‹ La SyrieChapitre 7 sur 11 · TR NE + ES · texte numérisé non relu

TR NE + ES

RERNEIRNREENT. RARES

GALERIE UNIVERSELLE DES PEUPLES

un trés-grand nombre de petites tresses fines, qui Lombent sur le dos jusqu’à la taille. Ces petites tresses sont littéralement couvertes de pièces d’or, et forment comme une saillante cotte de mailles. Le choc des pièces de métal de cette riche coiffure carillonne trèsagréablement quand les dames syriennes parcourent la maison.

Les femmes syriennes portent toutes de larges pantalons sur lesquels retombe une robe qui n’a rien de particulier, si ce n’est la découpure du corsage qui permet de voir les seins. Une veste en velours ou en drap foncé richement brodé d’or et une ceinture brodée de soie complètent le costume des jours de fête; mais on ne voit ce costume que dans l’intérieur des maisons. Au dehors, dans les rues, les Syriennes sont vêtues d’une pièce de cotonnade blanche, qui leur couvre la tête et le corps, et leur donne Vaspect de fantômes. Ge qui complète le fantastique du costume de ville des femmes syriennes, c’est qu’elles cachent entièrement leur visage sous un fichu de crêpe foncé à grands dessins de couleur. Elles voient et ne sont pas vues sous ce bourgho, sous lequel le regard exercé finit par deviner des traits d’une beauté merveilleuse. Le bourgho sert malheureusement à voiler les infidélités et la débauche, plus encore qu'il ne sert à garantir celles qui le portent contre l’indiscrétion

des passants.

Le paysan syrien porte le tarbouch rouge entouré d’un mouchoir

de couleur foncée. Sur sa chemise il porte une blouse rayée qui rentre, à la taille, dans les pantalons, bouffants dans la partie supérieure et finissant en entonnoir vers le bas de la jambe. Une large ceinture enroule sa taille. Par-dessus ce costume de travail, il porte, en hiver surtout, une Abaïé ou Abai, sorte de paletot à manches étroites et courtes, desquelles sortént les longues manches de la blouse à taille de sac, généralement en étoffe de laine tissée à la main, très-épaisse el pittoresquement bariolée de vingt couleurs voyantes, auxquelles l'or et l'argent se mêlent!

souvent.

Antoine Ferzan, chez qui j'étais logé, est un des grands notables de Zouk-Mi-Kaïl. Il a ses mûriers, et tisse lui-même la soie des vers qu’il élève. Les broderies ou tissus d’or, de soie et de laine de Zouk sont en grande réputation et d’une richesse vraiment asiatique. Ferzan est un maître en son art, et c’est à lui qu’on s'est adressé pour la confection d’un manteau destiné à Son Altesse Royale la princesse Clotilde, manteau gris de cendre, en soie mêlée d'or, que j'ai vu achever dans les ateliers de mon hôte.

On tisse à Zouk des pantoufles, des bonnets, des coussins, de

riches abaïs pour les pachas et les grands seigneurs, des blagues à

PR ns

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tabac, des coussins et des étoffes pour robes turques. Les dessins adoptés sont un mélange de goût arabe et de goût persan; l’assem-

blage des couleurs mêlées à l’or des tissus est éclatant.

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