‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 123 sur 159 · XVII. — La forteresse de sion · texte numérisé non relu

XVII. — La forteresse de sion

Tous les préparatifs pour Thabitalion d'un Dieu étant achevés, David tourna ses pensées au transport de l'Arche, du faubourg à la montagne de Sion. On avait tellement disposé la voie sainte , et tout le chemin , par lequel elle devait être portée , que de six en six pas , on faisait des sacrifices.' Figurez-vous , si une procession si auguste se fil avec de grands chœurs de musique , et le concert des trompettes d'argent. David luimême allait dansant devant l'Arche , mais chaque pas qu'il faisait, était accompagné d'une extase de son esprit, comme nous l'apprend saint Ambroise ; et cette religieuse humilité d'un si grand Monarque , était récompensée des plus hautes lumières qui lui firent connaître presque sans nuages, tous les mystères de la religion. Enfin Dieu entra dans sa maison; le roi fit reposer l'arche dans un nouveau Tabernacle ; car celui de Moïse fut porté de Silo à Nobé , lorsqu'on transporta l'Arche au camp d'Israël , pour animer les soldats , en leur donnant ce nouveau secours. De Nobé, ville lévitique (qu'Adrichomius met entre Lyda, ou Diospolis et Ramatha) et d'où l'on pouvait voir Jérusalem, il fut mis dans Gabaon, ville de la tribu de Benjamin, que Joseph marque , environ trois lieues près de Jérusalem, où il demeura jusqu'aux temps de Salomon qui le mit dans le Temple , avec les meubles du Sanctuaire. Cependant l'Arche y sera gardée jusqu'à la prise de Jérusalem par

Nabucbodonosor , qui accomplira le dessein de Dieo , brûlant même son trône et sa maison, et diâliant sévèrement cette ville, parce qu'elle ne connaissait pas son bonheur. Certes , il Taut bien remarquer que Dieu n'a épargné en aucun lieu ses propres maisons et ses demeures, lorsqu'il a voulu faire des coups éclatants de sa justice, et punir son peuple. Galgala , ville sainte et toute consacrée au service de l'arche, pour laquelle eUe fat bâtie auprès de Jéricho; Galgala devint l'égoût de toute sorte d'idolâtrie * ; et partant elle fut exterminée , de sorte qu'il n'en est resté aucune marque. Silo, ville superbe et magniGque, fut aussi abandonnée de Dieu pour les crimes d'Israël ' , dit le Prophète-Roi '. Après la sortie de l'arche, la maison où elle était logée dans une grande cour , toute ouverte vers le ciel , tomba en ruines et fut réduite en cendre, dit saint Jérôme , sur les paroles du prophète ; et aujourd'hui on est bien en peine de marquer l'endroit de l'ancienne Silo. Jérusalem aussi sera ruinée plusieurs fois jusqu'au siècle d'Adrien , qui la mit dans le plus pitoyable état où elle ait jamais été. Il ne faut pas laisser une circonstance glorieuse à la maison et au Peuple-Dieu , qui trois fois Tannée venait en Jérusalem l'adorer sur son trône , et renouveler le souvenir des principaux bienfaits qu'il en avait reçus; savoir de la conservation de ses pères dans le désert, par la solennité des tabernacles; de la loi divine sur la montagne de Sinaî , par la fête de la Pentecôte , et du

* Omnes itequili» eorum in Galgala. Oseas, ix, 15.

* Et repulit Taberoaculum Silo. Psalm., Lixvii, 60.

' Ile ad locum meum in Silo, ubi habilavit nomen meum in principio, et videle que fecerim, ei propter maiitiam populi mei Israël. Jeremi», vu, iî.

passage de la mer Rouge , par celle de la Pàque , qu'on était obligé plus particulièrement de célébrer dans le temple. Les habitants même les plus éloignés devaient s'acquitter de cette religieuse cérémonie, et de ce devoir indispensable : Tribus vicibus per annumy dit la loi sainte.

Page 1