SAINTE E5 LA LOI DE BATTRE
Saint Jean Climao emploie des paroles tontes brillantes d^esprit et de dévotion, pour nons faire comprendre la nature et les avantages d'un saint pèlerinage. C'est nn abandonnement , dit-il , de tout ce que la patrie nous présente d*aimable , et un mépris de délices préjudiciables à la piété; c'est une sagesse inconnue, une prudence qui nous éloigne de la foule du peuple; an sentier secret de la perfection ; la résolution d'un esprit qui vise à son but; un désir de croix et de souffrances; un .imour de mépris; une preuve toute visible de Tamour divin ; un excès de charité ; Tabnégation chrétienne ; et enfin un profond silence à l'égard des créatures, et un entretien de Tànie avec Dieu.
Cela étant, il faut que Dieu ait voulu élever Abraham à une haute perfection , puisque la vie de ce père des fidèles n'a été quasi qu'un perpétuel pèlerinage que le ciel lui ordonna, et dont il lui marqua tous les pas.
Il avait atteint la soixante-dixième de ses années, selon la supputation du P. Salian, quand il sortit de Hur des Chaldéens, ville de sa naissance, avec son père Tharé, Sara, sa femme ^ et Lot son neveu, et vint en la ville de Haran pour y pouvoir professer avec plus de liberté la religion du Dieu vivant , et se garantir des pièges qu'on avait tendus si longtemps à sa piété.