‹ La SyrieChapitre 8 sur 11 · LE PATRIARCHE MARONITE · texte numérisé non relu

LE PATRIARCHE MARONITE

Quittons Zouk un instant, pour aller visiter la résidence d’hiver du patriarche maronite. De la porte de ma chambre, j'avais sous les yeux la haute montagne sur laquelle se trouve, à mi-hauteur, la grande construction carrée, une vraie forteresse, dans laquelle le patriarche et son haut clergé habitent en hiver, quand la neige et le froid rendent la résidence des Cèdres inhabitable.

Une vallée profonde, un ravin sépare Zouk de la résidence. Il \ mille mètres, à peine, de mon habitation à la résidence de Békerqué, ct cependant il fallut plus d’une heure et demie pour y arriver. On remonte d’abord tout à fait la montagne de Zouk; on passe devant la légation de Rome, puis près d’Antoura, le célébre collége français des jésuites, et l’on descend par un chemin escarpé jusqu’au plus profond de la vallée. 11 s’agit de remonter ensuite par

un chemin, sur lequel deux chevaux ont peine à se croiser; le par-

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courir est encore un exercice hippique périlleux. On gravit de vrais degrés jetés en travers du sentier, un peu au hasard. Point de parapet ni de barrière pour vous séparer du précipice que l’on ne cesse d’avoir. à sa gauche.

Enfin, après avoir côtoyé pendant près ‘d’une heure le flanc de la montagne, dans ce chemin de casse-cou, j'arrivai en vue du Deir (couvent) de la résidence. Il n’y a pas de fenêtres à la façade dans laquelle se trouve l'entrée, mais des meurtrières. L'entrée est petile et basse. Des Maronites étaient rassemblés sur la plateforme qui règne devant la porte; ils se réunissaient pour aller à la messe. Je fus conduit dans la cour, assez vaste, dans laquelle se trouve un grand puits el un jardin d’orangers et de citroniers,

couverts de fruits dorés et de fleurs répandant un délicieux parfum.

Le patriarche me fit introduire de suite dans son salon de réception, C’est un vieillard, petit de taille, à barbe blanche, dont le visage à un grand caractère et une finesse remarquable. Le turban en boule, coiffure ordinaire du clergé maronite, etla robe qu’il portait étaient de couleur ponceau. Le patriarche me fit asseoir auprès de lui, et m’offrit des cigarettes et un verre de limonade à l'orange.

Quant à lui, il se fit apporter un chibouk, dont le tuyau, d’un seul

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