'en apprécier les effets , et à tous ceux qui ont concouru à me rendre ce travail plus facile et plus exact.

Je remercie cordialement MM. les docteurs Frôla et Sella, qui dans une déclaration dictée par des senti mens de loyauté et de justice , et que j'ai envoyée à l'Académie de Paris , donnèrent un démenti à une assertion avancée dans la séance du 3 août 1852 par M. Rieord, qui avait été induit en erreur par un rapport qui n'était pas l'expression de la vérité. Je dois aussi remercier M. le chev. Reciocchi, vice- Questeur , qui favorisa mes expériences, en faisant surveiller les personnes sur lesquelles je les avais faites; MM. les docteurs Fénolio et Catella, inspecteurs sanitaires de Turin , qui ont eu l'obligeance de correspondre à l'invitation que je leur avais faite de renvoyer immédiatement à l'hôpital vénérien les syphilisées, chaque fois qu'ils les auraient reconnues affectées de symptômes syphilitiques même douteux; ainsi que MM. les docteurs Arietti de Verceil, Arrigo et Ferraris d'Alexandrie, Pugno de Casai, Caire de Novare , Piglia de Villadeati et Mussa d'Asti , qui ont eu la bonté de me donner des détails sur quelques unes des syphilisées.

Ce travail a besoin de toute l'indulgence du lecteur, soit pour la rédaction , soit pour les fréquentes répétitions que

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je me suis cru obligé de faire , soil pour les fautes et les imperfections qui s'y sont glissées malgré toute la bonne volonté possible.

Addonné continuellement à l'exercice de l'art médical, je n'ai pas pu acquérir les qualités nécessaires à l'écrivain, et c'est pour ce motif que j'ai bien pu donner quelques brochures courtes et simples, mais qu'il me répugnait au plus haut point de publier un travail de longue haleine, qui exige la pureté, la variété et la grâce du style. Les circonstances seules ont pu m'obliger à vaincre cette répugnance.

Le lecteur me pardonnera de présenter un ouvrage aussi dépourvu de mérites littéraires, et écrit dans les courts momens de loisir que me laissent mes occupations; mais je le prie de réfléchir en outre, que je ne me suis décidé à publier le résultat de mes recherches sur la syphilisalion, que dans l'espérance de faire une chose utile.

Je prie donc mes Confrères d'examiner ce travail sans passion, sans prévention, avec l'intention d'y trouver quelque chose de vrai et d'utile, et avec l'indulgence que l'on doit à un Confrère, qui, tout en étudiant la syphilisation dans l'intérêt de la société, s'est fait un devoir de publier scrupuleusement les bons et les mauvais effets, les succès et les insuccès, les tentatives heureuses qu'il a faites, etles erreurs qu'il a commises. C'est là le vœu de mon cœur.

J'accueillerai toujours avec plaisir les critiques et les observations scientifiques auxquelles cet ouvrage pourra donner lieu, et que je désire se voir produire, si elles me viennent de Confrères qui aient étudié pratiquement la syphilisation; car il n'est personne qui désire plus que moi voir sa raffermir et grandir cette méthode qui me sourit ; et je serai le premier à applaudir aux progrès scientifiques, qui résulteront de travaux fondés sur l'expérience.

Xole relative à M. Diday.

Monsieur Diday, à qui j'avais envoyé un exemplaire de mon Mémoire sur le vote de l'Académie de Paris contre la syphilisation, publié le 10 septembre, m'écrivit une lettre en date du 18 septembre 1852, dans laquelle, après s'être plaint de ce que je l'avais accusé de complicité avec M. Ricord pour faire tomber la syphilisation, il me dit entre autres choses, les suivantes : En publiant vos Observations j'ai été animé du désir de faire connaître la syphilisation, et non de lui nuire. Plus bas il ajoute: Je suis loin de compter parmi ses adversaires; et il termine sa lettre par ces mots: J'aimo à me dire ostensiblement votre ami. Sensible aux expressions affectueuses de M. Diday, je lui ai répondu que ne voulant pas rouvrir des blessures que je désirais voir se cicatriser pour jamais, je me bornais à lui dire que l'effet produit par sa lettre lue à l'Académie, ayant été incontestablement très-nuisible à la syphilisation, puisqu'elle avait beaucoup contribué à faire adopter par l'Académie le vote que, dans mon Mémoire, j'ai attaqué comme prononcé trop prématurément ; je dus voir en lui un ennemi de la nouvelle doctrine qui avait mis dans les mains de M. Ricord une arme meurtrière, dont il s'est servi pour l'abattre. Mais prenant acte des explications contenues dans sa lettre, je lui dis dans ma réponse, que j'étais heureux de savoir qu'il refusait son nom à l'association qui a voulu tuer la syphilisation sans l'avoir convenablement étudiée.

Conséquemment, d'après les explications de M. Diday, je dois croire, et j'aime à le dire, que sa lettre à M. Ricord n'a pas été écrite dans le but de nuire à la syphilisation.

Cette franche déclaration est due à la loyauté avec laquelle Monsieur Diday s'est exprimé dans la lettre dont je viens de parler, ainsi qu'au besoin que j'éprouve de correspondre au désir qu'il m'a montré de voir tout antagonisme disparaître entre nous, et lui témoigner la haute estime que j'ai pour lui.

su

Lettre adressée à la Commission chargée par i Académie Médico-Chirurgicale de Turin d'étudier la syphilisation .

Messieurs et très-honorables Collègues ,

Dans les premiers mois de l'année 1851 , il me fut donné d'observer le singulier phénomène de la syphilisation , et les effets qu'elle produisait sur les maladies vénériennes. Comprenant aussitôt de quelle importance était cette étude, et reconnaissant en même temps tout ce qui me manquait pour la conduire à son but , j'ai exposé dans la séance du 25 mai , de notre Académie , les résultats de mes observations, et je me suis permis de lui exprimer le désir q\Cun sujet aussi important fit partie de ses travaux scientifiques .

Ma demande fut accueillie favorablement par l'Académie, et son digne président , M. le Docteur, chev. Batlalia, vous chargea, Messieurs, de l'étude de la syphilisation.

Depuis ce moment , ce phénomène est devenu l'objet de l'élude de tout le Corps scientifique représenté par sa Commission , et cessa d'êlre un sujet d'investigation pour un seul de ses membres. La Commission avait dès-lors le droit d'examiner tous les faits que je lui aurais présentés , de réfuter , de rejeter ou d'admettre les inductions que j'en aurais tirées , et avait l'obligation de compiler un rapport qui contînt l'ensemble des travaux faits en commun dans le Syphilicôme de Turin.

Je me suis conséquemment fait un devoir de lui présenter tous les cas favorables et défavorables à la syphilisation, dans lesquels j'avais fait un grand nombre d'inoculations , ou quelques unes seulement , et elle ne choisit que ceux

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